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Inde

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Plaque indienne
भारत गणराज्य (hi)
Bhārat Ganarājya (hi)
Republic of India (en)
République de l'Inde (fr)
Drapeau de l'Inde Emblème de l'Inde
(Détails) (Détails)
Devise nationale : सत्यमेव जयते (Satyameva jayate)
(du sanskrit : Seule la vérité triomphe)
carte
Langues officielles Hindî, anglais, ainsi
que 22 autres langues1
Capitale New Delhi
28° 34' N, 77° 07' E
Plus grande ville Bombay
Forme de l’État République fédérale
 - Présidente de la République
 - Premier ministre
Pratibha Patil
Manmohan Singh
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 7e
3 287 263 km2
9,5 %
Population
 - Totale (2009)
 - Densité
Classé 2e
1 156 897 766[1] hab.
352 hab./km2
Indépendance
 - Date
 - République
du Royaume-Uni
15 août 1947
26 janvier 1950

 

Gentilé Indien, indienne
PIB (PPA) (2008) $3 288 milliards[2] (4e)
PIB (nominal) (2008) $1 209 milliards[3] (12e)
IDH (2006) Augmentation 0,611 (moyen) (126e)
Monnaie Roupie indienne (INR)
Fuseau horaire UTC + 5,30
Hymne national Jana-Gana-Mana
Domaine internet .in
Indicatif
téléphonique
+91

1 L'hindî est la langue officielle du gouvernement fédéral et l'anglais est langue officielle associée. Au niveau des États de la fédération, 22 langues officielles sont reconnues.

L'Inde, officiellement la République de l'Inde ou Union Indienne, est un pays du sud de l'Asie qui occupe la majeure partie du sous-continent indien.

Le nom du pays « Inde » est dérivé de la vieille version persane du mot « Sindhu », l'appellation du fleuve Indus en sanskrit (voir l'article détaillé sur l'origine du nom de l'Inde). Les textes officiels utilisent également le mot « Bharat » (mot hindi dérivé du nom sanskrit d'un roi hindou antique dont l'histoire peut être trouvée dans le Rāmāyana). Un troisième nom, « Hindustan' » ou « Hindoustan » écouter, c'est-à-dire « terre des Hindous » en persan, est employé depuis la période de l'Empire moghol et est le plus usité aujourd'hui encore par la majorité des Indiens dans le langage courant.

L'Inde est le deuxième pays le plus peuplé du monde après la Chine. Vingt-trois langues officielles y sont reconnues ; les deux langues officielles sont le hindi et l'anglais.

Le littoral indien s'étend sur plus de sept mille kilomètres. Le pays a des frontières communes avec le Pakistan à l'ouest, la Chine, le Népal, et le Bhoutan au nord et au nord-est, le Bangladesh et la Birmanie à l'est. Sur l'océan Indien, l'Inde est à proximité des îles de la République des Maldives au sud-ouest, du Sri Lanka au sud et de l'Indonésie au sud-est. L'Inde réclame également une frontière avec l'Afghanistan au nord-ouest.

L'Inde est le foyer de civilisations parmi les plus anciennes, et un carrefour historique important des grandes routes commerciales. Quatre grandes religions ont vu le jour dans ce sous-continent : l'hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme et le sikhisme.

Durant près de deux siècles, l'Inde constituait une partie importante de l'Empire britannique avant d'obtenir son indépendance en 1947. À la même époque, des comptoirs français et portugais sont présents sur le territoire indien, qui lui seront rétrocédés quelques années après l'indépendance. Toutefois même durant cet épisode colonial, un tiers du territoire était constitué de royaumes et principautés vassaux du « Raj britannique » mais autonomes.

Après plusieurs décennies durant lesquelles le développement économique avait peine à suivre une très forte croissance démographique, le pays s'est beaucoup développé depuis une quinzaine d'années, en particulier grâce au début de la transition démographique et aux réformes lancées en 1991. Le 22 janvier 2007, une capsule spatiale inhabitée indienne revient sur terre après une mission de 12 jours dans l'espace, ce qui posa un jalon scientifique et technique important pour le pays. Aujourd'hui, l'Inde fait partie des grandes puissances émergentes aux côtés de la Chine de la Russie et du Brésil. Elle est actuellement la quatrième puissance économique du monde en parité du pouvoir d'achat et la douzième en valeur nominal.

Sommaire

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Histoire [modifier]

Durant près de 100 siècles, une multitude de peuples et de civilisations vont traverser le sous-continent.

Pré- et proto-histoire [modifier]

Les abris sous roche peints à l'âge de pierre à Bhimbetka dans le Madhya Pradesh constituent les traces connues les plus anciennes d'implantation humaine en Inde. Les premières installations permanentes découvertes à ce jour apparaissent il y a 9 000 ans, et les anthropologues pensent qu'elles relèvent de populations de type veddoïde. Puis une civilisation brillante, l'une des plus anciennes connues à ce jour, se développe dans la vallée de l'Indus et atteint son apogée entre le XIXe siècle av. J.-C. et le XVIe siècle av. J.-C. : les historiens pensent qu'elle est due aux populations dravidiennes du nord, dont les Brâhuîs actuels seraient les derniers descendants.

Vers le XVIe siècle av. J.-C., des tribus aryennes venues d'Asie centrale auraient émigré en Inde du nord et développé la culture védique, mais cette hypothèse est rejetée par certains chercheurs qui notent les nombreuses continuités entre la civilisation de l'Indus et la civilisation védique. Des études génétiques récentes n'ont pas permis de trancher jusqu'ici (certaines confirment, d'autres réfutent la théorie de l'invasion aryenne): il est vraisemblable que, comme dans de nombreux autres exemples de ce type (Étrusques, Mésopotamie, Chine...) les envahisseurs aient en partie imposé leur langue (ici le sanskrit), leur organisation sociale et leurs croyances, mais en adoptant largement la civilisation des autochtones, les deux populations s'assimilant mutuellement.

L'Ère des réformes [modifier]

Au VIe siècle av J.-C. un vent de réforme religieuse se lève, le bouddhisme et le jainisme fleurissent, ajoutant à la richesse de la culture indienne dans tous les domaines. L'hindouisme classique se développe à partir de la culture védique. Le premier millénaire voit beaucoup de royaumes indépendants se développer puissamment, certains acquérant une stature impériale. La dynastie hindoue des Gupta domine la période que les historiens considèrent comme un « âge d'or » de l'Inde et les Maurya, et en particulier l'empereur bouddhiste Ashoka, contribuent au rayonnement culturel indien. Les arts, les mathématiques, la technologie, l'astrologie, la religion et la philosophie s'épanouissent grâce au mécénat royal.

La conquête musulmane [modifier]

Article détaillé : Conquête musulmane de l'Inde.
Mahmud de Ghazni et Ayaz
Le sultan est ici à droite, serrant la main du Sheikh, avec Ayaz debout derrière lui. Le personnage à droite est Shah Abbas Ier, qui régna environ 600 ans plus tard. Musée d'Art contemporain de Téhéran, Iran.

À partir du VIIe siècle de notre ère, les petits royaumes se multiplient et s'affrontent, jusqu'à la conquête musulmane entamée au XIIe siècle par Muhammad Ghori et ses troupes venues d'Asie centrale. Ainsi, durant le deuxième millénaire, la plupart des régions de l'Inde sont assujetties à un pouvoir musulman, le sultanat de Delhi puis à l'Empire moghol. On pense que c'est vers cette époque que des groupes entiers de populations nomades indiennes, les ancêtres des Roms, fuyant les désordres, ont quitté le pays pour se diriger vest le nord-ouest, traversant l'Iran, puis la Turquie jusqu'en Europe.

Néanmoins quelques royaumes hindous, comme le royaume de Vijayanâgara, subsistent et prospèrent. Dans le même temps que l'arrivée au pouvoir de la dynastie moghole initiée par Babur, descendant de Tamerlan, qui avait vaincu son principal rival lors la bataille de Panipat en 1526, le royaume de Vijayanâgara, sous le règne de Krishna Deva Râya, s'étend sur une grande partie du sud de l'Inde qui correspond aux états actuels du Kérala, Tamil Nadu, Karnataka, Andhra Pradesh, ainsi qu'une partie du Mâhârâstra, et connaît alors un épanouissement économique et culturel exceptionnel.

Le Taj Mahal a été édifié à Agra sur ordre de l'empereur moghol Shah Jahan, comme mausolée pour son épouse préférée Mumtaz Mahal

Durant le règne des empereurs moghols, et plus particulièrement sous l'impulsion d'Akbar (1542-1605), de profondes réformes sont entreprises. Dans le domaine politique, les prémisses d'un État moderne apparaissent : l'administration s'organise en un système décentralisé de provinces gouvernées par des princes nommés par l'empereur et où l'impôt est levé, et une institution judiciaire est mise sur pied. C'est encore Akbar qui met en place une politique de tolérance religieuse envers les hindous, ce qui conduit entre autres au développement d'une culture spécifique dont l'ourdou, langue issue du persan et de l'hindoustani est un des résultats. En matière d'art et d'architecture, les empereurs moghols se révèlent de grands mécènes et des promoteurs éclairés, et c'est durant cette période qu'est édifiée ce qui reste comme la plus belle réalisation architecturale de la période, le Taj Mahal.

La conquête européenne [modifier]

Entamée avec la création de Goa par les Portugais en 1508, l'arrivée des commerçants français, néerlandais, anglais (puis britanniques) précipite le déclin de l'Empire, tant ces derniers tirent profit de la division politique du sous-continent en installant des comptoirs, avant de les coloniser. Les Britanniques triomphent successivement de leurs rivaux européens puis des pouvoirs princiers locaux grâce à la force militaire et l'économie de comptoirs florissante de la Compagnie anglaise des Indes orientales, et parviennent à asseoir leur domination sur l'Inde dès la première moitié du XIXe siècle. Ils établissent alors une puissante administration coloniale, qui nominalement demeure sous la souveraineté de l'empereur moghol, la Compagnie des Indes n'étant qu'un des nawwab (vassaux), le plus puissant, de celui-ci. De nombreux États restent sous domination musulmane.

En 1857, la révolte des Cipayes, des soldats indiens au service des Britanniques, se transforme en soulèvement populaire général contre la puissance de la Compagnie anglaise des Indes orientales. Certains Indiens considèrent cette révolte comme la première guerre — infructueuse — d'indépendance, bien qu'il puisse s'agir-là d'une lecture rétrospective de l'histoire. Suite à cette révolte, les Indes sont placées sous la responsabilité directe de la Couronne britannique, et l'empereur moghol définitivement déposé. Un mouvement de codification juridique est amorcé afin de rénover le droit indien, alors fragmenté et chaotique.

Vers l'indépendance [modifier]

Après la révolte, les mouvements indiens nationalistes se forment et s'organisent dès la création du Parti du Congrès en 1885 et commencent à exiger une indépendance complète. L'influence du mouvement ne cesse de s'accroître durant la première moitié du XXe siècle, mais n'est pas exempt de désaccords, notamment entre hindous et musulmans. Le 15 août 1947, l'Inde accède finalement à son indépendance, au prix de nombreuses grèves et sacrifices, grâce aux efforts tenaces des dirigeants du Parti du Congrès, chef de file du mouvement nationaliste, et en particulier de Nehru et du Mahatma Gandhi. Parallèlement, elle subit une partition qui donne naissance à un autre État, le Pakistan pour les musulmans.

La période qui suit est dédiée à la construction de la nation. Nehru est le premier dirigeant de l'Inde indépendante. Il met en place une économie planifiée inspirée par le modèle des pays socialistes et qui tend à l'auto-suffisance, notamment en mettant l'accent sur la réforme de l'agriculture. En politique extérieure, il promet le mouvement des non-alignés pendant la guerre froide.

Une partition douloureuse [modifier]

Après 1947, l’Inde participe par ailleurs à quatre guerres contre son voisin le Pakistan dont le statut du Cachemire constitue la principale motivation. De 1975 à 1977, la Première ministre Indira Gandhi déclare l’état d’urgence, limitant les droits civiques et entraînant la mise en détention de nombreuses personnes sans procès. Si la démocratie est rétablie au début des années 1990, la destruction de la mosquée Babri Masjid d’Ayodhya en 1992 entraîne plusieurs conflits intercommunautaires en Inde occidentale. En 1999, l’Inde mobilise ses troupes dans le district de Kargil au Cachemire pour repousser des infiltrations de terroristes islamistes et de rebelles indépendantistes cachemiris venus du Pakistan. Depuis 1947, les rebellions séparatistes et les violences intercommunautaires dans les états du nord-est du pays ont provoqué la mort de quelque 50 000 personnes[4].

Politique [modifier]

Article détaillé : Politique de l'Inde.

L'Inde est une démocratie parlementaire et une république fédérale. Avec son milliard d'habitants, l'Inde se présente comme « la plus grande démocratie du monde[réf. nécessaire] ».

Depuis son indépendance en 1947, le gouvernement de la République de l'Inde a été dirigé principalement par le Parti national du Congrès (Indian National Congress ou Congrès(I), le parti de Gandhi et de Nehru. La vie politique des États a été dominée quant à elle par plusieurs partis nationaux, le Congrès, le Bharatiya Janata Party (BJP), le Parti communiste (Indian Communist Party ou CPI-M), le Janata Dal et surtout de nombreux partis régionaux tels que le Davida Munnetra Kazhagam (DMK) au Tamil Nadu.

De 1950 à 1990, le Parti du Congrès a bénéficié de la majorité parlementaire hormis pendant deux brèves périodes : entre 1977 et 1980, le Janata Dal remportait les élections en raison du mécontentement populaire provoqué par la proclamation de l'état d'urgence par Indira Gandhi, alors Premier ministre. En 1989, une coalition nationale menée par le Janata Dal allié aux partis de gauche accéda une nouvelle fois au pouvoir et s'y maintint pendant deux ans.

Les années 1996 à 1998 ont vu une succession de partis à la tête du pays, arrivés au pouvoir par la formation d'alliances hétérogènes et qui se sont révélées éphémères. Le BJP, parti nationaliste, a formé un gouvernement en 1996, suivi immédiatement par une coalition nommée Front Uni (United Front). En 1998, le BJP a formé à nouveau avec plusieurs partis régionaux une Alliance démocratique nationale (National Democratic Alliance ou NDA) et est devenu le premier parti non-congressiste à se maintenir au pouvoir jusqu'au terme de son mandat, soit cinq ans. Aux élections de 2004, le Congrès a remporté la majorité des sièges de la Lok Sabha et a formé un gouvernement avec une coalition de partis de gauche opposé au BJP au sein l'Alliance progressiste unie (United Progressive Alliance ou UPA). L'actuelle présidente de la République de l'Inde est Pratibha Patil depuis 2007, mais l'essentiel des pouvoirs est détenu par le Premier ministre Manmohan Singh, depuis 2004. Celui-ci remporte largement les élections législatives de 2009 en améliorant la représentation des parlementaires de l'UPA autour du parti du Congrès qui enregistre lui-même une avancée significative le positionnant, avec 198 sièges, comme le premier parti indien[5].

La politique en Inde reflète l'ampleur des changements qui ont eu lieu dans la société, malgré de très vives résistances: ainsi un intouchable, K.R. Narayanan, a pu accéder en 1997 à la présidence et Jagjivan Ram qui était Ministère dans les différents ministères : défense, agriculture, chemins de fer, ... et Premier Ministre adjoint de l'Inde de 1977 à 1979.

Institutions [modifier]

Les bâtiments du Central Secretariat à Delhi, siège du gouvernement de l'Union indienne.

Promulguée le 26 janvier 1950, la Constitution donne naissance à la « République souveraine et démocratique » de l'Inde, dont elle affirme le caractère laïque et la vocation sociale.

Ce texte dote l'Union indienne d'institutions inspirées des modèles britannique et américain. Ainsi, le régime est une fédération de type dyarchique comme aux États-Unis, et parlementaire bicaméral calqué sur le parlement de Westminster. Le pouvoir est divisé entre le législatif, l'exécutif, et le judiciaire.

Le président est le chef de l'état, mais ses pouvoirs sont surtout symboliques. Le président et le vice-président de la république sont élus au suffrage indirect tous les cinq ans par un collège spécial. Le vice-président ne devient pas nécessairement président si le président démissionne ou vient à décéder. Le premier ministre est, cependant, le chef de gouvernement de fait. Il est nommé par le président, avec l'aval du parti ou de la coalition qui détient la majorité des sièges à la Chambre du Parlement. Le Parlement est composé de deux chambres : la chambre haute, la Rajya Sabha (Conseil des États) et la chambre basse, la Lok Sabha (Chambre du peuple). La Rajya Sabha peut compter jusqu’à 250 membres élus pour une durée de six ans, et renouvelés par tiers tous les deux ans. La plupart sont élus indirectement par les assemblées de chaque État proportionnellement à la population de ce dernier. Les 545 membres de la Lok Sabha sont élus au suffrage universel direct pour représenter différents collèges électoraux pour des mandats de cinq ans.

Le Parlement désigne un Premier ministre issu du parti majoritaire ou d'une coalition. Celui-ci détient les pouvoirs exécutifs et dirige le conseil des ministres. Il est directement responsable devant le Parlement.

La branche exécutive comprend le président de la République, le vice-président et le Conseil de ministres (le Cabinet étant son comité de direction) dirigé par le Premier ministre. Tout ministre détenant un portefeuille doit être un membre de l'une ou l'autre des assemblées.

Le pouvoir judiciaire en Inde est également organisé en dyarchie, comme aux États-Unis. La plus haute juridiction du pays est la Cour suprême, dirigée par le premier magistrat du pays, le président de la Haute Cour de l'Inde. La Cour suprême arbitre les conflits entre les États et le Centre. Elle constitue en outre la dernière juridiction d'appel au-dessus des vingt et une hautes cours (High Courts) des États. Enfin, elle a le pouvoir de prononcer l'inconstitutionnalité des lois et des décrets des gouvernements (et donc de les annuler) si elle estime que ces derniers sont en conflit avec les principes fondamentaux de la constitution. À l'échelon inférieur, on trouve les hautes cours, qui siègent dans les États et territoires de l'Inde. Ces dernières sont principalement des juridictions d'appel et examinent les litiges issus des tribunaux subalternes (lower courts) tels que les tribunaux de district ou de localité.

Gestion du territoire [modifier]

L'Inde a été formée durant des siècles d'états princiers, plus ou moins interdépendants localement. Les Britanniques, en unifiant le territoire sous leur autorité, créent l'Inde en tant qu'entité territoriale. L'administration britannique conservera le principe sous-jacent en découpant le territoire en principautés, états et territoires. Elle n'hésitera cependant pas au fil du temps à regrouper et découper, comme bon lui semble, ces zones en entités ne correspondant pas tout à fait aux réalités historiques. Ainsi par exemple, elle créa l'Eastern Bengal and Assam qui devienda l'Assam et le Bengale-Occidental... À l'indépendance, l'Inde a gardé cette structure en état et territoire. Le processus de création d'états continue et le Purvanchal, au centre nord, est candidat pour devenir un nouvel état à part entière. Ces états et territoires sont découpés en districts. Certaines zones urbaines peuvent couvrir plusieurs districts, tandis que les districts des zones rurales sont découpés en sous-divisions qui sont elles-mêmes découpées en groupement de villages. Les noms locaux peuvent différer, par exemple les groupements villageois du nord de l'Inde sont appelés Tehsil mais Taluk dans le sud. Les villes ont un statut différent en fonction de leur population.

Plus récemment, des regroupements régionaux, au niveau des états, sont nés. Issus d'initiatives locales, ces regroupements ont le développement économique pour objectif principal. C'est le cas par exemple du Nord-Est indien.

Relations extérieures [modifier]

Le Premier ministre indien, Manmohan Singh, avec l'ancien président des États-Unis, George Bush.

L'Inde se considère comme une grande puissance encore mal reconnue.[réf. nécessaire] La Charte des Nations unies ne lui donne pas le statut de membre permanent du Conseil de sécurité le traité de non-prolifération nucléaire ne la reconnaît pas comme État doté de l'arme nucléaire. Aussi, l'Inde cherche-t-elle à faire reconnaître le statut de grande puissance auquel elle juge pouvoir prétendre.

C'est la raison pour laquelle elle a avancé sa candidature auprès du G4 (Allemagne, Brésil, Inde, Japon) afin d'obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. C'est aussi l'une des raisons qui l'ont poussée à développer un arsenal nucléaire après l'explosion « pacifique » de 1974 et à en assumer le caractère officiel avec les essais de mai 1998.

Aujourd'hui, l'Inde est reconnue comme une puissance émergente. Elle a tissé des partenariats stratégiques avec toutes les grandes puissances : les États-Unis dans le cadre du programme Next Steps in Strategic Partnership (NSSP)[6]; la Chine avec laquelle elle progresse sur la voie d'un règlement du contentieux frontalier qui oppose les deux pays. L'Inde depuis son ouverture dans les années 1990, a aussi cherché à nouer des liens plus fort avec les pays membres de l'ASEAN, au travers de la politique du Look East.

L'Inde rompt avec l'approche nehruvienne, tiers-mondiste et non alignée (voir mouvement des non-alignés) des relations internationales pour entrer dans le club des « grands­­ ».

Géographie [modifier]

L’Inde occupe la majeure partie du sous-continent indien, qui est placé entre la plaque tectonique de l’Inde et la partie nord-ouest de la plaque indo-australienne. Une partie du territoire des États du nord et du nord-est de l’Inde est située dans le massif de l’Himalaya. Le reste de l’Inde septentrionale, centrale, et orientale est occupé par la zone fertile de la plaine indo-gangétique. Dans la partie occidentale, bordée par le Pakistan du sud-est, se trouve le désert du Thar. L’Inde méridionale se compose presque entièrement du plateau péninsulaire du Deccan, flanqué de deux massifs côtiers au relief accidenté, les Ghâts occidentaux et les Ghâts orientaux.

De grands fleuves et rivières, tels le Gange, le Brahmapoutre, la Yamunâ, la Godâvarî, la Narmadâ, la Kaveri traversent le pays. L’Inde possède par ailleurs trois archipels : les îles Laquedives, qui se trouvent au large de la côte du sud-ouest ; la chaîne volcanique des îles d’Andaman et de Nicobar au sud-est, et les Sundarbans dans le delta du Gange au Bengale occidental. Le climat en Inde varie, de tropical dans le sud à plus tempéré dans le nord de l’Himalaya et où les régions montagneuses reçoivent les chutes de neige continues en hiver.

Les îles Andaman

Le climat de l’Inde est fortement influencé par l’Himalaya et le désert de Thar. L’Himalaya et les montagnes de l’Hindu Kouch au Pakistan, font obstacle aux vents catabatiques venus d’Asie centrale et les empêchent ainsi de pénétrer dans le continent, ce qui préserve la chaleur dans la majeure partie de ce dernier, contrairement à la plupart des régions situées à la même latitude. Le désert du Thar, quant à lui, attire les vents humides de la mousson d’été qui, entre juin et septembre, est responsable de la plus grande partie des précipitations de l’Inde.

L’Inde est une fédération d’États qui ont chacun un parlement et un gouvernement. Il y a vingt-huit États, six territoires, et le territoire de la capitale New Delhi (New Delhi Capital Territory).

La superficie de l’Inde est de 3 287 590 km2. Délimitées par le Pakistan, la Chine, le Népal, le Bhoutan, le Bangladesh, la Birmanie, les frontières indiennes sont longues de 15 168 km.

Environnement [modifier]

Article détaillé : Zones protégées d'Inde.

Histoire de la législation environnementale [modifier]

Dès la fin du XIXe siècle, voyant les ressources naturelles diminuer les britanniques mettent en place des lois et des organismes afin de gérer l'immense territoire que représentent les Indes. Le Indian Forest Service est créé en 1866, la Indian Forest Act est édicté en 1878. Les britanniques cherchaient alors avant tout à préserver le couvert forestier sur ces zones de façon à assurer une pérennité pour l'exploitation du bois d'œuvre. Le principal levier étant le prélèvement des taxes de douane. Accessoirement ses dispositions permettaient de préserver également le gros gibier qui peu à peu disparaissait. C'est ainsi que plusieurs aires protégées ont vu le jour comme le Reserved forest de Kaziranga en 1905. Les mesures de protection se sont renforcées avec l'Indian Forest Act de 1927.

Devant la dégradation continue des zones protégées, le gouvernement indien a fait promulguer la loi Wildlife Protection Act en 1972 sur la protection de la faune et de la flore sauvages. L'acte relatif à la conservation des forêts, le Forest Protection Act de 1980, stipule qu'aucune superficie boisée ne sera soumise à des utilisations non forestières sans l'approbation préalable du Gouvernement indien. Cet acte, pris rapidement avec peu de concertation, a servi de façon très efficace à interdire la conversion des zones forestières, cependant il pose localement des difficultés aux petites communautés rurales. Dans la foulée le Forest survey of india, un organisme destiné à évaluer les résultats de la protection du couvert forestier, est créé en 1981.

L'acte relatif à la protection de l'environnement, le Environment Protection Act de 1986, a joué un rôle crucial dans la conservation et la gestion des écosystèmes notamment dans le traitement des eaux et des déchets. En 2008, le Forest Rights Act fait craindre à certains protecteurs de l'environnement une perte d'autorité de l'état sur les zones protégées.

Politique environnementale [modifier]

La protection de l'environnement est pilotée par le Ministère de l'environnement et des forêts qui dirigent de nombreuses agences gouvernementales comme l'Indian Forest Service, de centres de formations et d'autres institutions.

Organisation de la protection [modifier]

Il existe plusieurs niveaux de protection, le plus élevé étant les parcs nationaux et les plus petit les Village forests. En outre certaines zones protégée peuvent l'être par des privés. 4% de la surface du pays doit, d'après une décision gouvernementale, être protégée.

À ces aires protégées, se superposent des zones où des moyens complémentaires sont offerts pour protéger une espèce particulièrement ou un biome importante. C'est le cas par exemple des Tiger Reserves et des Elephant reserves, qui peuvent le cas échéant se superposer. Ces réserves sont pilotés dans le cadre de plan qui sont le Project Tiger, le Project Elephant, le Asiatic Lion Reintroduction Project... Le Yamuna Action Plan cherche à réhabiliter la rivière Yamuna.

Faune et flore [modifier]

Située dans l'écozone indomalaise, l'Inde abrite une grande biodiversité : 7.6 % des mammifères, 12.6 % des oiseaux, 6.2 % des reptiles, et des 6.0 % des plantes à fleurs vivant sur la Terre s'y trouvent.[réf. nécessaire] Elle possède beaucoup d'écorégions, comme les forêts de Shola, qui présentent des taux extrêmement élevés d'endémisme : au total, 33 % des espèces de plantes indiennes sont des espèces endémiques. La couverture de la forêt indienne s'étend de la forêt tropicale des îles Andaman, des ghâts occidentaux, et de l'Inde du nord-est jusqu'aux forêts de conifères tempérées de l'Himalaya. Entre ces extrémités se situent la forêt tropicale humide de l'Inde orientale, dominée par le sal ; la forêt tropophile de l'Inde centrale et méridionale, dominée par le teck ; ainsi que la forêt épineuse du Deccan central et de la plaine du Gange occidentale, dominée par l'acacia mimosa. On compte parmi les arbres importants le neem aux propriétés médicinales, largement utilisé pour des remèdes en phytothérapie rurale. Le figuier des pagodes, visible sur les sceaux de Mohenjo-daro, a ombragé le Gautama Bouddha pendant qu'il atteignait le Nirvāna.

Le tigre royal du Bengale est le symbole animal national de l'Inde.

Beaucoup d'espèces indiennes descendent directement des taxons provenant du supercontinent Gondwana, duquel l'Inde est originaire. Le supercontinent Laurasia a permis un large échange d'espèces lors de son mouvement en direction de la plaque indienne, et de leur collision. Cependant, le volcanisme et les changements climatiques survenus il y a 20 millions d'années ont causé à l'extinction de beaucoup de formes endémiques en Inde. Peu après, les mammifères entrèrent en Inde depuis l'Asie au cours de deux passages zoogéographiques de chaque côté de l'Himalaya naissant. En conséquence de cela, on compte parmi les espèces indiennes seulement 12,6 % de mammifères et 4,5 % d'oiseaux qui sont des espèces endémiques, contrastant avec les 45,8 % de reptiles et 55,8 % d'amphibiens. Les endémiques notables sont le singe semnopithèque du Nilgiri et le crapaud brun ou carmin de l'espèce bufo beddomii des ghâts occidentaux. L'Inde contient 172 soit 2.9 % d'espèces menacées selon l'UICN, parmi lesquelles on retrouve le lion asiatique, le tigre du Bengale, et le vautour chaugoun indien, qui fut très proche de l'extinction à cause d'ingestion de charognes de bétail traités au diclofénac.

Depuis les dernières décennies, la faune de l'Inde a été sérieusement menacée par la forte augmentation démographique humaine. Pour contrer cela, le gouvernement a considérablement étendu sa liste des secteurs protégés et des parcs nationaux (liste initialement établie en 1935). En 1972, l'Inde a mis en place un plan de sauvegarde de la faune, et un projet spécialement dédié à la préservation du tigre et de son habitat naturel. Ce plan de sauvegarde fut étendu par d'autres protections fédérales promulguées dans les années 1980. En plus des 500 zones de sauvegarde de la faune, l'Inde accueille maintenant 14 réserves de biosphère, dont 4 font partie du réseau mondial des réserves de biosphère. 25 zones humides sont protégées par la convention de Ramsar.

Économie [modifier]

Article détaillé : Économie de l'Inde.
La « pyramide », bureaux de la SSII Infosys à Bangalore
  • Le PIB de l’Inde était de 1 071 milliards $ en 2007 selon le dernier Atlas de la Banque Mondiale.
  • Le PIB par habitant était de 950 dollars en 2007.
  • Le PIB par habitant aux prix intérieur (en parité de pouvoir d'achat ou PPA) était par contre de 3082 milliards dollar en 2007, soit un pouvoir d'achat par habitant de 2 740 $.
  • En 2007, l’agriculture représentait moins de 20 % du PIB, les industries 28 % et les services 53 %. Le PIB de l’Inde est le 10e du monde calculé au taux de change courant mais le 4e en parité de pouvoir d'achat après les États-Unis, la Chine et le Japon.
  • Répartition des emplois (2004) : agriculture 50 %, industrie 21 %, services 29 %.
  • Taux de pauvreté (2004) : 25 %
  • Taux de chômage (2005) : 10 %
  • Dette extérieure (est. 2005) : 95 milliards de dollars
  • Inflation (2005) : 4,2 %

L’Inde a réalisé d’énormes progrès économiques depuis l’accession à l’indépendance. Il est vrai qu’il fut un temps, la civilisation indienne rayonnait dans l’ensemble de l’Asie. C’est l’époque où l’Inde, à égalité avec la Chine, se situait au tout premier rang mondial, avec 22,6 % du revenu de la planète. C’était en 1700.

Aujourd’hui, l’Inde, un géant de plus d’un milliard d’habitants, commence à reprendre sa place dans l’économie mondiale. En 2007, l'Inde est la 12ème puissance économique mondiale avec un PIB de 1 171 Mds $ soit 2,15% du PIB mondial (World Bank, , GDP 2007). L’objectif du gouvernement indien consiste à accélérer le développement économique en réduisant la pauvreté, en développant davantage les infrastructures, notamment en zone rurale, et en facilitant l’accès à l’éducation ainsi qu’aux soins pour la population.

Elle s’efforce d’approfondir ses relations avec l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), de resserrer ses liens avec la Chine et d’accroître ses interactions avec les pays d’Asie centrale, les États-Unis et l’Europe.

Immeuble commercial à Bangalore, ville vitrine de la croissance économique indienne.

La classe moyenne indienne compte plus de 350 millions de personnes en constante évolution. Les secteurs qui tirent profit de la conjoncture sont, avant tout, les services et l’industrie manufacturière.

Dans le domaine spatial, le pays a réussi à lancer en janvier 2007, une fusée transportant une capsule qui a ensuite été récupérée sur Terre, dans le cadre de la préparation d’un vol spatial habité. La fusée indienne PSLV (Polar Satellite Launch Vehicule) a placé sur orbite quatre satellites, une première pour l’Inde, dont deux satellites indiens, un indonésien et un argentin.

Aujourd’hui avec neuf satellites géostationnaires opérationnels, le pays a mis à profit son succès technologique spatial pour créer la télé-éducation ainsi que des réseaux de télé-médecine au service de la population. Le pays compte plus de 3 millions de nouveaux abonnés au téléphone mobile chaque mois. Des jeunes du monde entier viennent étudier en Inde et effectuer des stages dans le pays.

L’Inde est aussi le premier producteur et exportateur de médicaments génériques du monde. La capitale de l’industrie pharmaceutique est Hyderâbâd. La première entreprise du secteur est Ranbaxy, avec plus de 10 000 salariés et 1,5 milliard de dollars de chiffre d’affaires. Les exportations indiennes se chiffrent à plus de 2 milliards de dollars.

Bourse des valeurs à Bombay

D’après une étude de Jean-Joseph Boillot, ancien conseiller financier à la Mission économique de New Delhi, la croissance de l’Inde dépassera celle de la Chine à l’horizon 2010-2015. Et dans son livre « L'économie indienne », il pronostique que l'Inde sera le grand rival de la Chine vers 2020.

  • Croissance en 2006 : 9,2 %
  • Population en millions en 2005 : 1 095
  • PIB en milliards de dollars : 785,5
  • Richesse créée en milliards de dollars en 2006 : 62,8

Un autre indice est l’équipement des foyers en télévisons. Le nombre de foyers équipés était de 88 millions en 2000 contre 105 millions en 2007 (50 % des foyers).

Démographie [modifier]

Article détaillé : Démographie de l'Inde.
Protection du sexe féminin, à Pondichéry

L'Inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde après la Chine et compte environ 1 milliard 100 millions d'habitants. C'est un pays jeune qui compte 560 millions de personnes de moins de 25 ans[7]. En 2004, un Indien sur deux avait moins de 25 ans et 70% de la population habite à la campagne.

Toutefois, ayant presque atteint la maîtrise de sa démographie si on parle en termes occidentaux[réf. nécessaire], l'Inde connaît une augmentation rapide de sa population. La population indienne augmente d'environ 19 millions d'individus par an (conséquence d'une fécondité de 3,1 enfants par femme en moyenne — contre 1,7 pour la Chine). On prévoit que l'Inde deviendra le pays le plus peuplé au monde aux alentours de 2030. Pour les années 2000/2005, la population indienne supplémentaire qu'il faut nourrir, loger, habiller et éduquer chaque année correspond presque à la population australienne totale.

L'Inde, du fait de la nature démocratique de son régime politique, axe sa politique sur la responsabilisation individuelle, avec par exemple des centres d'information sur la contraception. Cette politique non contraignante diffère de celle de l'enfant unique de la Chine, qui d'ailleurs n'a pas évolué, sauf des aménagements pour les populations rurales.

Les facteurs qui semblent avoir eu le plus d'impact sur la natalité semblent être l'amélioration générale du niveau de vie ainsi que l'alphabétisation des femmes dans certains États (par exemple, au Kérala).

Néanmoins, l'Inde est aujourd'hui confrontée à un phénomène problématique : la baisse du nombre de femmes par rapport au nombre d'hommes, en raison de l'élimination prénatale ou postnatale (il n'est pas rare que des nouveau-nés soient retrouvés agonisants dans des poubelles) massive des fœtus féminins. Le ratio dans la population est de l'ordre de 900 femmes pour 1000 hommes. Dans certaines parties de l'Inde, il n'est plus que de 800 femmes pour 1000 hommes. En conséquence, de nombreux hommes vivent aujourd'hui un célibat forcé, en même temps que se développent de vastes trafics de filles à marier étrangères et que l'ancienne pratique de la polyandrie tend, dans certains endroits, à renaître même si le phénomène n'est pas significatif[8].

La pratique abusive de l'échographie, qui permet la détermination précoce du sexe de l'enfant à venir, a entraîné l'augmentation du recours à l'avortement sélectif. Ce phénomène est relativement fréquent dans les familles vivant en zone urbaine et de classe moyenne. Aussi, le modèle de la famille à un garçon et une fille tend à se généraliser dans cette couche de la population.

La cause souvent avancée pour expliquer l'élimination des fœtus féminins est d'ordre socio-culturel : le destin d'une fille en Inde est de quitter sa famille à son mariage pour vivre dans celle de son époux et contribuer à l'économie du foyer de ses beaux-parents. En outre, la famille de la fiancée doit s'acquitter d'une dot envers la belle-famille, pratique autrefois circonscrite aux familles de caste brahmane mais qui tend à s'étendre à l'ensemble de la population, et qui donne parfois lieu à des abus. Son versement peut ainsi entraîner de graves difficultés financières, voire la ruine, pour la famille de la mariée. Les cas de meurtres de jeunes mariées perpétrés par leur belle famille sont souvent dénoncés dans la presse indienne et sont présentés comme la conséquence d'un défaut de paiement de la dot par leur famille d'origine. En 2006, on estimait ainsi officiellement qu'un cas de dowry death était rapporté à la police toutes les 77 minutes[9]

Ruralité ou urbanisation ? [modifier]

Plus de 70 % de la population indienne vit encore dans des zones rurales difficiles d'accès et où, du coup, le chômage est la norme. Pour y remédier, certains experts réclament une urbanisation massive. D'autres suggèrent, au contraire, que l'offre de travail s'adapte aux zones rurales. C'est ce qu'a fait Rural-Shores. Cette entreprise de Bangalore a investi massivement pour installer dans les campagnes des centres de sous-traitance (elle prévoit d'en ouvrir cinq cents d'ici à 2015 et a embauché cent jeunes en 2009). D'après le New York Times, tout le monde est gagnant. Pour l'employeur, les charges sont bien moins élevées : le salaire mensuel pour un travail de ce type est environ de cent euros en ville contre quarante à la campagne. Et pour des milliers de familles, c'est l'espoir d'un revenu fixe.

Santé [modifier]

Si la fécondité indienne s'est effondrée en 50 ans, la baisse du taux de croissance démographique est irrégulière et relativement lente. Cela est attribué à une politique démographique incohérente[réf. nécessaire], là où la Chine a adopté la politique de l'enfant unique. En Inde, 2,5 millions de personnes sont séropositives. Pour contourner les susceptibiltés masculines, l'ONG National Aids Control Organisation (Naco) a distribué avec succès 500 000 échantillons de préservatifs féminins. Ils permettent aussi aux femmes de mieux gérer la natalité.

Défense [modifier]

Armée de l'air indienne
Article détaillé : Forces armées indiennes.

L'Inde a l'une des plus grandes armées du monde. L'Armée de l'air indienne est la quatrième plus grande au monde, derrière celles des États-Unis, de la Russie et de la Chine.

Les forces armées indiennes disposaient en 2006 d'un effectif de 1 325 000 militaires et 535 000 réservistes [réf. nécessaire].

Son budget pour la défense s'élève à 19,1 milliards de dollars (soit 15,80 milliards d'euros), 3,11 % du produit national brut (PNB)

Ses forces sont réparties comme ainsi :

  • Armée de terre : 1 110 000 hommes ;
  • Armée de l'air : 170 000 hommes ;
  • Marine : 55 000 hommes.

Elles disposent de 3 000 chars de combat, 1 900 autres blindés, 650 avions de combat (ainsi que des forces aéronavales), 16 sous-marins, 1 porte-aéronefs et 8 destroyers. L'Inde vient de commencer le remplacement de 126 MiG-21 par d'autres avions russes pour 2012 [réf. nécessaire].

L'Inde dispose d'armes nucléaires depuis 1974 réparties dans l'aviation ou dans des missiles IRBM.

Le 9 décembre 2009, l'Inde prévoit de sécuriser ses ports militaires avec des clôtures électriques contre les menaces clandestines maritimes[10].

Culture [modifier]

Beaucoup de groupes culturels composent la société indienne.

La culture de l'Inde est marquée par un degré de syncrétisme élevé. Beaucoup de pratiques, langues, coutumes, et monuments indiens en sont des exemples : des édifices architecturaux inspirés de l'architecture de l'Islam, tels que le Taj Mahal sont l'héritage de la dynastie moghole. La culture indienne est donc le résultat de traditions qui ont combiné des éléments hétérogènes de civilisations présentes sur le territoire à la suite d'invasions, de mouvements migratoires et de colonialisation qui ont marqué le pays à un moment ou à un autre de son histoire.

Musique et Danse [modifier]

La musique indienne est fortement diversifiée. La musique classique est principalement dédoublée entre les traditions indiennes hindoustanies du nord et carnatiques du sud. Les formes fortement régionalisées de musique populaire incluent la musique filmi et musique folklorique comme le Bhangra.

Les danses folkloriques sont très variées, selon les régions et les communautés. Beaucoup de danse classiques de danse existent : le Bharata natyam, le Kathakali, le Kathak, qui partage ses racines avec le flamenco d'Espagne, le Kuchipudi, le Manipuri, l'Odissi et le Yakshagana. Ils ont souvent une forme narrative et sont habituellement imprégnés par des éléments religieux et de dévotion.

Littératures [modifier]

Les traditions littéraires les plus anciennes empruntaient principalement la forme orale, la forme écrite faisant une apparition plus tardive.

La littérature religieuse hindoue écrite en sanskrit, tels que les Veda, le Râmâyana et le Mahâbhârata, tient une grande place dans la culture indienne, et donne lieu à des réminiscences et des adaptations jusque dans les œuvres contemporaines de fiction, de théâtre ou de cinéma. Une autre littérature importante de la période est la « Littérature du Sangam » de langue tamoule produite dans le Tamil Nadu, également très ancienne. Le sanskrit comme le tamoul classique sont des langues savantes qui ne sont alors accessibles qu'à un groupe très restreint d'individus cultivés. Les littératures en langue vernaculaire (telle que l'hindoustani, bengalî ou ourdou par exemple) se développent quant à elles à partir du Xe siècle. Les textes sont en vers ou en prose, d'essence religieuse et bien souvent inspirés de légendes anciennes ou d'épopées.

Sous l'influence de la colonisation britannique, les auteurs indiens de l'ère moderne, dont le bengali Rabîndranâth Tagore, écrivent en anglais comme dans leur langue maternelle.

À partir du XXe siècle et à l'époque contemporaine, beaucoup d'écrivains, dont certains jouissent d'une audience internationale (Salman Rushdie, Anita Desai, Amitav Ghosh, Vikram Seth, Arundhati Roy, Vijay Singh, Tarun Tejpal, Rohinton Mistry, etc.) ont contribué au développement d'une fiction indienne de langue anglaise en rupture avec la narration classique caractérisant leurs prédécesseurs (et notamment R.K. Narayan, considéré comme l'un des pères du roman indien écrit en anglais). Leurs œuvres portent l'empreinte du courant postcolonialiste, où les thèmes de l'identité nationale, de l'histoire, de la réflexion sur l'oppression coloniale s'allient à une interrogation sur ce qui fonde l'identité de l'individu, sur la difficulté à vivre la rupture entre la tradition et la modernité, sur le conflit des cultures et des influences qui se joue dans la conscience de l'homme de l'Inde indépendante. Cette recherche d'identité passe par le recours à la langue anglaise, langue du colonisateur réinventée et réappropriée, qui témoigne par ailleurs de la volonté de créer un langage et une esthétique propre, et par là même de s'exprimer en dépassant la difficulté de se dire avec des mots « venus d'ailleurs », suivant l'expression de R.K. Narayan[11]. Auteur de fiction, de poèmes et d'essais littéraires, dont plusieurs ont obtenu des prix internationaux, Amit Chaudhuri[12] occupe également un rang notable dans la toute jeune génération de la littérature anglo-indienne. Dans un registre intimiste, il s'attache à la description des mutations de la famille et à une réflexion sur la conjugalité dans les foyers de la classe moyenne émergente. De même, Hari Kunzru[13] a récemment publié une épopée comique sur le thème de la recherche de l'identité, illustrant le surgissement de tendances individualistes qui semble à l'œuvre dans cette même classe moyenne résidant dans les métropoles indiennes. On peut enfin citer Kiran Desai qui a remporté le Man Booker Price en 2006 avec un récit illustrant la tension vécue par la génération actuelle, entre héritage familial et aspirations individuelles[14].

Le postcolonialisme, mouvement littéraire de grande ampleur qui a touché à la fois les pays du sud et l'Occident, en amorçant un détachement des formes élitistes, a également favorisé en Inde l'expression littéraire de groupes minoritaires qui traditionnellement se voyaient dénier la capacité de produire des œuvres culturelles. Ainsi des écrivains, dramaturges et poètes dalits (ou « hommes brisés » en marathi, nom que se sont donnés les individus originaires des castes intouchables pour contester leur statut social issu de leur position hiérarchique dans la société hindoue) ont également ébranlé les formes littéraires classiques, par l'usage d'un langage inhabituellement concret, voire cru, pour décrire leur condition d'opprimés, contribuant ainsi au renouvellement des thèmes et des formes de la littérature nationale.

Cinéma [modifier]

Bollywood est la plus grande industrie cinématographique du monde.

L'industrie cinématographique indienne est la plus prolifique du monde. Son fleuron est constitué par la production de Bollywood (nom dérivé de Bombay, ancienne dénomination de Mumbai), dont les studios sont situés dans la capitale de l'État du Mâhârâstra, et qui réalisent principalement des films commerciaux en hindi. L'industrie est également importante dans la région de Calcutta, de Madras, et au Kérala. Il existe ainsi une production non négligeable de films en telugu, en kannada, en malayalam, en tamoul, en bengali ou en marathi. Le cinéma est un art et une distraction particulièrement populaire en Inde : quels que soient l'âge, le sexe, la caste, l'origine sociale ou géographique des Indiens, ces derniers fréquentent massivement les salles de cinéma. Les acteurs les plus connus jouissent ainsi d'un prestige inégalé dans nos sociétés, et les liens entre l'industrie du film et la politique sont parfois très étroits. Ainsi, certains acteurs ont occupé des postes gouvernementaux importants, comme M. G. Ramachandran, acteur tamoul populaire devenu premier ministre de l'État du Tamil Nadu [15].

En marge de cette production de masse parfois très stéréotypée, il existe également un cinéma d'auteur, dont le représentant le plus connu hors des frontières de l'Inde est le bengali Satyajit Ray. On peut également citer parmi les réalisateurs classiques Guru Dutt, Raj Kapoor (également acteur), Adoor Gopalakrishnan et Yash Chopra pour ses grands succès.

Parmi les réalisateurs contemporains émergent Mira Nair, figure de proue du cinéma indien indépendant, qui a obtenu plusieurs récompenses internationales dont un Lion d'Or à Venise en 2001. Ses films sont travaillés par le thème de l'exil et de la fracture entre les générations, ou de la sexualité féminine et de sa censure. Shyam Benegal, Deepa Mehta, Sudhir Mishra figurent parmi d'autres réalisateurs contemporains qui ont connu un succès pour leur films, tout comme Vijay Singh, réalisateur indien basé en France, connu pour ses films qui touchent à la fois à l'Inde et la France. Sur un mode plus léger, Karan Johar, issu d'une famille de réalisateurs de Bollywood, possède sa propre société de production et tente de renouveler les codes du genre en introduisant des thèmes de réflexion sur les mœurs familiales en mutation dans ses intrigues par ailleurs très représentatives du cinéma commercial produit à Bombay.

Religions et institutions spirituelles [modifier]

Article détaillé : Religions de l'Inde.
Le temple du Lotus à Delhi est un temple bahai.

Il y a plusieurs religions en Inde. Les principales religions pratiquées en Inde sont l'hindouisme (79,8%) et l'islam (13,7%). On trouve aussi des jaïns (0,5 %), des sikhs (2,1 %), des zoroastriens (pârsîs), des bouddhistes (0,8 %), des juifs et des chrétiens (2,5 %) - ceux-ci issus d'une évangélisation soit très ancienne, dès le Ier siècle (chrétiens de saint Thomas au Kérala et au Karnataka), soit consécutive à l'arrivée des Européens à partir du XVIe siècle : Portugais, Français, Anglais. Alors que le bouddhisme est originaire du nord de l'Inde, il n'est plus pratiqué à l'heure actuelle que par une partie infime de la population, surtout les Tibétains déplacés lors de l'intervention au Tibet par la Chine et quelques milliers d'ex-intouchables qui se sont convertis en suivant l'exemple de Bhimrao Ramji Ambedkar, un grand leader intouchable de l'indépendance. Mais depuis quelques années, l'élite urbaine et la classe moyenne indiennes commencent doucement à s'intéresser de plus en plus au bouddhisme avec l'arrivée des écoles bouddhistes du Japon. Des religions naturelles, classées comme Animistes, sont encore très vivantes parmi les groupes tribaux du centre du pays.

L'Inde possède de nombreuses religions aux statuts divers. Plusieurs des « grandes » religions sont originaires de l'Inde, dont l'hindouisme et le bouddhisme, et certaines sont presque exclusives à l'Inde.

L'hindouisme est de loin la première religion de l'Inde elle comprend 878 millions de fidèles soit 79,8 % de la population indienne.

L'islam, avec environ 150 millions de fidèles (env. 13,7 % de la population indienne), fait de l'Inde le troisième pays musulman au monde après l'Indonésie et le Pakistan.

L'Inde compte environ 25 millions de chrétiens (orthodoxes, protestants et catholiques ensemble forment env. 2,5 % de la population totale). La communauté chrétienne du Kérala est l'une des plus anciennes au monde (Chrétiens de Saint Thomas). Les églises chrétiennes sont renommées pour leur institutions éducatives de qualité, et ouvertes à tous.

Le sikhisme est une religion propre à l'Inde qui comprend 18 millions de fidèles (env. 2,1 % de la population indienne). La majorité des Sikhs habitent au Penjab. Les Sikhs sont très présents dans l'armée.

L'hindouisme est la religion dominante de l'Inde.

Le bouddhisme, qui avait disparu vers le Xe siècle, renaît en Inde de plusieurs façons, notamment sous la forme de la pratique de vipassana, et grâce au mouvement de conversion en masse de Dalits ou intouchables, initié en 1954 par Bhimrao Ramji Ambedkar et qui se poursuit de nos jours : les néo-bouddhistes. Le nombre de bouddhistes en Inde est aujourd'hui estimé à 7,5 millions de personnes soit environ 0,8% de la population indienne. Depuis quelques années, l'élite et la classe moyenne indiennes commencent à s'intéresser de plus en plus au bouddhisme et les écoles bouddhistes venues du Japon gagnent doucement en popularité.

Le jaïnisme est une religion propre à l'Inde qui comprend entre 3 et 4 millions de fidèles (env. 0,5% de la population Indienne) et dont la majorité des pratiquants habitent au Mâhârâstra et Goudjerat. Le jaïnisme se caractérise par un respect absolu de toute forme de vie.

La communauté Pârsî décroît rapidement. Des religions indiennes sont apparues sur le territoire indien pour y disparaître, comme les Âjîvika.

Parmi les nombreuses institutions et écoles spirituelles de renom figurent les Brahma Kumaris, Art of Living Foundation, le Centre Shivanada, Divine Life Society, le Centre Chinmayanada, la Société Théosophique, Sri Aurobindo Ashram, Ramakrishna Mission, Sri Chinmayananda Mission, Vedanta Society, Sadhu Vaswani Mission, etc.

Les tensions interreligieuses peuvent être vives en Inde. Après l'indépendance en 1947, les déplacements forcés de populations entre l'Inde et le Pakistan avaient provoqué des émeutes extrêmement violentes entre les communautés hindouistes et musulmanes, qui firent, selon certaines estimations, un million de morts[16]. En 1984, après l'assassinat d'Indira Gandhi, les pogroms touchent la communauté sikh. En 1992, la destruction de la mosquée historique d'Ayodhya[17] par des hindous avait entraîné des violences entre musulmans et hindouistes, notamment à Bombay, faisant plus de 2 000 morts dans le pays.

En octobre 2001, un attentat suicide frappe le Parlement du Jammu-et-Cachemire à Srînâgar (38 morts)[18]. Le 13 décembre 2001, le Parlement fédéral subit une attaque suicide qui provoque la mort de 14 personnes[18].

En 2002, des affrontements entre hindous et musulmans font plus de 250 morts en trois jours à Ahmedabad. Les émeutes font suite à l’incendie par des musulmans, le 27 février, d’un train ramenant des extrémistes hindous, tensions liées à la destruction de la mosquée d'Ayodhya en 1992.

En octobre 2005, trois explosions attribuées aux islamistes provoquent la mort de 66 personnes dans la capitale, New Delhi[19].

Le 7 mars 2006, la ville de Bénarès connaît un triple attentat, revendiqué par le Lashkar-e-Qadar[18]. Le 8 septembre 2006, l’explosion de trois bombes près de la mosquée de Malegaon, dans l'État du Mâhârâstra, fait 37 morts[18].

Le 25 août 2007, deux attentats à la bombe frappent la ville d'Hyderabad, tuant au moins 43 personnes[20]. Le 23 novembre 2007, les villes de Bénarès, Lucknow et Faizabad, sont touchées par des attentats contre des tribunaux, faisant au moins treize morts et une cinquantaine de blessés[21]. Ces attentats arrivent au moment où les avocats de l'Uttar Pradesh annoncent ne pas assurer la défense des militants islamistes dans leur région. Le 13 mai 2008, plusieurs attentats dans la ville de Jaïpur font au moins 80 morts et 200 blessés[22]. Une bombe a explosé dans un temple hindou. Les 25 et 26 juillet 2008, les attentats revendiqués par des islamistes à Bangalore et Ahmedabad provoquent la mort de 51 personnes[19].

À la fin du mois d'août 2008, des hindous s'en prennent aux chrétiens dans l'état d'Orissa, à l'est du pays : les violences font au moins une dizaine de morts et 25 églises ont été incendiées[23]. Le 13 septembre 2008, plusieurs explosions touchent New Delhi[19]. Ces derniers attentats sont revendiqués par les Moudjahidins indiens, un groupe islamiste. Le 26 novembre 2008, c'est Bombay qui est touchée par une série d'attaques faisant au moins 100 morts, et environ 300 blessés[24]. Ces attentats sont revendiqués par l'organisation islamiste des Moudjahidines du Deccan.

Alimentation [modifier]

La cuisine indienne au curry

La cuisine indienne (ou plutôt 'les cuisines indiennes') est extrêmement diversifiée selon les régions, les communautés, les religions ou les familles, et inclut de nombreuses épices souvent moulues et mélangées dans des assortiments appelés masalas (ou 'curry' en anglais ou en français): tandoori masala de la cuisine moghole, rasam masala de la cuisine du sud de l'Inde, garam masala de la cuisine du nord de l'Inde, etc. Les épices et les méthodes changent de région en région. Le riz et le blé sont les aliments principaux de la nation. Le pays est connu pour sa grande variété de cuisines végétariennes (l'Inde a le plus grand pourcentage de végétariens de par le monde) et non-végétariennes. La nourriture et les bonbons épicés sont populaires. Il existe également une grande variété de plats sucrés et de boissons qui varient de région en région.

Les grands chefs se trouvent souvent au sein des familles avec les recettes qui passent de génération en génération au sein des communautés. Ainsi on peut être en permanence à la découverte des plats dans toute leur richesse et variété régionale, familiale ou communautaire.

Dans les cuisines traditionnelles de Yoga ou d' Ayurveda, l'usage de certaines épices est limité ou exclu.

La famille [modifier]

Les valeurs indiennes traditionnelles de la famille sont fortement respectées, bien que dans les milieux urbains et même ruraux, le modèle de la famille change pour de divers raisons: migration, globalisation, changement de mœurs, ... Cependant, la « joint-familly » est encore très présente dans les campagnes, les petites villes et parfois chez des riches familles d'industriels dans les grandes villes. On peut donc trouver ainsi parfois plus de vingt personnes vivant sous un même toit.

Selon la tradition dans la plupart des communautés, les fils, à leur mariage, restaient vivre près de leurs parents, prenant petit à petit la relève pour subvenir aux besoins de la maison. La relation entre frères était des plus codées selon la place dans la fratrie. Les épouses qui étaient sous les ordres de leur belle-mère dans les premières années suivant le mariage prenaient leur place et exercaient leur autorité dans la maisonnée. La tradition n'était pas figée, tous les modèles étaient possibles : cuisines séparées ou cuisine commune, maison mitoyenne, etc.

Au sein du foyer, l'entraide était de rigueur : la charge des vieux parents était partagée entre tous. Ils étaient intégrés à la vie quotidienne pour accomplir des petits travaux ou services relevant de l'économie domestique : par exemple, raconter des histoires aux enfants ou éplucher les légumes pour la préparation des repas.

Sport [modifier]

Si le sport national est le hockey sur gazon, c'est le cricket qui, en Inde, est élevé au rang de véritable passion nationale. L'équipe indienne joue au plus haut niveau international, et certains joueurs, tel Sachin Tendulkar, sont extrêmement populaires dans tout le pays et au-delà. Certains matches sont suivis avec ferveur par tout le pays, notamment les rencontres entre l'Inde et son voisin le Pakistan, ou les confrontations de la sélection nationale avec l'Angleterre.

Dans quelques États, en particulier dans le nord-est et les États côtiers du Bengale-Occidental, de Goa et du Kérala, le football, dont le berceau est la ville de Calcutta, est largement répandu. Le Championnat d'Inde de football existe depuis 1996. Récemment, le tennis a gagné en popularité, en particulier grâce à la jeune joueuse professionnelle Sania Mirza. L'Inde est par ailleurs présente dans le monde de la course automobile avec les pilotes de F1 comme Karun Chandhok ou Narain Karthikeyan au volant de l'ex Jordan qui aujourd'hui se nomme « Force india », constructeur détenu par le milliardaire indien Vijay Mallya. On peut enfin citer le catcheur Great Khali.

Le jeu d'échecs, réputé originaire de l'Inde, progresse également du fait de l'augmentation du nombre de grands maîtres indiens, à commencer par Viswanathan Anand, classé numéro un mondial par la Fédération internationale des échecs et sacré champion du monde le 29 septembre 2007 à Mexico. Les autres sports traditionnels comprennent le Kabaddi, le Kho-Kho, et le Gilli-Danda, qui sont joués dans tout le pays. L'Inde est la source de la discipline historique et religieuse du yoga, et également de l'art martial antique, le Kalarippayatt.

Festivals [modifier]

Les diyas sont les bougies traditionnelles allumées pour le festival du Diwali.

Les festivals indiens sont très variés, religieux pour la plupart. Célébrés indépendamment de la caste, ils sont soit nationaux comme Divālī à l'automne ou la Holi au printemps, soit régionaux comme le Pongal dans le Tamil Nadu, ou la Fête du soleil - Chatt Puja aussi appelée Surya Shasti - dans l'état du Bihar et de l'Uttar Pradesh. Ils varient selon les régions et les communautés, mais aussi selon les différentes religions présentes en Inde : hindouisme, islam, bouddhisme, christianisme, etc. Cependant, les communautés indiennes participent tant à leurs propres fêtes qu'à celles de leurs voisins.

Les vacances les plus populaires sont Diwali, Holi, Onam, Sankranti/Pongal, Buddha Jayanti, Gudi Padwa/Ugadi, les deux Eids, Noël, et Vaisakhi. Raksha Bandhan, le jour pour solidifier le lien familial entre frères et sœurs, est fêté dans plusieurs communautés en Inde du nord.

La date des festivals hindous changent d'année en année selon le calendrier hindou.

L'Inde a trois périodes de vacances nationales. On observe officiellement d'autres périodes de vacances (entre neuf et douze) dans les différents états. Les pratiques religieuses font partie intégrante de la vie quotidienne et sont une affaire publique.

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
14 janvier Solstice du capricorne Makar sankranti au Nord, Pongal au Sud Inaugure la moitié lumineuse de l'année
5 jours après la nouvelle lune (lune noire) de janvier Cinquième du printemps Basant Panchami Les écoliers vénèrent Sarasvati, déesse de la connaissance
26 janvier Jour de la République Republic Day Adoption de la constitution indienne
Pleine lune de mars Fête des couleurs Holi Victoire du bien sur le mal
15 août Jour de l'indépendance Independence Day Proclamation de l'indépendance
Plein lune d'août Fête des frères Raksh Bandan Actualisation de l'attachement sœurs-frères
Nouvelle lune de novembre Fête des lumières Divālī 5 jours de fêtes et commémoration
2 octobre Anniversaire du Mahatma Gandhi Gandhi Jayanti Naissance de M. K. Gandhi, le père du pays

Langues [modifier]

La constitution indienne reconnaît 18 langues officielles. Il existe aussi beaucoup d'autres langues régionales ainsi qu'un grand nombre de dialectes, soit près de 4 000 langues différentes. Les langues indiennes n'utilisent pas l'alphabet latin mais différents alphasyllabaires, dérivés du Brahmi.

L'anglais qui a été pendant longtemps la langue parlée couramment par l'élite et la haute bourgeoisie indienne (et dont on trouve plusieurs grands écrivains du renommée internationale), est aujourd'hui pratiqué en tant que langue véhiculaire par une plus grande partie de la population, avec une grande variété d'accents selon la région ou la classe sociale. L'hindi, la langue maternelle des populations dans l'état de Uttar Pradesh, reste cependant la langue parlée ou comprise plus ou moins bien par une grande majorité de la population indienne, plus particulièrement en Inde en nord.

Scolarité [modifier]

En avril 2010, l'instruction scolaire du premier degré est devenue obligatoire pour les enfants de 6 à 14 ans. Les frais sont pris en charge par l'État pour les familles démunies[25].

Galerie [modifier]

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Personnalités indiennes (Liste non-exhaustive) [modifier]

Codes [modifier]

L'Inde a pour codes :

Annexes [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Bardot, Christian, L'Inde au miroir du monde. Géopolitique, démocratie et développement de 1947 à nos jours, Ellipses, spet. 2007.
  • Beneï, Véronique, La dot en Inde. Un fléau social ? Socio-anthropologie du mariage au Mâhârâstra, Paris, Karthala, 1996. Pour une lecture critique de cet ouvrage, on pourra utilement se référer à la recension de Gilles Tarabout : [1]
  • Boillot, Jean-Joseph, L'économie de l'Inde, Paris, La Découverte, 2006 et 2009 pour la 2e édition. L’ouvrage le mieux référencé sur l'économie indienne, court et complet à la fois.
  • Bernard de Give, Les rapports de l’Inde et de l’Occident des origines au règne d’Asoka, Paris, Les Indes savantes, 2006.
  • Coussy, Denise, Le roman indien de langue anglaise, Paris, Karthala, 2004
  • Jaffrelot, Christophe (dir), L’Inde contemporaine. De 1950 à nos jours, Paris, Fayard CERI, 1997, rééd. 2006. Ouvrage fondamental pour l’Inde contemporaine dans toutes ses dimensions.
  • Jaffrey, Madhur, A Taste of India (un grand livre classique avec une collection de recettes culinaires authentiques).
  • Manier, Bénédicte, Quand les femmes auront disparu. L’élimination des filles en Inde et en Asie, Paris, La Découverte, 2006. Une enquête très complète sur le déficit de femmes en Inde et en Chine.
  • Markovits, Claude (dir), Histoire de l’Inde moderne (1480-1950), Paris, Fayard, 1994. Un autre ouvrage fondamental.
  • L’Inde avant l’Inde, photographies de Ruth Van der Molen, introduction de Jean-Claude Perrier, texte de Gérard Clot, Éditions du Passage, 2007.
  • Larry, Collins, Cette nuit la liberté, Paris, Pocket, 2004. Roman historique sur l’épopée de l’indépendance indienne. L’ouvrage est le mieux référencé sur la question et reste un véritable plaisir à la lecture.
  • Vijay Singh, Jaya Ganga, le Gange et son double, Paris, Ginkgo, 2005; Ramsay, 1985; La Nuit Poignardée, les Sikhs, Flammarion, 1987; la Déesse qui devint Fleuve, Gallimard Jeunesse, 1994.
  • Liliane Jenkins, L'Inde au féminin, Mille et une femmes, France, Mercure, 1998.
  • S.R. Sen Gupta, 48 heures pour quitter la France, France, Michel Lafon, 1993.
  • Varma, Pavan K. Le Défi Indien, Actes Sud, France.

Notes et références [modifier]

  1. World Factbook [archive]
  2. PIB à parité de pouvoir d'achat, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
  3. PIB nominal, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
  4. AFP, Reuters, « Des explosions font au moins 65 morts dans le nord-est de l'Inde [archive] », Le Monde. Consulté le 31-10-2008
  5. Législatives en Inde: victoire du Parti du Congrès au pouvoir, dépêche de l'agence AP in Nouvel Observateur, 16/05/2009, article en ligne [archive]
  6. (en)United States - India Joint Statement on Next Steps in Strategic Partnership, Adam Ereli, 17-09-2004, U.S. department of State [archive]
  7. Marc Epstein, Gilbert Charles, Michel Faure et Marie Huret, « Les enfants de la mondialisation » dans L'Express du 20/12/2004 [archive]
  8. source : « Quand les femmes auront disparu : l'élimination des filles en Inde et en Asie », enquête publiée par Bénédicte Manier à La Découverte en 2006
  9. source : National Crime Records Bureau, cité par A. Gentleman, Indian brides pay a high price, International Herald Tribune, 26 octobre 2006
  10. http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/south_asia/8402973.stm [archive]
  11. cité par D. Coussy sur le site de France 2 http://cultureetloisirs.france2.fr/livres/actu/29012449-fr.php?page=1 [archive], consulté le 18 mai 2007
  12. site du British Council http://www.contemporarywriters.com/authors/?p=auth21 [archive], consulté le 27 mai 2007
  13. http://www.sitartmag.com/harikunzru.htm [archive], consulté le 27 mai 2007
  14. http://books.guardian.co.uk/manbooker2006/story/0,,1892438,00.html [archive], consulté le 9 septembre 2007
  15. Lequeret, Élisabeth, « En Inde, la religion du cinéma » [archive], Le Monde diplomatique, août 2004
  16. Henri Tincq, « La monstrueuse vivisection de l'Inde », dans Le Monde du 05/08/2007, [lire en ligne [archive]]
  17. La structure qui fut détruite le 6 décembre 1992 ne fonctionnait plus en tant que mosquée depuis des décennies, mais comme un temple hindou depuis 42 ans
  18. a, b, c et d Ingrid Therwath, « Les principaux attentats en Inde depuis 2001 », dans Courrier international du 27-08-2007, [lire en ligne [archive]]
  19. a, b et c « Série d'explosions à New Delhi, revendiquées par un groupe islamiste », dans Le Monde du 13-09-2008, [lire en ligne [archive]]
  20. « Une série d'attentats font au moins 43 morts dans le sud de l'Inde », dans Le Monde du 25-08-2007, [lire en ligne [archive]]
  21. « Des explosions simultanées tuent au moins treize personnes dans trois villes du nord de l'Inde », dans Le Monde du 23-11-2007, [lire en ligne [archive]]
  22. Julien Bouissou, « Des attentats font 80 morts à Jaïpur, centre touristique indien », dans Le Monde du 15-05-2008, [lire en ligne [archive]], mis en ligne le 14-05-2008
  23. Henri Tincq, « Nouvelles violences anti- chrétiennes dans l'est de l'Inde », dans Le Monde du 29-08-2008, [lire en ligne [archive]]
  24. "Plus de 100 morts et des otages occidentaux dans une série d'attaques à Bombay", dans Le Monde du 26-11-2008, [lire en ligne [archive]]
  25. L'Inde promulgue une loi promettant l'accès à l'éducation pour tous les enfants, dépêche AP reprise par Le Nouvel Observateur, 01/04/2010, dépêche en ligne [archive]

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Liens externes [modifier]

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japon

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日本
Nippon ou Nihon
(ja)
Japon (fr)
Drapeau du Japon Sceau Impérial 
du Japon
(Détails) (Détails)
Devise nationale : Paix et progrès
carte
Langue officielle Japonais (de facto)
Capitale Tōkyō
35°41′N 139°46′E / 35.683, 139.767
Plus grande ville Tōkyō[1]
Forme de l’État Monarchie constitutionnelle
 - Empereur
 - Premier ministre
Akihito
Yukio Hatoyama
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 62e
377 835 km2
0,9 %
Population
 - Totale (2008)
 - Densité
Classé 10e
127 288 419 hab.
337,3[2] hab./km2
Formation
 Actuelle constitution
 
3 mai 1947
Gentilé Japonais, Japonaise
PIB (PPA) (2008) $4 354 milliards[3] (3e)
PIB (nominal) (2008) $4 911 milliards[4] (2e)
IDH (2007) 0.960 (élevé) (10e)
Monnaie Yen (JPY)
Fuseau horaire UTC +9
Hymne national Kimi ga yo
Domaine internet .jp
Indicatif
téléphonique
+81

 

Le Japon est un pays insulaire de l’Asie de l'Est. Situé dans l'Océan Pacifique, il se trouve dans la mer du Japon, à l'est de la Chine, de la Corée et de la Russie, et au nord de Taïwan. Étymologiquement, les kanjis (ou idéogrammes) qui composent le nom du Japon signifient « lieu d'origine du soleil » ; c'est ainsi que le Japon est parfois désigné comme le « pays du Soleil levant ».

Le Japon forme un archipel de 6 852 îles[5], dont les quatre plus grandes sont Honshū, Hokkaido, Kyūshū et Shikoku, et représentent à elles seules 97 % de la superficie du Japon. La plupart des îles sont montagneuses, parfois volcaniques ; par exemple, le plus haut sommet du Japon, le mont Fuji est un volcan (inactif depuis la fin du XVIIIe siècle). Le Japon est le dixième pays le plus peuplé, avec environ 127 millions d'habitants pour 377 835 km2 (337 hab./km2). Le Grand Tōkyō, qui comprend la capitale Tōkyō et plusieurs préfectures environnantes, est la plus grande région métropolitaine du monde, avec plus de 30 millions d'habitants.

Les recherches archéologiques démontrent que le Japon était peuplé dès la période du Paléolithique supérieur. Les premières mentions écrites du Japon sont de brèves apparitions dans des textes de l'histoire chinoise du Ier siècle. L'histoire du Japon est caractérisée par des périodes de grande influence dans le monde extérieur suivies par de longues périodes d'isolement. Depuis l'adoption de sa constitution en 1947, le Japon a maintenu une monarchie constitutionnelle avec un empereur et un parlement élu, la Diète.

Le Japon est la deuxième plus grande puissance économique du monde par PIB nominal et la troisième par PIB à parité de pouvoir d'achat. Il est aussi le quatrième plus gros exportateur et le sixième plus gros importateur. C'est un pays développé, avec un niveau de vie très élevé (huitième plus haut IDH) et la plus longue espérance de vie au monde (selon les estimations de l'ONU)[6].

Sommaire

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Étymologie [modifier]

Article détaillé : Noms du Japon.

En japonais, « Japon » (日本) se dit Nihon ou Nippon, et éventuellement dans les documents administratifs Nipponkoku (日本国?) prononcé plus rarement Nihonkoku, soit Nation japonaise. La forme abrégée Ni- (?)[7], toujours en préfixe, sert parfois dans un but qualificatif : ainsi trouve-t-on Nitchū (日中?) pour l'adjectif « nippo-chinois » ou « sino-japonais », Nisshōki (日章旗?) pour le drapeau national, Nikkei (日系?) pour tout ce qui a des origines japonaises.

Le nom 日本 veut dire « origine du soleil ». En effet, signifie soleil (ou jour) et signifie origine (ou racine). On peut donc donner comme signification à ce nom « le pays du soleil levant ». C’est lors des premiers échanges commerciaux avec la Chine (traditionnellement par le biais d’une lettre du prince régent Shōtoku) que cette appellation, logique du point de vue du voisin occidental chinois, fut introduite, alors que les Japonais de l’époque désignaient leur pays sous le nom de Yamato (大和? un ateji désignant à l'origine une région géographique de Nara). D’abord prononcé Hi-no-moto, il lui fut préféré, à partir de l'époque de Nara (VIIIe siècle) les prononciations Nihon ou Nippon, appellations encore en usage de nos jours.

Le nom japonais Nippon est utilisé sur les timbres, les billets de banque, et pour les événements sportifs internationaux, alors que Nihon est utilisé plus fréquemment dans la vie quotidienne. Nippon peut faire aussi référence à l'empire du Japon et donc à l'idéologie nationaliste de l'ère Shōwa. Il se retrouve dans le gentilé, Nihon-jin (日本人? littéralement « personne du Japon »), et le nom de la langue, Nihon-go (日本語?). Outre Nihon-jin, employé tout particulièrement pour désigner des citoyens japonais situés au Japon, sont également utilisés les termes de Hōjin (邦人? littéralement « personne du pays ») pour les citoyens japonais présents à l'étranger (désigne tant les touristes, les hommes d'affaires ou étudiants ayant quitté l'archipel pour des durées plus ou moins longues, expression notamment fréquente dans les médias lorsqu'elles parlent d'une catastrophe ayant fait des victimes japonaises). Nikkeijin (日系人? littéralement « personne de lignée japonaise »), ou Nikkei (日系? littéralement « de lignée japonaise »), est le mot générique pour les immigrants japonais et leurs descendants dans le monde (dont la principale communauté reste les Nippo-Américains), de toute génération, y compris ceux venus ou revenus vivre ou travailler au Japon mais n'en ayant pas la citoyenneté[8].

Yamato (大和?) est désormais le nom que l’on donne à la période historique allant de 250 à 710. C’est en fait le nom de la première structure impériale connue qui exerçait son pouvoir autour de Nara (奈良?) aux environs du Ve siècle. Aujourd’hui, on trouve toujours le mot Yamato dans des expressions telles que Yamatodamashii (大和魂? « l’esprit japonais »).

Le terme Japon viendrait très certainement de la prononciation chinoise de 日本 (rìbĕn [ʐ̩˥˩.pən˨˩˦] en mandarin d’aujourd’hui)[9]. Marco Polo utilisait le terme de Cipangu, dérivé du chinois Zipang utilisé par les chinois pour désigner le Japon à cette époque[10].

Histoire [modifier]

Article détaillé : Histoire du Japon.
Jimmu, fondateur légendaire du Japon (par Tsukioka Yoshitoshi)
Scène de la guerre de Gempei (panneau du XIIe siècle)
L'empereur Meiji (1909)

La légende rapporte que le Japon fut fondé au VIIe siècle av. J.-C. par l’empereur Jimmu. Le système d’écriture chinois, ainsi que le bouddhisme furent introduits durant les Ve et VIe siècles par les moines bouddhistes chinois et coréens, amorçant une longue période d’influence culturelle chinoise. Les empereurs étaient les dirigeants symboliques, alors que le véritable pouvoir était le plus souvent tenu par les puissants nobles de la Cour, des régents du clan Fujiwara (du VIIIe siècle au milieu du XIe siècle) aux shoguns (général en chef des armées, à partir de 1192). L'apogée de l'autorité impériale se situe au début de l'époque de Nara (première partie du VIIIe siècle) et à la fin de celle de Heian par le biais du système des empereurs retirés (d'environ 1053 jusqu'à 1085-1092).

À partir du XVIe siècle, des commerçants venus tout d'abord du Portugal (1543), puis des Pays-Bas et d’Angleterre débarquèrent au Japon avec des missionnaires chrétiens. Pendant la première partie du XVIIe siècle, le bakufu (shogunat) Tokugawa craignit que ces missionnaires portugais fussent la source de périls analogues à ceux que subirent ses voisins (telles les prémices d’une conquête militaire par les puissances européennes ou un anéantissement total[11]) et la religion chrétienne fut formellement interdite en 1635 sous peine de mort accompagnée de torture. Puis, en 1639, le Japon cessa toute relation avec l’étranger, à l’exception de certains contacts restreints avec des marchands chinois et néerlandais à Nagasaki (長崎), précisément sur l’île de Dejima (出島).

Cet isolement volontaire de deux siècles dura jusqu’à ce que les États-Unis, avec le commodore Matthew Perry, forcent le Japon à s’ouvrir à l’Occident par la politique de la canonnière en signant la convention de Kanagawa en 1854 après le pilonnage des ports japonais.

En seulement quelques années, les contacts intensifs avec l’Occident transformèrent profondément la société japonaise. Le shogun fut forcé de démissionner et l’empereur fut réinvesti du pouvoir.

La restauration Meiji de 1868 mit en œuvre de nombreuses réformes. Le système de type féodal et l’ordre des samouraïs furent officiellement abolis et de nombreuses institutions occidentales furent adoptées (les préfectures furent mises en place). De nouveaux systèmes juridiques et de gouvernement ainsi que d’importantes réformes économiques, sociales et militaires transformèrent le Japon en une puissance régionale. Ces mutations donnèrent naissance à une forte ambition qui se transforma en guerre contre la Chine (1895) et contre la Russie (1905), dans laquelle le Japon gagna la Corée, Taïwan et d’autres territoires.

L’expansionnisme militaire du Japon avait débuté dès le début du XXe siècle avec l’annexion de la Corée en 1910. Il prit de l’ampleur au cours de l’ère Shōwa avec l’invasion de la Mandchourie en 1931 puis des provinces du nord de la Chine. En 1937, l’empire se lança dans une invasion de la Chine qui débuta avec le bombardement stratégique de Shanghai et de Canton, ce qui entraîna une résolution de blâme de la Société des nations à l’encontre du Japon mais surtout un écrasement des forces du Guomindang. Plus de deux cent mille civils chinois furent exterminés lors du massacre de Nankin (Nanjing) par l’armée impériale japonaise.

L’attaque de Pearl Harbor dans l’archipel d’Hawaii en 1941, visant à détruire une partie de la flotte de guerre américaine, engagea l’empire dans la Seconde Guerre mondiale au côté de l’Axe. Le Japon agrandit dès lors encore son emprise jusqu’à occuper la Birmanie, la Thaïlande, Hong Kong, Singapour, l’Indonésie, la Nouvelle-Guinée, l’Indochine française et l’essentiel des îles du Pacifique. Ce gigantesque empire militaire, appelé officiellement Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, était destiné à servir de réservoir de matières premières. L’occupation de ces territoires fut marquée par d’innombrables exactions à l’encontre des populations d’Extrême-Orient, crimes pour lesquels les pays voisins du Japon demandent toujours des excuses ou des réparations aujourd’hui.

L’empereur Shōwa procéda finalement à la reddition de l’empire du Japon le 14 août 1945 après les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki et l’invasion soviétique du Manzhouguo. Le traité de paix avec la Russie est toujours en négociation, en règlement du problème des îles Kouriles du Sud, occupées par cette dernière depuis la fin du conflit.

Le Japon, dont plusieurs des villes majeures ont été dévastées par les bombardements, est occupé par les troupes du Commandant suprême des forces alliées, MacArthur. Celui-ci met en place le tribunal de Tōkyō pour juger quelques-uns des dirigeants politiques et militaires de l’empire mais exonère tous les membres de la famille impériale ainsi que les membres des unités de recherche bactériologiques.

Confiné à l’archipel, le pays demeura sous la tutelle des États-Unis jusqu’en 1951 (traité de San Francisco). Ceux-ci imposèrent une nouvelle constitution, plus démocratique, et fournirent une aide financière qui encouragea le renouveau du Japon. L’économie se rétablit ainsi rapidement et permit le retour de la prospérité dans l’archipel dont les Jeux olympiques de Tōkyō et le lancement du Shinkansen en 1964 furent les symboles.

Des années 1950 jusqu’aux années 1980, le Japon connaît une apogée culturelle et économique et une formidable croissance. Toutefois, ce « miracle économique » prend fin au début des années 1990, date à laquelle la bulle spéculative japonaise éclate, marquant le début de la « décennie perdue ». Ces années sont aussi marquées par une certaine instabilité politique (avec la première chute d’un gouvernement par une motion de censure en 1993) et plusieurs catastrophes d’origines humaines (Attentat au gaz sarin dans le métro de Tōkyō en 1995) ou naturelles (tremblement de terre de Kōbe, également en 1995).

Actuellement, bien que sa part soit relativement faible dans les finances de l’État, le Japon occupe, en matière de budget militaire, la cinquième place dans le monde en chiffres absolus, mais l’importance de ce budget ne fait pas pour autant du Japon une grande puissance militaire. La constitution japonaise interdit en effet le maintien d’une armée, le droit de belligérance et le lancement de toute opération militaire en dehors de ses frontières autre que dans le cadre de l’autodéfense. La « force d’autodéfense » japonaise est un corps militaire professionnel disposant de moyens techniques avancés.

Avec la guerre en Irak en 2003, la constitution a été aménagée pour pouvoir déployer des troupes hors de son territoire dans le cadre d’opérations à caractère non strictement militaire (reconstruction, aide humanitaire…). De la sorte, le Japon espère acquérir un rôle diplomatique plus en rapport avec sa puissance économique.

Politique [modifier]

Article détaillé : Politique du Japon.
Palais de la Diète, le Parlement japonais

Le Japon est une monarchie constitutionnelle. Régie par la Constitution de 1947, où l’empereur (天皇, Tennō?) n’occupe plus qu’une place honorifique, tandis que l’essentiel du pouvoir politique est détenu par un parlement bicaméral, la Diète (国会, Kokkai?). Le pouvoir exécutif appartient au cabinet (内閣, Naikaku?), responsable devant la Diète, dirigé par le Premier ministre (総理大臣, Sōri daijin?) et composé de ministres d’État (国 務大臣, Kokumu daijin?) devant tous être des civils. Le Premier ministre est choisi au sein de la Diète par ses pairs avant d’être nommé par l’empereur. Il a le pouvoir de nommer et de démettre les autres ministres, dont une majorité doit être membre du Parlement. La constitution attribue la souveraineté, qui revenait auparavant à l’empereur, au peuple japonais.

La branche législative, et donc la Diète, se compose tout d’abord d’une chambre basse, la Chambre des représentants (衆議院, Shūgi-in?) de 480 sièges, dont 300 membres sont élus par le mode uninominal à un tour et 180 par la proportionnelle régionale. Les représentants sont élus pour quatre ans au suffrage universel (il faut avoir vingt ans pour voter). La chambre haute, appelée Chambre des conseillers (参議院, Sangi-in?), de 242 membres, est composée de personnes élues pour une durée de six ans, renouvelée par moitié tous les trois ans. Le suffrage est universel et secret. Le mode de scrutin est également mixte : 146 conseillers sont élus par un scrutin majoritaire plurinominal dans le cadre des préfectures, et 96 conseillers à la proportionnelle nationale.

La vie politique a longtemps été dominée après la fin de l’occupation américaine par le Parti libéral démocrate (PLD), qui a fourni l’ensemble des Premiers ministres au pays de 1955 à 1993 et de 1996 à 2009. Celui-ci, de tendance conservatrice libérale, gouverne seul ou en coalition, notamment avec le Kōmeitō, parti sous influence de la secte Sōka Gakkai, dont les députés sont majoritairement issus, entre 1998 et 2009. Le principal parti d’opposition a longtemps été le Parti socialiste japonais (PSJ) jusqu’à ce que celui-ci souffre de la perte de son électorat traditionnel suite à son alliance de 1994 à 1996 avec le PLD dans une grande coalition gouvernementale et sa transformation en 1996 en Parti social-démocrate (PSD). Depuis les années 1990, l’opposition non communiste a été animée par le Parti démocrate du Japon (PDJ), fondé en 1996 et réformé en 1998, composé d’anciens dissidents tant de l’ancien PSJ que du PLD et se positionnant au centre voire au centre-gauche de l’échiquier politique japonais avec une idéologie proche de la Troisième voie sociale-libérale. Il est finalement arrivé au pouvoir à l’issue des élections législatives du 30 août 2009 et son président, Yukio Hatoyama, est devenu le 60e Premier ministre du Japon le 16 septembre 2009. Il dirige un gouvernement de coalition tripartite avec le PSD et le Nouveau parti du peuple (NPP, centre-droit).

Plusieurs centaines de milliers de Coréens ont le statut de résidents permanents au Japon depuis plusieurs générations et parmi eux, un grand nombre refusent de prendre la nationalité japonaise pour ne pas devoir renoncer à leur nationalité coréenne ; ils sont donc toujours considérés comme des étrangers sur le plan légal, même si nombre d’entre eux utilisent couramment un nom japonais ou ne savent pas parler coréen. Ils bénéficient cependant du statut de « résidents permanents spéciaux » qui leur donne certains avantages par rapport aux autres résidents permanents.

Ils ne peuvent malgré tout pas voter aux élections japonaises et accéder à certains postes élevés de la fonction publique sans se faire naturaliser. Il y a cependant un débat sur la possibilité de donner le droit de vote aux élections locales aux résidents permanents, comme c’est le cas depuis 2005 dans certaines régions de Corée du Sud. Il s'agissait de l'une des principales promesses de campagne du PDJ, désormais au pouvoir.

Le Japon pratique la peine de mort. C’est un usage qui a tendance à croître entre 2006 et 2009 (les exécutions ont doublé en un an et les condamnations ont été multipliées par 6 en quatre ans). L'actuelle ministre de la Justice, Keiko Chiba, est une opposante historique à la peine capitale.

Relations étrangères et armement [modifier]

Le JDS Hyuga, un des deux porte-hélicoptères de la force maritime japonaise d’auto-défense
F-15 Eagles de la force aérienne d’auto-défense

Le Japon entretient d’étroites relations économiques et militaires avec son principal allié, les États-Unis[12]. État membre de l’Organisation des Nations unies depuis 1956, le Japon a été un membre non-permanent du Conseil de sécurité pour un total de 18 ans et le sera pour la période 2009-2010. Il est également l’une des nations du G4 qui cherchent à devenir un membre permanent au Conseil de sécurité[13]. En tant que membre du G8, de l’APEC, de l’ASEAN Plus Trois et participant au sommet de l'Asie orientale, le Japon participe activement aux affaires internationales et renforce ses liens diplomatiques avec des partenaires importants dans le monde entier. Le Japon a signé un pacte de sécurité avec l’Australie en mars 2007[14] et avec l’Inde en octobre 2008[15]. Il est également le troisième plus grand donateur d’aide publique au développement, après les États-Unis et le Royaume-Uni, avec un don de 8,86 milliards de dollars US en 2004[16]. Le Japon a contribué avec des troupes non-combattantes à la guerre d'Irak mais a, depuis, retiré ses forces d'Irak[17].

Le Japon est engagé dans plusieurs conflits territoriaux avec ses voisins : avec la Russie sur les îles Kouriles, avec la Corée du Sud sur les rochers Liancourt, avec le République populaire de Chine et Taïwan sur les îles Senkaku, et avec la République populaire de Chine sur la ZEE autour de Okinotorishima.

Le Japon est aussi confronté à un différend avec la Corée du Nord sur son enlèvement de citoyens japonais et sur ses armes nucléaires. À la suite de la contestation des îles Kouriles, le Japon est techniquement toujours en guerre avec la Russie, car aucune solution à la question n'a jamais été signée[18].

L'armée du Japon est restreinte par l'article 9 de la Constitution japonaise, qui fait renoncer le Japon à son droit de déclarer la guerre ou à utiliser sa force militaire comme moyen de règlement des différends internationaux. Les forces du Japon sont régies par le ministère de la Défense, et sont composée d'une force terrestre, maritime et aérienne. Les forces qui ont été récemment utilisées dans des opérations de maintien de la paix et pour le déploiement de troupes japonaises en Irak a marqué la première intervention militaire du Japon à l'étranger depuis la Seconde Guerre mondiale[17].

Subdivisions administratives [modifier]

Article détaillé : Subdivisions du Japon.

Le Japon est subdivisé en quarante-sept préfectures (ou départements), dont une préfecture métropolitaine ou métropole (Tōkyō), une préfecture insulaire ou territoire (Hokkaidō), deux préfectures gouvernementales ou gouvernements urbains (Ōsaka et Kyōto) et 43 préfectures rurales.

Préfectures du Japon
Préfectures
(01) Hokkaidō (北海道) (territoire) (02) Aomori (青森) (03) Iwate (岩手)
(04) Miyagi (宮城) (05) Akita (秋田) (06) Yamagata (山形)
(07) Fukushima (福島) (08) Ibaraki (茨城) (09) Tochigi (栃木)
(10) Gunma (群馬) (11) Saitama (埼玉) (12) Chiba (千葉)
(13) Tōkyō (東京, métropole) (14) Kanagawa (神奈川) (15) Niigata (新潟)
(16) Toyama (富山) (17) Ishikawa (石川) (18) Fukui (福井)
(19) Yamanashi (山梨) (20) Nagano (長野) (21) Gifu (岐阜)
(22) Shizuoka (静岡) (23) Aichi (愛知) (24) Mie (三重)
(25) Shiga (滋賀) (26) Kyōto (京都, gouvernement urbain) (27) Ōsaka (大阪, gouvernement urbain)
(28) Hyōgo (兵庫) (29) Nara (奈良) (30) Wakayama (和歌山)
(31) Tottori (鳥取) (32) Shimane (島根) (33) Okayama (岡山)
(34) Hiroshima (広島) (35) Yamaguchi (山口) (36) Tokushima (徳島)
(37) Kagawa (香川) (38) Ehime (愛媛) (39) Kōchi (高知)
(40) Fukuoka (福岡) (41) Saga (佐賀) (42) Nagasaki (長崎)
(43) Kumamoto (熊本) (44) Ōita (大分) (45) Miyazaki (宮崎)
(46) Kagoshima (鹿児島) (47) Okinawa (沖縄)

Deux préfectures ont des subdivisions particulières qui leur est propre : Hokkaidō qui a tout son territoire divisé en sous-préfectures et Tōkyō qui présente elle aussi des circonscriptions administratives particulières à travers les 23 arrondissements spéciaux (qui ont statut de municipalités urbaines sans en avoir toutes les compétences, certaines étant exercées directement par le Gouvernement métropolitain) et les 4 sous-préfectures insulaires du Pacifique. Sinon, toutes les préfectures (ou sous-préfectures) sont organisées en municipalités urbaines (les villes) ou rurales (les bourgs et villages, eux-mêmes regroupés en districts ruraux).

Géographie [modifier]

Carte du Japon
Article détaillé : Géographie du Japon.

Le Japon est un archipel de plus de trois mille kilomètres de long, s’étalant de la Russie (îles Kouriles) au nord à Taïwan au sud, le long de la côte orientale de l’Asie. Quatre îles principales sur les 4 000 de l'arc insulaire représentent 95 % du territoire[19] : du nord au sud, Hokkaidō (79 000 km2), historiquement peuplée par les Aïnous, Honshū (227 000 km2) la plus grande et la plus peuplée avec 105 millions d’habitants, Shikoku (18 000 km2), l’île de la mer intérieure et Kyūshū (36 000 km2), en face de la Corée du Sud.

En outre, l’archipel comporte environ trois mille autres îles, plus petites (notamment dans la préfecture d’Okinawa). Naha, sur l’île d’Okinawa dans l’archipel des Ryūkyū (Ryūkyū rettō en japonais), est située à plus de six cents kilomètres au sud-ouest de Kyūshū. Au sud de Tōkyō, l’archipel des Nanpō s’étire sur plus de mille kilomètres jusqu’à Iwo Jima. Au nord, Sakhaline (Karafuto en japonais) et les îles Kouriles (Chishima rettō, qui s’étendent à plus de mille deux cents kilomètres au nord-est de Hokkaidō), annexées par la Russie quelques jours après la défaite du Japon face aux États-Unis en août 1945, sont parfois considérées comme les points extrêmes de l’archipel.

Le Japon est scindé, d'un point de vue géographique et non pas politique, en huit régions (voire neuf, selon qu’Okinawa est inclus ou non dans le Kyūshū) qui sont du Nord au Sud : Hokkaidō, Tōhoku, Kantō, Chūbu, Kansai (couramment appelé Kinki), Chūgoku, Shikoku, Kyūshū et Okinawa.

Villes du Japon [modifier]

Article détaillé : Villes du Japon.
Le gratte-ciel Mori situé sur les collines du quartier de Roppongi (Tōkyō), photo prise depuis la tour de Tōkyō.

Les principales villes (agglomérations) du Japon classées en ordre décroissant d’habitants sont (chiffres de 2005)[20] :

L'agglomération de Tōkyō, englobant entre autres Yokohama, Kawasaki et Saitama est, avec plus de 33 millions d’habitants[22], la plus peuplée du monde.

Relief [modifier]

Carte topographique du Japon.

Les montagnes occupent 71 % du territoire, les piémonts 4 %, les plaines hautes 12 % et les plaines basses 13 %. Seulement un peu plus du cinquième du territoire est habitable (80 500 km2), et la plus grande plaine de l'archipel, celle du Kantō, n'atteint pas 15 000 km2 [[19]]. Le massif montagneux des Alpes japonaises s'étire du Nord au Sud sur plus de 1 800 km, le long des 4 îles principales. Le point culminant du Japon est le célèbre mont Fuji[23] atteignant 3 776 m d’altitude. Il s’agit d’un relief volcanique, toujours actif, mais peu menaçant.

La rareté des plaines (excepté près des littoraux), très peuplées (plus de 800 habitants par km² sur la côte Est de Honshū), oblige l’exploitation des collines et des montagnes avec le système des cultures en plateaux (les versants sont recouverts de bassins successifs de taille décroissante avec la hauteur, permettant la culture du riz, du soja, etc.). Si les côtes du Japon sont longues (33 000 km) et d'une grande variété, les fleuves sont courts, pentus et violents, et se prêtent peu à la navigation[19].

Le Japon exprime avant tout par sa géographie le contraste le plus remarquable qui soit au monde entre un milieu éminemment ingrat qui n’offre à ses habitants qu’une superficie cultivable inférieure à 78 000 km2 (moins de 24 % de la superficie totale) et la présence de 127 millions d’habitants (chiffre de 2007).

Volcanisme et séismes [modifier]

Comme le Japon est situé dans une zone de subduction de 4 plaques tectoniques (Pacifique, Nord-américaine, des Philippines et Eurasiatique), de nombreux volcans, comme le mont Unzen, sur l’île de Kyūshū, sont actifs.

Des milliers de secousses telluriques d’intensité variable (de 4 à 7,3 sur l’échelle de Richter) sont ressenties dans le Japon tout entier chaque année. Par ailleurs, les puissants et ravageurs tremblements du plancher sous-marin génèrent des raz-de-marée appelés tsunamis. 1/5e des séismes d'une magnitude égale ou supérieure à 6 recensés dans le monde surviennent au Japon[24].

Le séisme de Kōbe en 1995 fit 6 437 morts et 43 792 blessés. Celui du Kantō en 1923 fit lui plus de cent mille morts, occasionnant la destruction par incendie de la plupart des maisons en bois. Le Japon enregistre chaque année environ 20 % des séismes les plus violents dans le monde.

Les sources naturelles d’eau chaude (appelées onsen) sont nombreuses et très populaires. Elles ont souvent été aménagées en bains publics, hôtels ou stations thermales pour les séjours de villégiature et retraites de santé. On peut par exemple s’y baigner dans des « baignoires » naturelles de 40 à 65 °C.

Climat [modifier]

Le Japon vu par satellite

L’archipel est très étiré sur l’axe Nord-Sud de la latitude de Québec à celle de Cuba[19], le Japon possède une gamme climatique étendue. L'île de Hokkaidō connaît un climat tempéré, avec des étés doux et des hivers froids avec de fortes chutes de neige qui tiennent au sol durant plusieurs mois. À l'inverse, le climat des îles Ryukyu est de type subtropical, sans gel ni neige, avec des températures minimales hivernales supérieures à 16 °C[19]. Tōkyō, Nagoya, Kyōto, Ōsaka et Kōbe, à l’est et au centre-ouest de la plus grande île (Honshū), ont un climat de type subtropical humide caractérisé par des hivers relativement doux, avec peu ou pas de neige, et des étés chauds et humides, avec une saison des pluies (tsuyu) de début juin à mi-juillet. Le climat de Fukuoka (Hakata), sur l’île de Kyūshū, est relativement tempéré avec des hivers doux et un été court, alors que celui d’Okinawa est quasi-tropical.

L'archipel japonais connaît une alternance des vents et des courants marins qui influent sur son climat. En hiver, les vents sibériens déferlent sur la mer du Japon et provoquent d'énormes chutes de neige sur la côté occidentale de l'archipel. À l'inverse, la côte orientale est protégée par la chaîne des Alpes japonaises et connaît des hivers secs et ensoleillés, avec des températures tiédies par l'effet du courant chaud Kuro-shio au Sud-Est. En été, le courant froid Oya-shio abaisse les températures sur les côtes du Nord-Ouest[19].

L’archipel japonais est touché par les tempêtes tropicales et les cyclones (appelés typhons), surtout entre juin et octobre. En 2004, dix cyclones se sont abattus sur le Japon, parmi lesquels Meari qui a fait vingt-deux morts et six disparus. Le bilan matériel de la saison 2004 est catastrophique : au moins 155 milliards de yens (1,4 milliard de dollars américains ou 1 milliard d’euros) de dégâts. Les typhons les plus violents du XXe siècle au Japon ont dévasté Muroto en 1934 (trois mille morts) et la baie d’Ise en 1959 (cinq mille morts).

Environnement [modifier]

L'histoire environnementale du Japon et les politiques actuelles reflètent un équilibre fragile entre le développement économique et la protection de l'environnement. Dans la rapidité de la croissance économique après la Seconde Guerre mondiale, les politiques d'environnement ont été délaissées par le gouvernement et les entreprises industrielles. Conséquence inévitable, la pollution a fortement sévi au Japon dans les années 1950 et 1960 et a entraîné certains fléaux comme la maladie de Minamata. Avec la montée des préoccupations sur le problème, le gouvernement a introduit de nombreuses lois sur la protection de l'environnement[25] en 1970 et a créé le Ministère de l'Environnement en 1971. Le premier choc pétrolier a également encouragé l'utilisation efficace de l'énergie au Japon en raison du manque de ressources naturelles[26]. Les questions environnementales actuellement prioritaires comprennent la pollution de l'air en zones urbaines (les NOx, particules en suspension dans l'air, sont des substances toxiques), la gestion des déchets, l'eutrophisation de l'eau, la conservation de la nature, la gestion des produits chimiques et la coopération internationale pour la conservation de l'environnement[27].

Aujourd'hui, le Japon est l'un des leaders mondiaux dans le développement de nouvelles techniques respectueuses de l'environnement. Les automobiles hybrides de Toyota et Honda ont été désignées comme ayant la plus haute économie de carburant et les plus basses émissions[28]. Ceci est dû à la technique de pointe des systèmes hybrides, aux biocarburants, à l'utilisation de matériel léger et à une meilleure ingénierie.

Le Japon prend également en considération les problèmes entourant le changement climatique. En tant que signataire du Protocole de Kyoto, et hôte de la conférence de 1997 qui l'a établi, le Japon est dans l'obligation de réduire ses émissions de dioxyde de carbone et de prendre d'autres mesures liées à la lutte contre le changement climatique. La Cool Biz, présentée par l'ancien Premier ministre Junichiro Koizumi, avait pour cible la réduction de l'utilisation de l'énergie grâce à la réduction de l'utilisation de la climatisation dans les bureaux du gouvernement. Le Japon va forcer l'industrie à faire des réductions d'émissions de gaz à effet de serre, en vertu de ses obligations liées au Protocole de Kyoto[29].

Le Japon est classé 30e dans le classement des pays en fonction de leur indice de durabilité environnementale[30].

Démographie [modifier]

Article détaillé : Démographie du Japon.

Le Japon comptait 2 217 000 étrangers à la fin 2008, soit 1,74 % de la population totale, avec une augmentation de 50 % en dix ans. Les Chinois représentent le groupe le plus important (30 %), avec 655 000 personnes, suivi des Coréens (589 000), Brésiliens (313 000), Philippins (211 000) et Péruviens (60 000)[31].

Les Japonais sont vraisemblablement issus de vagues d’immigration successives venues de Chine, de Corée et des îles du Pacifique[32].

Le faible taux d’immigrants associé à un taux de natalité bas fait que le Japon est actuellement en « crise démographique » : le recul de l’âge de la retraite est à l’ordre du jour, et des personnes âgées commencent même à être réembauchées pour combler le manque de plus en plus apparent de main-d’œuvre jeune. Entre 1980 et 2005, la part des plus de soixante-cinq ans dans la population japonaise a doublé, pour dépasser les 20 % en 2006, chiffre qui serait porté à 40 % en 2050.

Pour la première fois en 2005 la population a reculé (perdant environ trente mille habitants, cela avec un taux de fécondité de 1,25 enfant par femme ; Tōkyō passant sous la barre de 1 enfant par femme avec un taux de 0,98) dans un pays où les structures destinées à accueillir les enfants en bas âge sont rares.
En 2008, l'indicateur conjoncturel de fécondité du pays (1,37 enfants par femme) a remonté pour la 3ème année consécutive après sa valeur la plus basse (1,26 en 2005, 1,32 en 2006 et 1,34 en 2007), et il y a eu 2 000 naissances de plus qu'en 2007 (en partie car année bissextile). Néanmoins, la mortalité a atteint son second record en 2008 avec environ 1,14 million de décès dans l'année, ce qui se traduit en termes de bilan par 51 000 japonais de moins qu'en 2007[33].

Sans modification démographique à court-terme (et les prospectivistes n'en attendent pas), le Japon comptera environ quatre-vingt-dix millions d’habitants en 2050. À ce rythme, ils seront moins de soixante millions en 2100. Quatre-vingts pour cent des Japonais se disent très préoccupés par les conséquences du vieillissement de la population pour leurs retraites, les dépenses de santé et la fiscalité.

De plus, la répartition de la population est hétérogène, essentiellement concentrée sur la bande littorale sud du pays alors que l’intérieur du pays et l’île de Hokkaidō sont très peu peuplés. Aujourd’hui, les zones urbaines représentent 80 % de la population. La mégalopole japonaise, généralement désignée sous le nom de Taiheiyō Belt (« ceinture Pacifique »), qui s’étire sur mille deux cents kilomètres de Tōkyō au nord de Fukuoka concentre plus de cent millions d’habitants.

Pyramide des âges du Japon, 2005

Économie [modifier]

La Bourse de Tōkyō est la deuxième plus grande au monde avec une capitalisation boursière de plus de quatre mille milliards de dollars.

Le Japon est la deuxième puissance économique mondiale avec 8,05 % du PIB mondial (4 376 milliards de dollars), selon les chiffres de la Banque mondiale en 2007. Elle se situe derrière les États-Unis mais devant la Chine et l’Allemagne.

Les immenses groupes (Toyota, Nissan, Honda, Mitsubishi, Canon, Panasonic, Sony, Akai, Sharp, Nintendo, etc.) édifiés sur cette modeste surface placent le Japon parmi les grandes nations industrielles : première place mondiale pour l’automobile, l’électronique, deuxième place pour la construction navale (cargos, porte-conteneurs, pétroliers…). C’est aussi une économie de services très diversifiée et compétitive, particulièrement performante dans les secteurs de pointe.

Après la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle le pays a subi de lourdes pertes humaines et matérielles, le Japon a progressé à un rythme extraordinaire jusqu’à conquérir ce rang de deuxième économie mondiale. C’est ce qu’on a appelé le miracle économique japonais (années 1950-1960). Les Jeux olympiques d'été de 1964 à Tōkyō ont joué un rôle d’accélérateur à cette forte croissance. Ces progrès sont principalement attribués à la présence initiale d’un capital humain important, à la coopération entre l’État (MITI puis METI) et les entreprises, à une production tournée vers les marchés extérieurs (importantes exportations vers l’Asie et l’Amérique), à une forte éthique du travail, à la maîtrise des techniques de pointe grâce à la recherche, à la faiblesse relative des dépenses militaires (1 % du produit intérieur brut)[34].

PIB et recherche.GIF

L’organisation économique du Japon a quelques traits propres :

Jusqu’à récemment, une part importante des employés de l’industrie disposait d’une garantie d’emploi à vie, mais depuis l’éclatement de la bulle spéculative japonaise, les licenciements et surtout la fermeture de très nombreux sous-traitants ont écorché ce mythe. La crise a provoqué une croissance du chômage (plus de 5 % au début des années 2000, mais redescendu sous les 4 % en 2008) et de la pauvreté, avec la multiplication des sans domicile fixe et des travailleurs précaires.

L’industrie, secteur prépondérant de l’économie (avec 39 % du produit intérieur brut, contre 25 % aux États-Unis, et 33 % de la population active, contre 25 % en France), est très dépendante des importations de matières premières et d’énergie. En effet, le territoire japonais ne pourvoit qu’à 3 ou 4 % des ressources naturelles dont a besoin le pays. Le secteur agricole, bien moindre, est fortement subventionné, pour des raisons politiques et sociales. Les rendements sont parmi les plus hauts du monde. Le plus souvent autosuffisant en riz, le Japon importe la moitié de sa consommation des autres céréales. Toutefois l’autosuffisance alimentaire plafonne à 40 %. La flotte de pêche japonaise est une des plus importantes au monde et réalise presque 15 % des prises totales. Quant à la marine marchande, celle-ci dispose de 3 515 navires pour une jauge totale de 161 747 102 tonneaux (au 1er janvier 2008), se plaçant ainsi au deuxième rang des nations maritimes (après la Grèce) et représentant une part importante (15,58 %) du tonnage total mondial[35].

Pendant trois décennies, la croissance a été spectaculaire : en moyenne et hors inflation 10 % par an dans les années 1960, 5 % dans les années 1970 et 4 % dans les années 1980. Au cours des années 1970-1980, le capitalisme japonais a délocalisé sa production de type fordiste dans le reste de l’Asie orientale, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Nord. Le but est triple : contourner les quotas de plus en plus nombreux imposés par les différents barrières protectionnistes américaines ou européennes ; diminuer les coûts de production grâce à une main-d’œuvre meilleur marché et faiblement qualifiée ; conquérir, aussi, les marchés locaux et nationaux grâce à une installation sur place. C’est ainsi que le Japon s’est petit à petit ouvert vers le sud-ouest et l’ouest[36].

Dans les années 1990, la croissance a été nettement plus faible, essentiellement à cause de surinvestissements à la fin des années 1980, des accords du Plaza de 1985, et d’une politique économique d’austérité destinée à purger les excès antérieurs des marchés boursiers et immobiliers. Les efforts du gouvernement pour relancer la croissance auront peu de succès, le pays s’enfonçant dans un long cycle de déflation aux conséquences dévastatrices pour les entreprises les moins compétitives et pour les ménages les plus fragiles.

La signature d’accords avec l’Organisation mondiale du commerce força le Japon à réduire ses subventions aux agriculteurs, ouvrant la voie aux riz américains ou vietnamien, sujet sensible dans un pays où le riz constitue la base alimentaire quotidienne. La crise économique asiatique de 1997 a eu pour effet d’accentuer cette situation économique tendue.

Depuis fin 2002, un mouvement de reprise s’est amorcé, tiré par le rapide développement du voisin chinois, qui est devenu le premier importateur de produits japonais[37], et, plus récemment, par la demande intérieure (consommation des ménages, chômage en baisse…) et l’assainissement du secteur bancaire. Ceci s’est confirmé début 2006, quand le Japon a pu officiellement annoncer avoir vaincu la déflation persistante depuis le début des années 2000. Aujourd’hui, malgré un endettement public record (environ 160 % à 170 % du produit intérieur brut[38]), le Japon a réussi à sortir de la crise immobilière. Le ralentissement économique mondial en 2008 apporte cependant à cette économie fortement exportatrice un défi difficile à relever.

À long terme, la surpopulation des zones habitables et le vieillissement de la population sont deux problèmes majeurs. La robotique est une des grandes forces de l’économie japonaise à long terme, à tel point qu’elle est considérée comme le laboratoire de la société post-industrielle. 410 000 des 720 000 robots industriels du monde se trouvent au Japon, soit 57 %. L’emploi au Japon reste un sujet de préoccupation de premier plan.

Depuis le 1er septembre 2009, un accord de libre-échange et de partenariat économique (ALEPE) entre la Suisse et le Japon est en vigueur.[39]

Infrastructures [modifier]

Article détaillé : Transport au Japon.

Le pays possède l'un des réseaux de transport les plus performants au monde, la quasi-totalité de son territoire étant accessible en transports en commun. Cette facilité à se déplacer a contribué au développement économique et démographique du pays.

Au Japon, la voie ferrée est le principal moyen de transport des passagers : le réseau de trains, métros et lignes à grande vitesse (Shinkansen) est dense et très efficace. Il est complété par des réseaux de bus locaux, en zone urbaine comme en zone rurale.

L’infrastructure routière nipponne est bien entretenue et couvre efficacement tout le territoire, jusqu'aux zones montagneuses les plus reculées.

Il y a de plus des projets de dédoublement des grands axes routiers à travers les montagnes (projet nommé « Japan corridor »).

Le Japon possède par ailleurs l’une des principales flottes commerciales maritimes au monde. (Voir chapitre économie)

Le Japon possède également un réseau de transport aériens très moderne, avec deux compagnies aériennes : Japan Airlines et All Nippon Airways.

Le débit de 17,13 Mbs en téléchargement est le deuxième plus élevé du monde (consultation du site en janvier 2010) [40].

Tourisme [modifier]

Article détaillé : Tourisme au Japon.

En 2006, le Japon a accueilli 7,3 millions de touristes, se classant au 30e rang mondial[41]. En 2007, les 10 principaux pays d'origine des touristes étaient[42] :

  1. Corée du Sud Corée du Sud (2 600 694 visiteurs)
  2. Taïwan Taïwan (1 385 255 visiteurs)
  3. République populaire de Chine Chine (942 439 visiteurs)
  4. États-Unis États-Unis (815 882 visiteurs)
  5. Hong Kong Hong Kong (442 042 visiteurs)
  6. Australie Australie (222 518 visiteurs)
  7. Royaume-Uni Royaume-Uni (221 945 visiteurs)
  8. Flag of Thailand.svg Thaïlande (167 481 visiteurs)
  9. Canada Canada (165 993 visiteurs)
  10. France France (137 787 visiteurs)

Science et techniques [modifier]

Photo de presse du plus récent robot Honda, ASIMO

Le Japon fait figure de locomotive dans la recherche scientifique, en particulier l'électronique, les machines-outils et la recherche médicale. Près de 700 000 chercheurs se partagent un budget de 130 milliards de dollars US dédié à la recherche et au développement, le troisième plus grand au monde[43]. Par exemple, certaines des plus importantes contributions du Japon à la technologie se trouvent dans les domaines de l'électronique, l'automobile, les machines, la construction parasismique, la robotique industrielle, l'optique, la chimie, les semi-conducteurs et les métaux. Le Japon est le leader incontesté en termes de production et d'utilisation de la robotique, et possède plus de la moitié (402 200 sur 742 500) des robots industriels utilisés pour la construction dans le monde[44]. Les sociétés japonaises sont par exemple à l'origine des robots Qrio, ASIMO et Aibo. Le Japon est le plus grand producteur mondial d'automobiles[45] et regroupe six des quinze plus grandes entreprises de construction automobile au monde, et sept des vingt plus importants fabricants de semi-conducteurs aujourd'hui.

L'agence d'exploration aérospatiale japonaise (JAXA) est l'agence spatiale du Japon qui fait de la recherche spatiale, de la recherche en aviation et qui développe des fusées et des satellites. C'est une participante à la Station spatiale internationale et le Japanese Experiment Module (Kibō) a été ajouté à la Station spatiale internationale au cours de vols d'assemblage de la navette spatiale américaine en 2008[46]. L'agence a des plans d'exploration de l'espace, tels que le lancement de Venus Climate Orbiter en 2010[47],[48], le développement de la Mercury Magnetospheric Orbiter qui sera lancée en 2013[49],[50] et la construction d'une base lunaire en 2030[51]. Le 14 septembre 2007, le Japon a lancé SELENE, une mission lunaire japonaise avec une fusée H-IIA (type H2A2022) du centre spatial de Tanegashima. SELENE est également connu sous le nom de Kaguya, la princesse lunaire du conte folklorique Kaguya-hime[52]. Kaguya est la plus grande mission de sonde lunaire depuis le programme Apollo. Sa mission est de recueillir des données sur la Lune, son origine et son évolution. Elle est entrée en orbite lunaire en octobre 2007[53],[54], volant à une altitude d'environ 100 kilomètres[55].

Éducation et santé [modifier]

Article détaillé : Système éducatif au Japon.
Un des bâtiments de l'Université de Tōkyō, l'une des plus prestigieuses universités du Japon

Tout d'abord, les lycées et les universités ont été introduit au Japon en 1872 à la suite de la restauration de Meiji[56]. Depuis 1947, l'enseignement obligatoire au Japon se compose de l'école primaire et secondaire, qui dure neuf ans (à partir de 6 ans jusqu'à l'âge de 15 ans).

Au Japon, les services de soins médicaux sont fournis par les gouvernements nationaux et locaux. Le paiement pour les services médicaux est offert par le biais d'une assurance de soins de santé qui assure une relative égalité d'accès, avec des frais fixés par un comité gouvernemental. Les personnes sans assurance peuvent participer à un programme national d'assurance maladie gérés par les gouvernements locaux. Depuis 1973, toutes les personnes âgées ont été couvertes par l'assurance parrainée par le gouvernement[57]. Les patients sont libres de choisir les médecins et les établissements de leur choix[58].

Culture [modifier]

Article détaillé : Culture japonaise.

La culture japonaise est influencée par celle de la Chine et celle de la Corée (bien que ceci ne soit pas toujours complètement admis). Mais elle en est aussi distincte. Les influences culturelles étrangères se sont historiquement effectuées via la Corée du fait de leur proximité géographique. L’arrivée des Portugais et plus tard des Américains a quelque peu modifié ce système.

Langues [modifier]

Article détaillé : Japonais.

La société japonaise est linguistiquement très uniforme avec 98,2 % de la population ayant le japonais pour langue maternelle. Les 1,8 % restant étant constitués principalement de populations d’immigrants venus de Corée (sept cent mille personnes) et de Chine (trois cent cinquante mille personnes), ainsi que de Vietnamiens, de Brésiliens, d’Américains (quatre-vingt mille personnes), d’Européens (quarante-cinq mille personnes). Il existe quelques variations dialectales sur l'ile d'Okinawa. L'Aïnous d’Hokkaidō est toujours parlé à l'intérieur de la communauté du peuple autochtone mais reste néanmoins en voie de disparition.

Religions [modifier]

Article détaillé : Religion japonaise.
Le sanctuaire shintoïste d’Iwashimizu Hachiman, dans la préfecture de Kyōto.

La plupart des Japonais ne croient pas en une religion particulière et unique bien qu’un certain nombre d’entre eux se soient convertis au christianisme suite à l’arrivée de saint François Xavier en 1549. Les Japonais sont profondément animistes, de nombreuses amulettes, utilisées tant à la maison qu’en voyage, en attestent. Leur pratique est chamanique au travers du shintoïsme, les autres religions n’étant qu’une appropriation animiste des dieux d’autres lieux dans leur panthéon personnel ou collectif. Cependant, nombreux sont les Japonais, particulièrement au sein de la jeune génération, qui sont opposés aux religions pour des raisons historiques et en raison du développement de la science. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut exigé du peuple japonais de participer aux cérémonies shintoïstes et les activités des autres religions furent limitées. Ce shintoïsme d’État fut indissociable du nationalisme nippon qui prônait une élimination pure et simple des apports, pourtant anciens, du bouddhisme et enfin du christianisme apporté par les missionnaires portugais (dont faisait partie le père jésuite saint François Xavier). Beaucoup d’autres ont su garder une vision plus apaisée de la religion et en « utilisent » plusieurs dans leur vie. Ainsi, une même personne peut aller invoquer les dieux au sanctuaire shintoïste à l’occasion du Nouvel An et tenter d’attirer leur attention avant les examens d’entrée à l’école ou à l’université. Raisonnant de manière confucianiste, elle souhaitera parfois un mariage à l’occidentale dans une église chrétienne après une cérémonie plus traditionnelle et aura des funérailles dans un temple bouddhiste. Au début du XVIIe siècle et après une période de relative tolérance, le christianisme fut interdit puis pourchassé jusqu’à une quasi-clandestinité des chrétiens du pays, mis à part sur l’île de Kyūshū, notamment à Nagasaki, ainsi que dans la moitié sud du Japon, où les chrétiens sont plus nombreux.

Aujourd’hui, la situation s’est inversée et un certain nombre de nouvelles religions ou sectes, dont la Sōka Gakkai et ses six millions de membres, qui se sont établies juste avant ou à la suite de la Seconde Guerre mondiale occupent une place importante au Japon.

Jours fériés [modifier]

Article détaillé : Fêtes et jours fériés japonais.
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local En japonais Remarques
1er janvier Jour de l’An Ganjitsu 元日  
2e lundi de janvier Jour de l’accession à la majorité Seijin no Hi 成人の日 déplaçable depuis 2000,
15 janvier auparavant
11 février Anniversaire de la fondation de l’État Kenkoku Kinen no Hi 建国記念の日  
20 ou 21 mars Équinoxe de printemps Shunbun no Hi 春分の日 déplaçable selon l’Observatoire
29 avril Fête de Shōwa Shōwa no Hi 昭和の日 l’anniversaire de l’empereur Shōwa (Hirohito)
3 mai Commémoration de la constitution Kenpō Kinen Bi 憲法記念日  
4 mai Fête de la nature Midori no Hi みどりの日  
5 mai Fête des enfants Kodomo no Hi こどもの日  
3e lundi de juillet Fête de la mer Umi no Hi 海の日 déplaçable depuis 2003,
20 juillet auparavant,
3e lundi de septembre Fête des personnes âgées Keirō no Hi 敬老の日 déplaçable depuis 2003,
15 septembre auparavant
22 ou 23 septembre Équinoxe d’automne Shūbun no Hi 秋分の日 déplaçable selon l’Observatoire
2e lundi d’octobre Fête des sports Taiiku no Hi 体育の日 déplaçable depuis 2000,
10 octobre auparavant
3 novembre Fête de la culture Bunka no Hi 文化の日  
23 novembre Fête du travail Kinrō Kansha no Hi 勤労感謝の日  
23 décembre Anniversaire de l’empereur Tennō Tanjōbi 天皇誕生日  

Note : lorsque la date d’un jour férié tombe un dimanche, c’est le lendemain qui est férié. Exemple : le 11 février 2007 était un dimanche, le 12 février 2007 a donc été férié.

Symboles nationaux [modifier]

Sports [modifier]

Article détaillé : Sport japonais.
Combat de sumo

Habituellement, le sumo est considéré comme le sport national du Japon[62] et il est très populaire au Japon. Les arts martiaux tels que le judo, le karaté l'aïkido et le kendo moderne sont aussi largement pratiqués et regardés dans le pays. Après la restauration de Meiji, de nombreux sports occidentaux ont été introduits au Japon et ont commencé à se répandre à travers le système éducatif[63].

La championnat du Japon de baseball a été créé en 1937[64]. Aujourd'hui, le baseball est le sport le plus populaire dans le pays. L'un des plus célèbres joueurs de baseball japonais est Ichirō Suzuki, qui après avoir gagné la récompense du meilleur joueur japonais en 1994, 1995 et 1996, joue maintenant pour les Mariners de Seattle dans la Ligue majeure de baseball. Avant cela, Sadaharu Oh était le plus connu en dehors du Japon, après avoir frappé plus de home-runs au cours de sa carrière au Japon que son contemporain Hank Aaron en avait frappé en Amérique.

Le Japon a été le lieu de la Coupe Intercontinentale de 1981 à 2004 et le co-hôte de la Coupe du monde de football de 2002 avec la Corée du Sud. Le Japon est l'une des plus grandes équipes de football en Asie, ayant remporté la Coupe d'Asie à trois reprises.

Le golf est aussi populaire au Japon[65], de même que les formes de course automobile, comme le Super GT et la Formula Nippon[66]. Le Twin Ring Motegi a été achevé en 1997 par Honda afin de la rajouter à la course de l'IndyCar Series.

Codes [modifier]

Le Japon a pour codes :

Notes et références [modifier]

  1. Tōkyō n’est cependant plus une ville aujourd'hui au sens administratif et juridique du terme, mais une métropole correspondant à l'échelon préfectoral. La ville la plus peuplée disposant d’une administration est Yokohama
  2. (ja) D’après les données de Statistics Bureau of Japan [archive] au 1er octobre 2008
  3. PIB à parité de pouvoir d'achat, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
  4. PIB nominal, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
  5. (en)Facts and Figures of Japan 2007 01: Land [archive]
  6. United Nations World Population Propsects: 2006 revision [archive] – Table A.17 for 2005-2010
  7. http://kanji.free.fr/kanji.php?unicode=65E5 [archive]
  8. (en) « JA Vocabulary », Runker_room.tripod.com [archive]
  9. Dumaine, David.Petites histoires des noms de pays. Paris : Flammarion, 2006, p. 56-57. (ISBN 2-08-163123-7)
  10. Voir page 58 in Uma Epopéia moderna, Sociedade Brasileira de Cultura Japonesa. Comissão de Elaboração da História dos 80 Anos da Imigração Japonesa no Brasil, 1992
  11. Le royaume tibétain de Gugé subit en 1630 un anéantissement total suite à l’accueil bienveillant de missionnaires chrétiens par son roi. Cet accueil provoqua l’invasion du Ladakh par son voisin rival, qui profita de l’agitation engendrée par la colère des autorités bouddhistes contre la menace de la perte de leur monopole religieux et de leur influence
  12. Michael Green : Japan Is Back: Why Tokyo's New Assertiveness Is Good for Washington [archive], Real Clear Politics. Consulté le 2007-03-28.
  13. UK backs Japan for UNSC bid [archive], Cenral Chronicle. Consulté le 2007-03-28.
  14. Japan-Australia Joint Declaration on Security Cooperation [archive]
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  16. [pdf] Organisation for Economic Co-operation and Development (2005-04-11). Retrieved on 2006-12-28.
  17. a et b Tokyo says it will bring troops home from Iraq [archive], International Herald Tribune (2006-06-20). Consulté le 2007-03-28.
  18. CIA - The World Factbook - Russia [archive]
  19. a, b, c, d, e et f Augustin Berque, « Un archipel montagneux aux multiples climats », dans Jean-François Sabouret, Japon, peuple et civilisation, La Découverte, coll. « Poche », 2004 (réimpr. 2006), 232 p. (ISBN 2-7071-4433-9), partie Territoire et population, p. 13-16
  20. (en) Statistics bureau, Ministry of Internal Affairs and Communications, Statistical Handbook of Japan [archive]
  21. (en)Population of Tokyo, Tokyo Metropolitan Government [archive]
  22. Tokyo, « la ville dense » [archive] par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris
  23. L’appellation Fujiyama est erronée, car le nom japonais est Fujisan. L’erreur provient du fait que yama et san sont deux lectures du même kanji, 山, signifiant montagne.
  24. Le Japon frappé par un puissant séisme [archive], 26-02-2010, Le Monde. Mis en ligne le 26+02-2010, consulté le 27 février 2010
  25. 日本の大気汚染の歴史 [archive], Environmental Restoration and Conservation Agency
  26. Japan' international cooperation for energy efficiency & conservation in Asian region. [archive], Takeshi Sekiyama, Energy Conservation Center, 2008
  27. OECD Environmental Performance Review of Japan [archive], Organisation for Economic Co-operation and Development
  28. Automaker Rankings 2007: The Environmental Performance of Car Companies [archive], Union of Concerned Scientists, 10/15/07.
  29. World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) [archive]
  30. 2005 Environmental Sustainability Index Benchmarking National Environmental Stewardship [archive], Yale Center for Environmental Law and Policy, université Yale et Center for International Earth Science Information Network, université Columbia, 2005.
  31. Registered foreign population in Japan hits record-high 2.21 million, AP (Kyodo), 10 juillet 2009 [lire en ligne [archive]]
  32. Voir page 80 in Japan: restless competitor - The pursuit of economic nationalism, Malcolm Trevor, Japan Library, 2001
  33. Annonce de Monsieur Tarô Asô [archive], Ministère de la Santé, du Travail et du Bien-Être, repris par ADIT-Japon [archive] (BE Japon numéro 505 du 12/06/2009)
  34. Université de Sherbrooke, « Évolution des dépenses militaires du Japon en % du PIB [archive] »
  35. Review of maritime transport 2008, United Nations conference on trade and development, Genève, page 39.
  36. D’après Philippe Pelletier, Japon, crise d’une autre modernité, éditions Belin, La Documentation française, 2004.
  37. La Chine est devenue le premier importateur de produits japonais [archive]
  38. L’année Stratégique 2008, Analyse des enjeux internationaux, page 485.
  39. http://www.seco.admin.ch/dokumentation/publikation/00008/00023/02429/index.html?lang=fr [archive]
  40. http://www.speedtest.net/global.php [archive]
  41. http://wikiwix.com/cache/?url=http://www.unwto.org/facts/eng/pdf/barometer/unwto_barom07_2_en.pdf
  42. Statistiques sur l'origine des touristes [1] [archive]
  43. McDonald, Joe. "China to spend $136 billion on R&D." BusinessWeek (2006-12-04).
  44. The Boom in Robot Investment Continues—900,000 Industrial Robots by 2003. [archive] and United Nations Economic Commission for Europe, Press release 2000-10-17. Retrieved on 2006-12-28.
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  51. Japan Plans Moon Base by 2030 [archive], MoonDaily (2006-08-03). Consulté le 2007-03-27.
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  53. Japancorp.net, Japan Successfully Launches Lunar Explorer "Kaguya" [archive]
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  55. JAXA, KAGUYA (SELENE) Image Taking of "Full Earth-Rise" by HDTV [archive]
  56. Lucien Ellington : Beyond the Rhetoric: Essential Questions About Japanese Education [archive], Foreign Policy Research Institute (2003-12-01). Consulté le 2007-04-01.
  57. Victor Rodwin : Health Care in Japan [archive], New York University. Consulté le 2007-03-10.
  58. Health Insurance: General Characteristics [archive], National Institute of Population and Social Security Research. Consulté le 2007-03-28.
  59. Voir http://www.lejapon.org/info/modules.php?name=News&file=article&sid=673 [archive] pour le folklore, les légendes et la symbolique.
  60. Voir http://web-japan.org/nipponia/nipponia29/fr/animal/animal01.html [archive] pour une explication de la légende.
  61. Cocarde, Japon [archive]
  62. Sumo: East and West [archive], PBS. Consulté le 2007-03-10.
  63. Culture and Daily Life [archive], Embassy of Japan in the UK. Consulté le 2007-03-27.
  64. (en) Nagata, Yoichi and Holway, John B., Total Baseball, Viking Press, New York, 1995, « Japanese Baseball », p. 547
  65. Fred Varcoe : Japanese Golf Gets Friendly [archive], Metropolis. Consulté le 2007-04-01.
  66. Len Clarke : Japanese Omnibus: Sports [archive], Metropolis. Consulté le 2007-04-01.

Voir aussi [modifier]

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Liens externes [modifier]

Bibliographie [modifier]

Article détaillé : Bibliographie sur le Japon.

 

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Chine

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne essentiellement la civilisation chinoise et la Chine dans son sens le plus général. Pour l’État politique moderne comprenant la Chine continentale, Hong Kong et Macao, voir République populaire de Chine. Pour l'État politique moderne comprenant Taïwan, Penghu, Jinmen et Matsu, voir République de Chine (Taïwan).
Un montage de photos de la Chine. Au centre, le nom du pays en sinogrammes traditionnels : 中國.

La Chine (en sinogrammes simplifiés 中国, en pinyin zhōng guó, littéralement le « Pays du Milieu ») est un pays d'Asie de l'Est dont deux États prétendent actuellement détenir la souveraineté : la République populaire de Chine qui contrôle 99,6 % de son territoire et la République de Chine, qui contrôle essentiellement Taïwan. Elle s'étend des côtes de l'océan Pacifique au Pamir et aux Tian Shan et du désert de Gobi à l'Himalaya et aux confins de la péninsule indochinoise, couvrant 9 677 009 kilomètres carrés. Sa population de plus de 1 350 millions d'habitants (plus de 1 330 millions pour la RPC[1], et plus de 20 millions pour la République de Chine[2]) est la première au monde et représente plus du cinquième de la population mondiale.

La Chine fut pendant des siècles la civilisation la plus avancée[3], surpassant le reste du monde dans de nombreux domaines tels que les sciences, la médecine ou les arts[3]. Elle fut à l'origine de nombreuses inventions majeures : on peut par exemple citer la boussole[4], l'imprimerie[5] , le papier[6], le billet de banque[7], les pâtes alimentaires[7] ou la poudre à canon[8]. La civilisation chinoise a fortement imprégné toute l'Asie de l'Est, notamment aux niveaux religieux (confucianisme et taoïsme) et linguistique (les sinogrammes ont été utilisés dans toute la région et de nombreux mots chinois sont présents dans les langues qui y sont parlées).

La civilisation chinoise, qui perdure depuis près de cinq mille ans, est l'une des plus anciennes civilisations au monde, et est parfois citée comme la plus ancienne civilisation continue[9]. Elle trouve son origine dans la vallée du Huang He puis s'est étendue vers le sud (conquête des territoires au sud du Yangzi Jiang dès la dynastie Han), vers l'ouest (premières incursions en Asie centrale sous les Han, extension temporaire jusqu'à la mer Caspienne sous les Tang, conquête du Xinjiang et du Tibet sous les Qing[10]) et vers le nord (la dynastie Qing, d'origine mandchoue apporta à la Chine la Mandchourie et la Mongolie). Au cours de son histoire la Chine a été à plusieurs reprises divisée puis réunifiée et elle a été par deux fois entièrement conquise par des étrangers[N 1] (par les Mongols au XIIIe siècle et par les Mandchous au XVIIe siècle), bien que ceux-ci aient fini par adopter les coutumes et le système administratif chinois pour gouverner l'empire. La dernière dynastie impériale, les Qing (la dynastie d'origine mandchoue qui régnait sur le pays depuis 1644), a connu une période de déclin durant la phase d’expansion coloniale des pays occidentaux, menant le pays de défaite en défaite à partir des guerres de l'opium. C’est seulement après la victoire contre l’armée japonaise en 1945 que la Chine a pu se libérer des interventions étrangères.

Politiquement, les deux États qui prétendent détenir aujourd'hui la souveraineté sur la Chine sont :

Sommaire

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Présentation [modifier]

Le pays est avant tout la très longue histoire d’un peuple, de sa très riche culture, de sa langue et de son écriture si particulière, de sa pensée. La « réalité chinoise » échappe à de nombreux observateurs occidentaux, aujourd’hui comme à l’époque de sa découverte par les premiers missionnaires. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les nombreuses querelles idéologiques autour du maoïsme et de la Révolution culturelle n’ont pas contribué à éclaircir les débats. Aujourd’hui la Chine est dans une période d’ouverture et de développement économique accéléré. Même si de nombreux problèmes restent à résoudre, il semble que les réformes en cours aient permis au peuple chinois de déployer son industrie et que sa puissance soit désormais comparable à celle des grands pays occidentaux. Elle est aujourd’hui souvent qualifiée d’« usine du monde » et des études ont montré que le panier d’un ménage français, dans sa partie non alimentaire, contenait pour moitié des produits fabriqués en Chine.

Géographiquement, la Chine a progressivement atteint depuis la dynastie fondatrice des Qin en 221 av. J.-C. les proportions d’un continent. Son histoire est rythmée par des mouvements d’unification suivis de désintégration, les longues périodes de stabilité correspondant aux grandes dynasties étant entrecoupées et reliées par des périodes de division et de chaos. C’est cependant la continuité de sa culture et sa relative unité politique qui font dire aujourd’hui que ce serait la plus vieille civilisation vivante du monde. Une de ses caractéristiques fondatrices est probablement le culte de la chose écrite, qu’on peut faire remonter aux pratiques oraculaires de la scapulomancie et au Livre des Mutations, et qui irrigue toute l’activité intellectuelle. Sur la pensée de Confucius (551 av. J.-C. - 479 av. J.-C.), Maître éducateur, et sur celle de ses disciples Mencius et Xunzi, le confucianisme a été fondé, puis utilisé comme doctrine d’État par la plupart des empereurs qui se sont succédé sur le trône. D’autres courants de pensée et d’autres personnages ont contribué à informer la culture chinoise, ainsi Lao-tseu et le taoïsme, le bouddhisme, le néo-confucianisme et jusqu’au marxisme plus récemment. Les importants apports extérieurs du bouddhisme ou du marxisme montrent que, contrairement à une idée reçue, la Chine ne s’est isolée du reste du monde que pendant une courte partie de son histoire.

Étymologie [modifier]

Article détaillé : Noms donnés à la Chine.

Les Chinois ont utilisé plusieurs noms pour désigner leur pays.

Le plus courant aujourd’hui est 中国 (Zhōngguó, prononcé /djongkwo/) qui signifie « pays du milieu » ou « empire du milieu ». Ce terme a eu à l’origine un nombre de sens plus restreints, et s’est élargi ultérieurement pour désigner l’ensemble du territoire chinois.

中国/中國

Lorsqu’ils envisagèrent l’établissement d’une république, Sun Yat-sen et ses compagnons ne voulurent pas reprendre le terme Zhongguo, pourtant courant, car il était employé par les puissances impérialistes occidentales ; il voulaient encore moins de Shina (支那), terme réducteur utilisé par les Japonais durant les guerres sino-japonaises, imprégné de colonialisme, qu’on retrouve dans la transcription chinoise de Indochine (印度支那). Ils choisirent de combiner zhong avec hua (華 chin.trad. 华 chin.simpl.). Le sinogramme hua, qui peut aussi se lire comme « magnifique », est un des éléments de Huaxia, terme qui désigne dans les écrits des Royaumes combattants les premiers Chinois, « les tribus de Huang di et de Yandi ». Qian Mu (錢穆), historien, considère qu’il s’agit du nom de leur territoire, Hua étant une montagne du Henan, Xia l’ancien nom de la rivière Han (漢水). D’autres historiens pensent que l’ethnie Xia, qui aurait donné son nom à la première dynastie de l’histoire chinoise, était qualifiée de hua, dont un des sens est « peint », du fait que ses membres se tatouaient. Le terme Zhōnghuá fut mentionné pour la première fois en 1894 par Sun Yat-sen à Hawaii dans un discours. Il est aujourd'hui inclus dans les appellations de la République de Chine (Zhōnghuá Mínguó ; 中華民國 / 中华民国) et de la République populaire de Chine (Zhōnghuá Rénmín Gònghéguó ; 中華人民共和國 / 中华人民共和国).

Aujourd'hui, le mot « Chine » fait généralement référence à la Chine continentale (中國大陸, zhōngguó dàlù en mandarin), ou aussi à la République populaire de Chine, Hong-Kong et Macao inclus, plus rarement encore à l'ensemble formé par la RPC et la République de Chine (dont le territoire compte principalement l'île de Taïwan), ce qui correspond alors à la zone économique de la « Grande Chine » (大中華地區).

Histoire [modifier]

LiBai-Kalligraphie.jpg
Histoire de la Chine
Les Trois Augustes et les Cinq Empereurs
-2205 Dynastie Xia
-1570 Dynastie Shang
 -1046 Dynastie Zhou
 -722 Printemps et Automnes
 -453 Royaumes combattants
 -221 Dynastie Qin
 -206 Dynastie Han occidentaux
9 Dynastie Xin
  25 Dynastie Han orientaux
 220 Trois Royaumes
 265 Dynastie Jin et
 304 Seize Royaumes
 420 Dynasties du Nord
et du Sud
 581 Dynastie Sui
 618 Dynastie Tang
 690 Dynastie Zhou
 907 Les Cinq Dynasties et les Dix Royaumes
 907 Dynastie Liao
 960 Dynastie Song
1032 Dynastie Xixia
1115 2e dynastie Jin
1234 Dynastie Yuan
1368 Dynastie Ming
1644 Dynastie Qing
1912 République de Chine
1949 République de Chine (Taïwan)
  République populaire de Chine

合久必分,分久必合 : « La Chine unie se divisera ; dispersée, se recomposera ». (Histoire des Trois Royaumes)

Dès le néolithique existaient en Chine des sociétés organisées sédentaires qui pratiquaient l'agriculture et l'élevage. La culture du riz apparaît vers 5000 av. J.-C. Bien que des objets de bronze aient été trouvés sur le site de la culture de Majiayao (entre 2300 et 2700 av. J.-C.), il est généralement admis que l'âge du bronze en Chine a commencé aux alentours de 2100 av. J.-C., durant la dynastie des Xia[11],[12]. Mais c'est sous la dynastie des Shang (de 1766 à 1122 av. J.-C.) que le travail du bronze atteint tout son développement.

La Chine est un foyer majeur de civilisation. Elle est devenue dès la fondation de l'empire par la dynastie des Qin une vaste zone relativement unifiée politiquement et linguistiquement, avec une culture avancée, devançant le reste du monde dans de nombreux domaines tels que les arts, la médecine et les techniques.

Changements dynastiques en Chine [modifier]

Article détaillé : Mandat du Ciel.
Temple du Ciel(天壇).

Durant deux millénaires, la Chine a subi l'influence alternée de forces centrifuges et centripètes. Lorsque le pouvoir central de la dynastie impériale se délitait et que la cour était la proie des factions rivales et des intrigues, que l'administration ne pouvait plus remédier aux famines et aux catastrophes naturelles et qu'elle ne parvenait plus à contenir la pression des « barbares » qui opéraient de vastes razzias dans les régions frontalières, des mouvements de révolte de paysans affamés déchiraient le pays, des sectes voyaient le jour, et les provinces lointaines se retrouvaient sous la coupe de chefs de guerre ne reconnaissant plus l'autorité de l'empereur. Enfin, ceux-ci se proclamaient eux-mêmes Fils du Ciel, divisant l'empire en royaumes rivaux se livrant à des guerres incessantes et montrant ainsi que l'empereur avait perdu le Mandat du Ciel (Tianming).

Quand un chef de guerre, parfois issu de la paysannerie comme Zhu Yuanzhang, le fondateur de la dynastie des Ming, se révélait plus habile que les autres et parvenait à reprendre le contrôle de l'intégralité du pays, on considérait qu'il avait reçu un nouveau Mandat du Ciel et qu'il était légitime qu'il fonde une nouvelle dynastie. En près de deux millénaires, plusieurs royaumes furent fondés sur le territoire chinois par des ethnies non-Han ou mixtes, tels que les Liao ou les Jurchen. Enfin, deux grandes dynasties ont régné sur l'ensemble de la Chine, bien qu'étant d'origine étrangère : celle des Yuan, mongole, et celle des Qing, mandchoue.

Principales dynasties [modifier]

Après les premières dynasties, telles que celles des Shang et des Zhou, qui n'occupent que la partie la plus centrale du pays, le grand unificateur de la Chine est l'empereur Qin Shi Huang, fondateur de la dynastie Qin (qui a donné son nom à la Chine) en -221 av. J.-C., ainsi que de la Grande Muraille de Chine[N 2]. L'armée enterrée qui garde encore aujourd'hui son mausolée à côté de Xi'an a été retrouvée en 1974.

Sous les Han (de -206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.), les Tang (de 618 à 907), puis les Song (de 960 à 1279), le pays connait de longues périodes de paix, pendant lesquelles la Chine peut être comptée au premier rang des nations les plus importantes du monde, par sa population, sensiblement égale à celle de l'Europe, mais aussi par ses innovations, sous les Tang et sous les Song en particulier.

Entre ces brillantes dynasties cependant, la Chine connait des périodes troublées, avec des périodes de guerres civiles pendant lesquelles elle perd son unité. C'est notamment le cas de la période séparant la chute des Han, en 220 ap. J.-C. avec l'apparition des Trois Royaumes, jusqu'en 581, date à laquelle la dynastie Sui réunifie la Chine, préparant ainsi l'avènement des Tang. De même, une période de troubles, les Cinq Dynasties et les Dix Royaumes, sépare les Tang de la dynastie des Song, pendant laquelle s'épanouit la culture chinoise à son apogée.

Après le traumatisme de l'invasion mongole opérée par les héritiers de Genghis Khan, la dynastie Yuan, celle-ci prend le pouvoir dans le nord de la Chine à partir de 1234, et proclame sa souveraineté sur la Chine en 1271, en dépit de la résistance acharnée de la dynastie des Song dans le sud de la Chine jusqu'en 1279.

Une nouvelle dynastie d'ethnie Han reconquiert finalement le pouvoir en 1368 ; c'est la dynastie des Ming, qui s'efforcera de retrouver la gloire du passé, sans toujours en retrouver le dynamisme.

En 1644, une nouvelle dynastie « non-Han », mandchoue cette fois, s'empare du trône de Chine et fonde la dynastie des Qing, aboutissement de l'œuvre de Nurhachi, le véritable fondateur de cette lignée qui ne s'achevera qu'avec l'empereur Puyi, « le dernier empereur ».

Même pendant les périodes d'unité, la culture chinoise a toujours consisté en un tissu très composite, et la variété des cuisines, des dialectes, des habitudes et des modes de vie ne doit pas être éclipsée par l'étonnante unité culturelle, administrative et politique de ce pays à l'échelle d'un continent. Cette unité et continuité ne sont pas sans rapport avec l'emploi d'une écriture relativement détachée de la phonétique, qui permet de noter de la même façon des langues et des dialectes très différents.

Naissance de la Chine moderne [modifier]

Sun Yat-sen, le père de la Chine moderne

Lors de la Révolution industrielle initiée en Angleterre, la Chine des Qing se ferma aux influences étrangères : cela a sans doute contribué, dans un contexte d'internationalisation des échanges et de colonialisme, à son déclin économique et technologique. Suite aux guerres de l'opium, les Traités inégaux forcèrent l'empire Qing à diviser son territoire en zones d'influence attribuées aux Huit armées étrangères alliées, ouvertes sans conditions au commerce étranger : l'Allemagne, par exemple, occupait le Shandong, la France le Yunnan. L'économie du pays, axée sur le commerce de l'opium, fut ruinée, son autonomie politique abolie de facto.

En 1851 commença la révolte des Taiping, alimentée par les croyances des sociétés secrètes de Chine méridionale, et prônant un mouvement de réformes radicales. Mal organisée, l'armée des Taiping fut défaite en 1864, avec l'appui des troupes franco-britanniques.

Lors de la première guerre sino-japonaise (1894-1895), le Japon vainquit les troupes impériales, et obtint l'île de Taïwan et les îles Penghu a travers le traité de Shimonoseki. En 1898, le Royaume-Uni obtint une concession de 99 ans sur les Nouveaux Territoires (y compris New Kowloon et Lantau). Le Royaume-Uni, la Russie, le Japon, la France, l'Allemagne et la Belgique tirèrent parti de l'état de déréliction croissante du pays pour élargir chacun sa sphère d'influence.

Sous la pression d’intellectuels et hommes politiques progressistes, le choix d'un régime républicain est décidé en 1911 et la République est proclamée en 1912 par Sun Yat-sen ; le dernier empereur, Pu Yi, abdique. Yuan Shikai, devenu président, proclame le rétablissement de la monarchie en 1915. Sa mort, en 1916, contribue au chaos économique et politique du pays : la conférence de Paris, en 1919, attribue le Shandong, revendiqué par l’Allemagne récemment défaite, au Japon. Le mouvement du 4 mai 1919 éclate en signe de protestation.

En 1921, le Parti communiste chinois est créé à Shanghai. Entre-temps, Sun Yat-sen a multiplié les contacts et demandes d’assistance auprès de la jeune Union soviétique. En 1923, il fonde à Canton l’académie militaire de Huangpu, destinée à former une armée chinoise moderne : Tchang Kaï-chek en prend la direction. À la mort de Sun Yat-sen en 1925, Tchang Kaï-chek mène avec succès l’Expédition du Nord, reprenant aux seigneurs de guerre la moitié nord du pays. En avril 1927, il proclame l’établissement de la capitale à Nankin, instaurant la période dite de la décennie de Nankin. La capitale communiste, Wuhan, est reprise en 1928 par l'Armée nationale révolutionnaire du Kuomintang : le parti nationaliste a le contrôle nominal de l’ensemble du pays et obtient une reconnaissance internationale.

Mao Zedong prononçant un discours en 1939

Fin 1931, Mao Zedong proclame la République soviétique chinoise. Fin 1934, chassé par l'armée de Tchang Kaï-chek, il entame la Longue Marche (12 500 kilomètres), fuyant vers le Nord avec 100 000 hommes, dont 86 000 soldats de l'armée rouge. Fin 1935, il se fixe avec les quelques dizaines de milliers de survivants à Yan'an. En 1932, le royaume fantoche de Mandchoukouo dont Pu Yi était le souverain nominal avait été établi par les Japonais en Mandchourie, réduisant considérablement le support industriel du Kuomintang. À l'été 1937, l'invasion massive de la partie orientale de la Chine par le Japon déclencha la deuxième guerre sino-japonaise. Menacé par l’occupation japonaise et les mutineries de ses troupes, le parti nationaliste s’allia aux communistes contre l'envahisseur. Exacerbée par le massacre de Nankin en décembre 1937 et les multiples exactions contre les civils, la lutte antijaponaise fortifia cette alliance jusqu’en 1940, où des conflits entre communistes et nationalistes reprirent épisodiquement.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis accordèrent une aide financière massive au Kuomintang dans le cadre de l’effort de guerre antijaponais ; les traités inégaux furent abolis par les Américains et les Britanniques en 1943. En février 1945, la conférence de Yalta autorisa l’Union soviétique, avec l’accord tacite du Parti communiste chinois, à chasser l’armée japonaise de Mandchourie.

En 1947, l’aide américaine, s’avérant inefficace, prit fin. En 1948, les troupes du Kuomintang étaient démoralisées, épuisées par la guerre antijaponaise et la corruption du parti nationaliste. Dès la République soviétique chinoise du Jiangxi et surtout après son installation à Yan’an, Mao Zedong avait rompu avec les principes marxistes-léninistes traditionnels, fondés sur les révolutions urbaines à base ouvrière. Dans les territoires qu'il occupait, il poussait une réforme agraire, menant une guérilla paysanne et ralliant les masses rurales. En janvier 1949, son mouvement avait rallié la majorité du pays et Pékin fut prise sans combat par l’Armée populaire de libération ; elle redevint capitale de la Chine sous l'appellation internationale de Beijing. Entre avril et novembre, la plupart des autres villes tombèrent sans grande résistance aux mains des communistes.

Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclamait la République populaire de Chine à Pékin. En décembre, Tchang Kaï-chek proclamait Taipei capitale provisoire de la République de Chine.

La modernisation voulue de l'économie chinoise se réalisa avec la politique économique du Grand Bond en avant, politique irrationnelle menée à la fin des années 50 et qui entraina une famine sans précédent, responsable de 15 à 30 millions de morts.

Mais la modernisation de la Chine, et la reconquête de son rang dans le monde, étaient loin d'être achevées. Une nouvelle révolution, économique celle-là, s'est en effet dessinée en décembre 1978, lors de la troisième session plénière du 11e comité central du parti, sous l'impulsion de Deng Xiaoping, avec le nouveau concept d'« économie socialiste de marché »[13].

Deng Xiaoping (avec le président américain Jimmy Carter)

Après 20 années de réformes et d'âpres négociations, les efforts entrepris ont été couronnés par l'adhésion de la Chine (et de Taïwan à cette même date) à l'Organisation mondiale du commerce (l'OMC), à compter du 1er janvier 2002, lui donnant les outils nécessaires à la croissance économique spectaculaire qu'on lui connait aujourd'hui. Le bénéfice de cette croissance est certes indiscutable pour la Chine, mais ne s'ensuit pas d'évolution sociale pour les catégories ouvrières, ce qui n'est pas sans rappeler les effets négatifs de la révolution industrielle dans l'Europe du XIXe siècle. L'appellation "République populaire de Chine" ne doit pas abuser : l'ouvrier américain est bien mieux protégé que son collègue chinois. Toutefois, s'ils ne sont pas légions, les progrès sont indubitables.

Territoire chinois [modifier]

Pour les régions administratives de la République populaire de Chine, voir l'article Provinces de Chine

Aperçu historique [modifier]

Les dynasties Shang et particulièrement Zhou, premières entités géopolitiques à l'origine du futur empire chinois fondé par Qin Shi Huangdi, étaient situées dans la région du fleuve Jaune. Depuis, le territoire s'est étendu dans toutes les directions, avec des périodes de rétrécissement ou de divisions, atteignant son apogée durant la dynastie Han, puis la dynastie Tang — qui œuvra grandement pour l'expansion vers l'ouest de la Chine, avec le développement de la route de la soie — et avec la dynastie Qing. La Chine des Qing incluait des territoires situés actuellement en Extrême-Orient russe, en Asie centrale et en Mongolie.

En 822, le traité de paix sino-tibétain fut signé entre l’empereur du Tibet, Tri Ralpachen et l’empereur chinois Muzong (820-824) de la dynastie Tang. Le traité permit de stabiliser les relations politiques, militaires et commerciales entre le Tibet et la Chine. Ainsi le traité délimita la frontière entre les deux empires[14].

L'empereur de Chine se considérait en général comme le suzerain des régions environnantes. Beaucoup d'ethnies dites « barbares » étaient soumises au tribut. Les ambassades et cadeaux envoyés par les souverains étrangers étaient parfois également interprétés comme des signes d'allégeance.

L'importance territoriale de la Grande Muraille de Chine a été réduite avec l'accession au pouvoir de la dynastie Qing, qui inclut la Mandchourie, située au nord de la muraille, dans son territoire.

En 1683, avec la reddition du bref Royaume de Tungning établi par Koxinga à Taïwan où l'implantation Han venait de débuter, l'île devint une partie de l'empire Qing, l'archipel des Pescadores inclus. Siège d'une, puis deux préfectures provinciales, Taïwan fut cédé au Japon après la première guerre sino-japonaise en 1895. En 1945, à la fin de la seconde guerre sino-japonaise, le Japon abandonna ses prétentions sur l'île par le traité de Paix de San Francisco, et la République de Chine en prit le contrôle, avant de s'y réfugier en 1949 après la prise du pouvoir par le Parti communiste chinois. Depuis, la souveraineté du territoire est l'objet d'un conflit non résolu entre la République populaire de Chine et la République de Chine (Taïwan), la première considérant Taïwan comme une province à statut spécial dirigée par un pseudo "gouvernement" (les guillemets sont de rigueur dans la presse officielle), et la seconde continuant de s'affirmer gouvernement légitime de l'ensemble de la Chine. La montée du mouvement indépendantiste taïwanais, qui ne conteste pas seulement l'autorité de la République populaire de Chine, mais le principe même du rattachement de Taïwan à la Chine, rend le problème encore plus complexe.

Divisions politiques historiques [modifier]

Le découpage administratif de la Chine a varié au gré des changements d'administrations. Le premier niveau de division était les provinces, puis les préfectures, sous-préfectures, départements, commanderies, districts et enfin cantons. Les divisions les plus récentes ont ajouté le statut de ville-préfecture, ville-canton, villes et zones urbaines.

Historiquement, la plupart des dynasties chinoises ont pris leur essor dans le cœur de la Chine, à partir d'un des deux fleuves principaux, le fleuve Jaune et le Yangzi Jiang. Plusieurs dynasties ont eu des volontés expansionnistes, s'engageant dans des régions telles que la Mongolie intérieure, la Mandchourie, le Xinjiang, et le Tibet. La dynastie mandchoue des Qing et ses successeurs, la République de Chine et la République populaire de Chine, ont cimenté les incorporations de ces territoires. Ces territoires étaient délimités par des limes plutôt que des frontières rigides, bien connues alors dans les pays industrialisés. Ce problème de délimitation a donné lieu à une série de critiques sur l'intégration de certains territoires en RPC, notamment celle du Tibet et du Xinjiang (新疆, pinyin Xīnjiāng, qui signifie « nouvelle frontière » ou « nouveau territoire » en chinois ).

Géographie et climat [modifier]

Articles détaillés : Géographie de la Chine et Villes de Chine.
Carte générale de la République populaire de Chine

La Chine comprend une immense variété de paysages, avec des plateaux et des montagnes à l'ouest, et des plaines à l'est. Ainsi, les fleuves principaux coulent d'ouest en est, dont le Yangzi Jiang (ou Chang Jiang, « long fleuve »), le fleuve Jaune (centre-est), l'Amour (nord-est) ; certains coulent vers le sud (rivière des Perles, Mékong, Brahmapoutre...). La plupart de ces fleuves se jettent dans la mer de Chine.

La plupart des terres arables chinoises se situent autour des deux fleuves principaux, le Yangzi Jiang et le fleuve Jaune, qui sont aussi les foyers principaux des anciennes civilisations chinoises.

À l'est, sur le littoral de la mer Jaune et de la partie orientale de la mer de Chine, se trouvent de vastes plaines alluviales toujours densément peuplées ; le littoral de la partie méridionale de la mer de Chine est plus montagneux.

À l'ouest se trouvent de grandes plaines alluviales, avec de grands plateaux calcaires dans la région tibétaine, où se dresse le mont Everest. Au nord-ouest s'étendent les déserts du Takla-Makan et du Gobi, qui ont gagné en superficie, sans doute en raison de la sécheresse et de l'influence de l'agriculture.

Répartition des précipitations en Chine

Pendant de nombreuses dynasties, la frontière sud-ouest de la Chine a été délimitée par les hautes montagnes et les profondes vallées du Yunnan, qui séparent la Chine moderne du Myanmar (ex-Birmanie), du Laos et du Viêt Nam.

La Chine comporte de nombreux climats : au nord, un climat sec avec de sévères hivers ; au centre, un climat plus tempéré ; au sud, un climat sub-tropical.

Les formations paléozoïques de Chine sont pour la plupart marines ; les dépôts du mésozoïque et du tertiaire proviennent d'estuaires et d'eaux douces, ou de terres. Des groupes volcaniques composent certaines parties des grandes plaines du Nord. Dans les péninsules du Liaodong et du Shandong se trouvent des plateaux basaltiques.

Les conséquences de l'industrialisation et de la déforestation sont considérées être à l'origine des tempêtes de sable en provenance du désert de Gobi qui frappent la capitale, et de l'augmentation des violents typhons qui frappent le sud du pays. Le pays a ainsi perdu 1,6 milliard de tonnes de sol en 2004; 800 300 hectares de terre arable ont disparu, dont 145 000 hectares à cause de la construction immobilière et 63 700 à la suite de désastres naturels. De 1997 à 2004, la surface des sols arables a décru de 5,7%, soit une perte nette de 7,46 millions d'hectares sur cette période.

Économie [modifier]

Aperçu historique [modifier]

Les cinq principaux processus de fabrication du papier des Chinois au IIe siècle.

On estime que la Chine a été la première puissance économique mondiale durant la majeure partie des vingt derniers siècles[15],[16],[17],[18]. Jusqu'au XVIIIe siècle et la révolution industrielle, c'est également en Chine qu'on trouvait le niveau de vie le plus élevé de la planète[19].

La Chine, première civilisation à utiliser le papier monnaie, a une longue histoire de relations économiques internationales. On retiendra quelques points de repères utiles :

  • La dynastie des Yuan a organisé un système de routes et de poste efficaces, contribuant à la modernisation de l'économie chinoise.
  • Au début de l'ère Ming, les flottes de l'amiral Zheng He ont renforcé les liens existant déjà sur la route des épices, entre l'Inde, la côte africaine orientale, l'Indonésie et supposément l'Australie ainsi que les Amériques (avant les Européens, cf. cartes de l'Amiral de cette époque).
  • Suite à une période de repli sous les Ming, la dynastie Qing a vu son déficit économique s'accroître avec l'arrivée des colonisateurs occidentaux. Au milieu du XIXe siècle, l'économie chinoise a été dans sa plus grande partie asservie au commerce de l'opium pour les intérêts des colonisateurs, précipitant le pays dans un chaos économique et politique.
  • Le règne de Mao Zedong a été synonyme d'une nouvelle période de quasi-autarcie économique, en dehors de certains échanges avec les pays de la sphère communiste.
  • Deng Xiaoping a entériné à partir de décembre 1978 une ouverture économique progressive, qui correspond aujourd'hui à une « économie socialiste de marché », associant une économie ouverte sur le monde et à l'économie de marché, avec une volonté de financement du développement social.

Situation actuelle [modifier]

Au mois d'octobre 2009, la Chine est la 3e puissance économique mondiale derrière les États-Unis et le Japon[20]. Exprimé en parité de pouvoir d'achat, la Chine est la deuxième puissance économique mondiale, derrière les États-Unis. Taiwan pour sa part est la 26e puissance économique mondiale (19esi exprimé en parité de pouvoir d'achat).

La Chine et Taiwan sont membres de l'Organisation mondiale du commerce depuis respectivement 2001 et 2002, leur permettant de profiter pleinement des opportunités offertes par la mondialisation de l'économie. La Chine cherche d'ailleurs à gérer son insertion dans l'OMC au mieux de ses propres intérêts, et la transparence et l'évolution de sa législation sont surveillées de près par les États-Unis et l'Union européenne[21].

Hong Kong possède l'économie la plus libérale du monde[22].

Le développement économique actuel de la Chine est l'un des plus rapides du monde, puisque l'on y enregistre une croissance dont la moyenne, depuis près de vingt ans, se situe aux alentours de dix pour cent. Entre 1980 et 2007, le PIB a été multiplié par 12,7[réf. souhaitée]. Cette croissance est essentiellement tirée par les investissements et les exportations. La Chine est aujourd'hui le premier exportateur mondial, avec un montant des exportations de $1435 milliards en 2008. L’essentiel de ce commerce se fait avec l'Union européenne (20,4%), les États-Unis (17,7%), Hong Kong (13,4%) et le Japon (8,1%). Les points forts des exportations chinoises sont les tracteurs, les montres et les jouets (85 % du marché mondial), les appareils photographiques et les ordinateurs portables (55 % du marché), les téléviseurs et les machines à laver (30 %), 15 % pour l'acier[23].

La présence des entreprises étrangères sur le sol chinois est en grande partie à l'origine de la forte accélération de la croissance des exportations. Elles ont attiré la main-d'œuvre qualifiée dans les zones côtières où elles se sont implantées. Seulement 41 % des exportations chinoises proviennent d'entreprises intégralement chinoises. Aujourd'hui, 39 % des exportations en provenance de Chine sont réalisées par des entreprises dont le capital est à cent pour cent étranger et 20 % sont le fait de partenariat entre les sociétés étrangères et les sociétés chinoises[24]. La Chine continentale entretient son attractivité pour les entreprises avec une main-d'œuvre bon marché et docile. Un ouvrier non qualifié en Chine coûte environ un dollar américain par heure, ce qui est bien en dessous des minima des pays industrialisés.

Un autre aspect de l'économie chinoise à relever : les bas prix d'éléments non issus de la force de travail. Cela est dû en partie à l'existence du contrôle des prix et de la garantie des sources d'approvisionnement hérités de la précédente économie de type soviétique : les entreprises d'État continuant à être démantelées et leurs ouvriers renvoyés dans des secteurs de compétitivité accrus, l'effet déflationniste induit continue à mettre la pression sur les prix pratiqués au sein de l'économie.

Environnement et réchauffement climatique [modifier]

  • Taiwan, de son côté, a signé le protocole de Kyoto, mais ne l'avait toujours pas ratifié à fin 2007.

La Chine connaît des problèmes environnementaux majeurs. La forêt y avait déjà fortement régressé il y a huit mille ans, ce qui a engendré des problèmes de désertification, d'érosion et dégradation des sols, ainsi que d’inondations, qui ont empiré avec l’industrialisation et la croissance démographique notamment sur le littoral et dans le bassin de la rivière des Perles. Le pays possède à peu près la même quantité d'eau que les États-Unis, mais sa population y est cinq fois supérieure. La manque d'eau se fait particulièrement sentir dans le Nord, très aride, où vit près de la moitié de la population de la Chine et où la demande en eau excède de loin l'approvisionnement naturel. Le réchauffement de la planète accélère la retraite des glaciers qui alimentent les principaux cours d'eau chinois, tout en hâtant l'avancée des déserts, qui absorbent actuellement plus de 300 000 ha de prairies chaque année. Toutefois, rien n'a davantage précipité la crise de l'eau que trois décennies de croissance industrielle débridée. Dans sa course pour devenir la prochaine superpuissance mondiale, la Chine ne se contente pas de pomper sans limite ses rivières et ses nappes phréatiques ; elle pollue aussi ce qu'il reste d'eau de manière si irréversible que la Banque mondiale a sonné l'alarme en évoquant des « conséquences dramatiques pour les générations futures ». L'utilisation massive de pétrole et surtout de charbon est source d'une pollution importante. L’explosion de la croissance économique s’est traduite par de nouvelles pressions sur les ressources non renouvelables. De nombreuses villes sont en permanence couvertes d’un nuage de pollution. La Chine est un des dix-sept pays mégadivers, c'est-à-dire identifiés par le Centre de surveillance de la conservation de la nature du programme des Nations unies pour l'environnement comme l'un des plus riches de la planète en termes de biodiversité. Toutefois c'est aussi un des quatre pays pour lesquels un nombre important d'espèces de mammifères sont menacés de disparition du fait de la destruction de leur habitat. Le cas le plus emblématique est probablement le panda géant, qui a été choisi comme symbole par le World Wide Fund for Nature.

La Chine a d’abord refusé le protocole de Kyōto mais en 2007, Wen Jiabao a annoncé vouloir en 2010 atteindre les objectifs du onzième plan quinquennal : réduire de 20 % la consommation d'énergie par unité de produit intérieur brut et de 10 % l'émission de principaux polluants. Des programmes de reboisement, de protection de la nature, la suppression des ampoules à filament, le développement des toilettes sèches, la multiplication des panneaux solaires sur le plateau tibétain, un parc éolien important et un projet de ville « haute qualité environnementale » témoignent des efforts faits. La flotte de pêche chinoise prend par contre une part croissante en matière de surpêche.

Pourtant, malgré le discours officiel, la Chine a ravi en 2007 aux États-Unis le titre de premier producteur de gaz à effet de serre[N 3]. Dans vingt-cinq ans, la Chine pourrait en produire à elle seule deux fois plus que la totalité des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques réunis. Ce qui n'est pas si surprenant puisqu'elle a construit en 2006 cinq centrales à charbon par semaine[26]. Depuis 2005, elle est le pays qui produit le plus de déchets industriels ou municipaux avec 300 millions de tonnes par an[27].

Cette pollution entraîne des risques à terme pour la santé de la population qui ont été évalués à un chiffre de 750 000 morts par an (cancers, maladies pulmonaires...) ; le sujet est si sensible, et en même temps si difficile à quantifier, que la Chine à demandé à la Banque mondiale d'omettre désormais ces estimations[28].

Le coût économique annuel de ces problèmes d'environnement pourrait se révéler énorme, de l'ordre de 160 milliards de dollars par an, à comparer avec l'excédent commercial record de la Chine, qui était en 2006 de 177 milliards de dollars par an[28].

Ces problèmes environnementaux sont avec la surpopulation le grand défi de la Chine moderne.

Démographie [modifier]

Article détaillé : Démographie de la Chine.
« La Chine est un vaste pays, et qui est peuplé de Chinois »

— Charles de Gaulle

La population de la Chine comprend :

cf. estimation de la population en temps réel: [2]

Évolution de la démographie chinoise [modifier]

Aujourd'hui les entreprises se battent pour obtenir un accès à son marché jugé potentiellement immense, alors qu'hier avec le « péril jaune » on craignait le déferlement asiatique en Occident. Pays à l'agriculture traditionnellement prospère, la Chine a très tôt pu développer une population rurale dense et des agglomérations importantes. Sous les Song, des villes comme Guangzhou (Canton) connaissaient une densité de population ainsi qu'une organisation administrative sans égales à l'époque.

Plus d'une centaine d'ethnies ont existé en Chine, l'ethnie Han restant toujours majoritaire. Cette ethnie, composée d'une nébuleuse de peuples assimilés, ne résiste toutefois pas au concept d'une ethnie Han homogène, et pourrait être elle-même divisée en sous-catégories partageant les mêmes traits culturels. Beaucoup de Han ont maintenu leurs traditions, en particulier leur langue, en continuant de s'identifier à l'ethnie Han. Le terme Zhonghua minzu (en sinogrammes simplifiés 中华民族/en sinogrammes traditionnels 中華民族) est utilisé comme une notion de « sinité » transcendant les divisions ethniques au sein de la Chine.

Le gouvernement de la RPC reconnaît actuellement 55 minorités ethniques officielles, plus l'ethnie Han. Sa population est la plus grande du monde, dépassant les 1,36 milliard d'individus (2008), soit 20% environ des 6,8 milliards d'individus vivant dans le monde d'après les estimations de l'OMS.

La baisse rapide de la mortalité et le retard du contrôle des naissances sous Mao Zedong, encourageant au contraire un temps les Chinois à procréer une armée de « petits soldats », ont contribué à une forte croissance démographique. À la fin des années 1970, la politique de l'enfant unique, appliquée dans les villes, a été la réponse à cette explosion, freinant le développement démographique du pays.« L'objectif était que la population n'excède pas un milliard deux cents millions de personnes. Mais ce sévère objectif, par un engrenage atroce, a déclenché d'autres tragédies: on en vint à noyer les nouveau-nés si c'était des filles (...).Tels sont les mécanismes de défense, tragiques mais élémentaires, qui s'enclenchent inexorablement dans toute population luttant pour sa survie. Et ces atrocités, qui semblaient appartenir à un passé lointain, ressurgissent au moment même où la Chine fait son entrée fracassante dans le monde moderne.[29] » La nouvelle structure par âge de la population a accru considérablement le taux d'emploi qui est aujourd'hui un des plus élevés du monde, ce qui contribue à expliquer les forts taux d'investissement, d'épargne et de croissance économique observés depuis 1980. Mais cette politique de l'enfant unique n'est pas sans poser des problèmes sociologiques et des problèmes futurs avec un vieillissement accéléré de population prévu dès 2030.

Le 28 février 2006, le Bureau d'État des statistiques (BES) chinois a annoncé que la population de la République populaire de Chine avait augmenté de 7,68 millions de personnes en 2005, soit une croissance naturelle de 5,89 pour mille, contre 5,87 pour mille en 2004. Au 31 décembre 2005, 562 millions de personnes vivent en ville et 745 millions dans les régions rurales. Sur ce chiffre total, on compte 674 millions d'hommes (soit 51,5%) et 634 millions de femmes (soit 48,5%). En 2005, la RPC a enregistré plus de 16 millions de naissances et environ 8,49 millions de décès.

Quant à République de Chine (Taïwan), elle compte de son côté plus de 22 millions d'habitants.

Cinquante-six « nationalités » [modifier]

Article détaillé : Ethnies de Chine.

La République populaire de Chine est un État-nation composé de cinquante-six « nationalités » (définissant une identité ethnique et/ou culturelle, et non une nation au sens occidental du terme) dont l'ensemble forme la « Nation chinoise » (中华民族 zhonghua minzu). L'égalité en devoirs et en droits de toutes ces nationalités est inscrite dans le droit constitutionnel de la République populaire de Chine[30],[31].

La nationalité « han » [modifier]

La nationalité han, largement majoritaire (92 % de la population) est elle-même relativement hétérogène, et peut être également appréhendée comme un vaste ensemble de coutumes partageant des caractéristiques culturelles et linguistiques proches (en particulier la grammaire et l'écriture). Les différences entre les langues parlées, comme le mandarin, le cantonnais ou le shanghaïen, sont cependant très fortes.

Les cinquante-cinq autres nationalités [modifier]

La République populaire de Chine reconnaît l'existence de cinquante-cinq nationalités en plus des Hans au sein de la nation chinoise. Elles sont constituées de citoyens chinois ayant une langue maternelle ou une culture non han[32]. D'après la constitution de la République populaire de Chine, les nationalités quelles qu'elles soient bénéficient du droit « de développer leur propre langue parlée et écrite ainsi que de préserver ou réformer leurs propres us et coutumes »[N 4], ainsi que d'une priorité de recrutement dans les entreprises ou dans les établissements d'une région autonome[N 5]. En outre, la loi sur le contrôle des naissances autorise certaines nationalités, notamment dans les régions peu peuplées de l'Ouest, à avoir plus d'un enfant par couple, contrairement aux Hans qui n'ont droit qu'à un seul enfant[N 6].

Cependant, certaines minorités cohabitant avec les Hans se plaignent des différences qu'elles ressentent entre ce que prévoit le droit chinois et la situation effective telle qu'elle peut être vécue sur le terrain.Des Occidentaux dénoncent en effet des mesures discriminatoires, notamment des atteintes à la liberté de culte, une marginalisation culturelle entraînant une marginalisation économique, ou la loi autoritaire sur le contrôle des naissances (malgré les aménagements spécifiques) [33],[34].

Bien que moins médiatisé, un sentiment de même nature existe depuis longtemps chez les populations musulmanes ouïghoures du Xinjiang. Ainsi avait éclaté au XIXe siècle une très grave insurrection « musulmane »[N 7], la révolte des Dungan, qui, entre 1862 et 1877, causa sans doute beaucoup plus d'un million de morts[35]. De nos jours, ces mêmes populations du Xinjiang se considèrent victimes d'une domination han[N 8], et tolèrent mal la loi sur le contrôle des naissances (malgré les aménagements spécifiques) et la procédure d'avortement en cas d'infraction à la loi, des atteintes à la liberté religieuse et culturelle, et la politique de peuplement vers l'Ouest qu'ils considèrent comme une colonisation han[N 9].

D'après le gouvernement de la République populaire de Chine, ce type d'affirmations est le fait de mouvements qu'il qualifie de « séparatistes ». Il dénonce ainsi le gouvernement tibétain en exil dirigé par le 14e dalaï-lama[N 10], ainsi que les mouvements séparatistes ouïghours du Xinjiang (appelé « Turkestan oriental » par ces derniers), certains d'entre eux, comme le Mouvement islamique du Turkestan oriental, étant même accusés d'avoir fait usage de moyens terroristes et violents[N 11] et de fournir les Chinois qui s'entraînaient dans les camps d'Al-Qaida en Afghanistan entre autres en vue de participer à un jihad, [36] démenti par ce mouvement[37]..

Les cinquante-cinq groupes non hans totalisent, en 2008, plus de 100 millions de citoyens, l'équivalent de la population du Mexique.

Religions, philosophies, rites [modifier]

Article détaillé : Religions en Chine.

La Chine a été un centre unique de rayonnement religieux : la plupart des grandes religions du monde l'ont traversé ou y ont pris naissance : la notion même de religion y a été interrogée à plusieurs reprises, notamment à l'égard du confucianisme ; toutefois, il ne fait aujourd'hui nul doute que l'étymologie du mot (religion comme « lien ») y soit plus que vérifiée à travers l'interprétation, la transfiguration ou l'acclimatation que la Chine lui a proposée au cours de plusieurs millénaires.

Yi Jing [modifier]

Article détaillé : Yi Jing.

De nombreux traits religieux spécifiquement chinois ont été canonisés à travers le Yi Jing, ou Classique des Mutations chinois. Issu de la scapulomancie ou interprétation de signes d'origine naturelle, cet ouvrage a engendré des générations de traditions interprétatives. Le règne des éléments complémentaires, yin et Yáng, y sont déclinés à travers ses chapitres, de nature hermétique. Intrinsèquement lié aux rituels divinatoires, c'est un manuel d'interprétation chamanique, où les vertus métaphysiques des caractères chinois trouvent leur naissance académique.

Taoïsme [modifier]

Article détaillé : Taoïsme.
Lao Zi, Mythes et légendes de Chine, 1922 par E. T. C. Werner

Le taoïsme, ou plutôt les courants taoïstes, sont apparus à partir du IIe siècle, inspirés par les courants du Yin-Yang et des Cinq éléments, ainsi que par les écrits du philosophe Lǎo Zi (ou Lao-tseu) (老子), dont le fameux Livre de la Voie et de la Vertu (Dàodé Jīng), est, avec le Livre des Mutations (Yì Jīng), aux sources de l'ésotérisme chinois. Ces courants se sont constamment enrichis de nouvelles influences et ont fourni à l'ensemble de la religion chinoise beaucoup de ses concepts et pratiques ainsi qu'un certain nombre de divinités. Les maîtres taoïstes prennent en charge beaucoup de rites spécialisés. Il y aurait aujourd'hui plus de 1 500 temples taoïstes en Chine.

Confucianisme [modifier]

Article détaillé : Confucianisme.

Fondé sur l'enseignement de la vie de Confucius, notamment à travers ses Entretiens et les ouvrages de ses disciples tels que Mencius, le confucianisme a été érigé en doctrine d'État, trouvant son paroxysme sous la dynastie Song. Naturellement voué aux interprétations des dynasties régnantes, la doctrine originelle de Confucius n'est toutefois pas nécessairement synonyme de soumission aux institutions, comme certains contemporains l'observent. Historiquement, le confucianisme a toutefois contribué à imposer l'idéologie des "cinq relations" entre sujets, destinée à affermir l'ordre social et le lien cosmique entre position hiérarchique et vertu céleste.

Bouddhisme [modifier]

Article détaillé : Bouddhisme en Chine.

Apparu dès le premier siècle après Jésus-Christ, le bouddhisme a profondément marqué les croyances religieuses en Chine, engendrant parfois de violentes vagues de répression anti-bouddhiques. La Chine a constitué un des centres majeurs de civilisation bouddhique au monde, par son œuvre de traduction et d'expansion de la religion à travers de nombreuses régions d'Asie. Le Japon et la Corée en particulier ont largement bénéficié de la richesse de transmission des traditions bouddhiques en Chine. Le bouddhisme chinois appartient en majorité au courant mahâyâna. L'une de ses formes, le bouddhisme tibétain (ou lamaïsme), répandu surtout au Tibet et en Mongolie intérieure, recrute de plus en plus d'adeptes parmi les Hans depuis quelques décennies. Le bouddhisme du Petit Véhicule est également présent, mais nettement minoritaire. On estime qu'il y a environ 13 000 temples bouddhistes en Chine.

Chan [modifier]

Le chan (禅) résulte de la synthèse entre le taoïsme et le bouddhisme. D'après la légende, le fondateur de cette doctrine serait Bodhidharma le 28e patriarche du bouddhisme indien qui, venu de l'Inde, s'est rendu entre 520 et 526 à Shaolin en Chine pour y créer le monastère du même nom. D'après la tradition, c'est là qu'il aurait mis au point les bases d'un art martial chinois : le Shaolin quan, art martial reposant sur une fine connaissance des règles initiatiques issues de la rencontre du taoïsme et du bouddhisme. La leçon conceptuelle du Chan est communiquée par les kōan, courts aphorismes qui ont l'apparence de poèmes anodins mais qui synthétisent au maximum les archétypes et la codification de la leçon transmise par les moines de ce monastère. Le périple de Bodhidharma est le sujet de nombreuses publications. Du chan est issue le zen, au Japon.

Religion populaire chinoise [modifier]

Article détaillé : Religion populaire chinoise.

La pratique religieuse de la majorité de la population (avant 1949 pour la Chine continentale) consiste en fait en un mélange de taoïsme, confucianisme, bouddhisme et traditions locales, souvent appelé religion populaire.

Autres religions [modifier]

L'islam
Minaret de la Grande Mosquée de Xi'an, témoignant de la présence de l'islam en Chine avec le développement de la route de la soie.

À partir VIIe siècle, l'islam a constitué un autre vecteur d'échanges culturel particulièrement riche en Chine, notamment au travers de la route de la soie, où des cultures pluri-culturelles ont émergé par exemple dans la région du Tarim, encore vivantes aujourd'hui. Le Yunnan a également été un de ces points d'échanges sino-islamiques : le célèbre navigateur Zheng He était un musulman originaire du Yunnan. Les membres de l'ethnie Hui, en tout point semblables culturellement aux Han actuels en dehors de leur religion, sont issus de Hans convertis ayant absorbé des musulmans non-chinois.

L'islam a connu sa plus forte expansion sous la dynastie des Yuan (元) (1271-1368). On compte aujourd'hui près de 30 000 mosquées dans le pays.

Le christianisme

Les premières traces de la culture chrétienne en Chine remontent à des stèles nestoriennes du VIIe siècle. Puis vinrent au XIIIe siècle des franciscains, dont l'activité missionnaire fut interrompue un siècle plus tard sur ordre de l'empereur. C'est à partir des missionnaires jésuites, tout d'abord portugais, que des contacts réguliers ont été entretenus entre les mondes chinois et occidental, la Chine restant relativement imperméable aux velléités expansionnistes chrétiennes. En 1601 Matteo Ricci et ses compagnons furent admis à Pékin, mais la mission catholique fut presque aussitôt troublée intérieurement par la Querelle des Rites qui amena l'empereur à interdire les conversions en 1724. La suppression de la Compagnie de Jésus en 1773 par le pape mit fin à la mission.

Le protestantisme a été introduit à partir des guerres de l'opium à travers des missionnaires britanniques puis américains.

Il y a à présent plus de 4 600 églises et sites de réunion catholiques et 12 000 temples et plus de 25 000 lieux de culte protestants. Il existe une église catholique officielle, non reconnue par le Vatican et une église catholique romaine essentiellement clandestine. L'Église orthodoxe est présente pour répondre aux besoins des Chinois d'origine russe, installés dans les confins Nord et Ouest du pays, mais reste très marginale.

Le judaïsme

Comme les chrétiens, les juifs ont dû parvenir en Chine pour la première fois au VIIe siècle en suivant la route de la soie. Quatre communautés juives existent en Chine, à Harbin, Shanghai, Canton et Kaifeng ; cette dernière, découverte par Matteo Ricci au XVIIe siècle, remonterait à la dynastie Song. Une communauté plus récente existe à Hong-Kong.

Le zoroastrisme et le manichéisme

Le zoroastrisme et le manichéisme ont également pénétré en Chine et influencé la religion populaire, en particulier le second.

Au début du XXe siècle, plusieurs mouvements syncrétistes (confucianisme-taoïsme-bouddhisme, voire christianisme ou islam) sont apparus, mais ont vite été éliminés du fait des choix politiques de leurs dirigeants. Plus récemment, malgré la méfiance du PCC vis-à-vis des organisations ou mouvements civils de grande envergure, une nouvelle religion - ou secte - syncrétiste, Falun Gong, a émergé en 1992. D'après le ministère de la Sécurité publique (1998), elle compterait 80 millions de sympathisants.

Le chamanisme est pratiqué principalement par les minorités chinoises ; le Dongba est une sorte de paganisme lamaïsé, survivance d'une ancienne religion pratiquée par les Naxi, une des nombreuses minorités ethniques de Chine, d'origine tibétaine, vivant dans le Yunnan.

Culture [modifier]

Langue et écriture [modifier]

Articles détaillés : mandarin, sinogrammes et calligraphie chinoise.

En tant qu'entité linguistique et culturelle relativement homogène et continue, dont la longévité surprend (et bouleverse les théories du déclin nécessaire des civilisations), la Chine a développé une culture originale et immense, qui a exploré presque tous les modes d'expressions connus : littérature, calligraphie, peinture, musique, etc.

Elle a de plus inventé la calligraphie, art considéré comme le plus noble et le plus raffiné. Son économie de moyens (un pinceau, de l'encre noire, une feuille de papier absorbant) et son cadre très contraignant (l'ordre et la disposition des traits sont déterminés) en font, paradoxalement, un art dans lequel l'expressivité est à son comble : le pinceau y tient lieu de « sismographe de l'âme ».

Littérature [modifier]

Article détaillé : Littérature chinoise.

Une infime partie de la production écrite de la civilisation chinoise est accessible en langues occidentales et bien peu d'œuvres sont connues du grand public. Étant donné le contexte particulier de ce pays, sa littérature au sens large a connu des évolutions différentes de celle des autres régions du monde. L'épopée, par exemple, y est singulièrement absente. En revanche, les anecdotes, contes, faits divers, courtes biographies, ainsi que les essais, les commentaires des classiques, les traités, les compilations sont des genres foisonnants.

Parmi les livres et les auteurs chinois qui ont été traduits et lus en Occident, on peut noter : Le Voyage en Occident (Pérégrinations vers l'Ouest), Au bord de l'eau, Le Rêve dans le pavillon rouge, la poésie de Du Fu et de Li Bai, ainsi que l'auteur moderne majeur qu'est Lu Xun.

Éducation en Chine [modifier]

Classe dans une école publique de la région autonome du Xinjiang, dans l'ouest de la Chine

En 1986, la Chine a défini comme objectif à long terme la mise en place d'un enseignement obligatoire sur neuf ans pour tous les enfants. En 1997, la République populaire comptait 628 840 écoles primaires, 78 642 écoles secondaires et 1 020 établissements d'enseignement supérieur[38]. En février 2006, le gouvernement révisa ses objectifs à la hausse en promettant de rendre entièrement gratuit l'enseignement obligatoire de neuf ans, y compris les manuels scolaires et les frais de scolarité, dans les provinces pauvres de l'ouest de la Chine[39]. En 2002, la proportion de Chinois sachant lire et écrire était de 90,9%, dont 95,1% d'hommes et 86,5% de femmes[40], celle des jeunes Chinois (de 15 à 24 ans ) étant respectivement de 98,9%, 99,2% et 98,5% en 2000[41]. En mars 2007, la Chine annonça la décision de faire de l'éducation une « priorité stratégique » nationale, avec un budget national triplé en deux ans et un financement additionnel de 223,5 milliards de yuans (environ 22 milliards d'euros) prévu sur cinq ans pour améliorer l'enseignement obligatoire dans les zones rurales[42].

La qualité des universités chinoises varie considérablement à travers le pays. Les plus cotées de Chine continentale sont l'université de Pékin, l'université du peuple de Chine (Renmin University of China), et l'université Qinghua à Pékin; l'université Fudan, l'université Jiao-tong de Shanghai et l'université Normale de la Chine de l'Est à Shanghai; l'université Jiaotong de Xi’an à Xi'an; l'université de Nankin à Nanjing; l'université de Sciences et Technologie de Chine à Hefei; l'université du Zhejiang à Hangzhou; l'université de Wuhan à Wuhan [43],[44].

De nombreux parents sont très impliqués dans l'éducation de leurs enfants, y investissant une grande partie de leurs revenus. Les cours privés et les activités récréatives, comme les langues étrangères et la musique, rencontrent un grand succès auprès des familles de la classe moyenne qui en ont les moyens[45].

De nombreux parents chinois espèrent que leurs enfants partiront à l'étranger pour y compléter leur formation et/ou débuter leur carrière. La langue française est de plus en plus étudiée en Chine, qui a besoin -dans sa quête de matières premières- de conquérir les ressources d'Afrique francophone.

Fêtes traditionnelles [modifier]

Fêtes traditionnelles
Date Nom français Nom local Remarques
1er jour du 1er mois lunaire (entre le 21 janvier et le 20 février) Nouvel An chinois ou fête de Printemps 元旦 Yuán dàn ou 春节 Chūnjié Basée sur le calendrier chinois. Une grande partie de la population prend des vacances pour retrouver sa famille cette semaine là.
15e jour du 1er mois lunaire Fête des lanternes 元宵节 Yuánxiāojié Basée sur le calendrier chinois
Début avril (5 avril ou rarement 4 avril) Qīngmíng, Lumière Pure 清明节 Qīngmīngjié voir calendrier chinois.

Environ 15 jours après l'Équinoxe de printemps
Jour de visite des cimetières

5e jour du 5e mois lunaire Fête des bateaux dragons (Fête du dragon) 端午节 Duānwǔjié Basée sur le calendrier chinois
7e jour du 7e mois lunaire Fête chinoise des amoureux 七夕节 Qīxījié Basée sur le calendrier chinois
14e jour du 7e mois lunaire Fête des fantômes affamés 中元节 Zhōngyuánjié Basée sur le calendrier chinois
15e jour du 8e mois lunaire Fête de la mi-automne (Fête de la lune) 中秋节 Zhōngqiūujié Basée sur le calendrier chinois
9e jour du 9e mois lunaire Fête du double neuf 重阳节 Chóngyángjié Basée sur le calendrier chinois

Autres aspects culturels importants [modifier]

Sciences et inventions [modifier]

Voir aussi : Liste des inventions chinoises

L'un des aspects les plus remarquables de la civilisation chinoise est l'invention de technologies, souvent plusieurs siècles avant leur apparition ou leur transmission ailleurs. Parmi les principales inventions chinoises figurent les allumettes, le compas, la brouette, l'abaque, le harnais à cheval, les étriers, l'horlogerie, la ferronnerie, l'acier, le papier, les pâtes[46], les types amovibles (imprimerie), l'argent papier, la poudre à canon et le gouvernail de poupe.

Traditionnellement, on considère que le papier, l'imprimerie, la poudre à canon et la boussole sont les « Quatre grandes inventions » de la Chine[47].

Les « Quatre grandes inventions » [modifier]

Traditionnellement, on considère que la boussole, l'imprimerie, le papier et la poudre à canon sont les « Quatre grandes inventions » de la Chine[48]. Au début du XVIIe siècle, le philosophe anglais Francis Bacon, sans connaître l'origine de ces inventions, remarque que trois d'entre elles : l'imprimerie, la poudre à canon et la boussole, « ont changé la face du monde »[48]. « Le papier est, avec l'imprimerie, la boussole et la poudre à canon, l'une des quatre grandes inventions chinoises qui ont contribué à construire l'Occident moderne[49] »

Boussole [modifier]

Maquette d'une cuillère indiquant le sud (appelée sinan) du temps des Han (206 avant J.-C. - 220 après J.-C.) (Il y a quelques discussions sur l'existence historique de l'objet utilitaire correspondant)[50]

La boussole permet de situer la direction : nord, sud, est et ouest. C'était un instrument essentiel pour l'orientation et les voyages.

Il y a quelques désaccords sur la date précise à laquelle fut inventée la boussole. Il existe des références littéraires dignes d'attention qui mettent en évidence son antiquité :

  • la première référence littéraire chinoise citant le « magnétisme » se trouve dans un ouvrage du IVe siècle av. J.-C. intitulé Livre du maître de la vallée du diable(鬼谷 子) : « la magnétite fait venir le fer à lui, ou l'attire »[51]. Pierre Germa indique dans le dictionnaire des inventions :

« La boussole vient de Chine; au premier siècle avant notre ère, les chinois utilisaient un instrument capable d'indiquer la direction du Sud : c'est la cuiller-montre-sud[52]. »

  • la première mention de « l'attraction d'une aiguille par un aimant » se trouve dans un ouvrage chinois composé entre 70 et 80 après J.-C. (Lunheng ch. 47): « La magnétite attire une aiguille » (de fer). Ce passage de Louen-heng est le premier texte chinois mentionnant l'attraction d'une aiguille par un « aimant »[53]. En 1948, le savant Wang Chen Tuo construisit un « compas » sous la forme d'une cuillère indiquant le sud sur la base de ce texte. Cependant, « on ne trouve pas de mention explicite d'un aimant dans le Louen-heng »[50].
  • La première référence à un « instrument d'orientation » magnétique spécifique se trouve dans un livre écrit sous la dynastie des Song et daté de 1040-1044. Il y a la description d'un « poisson indiquant le sud » en fer, flottant dans un bol d'eau, et se dirigeant vers le sud. Cet instrument est décrit comme un moyen de s'orienter « dans l'obscurité de la nuit ».

Le Wujing Zongyao (武经总要, « Réunion des techniques militaires les plus importantes ») précise : Quand les troupes doivent faire face au mauvais temps, ou à la nuit noire, et que l'on n'arrive plus à s'orienter, (...) ils faisaient appel à un instrument mécanique pointant vers le sud, appelé aussi « poisson indiquant le sud »[54]. On parvenait à ce résultat en chauffant du métal (tout particulièrement si c'était de l'acier), selon le procédé connu aujourd'hui sous le nom de « thermo-rémanence », et qui aurait été capable de provoquer un léger état de magnétisation[54]. La première référence de ce type en Europe n'apparaît que vers 1600, lorsque William Gilbert publia son ouvrage De Magnete [55].

Imprimerie [modifier]

Avant d'être une invention de Johannes Gutenberg, la Chine avait déjà connu l'imprimerie à caractères mobiles (au IXe siècle)[56] bien longtemps avant que la Corée et l'Occident ne découvrent cette dernière (au XVe siècle). Cependant cette technique a été abandonnée par les Chinois à l'époque car ce système n'était pas adapté à l'écriture chinoise (les idéogrammes) alors qu'en Occident, l'alphabet, par le nombre très réduit de signes auxquels il fait appel, se prête admirablement à l'imprimerie. La Chine a également inventé la sérigraphie.

Les premières traces de papier imprimé retrouvées sont celles des dhāranī, en langue chinoise, de l'impératrice Shōtoku au Japon, datant du VIIIe siècle après JC. L'impression de ces premiers textes est généralement considérée comme relevant de l'influence chinoise, très forte en cette époque de pénétration de la culture et du bouddhisme chinois au Japon[57],[58].

« Selon les auteurs chinois, on aurait commencé à pratiquer l'impression tabellaire ou fixe sur planchettes de bois vers la fin du VIe siècle de notre ère. Dès 1317, un livre coréen est déclaré imprimé à l'aide de caractères fondus; malheureusement, on manque de preuves concrètes à l'appui. En 1403, un décret royal de Htai-Tjong prescrit l'extension du procédé, mais l'Occident n'en a rien su[59]. »

Papier [modifier]

Les cinq étapes de la fabrication du papier d'après Cai Lun.

Le papier porteur d'un message le plus ancien connu à ce jour, découvert en Chine, serait daté de -8, sous la dynastie des Han de l'Ouest (-206, 25). Il s'agit d'un fragment de lettre dont le papier est fait à partir de fibres de lin, sur laquelle une vingtaine de sinogrammes anciens ont été déchiffrés. Il a été trouvé en 2006 à Dunhuang, dans la province du Gansu, et a été daté en fonction d'autres documents écrits trouvés au même endroit de la fouille. [60]

D'après une tradition chinoise, on pensait que le papier était apparu au IIIe siècle av. J.-C. en Chine, sous le règne de Qin Shi Huang (fondateur de la dynastie Qin). Une histoire racontait que des personnes auraient alors repéré les dépôts blancs d'écume sur les rochers à la suite des crues et auraient tenté de le reproduire.

D'après une autre tradition chinoise, ce serait Cai Lun[61],[62], ministre de l'agriculture qui, en 105, aurait codifié pour la première fois l'art de fabriquer du papier et en aurait amélioré la technique afin de le produire en masse.

Poudre à canon [modifier]

La poudre à canon est généralement reconnue comme ayant été inventée en Chine vers le IXe siècle, durant la Dynastie Tang (618-907). La découverte semble avoir pour origine des recherches faites dans les milieux taoïstes de l'époque des Táng, mais fut bientôt suivie par une application militaire dans les années 904-906. Il s'agissait alors de projectiles incendiaires nommés "feux volants" (fēihuǒ 飛火).

La première mention de la formule de la poudre à canon (charbon, salpêtre et soufre) apparaît dans le Wǔjīng zǒngyào 武經總要 de 1044, près de 250 ans avant qu'un texte européen y fasse allusion, en 1285.

La poudre à canon fut une invention majeure car elle permit ensuite l'invention de la fusée, du lance-flammes, des feux d'artifice, des mines terrestres et marines, des premières armes à feu, du canon ou encore du mortier.

Médecine et acupuncture [modifier]

Article détaillé : Médecine chinoise.

La médecine traditionnelle chinoise constitue un des aspects les plus fascinants de la civilisation chinoise. Les approches différentes sur le traitement des pathologies (diagnostic à partir du pouls, de la complexion du visage) comprennent notamment une participation active du patient, qui est appelé à changer son alimentation si besoin.

Cinq éléments de médecine chinoise (五行生剋)

Les décoctions de médecine traditionnelle, prescrites à la fin d'une consultation, sont destinées à « rééquilibrer les principes vitaux », contrebalancer les mouvements de chaud et de froid, à l'instar des médecines présocratiques en Occident.

Un autre mode d'intervention du médecin chinois est l'acupuncture : suivant les méridiens ou lignes de flux vital parcourant le corps, des aiguilles sont plantées à travers la peau pour rétablir une circulation optimale du souffle vital ou qi. En Chine, elle est souvent combinée avec l'utilisation des médicaments traditionnels.

Les Chinois se soignent également des douleurs musculaires à l'aide de la Gua Sha, technique qui consiste à « sortir » les toxines en raclant la peau, notamment sur le dos.

On peut considérer la médecine chinoise traditionnelle comme essentiellement indirecte dans ses moyens et préventive dans ses fins. Les Chinois tendent à être constamment attentifs à leur état, à l'affut de signes de déséquilibre qu'ils chercheront à corriger par l'alimentation ou l'usage de remèdes traditionnels ou « alternatifs ». Cela explique l'énorme demande en produits naturels ou diététiques, visible particulièrement dans le domaine des produits censés améliorer les performances sexuelles, qui ne constituent en fait que la partie visible de l'iceberg. Des lotions, onguents, potions et remèdes divers sont souvent ramenés comme souvenirs de voyage par les Chinois.

Administration de l'État [modifier]

Article détaillé : Mandarin (fonctionnaire).
Article connexe : Examens impériaux.

Sous l'influence de la pensée confucéenne, la Chine a très tôt cherché à se doter de la meilleure administration possible, choisie sur la base de critères de compétence. C'est le système des mandarins, sélectionnés au travers des examens impériaux.

« Mandarin » est le terme occidental utilisé pour désigner un haut fonctionnaire lettré et éduqué dans la tradition de Confucius, mis au service de l’Empereur de Chine, à l’issue d’une sélection rigoureuse et très limitative des meilleurs candidats.

Pendant 1300 ans, entre les années 605 et 1905, la haute administration impériale, tant centrale que provinciale, mais également l’administration du Viêt Nam sous occupation chinoise, est tenue par une caste recrutée sur la base de concours extrêmement difficiles : les examens impériaux. Les mandarins et le modèle qu’ils ont fait naître, le mandarinat, apparaissent comme le parangon de tous les systèmes de bureaucraties d'État, à la tête desquels sont des hauts fonctionnaires de carrière, recrutés au mérite intellectuel et littéraire, formés techniquement à l’administration et constitués en élites étatiques reproduites et fermées. Le régime actuel a remplacé le mandarinat par les cadres du parti communiste chinois. Si le nom diffère, le contenu y garde une certaine continuité. La grande peur de la Chine est de revivre l'éclatement de son pays. Pour ce faire, la censure de l'Etat totalitaire sur tous les médias et internet sur le pays permet de modifier la réalité historique à sa convenance, faisant douter voire ignorer aux nouvelles générations par exemple l'existence des massacres survenus en 1989. Les contestataires sont arrêtés, envoyés en prison ou en camps de travail forcé. Ainsi l'identité collective du pays est préservée, dans la plus parfaite harmonie, et son nationalisme, exacerbé.

Porcelaine [modifier]

Article détaillé : céramique chinoise.
Porcelaine qingbai de la dynastie des Song, (Musée Guimet)

Les Chinois sont le premier peuple au monde (et pendant plus d'un millénaire, les seuls[N 12]) à avoir maîtrisé les techniques de la fabrication de la porcelaine dès la dynastie des Han de l'Est (Ier ou IIe siècle).

À partir de cette date, la technique de la porcelaine ne va pas cesser de se développer et de se perfectionner en Chine, tout au long des dynasties Tang (porcelaine Xing), puis sous les Song avec la porcelaine Qingbai, les Yuan avec la porcelaine « bleu et blanc », puis enfin sous la dynastie des Qing, avec la multiplication des types de porcelaines les plus raffinées, atteignant d'ailleurs alors le sommet des exportations vers l'Europe, avec les porcelaines Qing des « bleu et blanc » Kangxi, de la « famille rose », ou de la « famille verte ».

Ce n'est qu'à partir du début du XVIIIe siècle que l'Europe en maîtrisera à son tour la technique, en partie d'ailleurs grâce aux révélations faites par le père d'Entrecolles en 1712 sur les techniques mises en œuvre dans la capitale chinoise de la porcelaine, Jingdezhen.

Soie [modifier]

Articles détaillés : Soie et Histoire de la soie.

Pâtes alimentaires [modifier]

Article détaillé : Pâtes alimentaires.

La cuisine chinoise utilise un grand nombre de variétés de nouilles (traditionnel 麵, simplifié 面, pinyin miàn). Mian sont les nouilles de blé alors que 粉 ou fen sont celles de riz. Il existe en Chine des restaurants de quartier spécialisés dans les pâtes fraîches, faites à la main sans aucun outil de découpe. Ces pâtes sont appelées lā miàn ce qui signifie « pâtes étirées ». Les restaurants de lā miàn sont tenus par des Hui, des Chinois musulmans, originaires de l'Ouest de la Chine. Ils ne vendent pas de plats à base de porc, mais ils vendent souvent de l'alcool. La fabrication des pâtes se fait à partir d'un pâton de farine de blé très souple, étiré et replié environ sept fois jusqu'à obtention d'une unique pâte fraîche, longue et fine, qui sera ensuite jetée dans un bouillon aromatisé pour être dégusté ensuite dans un bol accompagné de différents ingrédients comme de la viande séchée, des cacahuètes et des épices.

La nomenclature des nouilles chinoises est difficile à établir en raison de leur grand nombre et des différents dialectes du chinois. Chaque type de nouilles peut être écrit en pinyin et en mandarin, mais à Hong Kong et dans le Guangdong il sera connu par sa prononciation cantonaise, alors que à Taïwan, en Malaisie, à Singapour et outremer on utilise le hokkien à la place.

Les pâtes alimentaires sont apparues en Chine bien avant d'être introduites en Italie, où elles auraient été rapportées par Marco Polo, lorsqu'il revient de son voyage de 17 ans en Chine, en 1291. En tant que Vénitien, c'est à Venise qu'il fit d'abord connaître les pâtes, avant que la recette ne s'en propage au reste de l'Italie.

Innovations diverses [modifier]

Bonsaï

Les Chinois ont créé les paysages en pot, dit en mandarin penjing (盆景), qui devient plus tard le pensai (盆栽 pénzāi). Ces caractères sont prononcés en japonais bonsaï.

Cerf-volant

Le cerf-volant était la première invention à exploiter le vent et l'espace aérien.

Allumette

L'allumette a dû nécessiter pour sa fabrication des connaissances en chimie, en mécanique, en bois, etc.

Influence exercée par la civilisation chinoise [modifier]

L'influence de la civilisation chinoise sur ses voisins a été immense :

Sur le Japon 

Lorsque le Japon a découvert la Chine, celle-ci vivait l'une de ses périodes les plus brillantes, avec la dynastie Tang, où l'éclat artistique allait de pair avec l'innovation technologique, l'expansion territoriale et l'ouverture sur le monde, au travers de la route de la soie. Le Japon s'est alors mis à l'étude de la Chine, pendant deux cents ans, en apprenant l'écriture (malgré son inadaptation à la langue japonaise), la peinture, la musique, la porcelaine, le calendrier lunaire, etc. [réf. souhaitée]

Sur la Corée 

Sur le plan philosophique et religieux, la Corée a reçu de la Chine l'influence du taoïsme et du confucianisme. C'est aussi au travers de la Chine que le bouddhisme est arrivé en Corée. La Corée a appris de la Chine l'art de la porcelaine et du céladon, le yin et le yang, la géomancie. La peinture coréenne a été influencée par l'art bouddhiste venu de Chine.

Sur le Vietnam 

Le Vietnam a appris en particulier de la Chine sa culture religieuse et confucianiste. Le nord du Vietnam, en particulier, envahi par la Chine de 111 av. J.-C. jusqu'aux alentours de 1200 après J.-C., a adopté l'ensemble de la culture chinoise, tout en parvenant à préserver une certaine identité. Dans le sud du Vietnam en revanche, si l'influence de la Chine s'est fait sentir, il existait également une influence de la culture indienne qui s'exerçait sur les Khmers au Cambodge.

Sur le Tibet

Le Tibet, comme le Vietnam et pour des raisons analogues, a subi une influence de la Chine, mais surtout de l'Inde (écriture alphabétique proche du devanagari, religion bouddhiste...).

Notes [modifier]

  1. Il s'agit dans les deux cas de populations étrangères à la Chine, à l'époque de ces deux invasions
  2. Selon le Shǐjì, écrit par l'historien Sīmǎ Qiān (qui vécut de 145 av. J.-C. à 86 av. J.-C.)
  3. Le 13 juin 2008, l'agence néerlandaise d'évaluation environnementale relevait que la Chine était passée devant les USA en tant que plus gros contributeur de CO2.
  4. Article 4 de la Constitution : « [...] Les personnes de toutes les nationalités sont libres d'utiliser et de développer leur propre langue parlée et écrite ainsi que de préserver ou réformer leurs propres us et coutumes. », Ibid.
  5. Article 23 de la loi sur l'autonomie des régions ethniques : « Lors du recrutement des cadres ou des ouvriers dans les entreprises ou dans les établissements d'une région autonome, les personnes des minorités nationales sont choisies en priorité. Le personnel peut même être recruté parmi les minorités nationales de la campagne ou des régions de pâturages, mais l'autorisation du gouvernement populaire de la province ou de la région est nécessaire », Ibid.
  6. « Depuis le début des années 80, le gouvernement central chinois a approuvé l'application du planning familial dans les régions des minorités nationales pour élever leur niveau économique et culturel excepté au Tibet et dans les régions des minorités nationales peu peuplées. Les règlements sont déterminés par le gouvernement du département autonome ou par la province et la région autonome intéressées selon les conditions locales. » Unir le guide de l'Etat avec le désir de la masse [archive], China Internet Information Center
  7. Note : On l'appelle Muslim rebellion en anglais
  8. « Le sentiment d’être dominées par la Chine au profit des chinois han et à leurs dépens a rapidement généré chez les populations locales un profond mal-être. » Opposition politique, nationalisme et islam chez les Ouïghours du Xinjiang [archive], Rémi Castets, Les Études du CERI, N° 110 - octobre 2004, p. 4.
  9. « De nombreuses politiques alimentent en effet le mécontentement des minorités nationales. La Loi sur le contrôle des naissances et les avortements imposés sont par exemple mal tolérés par les populations musulmanes de la région. [...] Les interdits et la répression autour des activités religieuses et culturelles potentiellement subversives sont devenus particulièrement étouffants. Cependant, c’est sans doute la politique massive de colonisation han qui aux yeux des populations autochtones a eu les conséquences les plus désastreuses et les plus difficiles à accepter. » Rémi Castets, Les Études du CERI, N° 110 - octobre 2004, p. 19
  10. « Nous nous devons d’exposer son caractère réactionnaire et son hypocrisie religieuse. Nous devons reconnaître le dalaï-lama pour ce qu’il est : le chef d’un groupe de séparatistes politiques qui conspirent pour l’indépendance du Tibet, l’outil fidèle des forces anti-chinoises dans le monde, la dernière source de désordre social au Tibet, et le premier obstacle dans la création d’un ordre normal dans le bouddhisme tibétain », 10e Plan quinquennal de la RAT, chapitre 19, rapporté par Susette Cooke, Perspectives chinoises, n°79, 2003, note 60, La culture tibétaine menacée par la croissance économique [archive], mis en ligne le 2 août 2006. Consulté le 11 novembre 2007
  11. « Après la libération pacifique du Xinjiang, les forces en faveur du « Turkestan oriental » n’ont pas accepté leur défaite. Une minorité de séparatistes du Xinjiang réfugiés à l’étranger agissaient de connivence avec les séparatistes en territoire chinois, tentant de mener des activités de séparation et de sabotage grâce au soutien des forces internationales antichinoises. Depuis les années 1990 en particulier, certaines forces en faveur du « Turkestan oriental » en Chine et à l’étranger, influencées par l’extrémisme religieux, le séparatisme et le terrorisme international, ont commencé à mener des activités de séparation et de sabotage par le terrorisme et la violence. Certaines organisations en faveur du « Turkestan oriental » ont déclaré ouvertement vouloir obtenir la séparation par les moyens terroristes et violents. Au Xinjiang en Chine et dans certains pays concernés, les forces en faveur du « Turkestan oriental » ont comploté et organisé une série d’incidents sanglants terroristes et violents par l’explosion, l’assassinat, l’incendie, l’empoisonnement et l’attaque, portant gravement atteinte à la vie et à la fortune des grandes masses de toutes les ethnies chinoises, à la stabilité sociale de la Chine et à la sécurité et à la stabilité des pays et régions concernés. Après l’attentat du 11 Septembre, la voix internationale de la lutte et de la coopération antiterroristes devient de plus en plus forte. Afin de sortir d’une situation embarrassante, les forces en faveur du « Turkestan oriental » ont commencé à brandir la bannière de sauvegarder « les droits de l’Homme », « la liberté religieuse » et « les droits des ethnies minoritaires ». Elles ont forgé un mensonge selon lequel « le gouvernement chinois a profité de l’occasion pour réprimer les ethnies minoritaires » afin d’induire l’opinion publique en erreur, de tromper l’opinion publique mondiale et d’éviter les coups antiterroristes internationaux. », L’histoire et le développement du Xinjiang [archive] IV. L’origine de la question du « Turkestan oriental », Office d’information du Conseil des Affaires d’État de la République populaire de Chine, Pékin, mars 2003. Consulté le 11 novembre 2007
  12. Les Chinois sont les seuls à maîtriser la fabrication de la porcelaine, si l'on excepte leurs élèves directs, en particulier les potiers coréens

Références [modifier]

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  2. Population de la RC estimée en 2000 [archive]
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  5. Temple 2007, p. 123-130.
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  8. Temple 2007, p. 250-254.
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  11. Voir page 246 in Archaeologica: the world's most significant sites and cultural treasures, Aedeen Cremin, Global Book Publishing, 2007
  12. Voir page 22 in The Cambridge illustrated history of China, Patricia Buckley Ebrey, Cambridge University Press, 1996
  13. Économie socialiste de marché [archive]
  14. La nouvelle histoire du Tibet de Gilles Van Grasdorff Édition Perrin 2006 Pages 78 et suivantes
  15. (en)Professor M.D. Nalapat. Ensuring China's "Peaceful Rise". Accessed January 30, 2008. [archive]
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  17. (en)Dr Rosita Dellios. The Rise of China as a Global Power. Accessed January 30, 2008. [archive]
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  21. Paolo Farah, « L’accession de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce : les règles internationales et les barrières culturelles internes » dans Lettre de l’Antenne franco-chinoise, janvier 2006, pp. 1–12, [lire en ligne [archive]]; Paolo Farah, « Five Years of China’s WTO Membership. EU and US Perspectives about China’s Compliance with Transparency Commitments and the Transitional Review Mechanism» dans Legal Issues of Economic Integration, Kluwer Law International, Volume 33, Number 3, pp. 263-304, août 2006, [lire en ligne [archive]]
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  24. Le Monde, 23.05.2006
  25. Kyoto protocol - Status of ratification [archive] sur unfccc.int, 26 septembre 2006. Consulté le 17 février 2008
  26. Le Monde.fr : La Chine en passe de devenir le premier émetteur de gaz à effet de serre [archive]
  27. Alain Faujas, « Les ordures, source de pollution et de matière secondaire », dans Courrier international du 14-06-2009, [lire en ligne [archive]], mis en ligne le 13-06-2009
  28. a et b China Reportedly Urged Omitting Pollution-Death Estimates [archive] sur le site du New York Times (consulté le 9 septembre 2009)
  29. Fernando Mezzetti, « Da Mao a Deng, la trasformazione della Cina », Édition Corbaccio, Milan, 1995, 480 p., p.  112 (ISBN|8879721380)(Fernando Mezzetti était correspondant de presse à Pékin pour Il Giornale de 1980 à 1983. Cette analyse écrite en 1985 et publiée dans Il Giornale du 12 octobre 1985 est reprise textuellement dans l'ouvrage cité
  30. Constitution of the People's Republic of China [archive] (Full text after amendment on March 14, 2004), site du gouvernement chinois : « Article 4. All nationalities in the People's Republic of China are equal. The State protects the lawful rights and interests of the minority nationalities and upholds and develops a relationship of equality, unity and mutual assistance among all of China's nationalities. Discrimination against and oppression of any nationality are prohibited; any act which undermines the unity of the nationalities or instigates division is prohibited. [...] »
  31. Ethnic minorities in China [archive]
  32. La politique chinoise à l'égard des minorités nationales [archive], Chine-informations.com
  33. Rapport de la sous-commission établi en application de la résolution 8 (XXIII) de la Commission des Droits de l'Homme [archive], 24 juin 1999
  34. « Quelle solution politique pour le Tibet ? », rapport du groupe interparlementaire français d'amitié n° 77 (2007-2008) - 17 octobre 2007 : L'envers du décor [archive]
  35. Mike Davis : Late Victorian Holocausts. 1. Verso, 2000. ISBN 1-85984-739-0 pg 113
  36. One Nation Divided [archive]
  37. Uyghur Separatist Denies Links to Taliban, Al-Qaeda [archive]
  38. Education [archive] (2002). Orasia co.,ltd.
  39. China pledges free 9-year education in rural west [archive], China Economic Net, 21 février 2006
  40. """"" "Chinese People" [archive] (2005). TravelBlog.
  41. Where And Who Are The World’s Illiterates: China [archive]
  42. Premier Wen announces hefty educational investment [archive] (2007)
  43. 2005 Chinese University Ranking unveiled [archive], China Daily, 21 février 2005
  44. All-around Ranking [archive] (2003)
  45. China's graft: Tough talk, old message [archive], Mary Hennock, BBC News, 27 septembre 2004
  46. BBC News. (October 12, 2005). Oldest noodles unearthed in China [archive]. News.bbc.co.uk. Retrieved on 2008-08-02.
  47. Les Quatre Grandes Inventions | Voyage en Chine [archive]
  48. a et b Jean-Pierre Drège, « Les débuts du papier en Chine », dans Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 131, no 4, 1987 [texte intégral [archive]]
  49. Pierre Germa, « Depuis quand ? », dictionnaire des inventions, Berger-Levrault, Paris, 1979, p.  263
  50. a et b Li Shu-hua, page 180
  51. Li Shu-hua, Origine de la Boussole 11. Aimant et Boussole, 1954, page 175
  52. Pierre Germa, p. 63
  53. Li Shu-hua, Origine de la Boussole 11. Aimant et Boussole, 1954, p. 176
  54. a et b Needham, p. 252
  55. Temple, p. 156.
  56. Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme - Les structures du quotidien, 1979, page 349
  57. « (770 AD) The earliest instance of text printing paper, the million printed dharani of the Empress Shotoku. The paper was made from hemp and the blocks used in the printing may have been of wood, metal, stone, or porcelain. A number of the dharani are still extant, but no printing block used in this work have been found. While the work was actually executed in Japan, it was accomplished under Chinese in fluence and therefore this earliest of all text printing upon paper should be regarded as almost purely of Chinese origin. » Voir page 469 in Papermaking: the history and technique of an ancient craft, Dard Hunter, Dover Publication Inc., 1970
  58. Voir « Japanese book production (History) » [archive] pages 262-263 in Encyclopedia of library and information science, Volume 13, sous la direction de Allen Kent, Harold Lancour et Jay E. Daily, Marcel Dekker Inc., 1975
  59. Pierre Germa, p. 199-200
  60. Découverte du plus ancien papier écrit du monde [archive]
  61. Pierre Germa écrit le nom T'Sai Lun fonctionnaire impérial, il confirme la date de l'an 105 de notre ère. Mais il ajoute «  Des fragments de papier retrouvés en 1957 à Pa-ch'iao (sic) (en Chine du nord, province du Chan-si (sic) dans une tombe remontrant au IIe siècle avant J.C, ont permis d'établir que la fabrication du papier était déjà au point avant T'Sai Lun (sic)p. 263 »
  62. Cai Lun ou T'Sai Louen, ministre de l'agriculture, et la date de l'an 105 sont confirmés par le Larousse encyclopédique, vol. 8, p. 7792

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Li Shu-hua, Origine de la Boussole 11. Aimant et Boussole, 1954, Isis, 45 (2: July), p. 175–196
  • Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme - Les structures du quotidien, Librairie Armand Colin, Paris, 1979
  • Fernando Mezzetti, « Da Mao a Deng, la trasformazione della Cina », Édition Corbaccio, Milan, 1995, 480 p, (ISBN 8879721380)
  • Robert Temple, Le génie de la Chine: 3 000 ans de découvertes et d'inventions, 2007 (ISBN 9782877309479)
  • Anabelle Masclet, « Comprendre la Chine », 2005, Guides de voyage Ulysse, (ISBN 978-2-89464-739-4)

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

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Angleterre

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Angleterre
England (en)
Drapeau de 
l'Angleterre Armoiries de 
l'Angleterre
Drapeau Armoiries
Localisation de l'Angleterre en Europe
Administration
Statut politique Nation constituante du Royaume-Uni
Capitale Londres
51°30′N 00°10′W / 51.5, -0.167
Gouvernement
- Reine
- Premier ministre du Royaume-Uni
- Pouvoir législatif
Monarchie constitutionnelle
Élisabeth II
Gordon Brown
Parlement du Royaume-Uni
Géographie
Superficie 130395 km2
Démographie
Population  (2006) 50 753 000 hab.
Densité 389,2 hab./km2
Langue(s) Anglais[1]
Économie
Monnaie Livre sterling (£, GBP)
Autres
Fuseau horaire UTC +0[2]
Domaine internet .uk
Indicatif téléphonique 44
Hymne Aucun hymne officiel, God Save the Queen traditionnellement utilisé
Devise Dieu et mon droit (devise en français)

L’Angleterre (en anglais England) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec 50 763 000 habitants (en 2006), qui représentent 83,8% de la population du Royaume-Uni[3], et la plus grande avec une superficie de 131 760 km2, soit environ les deux-tiers de l'île de Grande-Bretagne. L'Angleterre a une frontière commune avec l'Écosse au nord et le Pays de Galles à l'ouest. Elle est bordée par la mer du Nord, la mer d'Irlande, la mer Celtique, le canal de Bristol et la Manche. La langue officielle est l'anglais et la monnaie est la livre sterling (£). Le système politique repose sur une monarchie parlementaire. La monarchie anglaise est l'une des plus vieilles au monde.

L'Angleterre est devenue un état unifié au cours du Xe siècle et tire son nom des Angles, l'une des tribus germaniques qui s'installèrent sur son territoire aux Ve et VIe siècles. La capitale de l'Angleterre est Londres, première aire urbaine de Grande-Bretagne et, selon les critères retenus, de l'Union européenne.[4] L'Angleterre est au nombre des pays ayant une forte influence culturelle dans le monde. C'est là que s'est développé la langue anglaise ; Londres fut le centre de l'Empire Britannique, et le pays vit les débuts de la Révolution industrielle. L'Angleterre fut la première démocratie parlementaire au monde[5].

Le Royaume d'Angleterre constitua une entité distincte jusqu'au 1er mai 1707, date à laquelle l'Acte d'Union l'unit au Royaume d'Écosse pour créer le Royaume de Grande-Bretagne[6], la principauté de Galles appartenant déjà à l'état anglais.

Sommaire

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Histoire [modifier]

Article détaillé : Histoire de l'Angleterre.

La province romaine de Bretagne [modifier]

Article détaillé : Bretagne (province romaine).

La Britannia désignait la province romaine qui couvrait l’Angleterre, le pays de Galles et le sud de l’Écosse du Ier siècle au début du Ve siècle. Séduit pendant la Guerre des Gaules de Jules César, entre -56 et -52, la Bretagne romaine ne fut pas entièrement soumise par les Romains, ni colonisée comme la Gaule continentale. Le nom « Angleterre », qui remplaça le nom latin de « Bretagne », tire son origine de l'apparition de populations germaniques, les Anglo-Saxons, entre les Ve et VIIe siècles dans l'île de Bretagne, après le retrait de l'armée et de l'administration de l'Empire romain[réf. nécessaire].

Les anglo-saxons [modifier]

À partir du milieu du Ve siècle, les envahisseurs germaniques Anglo-Saxons repoussèrent progressivement les Bretons du sud et de l'est vers l'ouest de l'île de Bretagne tandis que les Irlandais effectuaient des raids sur la côte ouest de la Bretagne[réf. nécessaire]. Les Irlandais finirent par fonder de véritables principautés sur les côtes galloises et écossaises[réf. nécessaire]. Si les premières furent finalement écrasées, les secondes donnèrent naissance à l'Écosse par la fusion du Dal Riada avec les royaumes britanniques du Nord[réf. nécessaire]. Durant cette période sur laquelle les sources fiables font défaut (ce sont les « âges sombres » ou Dark Ages de l'historiographie anglaise), des populations bretonnes peu romanisées établirent de nombreux royaumes bretons dans l'île de Bretagne, notamment dans le pays de Galles et d'autres migrèrent en Irlande[réf. nécessaire]. De même, là se trouve probablement la cause première d'une émigration en masse de Bretons vers la péninsule armoricaine (voir article : Émigration bretonne en Armorique), celle-ci prenant alors le nom de Bretagne.

Cependant, malgré ces défaites, une partie du peuple breton, invaincu par les Anglais, réussit à se maintenir tout au long des siècles, jusqu'à nos jours, en Grande-Bretagne, dans la Principauté du Pays de Galles et en Cornouailles.

Naissance de l'Angleterre [modifier]

Article détaillé : Royaume d'Angleterre.

L'Angleterre—anglais England—c'est la « terre des Angles ». Initialement morcelée entre les sept royaumes de l'Heptarchie : Est-Anglie, Essex, Kent, Mercie, Northumbrie, Sussex, Wessex, etc. Dont la réunification fut le fait d'Édouard l'Ancien, roi de Wessex, assisté de sa sœur Æthelflæd, reine de Mercie dans les années 902-920 : l'Est-Anglie est conquise en 917, le royaume d'York en 918 mais à nouveau perdu en 919, la Northumbrie en 918. Et en 919 la Mercie est annexée au Wessex.

En 1066, les Normands de Guillaume le Conquérant s'emparent de l'Angleterre (voir l'article : Conquête normande de l'Angleterre), chassant Harold II, dernier des rois anglo-saxons. Ceux que l'on appela « souverains anglo-normands » ouvriront le pays aux influences continentales.

Après la mort accidentelle du dernier représentant de la dynastie anglo-normande en 1135, la guerre civile éclate entre les différents prétendants et se répand sur l'ensemble des territoires d'outre-Manche. Geoffroy Plantagenêt finit par triompher et ses successeurs bâtiront un véritable empire qui s'étendra non seulement sur l'Angleterre, mais aussi sur une majeure partie du royaume de France, présence qui ne prendra fin qu'à l'issue de la guerre de Cent Ans en 1453.

Au XVIe siècle, la réforme protestante gagne l'Angleterre. Le conflit que le roi Henri VIII entretient avec le pape, pousse finalement le souverain à franchir le pas : le processus de la réforme anglaise est lancé, et qui donnera bientôt naissance à l'anglicanisme.

Après la mort de Élisabeth Ire, fille d'Henri VIII, en 1603, les Stuart qui règnent alors sur l'Écosse accèdent au trône d'Angleterre. Partisans d'un absolutisme, leurs visées inquiètent certains anglais qui craignent pour leurs droits. De plus, le catholicisme des Stuart fait craindre une remise en cause des réformes religieuses de la part des puritains. Une première révolution éclate et aboutit à l'exécution de Charles Ier en 1649. Un régime républicain est alors instauré sous le nom de Commonwealth de l'Angleterre, dirigé par un Lord Protecteur en la personne de Oliver Cromwell, suivit de son fils Richard.

La Restauration des Stuart en 1660 ne durera à peine que trente ans, puisque la Glorieuse Révolution de 1688 portera le prince néerlandais Guillaume III d'Orange au pouvoir et confirmera la monarchie protestante en Angleterre.

En 1707, les royaumes d'Angleterre et d'Écosse, bien que dirigés par les mêmes souverains issus de la dynastie Stuart, ne forment plus qu'un seul Royaume-Uni de Grande-Bretagne, à la suite de la signature de l'acte de l'Acte d'Union, dont la reine Anne Stuart en devient la première souveraine.

Démographie [modifier]

On compte en Angleterre autour de 50 763 000 habitants, soit 83.8% de la population du Royaume-Uni. La densité est de 389.2 habitants au km².

Villes principales [modifier]

Londres, située au sud-est de l'Angleterre, 7 512 400 habitants. L'aire urbaine compte 14 029 887 habitants.

Birmingham, centre de l'Angleterre, 1 006 500 habitants (aire urbaine: 3 839 781 habitants). Liverpool, nord-ouest de l'Angleterre, 439 473 habitants. Manchester, nord-ouest de l'Angleterre, 422 300 habitants. (Aire urbaine Manchester-Liverpool: 5 327 077 habitants) Leeds, nord de l'Angleterre, 429 242 habitants. Sheffield, nord de l'Angleterre, 525 800 habitants. Bristol, sud-ouest de l'Angleterre, 391 525 habitants. Portsmouth(Angleterre),sud-ouest de l'Angleterre Newcastle nord de l'Angleterre

Origine ethnique de la population anglaise [modifier]

La nation anglaise moderne s'est constituée à partir d'éléments celtes, anglo-saxons, normands et scandinaves. Plus récemment les différentes colonies de la Grande-Bretagne ont également eu une influence sur la population de l'Angleterre[réf. nécessaire].

Les recherches génétiques suggèrent que 75 à 95% de la population anglaise descend en ligne paternelle de populations préhistoriques venues de la péninsule Ibérique[7][8][9]. Elle inclut également un élément scandinave important, ainsi qu'une contribution de 5% des Angles et des Saxons[10], bien que certains généticiens estiment l'élément scandinave et germanique à 50%[11]. Au cours du temps d'autres cultures ont exercé leur influence : Bretons insulaires, Romains, Anglo-Saxons, Vikings, Gaëls, sans oublier la profonde influence des Normands.

Les Saxons [modifier]

Selon une thèse couramment acceptée[12],[13],[14],[15] les Angles, les Saxons, les Jutes et les Frisons, peuples germaniques venus d'une région qui correspond aujourd'hui grosso modo aux Pays-Bas, au nord de l'Allemagne et au Danemark, envahirent et colonisèrent l'Angleterre aux Ve et VIe siècles, profitant du vide laissé par le retrait de la puissance romaine et repoussant la population indigène vers les confins montagneux de l'ouest.

Un premier scénario, majoritaire jusqu'à la fin des années 1980[16], envisage un remplacement complet de la population d'origine par une invasion massive de peuples germaniques.

Un autre scénario, apparu dans les années 1980 et aujourd'hui plus largement accepté [17] suggère un « remplacement des élites », les Anglo-Saxons ayant établi leur domination politique et culturelle sur les populations indigènes, sans les remplacer.

Les Scandinaves [modifier]

Le nord de l'Angleterre, région autour de York ou anciennement Jorvik, connue sous le nom de Danelaw, a été influencé par la culture scandinave.

Les Normands [modifier]

don ta falzar

Géographie [modifier]

Article détaillé : Géographie de l'Angleterre.

La loi dite Wales and Berwick Act de 1746 avait établi que l'« Angleterre » comprendrait le pays de Galles. Mais cette loi fut réitérée en 1967 par la loi dite Welsh Language Act et, depuis cette date, l'« Angleterre » légale ne comprend plus le pays de Galles. L'Angleterre légale fut établie définitivement en 1974 en conséquence de l'effet de la loi dite Local Government Act de 1972 qui rattacha la ville de Berwick à l'Angleterre et le comté de Monmouthshire au pays de Galles.

  • 2007. Sanjeev Gupta de l'Imperial College de Londres a conforté la théorie des années 1980 prédisant une séparation de l'île britannique à la suite d'inondations.

Par des cartes des profondeurs de la Manche dressées par des sonars ultraperfectionnés, une gigantesque vallée au fond de la mer a pu être reconstituée en 3D, présentant les caractéristiques de l'érosion due à l'écoulement du fluide. Le cataclysme se serait produit il y a 400 000 ans à la suite de la rupture d'un barrage naturel existant entre Douvres et Calais. Le lac glaciaire en amont se serait écoulé à un débit supérieur à 1 million de mètres cubes par seconde dans cette vallée séparant l'île du continent. Une seconde inondation se serait reproduite il y a 160 000 ans. Cette découverte explique l'isolement soudain des hommes occupant l'Angleterre et leur différenciation génotypique.

Symboles [modifier]

  • Le drapeau anglais est la croix rouge de saint Georges (patron de l'Angleterre) sur fond blanc.
  • Les armoiries d'Angleterre sont « de gueules à trois léopards d'or », c'est-à-dire rouge avec trois lions jaunes regardant le spectateur. L'origine de ce blason des rois d'Angleterre reste sans explication définitive : selon une théorie contestée, il s'agit de l'union de l'héraldique du duché de Normandie (« de gueules à deux léopards d'or ») et de l'Aquitaine (« de gueules à un léopard d'or »).

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

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Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Angleterre.

Notes [modifier]

  1. Aucune langue officielle de jure, mais l'anglais l'est de facto. Le cornique a été officiellement reconnue comme langue régionale selon la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires
  2. UTC+1 à l'heure d'été
  3. National Statistics : Population Estimates [archive] (consulté le 3 janvier 2008)
  4. Selon la définition officielle de Eurostat Londres précède Paris.
  5. BBC NEWS | Country profile : United Kingdom [archive]. Site visité le 6 juin 2006.
  6. Oxford Dictionary of National Biography : England, Scotland, and the Acts of Union (1707) [archive] (site consulté le 19 juin 2006)
  7. eitb24.com : British and Irish, descendant of the Basques ? [archive] (site consulté le 10–12–2009)
  8. Daily Telegraph : What does being British mean ? Ask the Spanish [archive] (site consulté le 10–12–2009)
  9. Oppenheimer, Stephen (2006). Origins of the British. Carroll & Graf. ISBN 0-7867-1890-0, p. 378
  10. Erreur de citation : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Stephen.
  11. [The New York Times : A United Kingdom ? Maybe http://www.nytimes.com/2007/03/06/science/06brits.html?_r=2&pagewanted=all [archive]]. Site consulté le 2009–08–08.
  12. Voir par exemple l'Encyclopedia Britannica [archive] (site consulté le 10 décembre 2009)
  13. Nouvelle Encyclopédie Bordas, Vol. 4 p. 2262, Paris 1989
  14. The Cambridge Encyclopedia of the English language, David Crystal, p. 6
  15. Encyclopedia Universalis, Paris 1995, vol. 2 pp. 382-383, 415-417
  16. Voir : Proceedings of the Royal Society, [Evidence for an apartheid-like social structure in early Anglo-Saxon England http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1635457/ [archive]], Mark G Thomas, Michael P. H Stumpf, Heinrich Härke
  17. Erreur de citation : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Royal_society.

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États-Unis

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United States of America (en)
États-Unis d'Amérique (fr)
Drapeau des 
États-Unis Grand sceau des États-Unis d'Amérique
(Détails) (Détails)
Devise nationale :
1776 - présent : « E pluribus unum » (latin)
(« De plusieurs, un »)
1956 - présent : « In God We Trust »
(« En Dieu nous croyons »[1])
carte
Langue officielle État fédéral : Anglais américain de facto
Anglais langue officielle unique dans 30 États sur 50 ; 18 % de la population parle une autre langue à la maison, l'espagnol (10,71 %) étant la plus courante, suivent le chinois (0,78 %), le français (0,62 %) et le tagalog (0,45 %).
Capitale Washington, D.C.
38° 53' N, 77° 02' O
Plus grande ville New York
Forme de l’État République fédérale
 - Président
 - Vice-président
Barack Obama
Joe Biden
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 4e
9 629 048 km2
2,20 %
Population
 - Totale (2009)
 - Densité
Classé 3e
305 683 227 hab.
31,15 hab./km2
Indépendance
 - Déclarée
 - Reconnue
De la Grande-Bretagne
4 juillet 1776
3 septembre 1783

 

Gentilé Américain(e)
PIB (PPA) (2008) $14 264 milliards[2] (1er)
PIB (nominal) (2008) $14 264 milliards[3] (1er)
IDH (2008) Augmentation 0,951 (élevé) (12e)
Monnaie Dollar américain (USD)
Fuseau horaire UTC -5 à -10
Hymne national The Star-Spangled Banner
Domaine internet .us
Indicatif
téléphonique
+1

 

Les États-Unis, ou États-Unis d'Amérique en forme longue[4], sont une république constitutionnelle fédérale à régime présidentiel d'Amérique du Nord. Le nom d'« Amérique » est parfois employé dans le langage courant, mais aussi dans des discours officiels, comme une abréviation pour désigner les seuls États-Unis d'Amérique.

Les États-Unis sont une union de 50 États, 48 d'entre eux étant adjacents les uns aux autres et situés entre l'océan Atlantique et l'océan Pacifique, d'est en ouest, puis bordés au nord par le Canada et au sud par le Mexique. Les deux derniers États sont l'Alaska, situé à l'ouest du Canada, et Hawaï, un État insulaire situé au milieu de l'océan Pacifique. De plus, le pays inclut quatorze territoires insulaires disséminés dans la mer des Caraïbes et le Pacifique. La capitale fédérale, Washington, est dans le District de Columbia, un district fédéral hors des 50 États.

Les États-Unis comptent en 2008 plus de 305 millions d'habitants et constituent le troisième pays le plus peuplé du monde derrière la Chine et l'Inde. La superficie des États-Unis est de 9 629 048 kilomètres carrés, ce qui en fait le quatrième pays le plus vaste du monde derrière la Russie, le Canada et la Chine[5]. L'immigration est très abondante et la population compte parmi les plus diversifiées au monde sur les plans ethnique et culturel. L'économie nationale est la plus importante au monde avec le PIB le plus élevé de la planète.

Alors que la Déclaration d'indépendance des États-Unis fut proclamée le 4 juillet 1776 par les treize colonies britanniques en Amérique du Nord, les États-Unis ont obtenu leur indépendance du Royaume-Uni en 1783 suite à la guerre d'indépendance américaine, puis ont adopté la Constitution des États-Unis d'Amérique en 1787 lors de la Convention de Philadelphie. La Déclaration des Droits (Bill of Rights) est quant à elle ratifiée par le premier Congrès des États-Unis en 1791.

Le développement du territoire s'est effectué principalement au XIXe siècle avec la conquête de l'Ouest et les guerres indiennes, mais aussi grâce à des ententes bilatérales effectuées avec d'autres nations européennes et nord-américaines.

En 1865, la guerre de Sécession se termine à l'avantage des États du Nord, protectionnistes et égalitaristes face à ceux du Sud, libre-échangistes et esclavagistes. La Guerre hispano-américaine de 1898 et la Première Guerre mondiale ont par la suite confirmé la puissance militaire du pays. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l'hégémonie des États-Unis est celle d'une superpuissance, notamment lors de la Guerre froide.

Les États-Unis sont membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (APEC), de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), de l'Organisation des États américains (OEA), de l'ANZUS, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), du G8, et membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

Sommaire

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Dénomination [modifier]

Le nom du pays fut suggéré par Thomas Paine et adopté lors de la déclaration d'indépendance, le 4 juillet 1776.

La désignation en forme courte — d'usage dans la vie courante, l'enseignement et la cartographie[6] — de ce pays est « États-Unis » (en anglais United States, abrégé en US) et la forme longue – d'usage dans les documents officiels — est « États-Unis d'Amérique » (en anglais United States of America, abrégé en USA). La forme longue « États-Unis d'Amérique » ne ressemble pas à la grande majorité des formes longues qui commence par « République de », « Royaume de », etc. Elle est en revanche proche de celle du pays voisin, les États-Unis mexicains.

Histoire [modifier]

Article détaillé : Histoire des États-Unis.

Période précolombienne (avant 1492) [modifier]

La présence humaine est attestée en Alaska vers 20 000 ans av. J.-C.[7], vers 16 000 ans av. J.-C. sur la côte atlantique et vers 13 000 ans av. J.-C. sur le site Clovis (Nouveau-Mexique). Les premiers habitants des États-Unis actuels descendent des peuples préhistoriques venus d’Asie qui ont traversé le détroit de Béring au cours de la dernière glaciation il y a 30 000 ou 40 000 ans[8]. Plusieurs civilisations relativement avancées (Anasazis, Mound Builders, civilisation du Mississipi) se sont succédé sur le territoire et ont disparu mystérieusement avant l’arrivée des Européens.

Période coloniale (1492-1775) [modifier]

Carte de l'Amérique du Nord vers 1775

Christophe Colomb découvre le continent américain en 1492 puis explore l’actuelle Porto Rico l'année suivante. Au XVIe siècle, les puissances européennes à la recherche du passage du Nord-Ouest et de richesses, naviguent puis s’installent le long du littoral atlantique. Ici se succèdent des colonies espagnoles, anglaises, françaises, hollandaises et scandinaves plus ou moins permanentes. Les établissements les plus célèbres et les plus anciens sont ceux de St. Augustine (Floride, 1565), Jamestown (1607) et Plymouth (fondée par les Pères pèlerins puritains en 1620). Au sud-ouest, les Espagnols agrandissent la Nouvelle-Espagne en menant des expéditions depuis le Mexique. Au nord-ouest, les Russes s’installent le long de la côte Pacifique. Les Blancs entrent en contact et font du commerce avec les peuples autochtones. Mais les Amérindiens ne résistent pas aux épidémies introduites par les Européens (variole, rougeole), à l’acculturation (alcool, armes à feu), aux massacres et aux guerres coloniales.

Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles se forment progressivement les treize colonies britanniques de la côte orientale, ancêtres des États-Unis d’Amérique (carte). La colonisation est assurée par des compagnies et un système de chartes. Les Français explorent la vallée du Mississippi et fondent la Louisiane. L’Amérique du Nord devient rapidement un enjeu entre les puissances coloniales : l’Angleterre assure peu à peu sa suprématie en remportant les guerres anglo-néerlandaises puis la guerre de la Conquête (1763) contre la France, qui perd ses possessions de l’est du Mississippi (carte). Le peuplement se fait essentiellement par des migrants britanniques et par la traite négrière. Les esclaves noirs sont employés dans les plantations de tabac du sud mais aussi pour le développement des infrastructures. Vers 1775, les treize colonies sont prospères et comptent plus de deux millions d’habitants.

Révolution, indépendance et nouvelles institutions (1775-1800) [modifier]

La déclaration d'indépendance., par John Trumbull, 1817–18

Dans le courant des années 1770, les colons américains s'opposent de plus en plus à leur métropole : Londres leur refuse les terres indiennes situées à l’ouest des montagnes Appalaches. Les taxes et les impôts sont augmentés alors que les sujets américains ne sont pas représentés au Parlement anglais. Le système de l’exclusif lèse les marchands de la côte est. De nouvelles troupes sont envoyées en Amérique et un climat révolutionnaire s’installe en Nouvelle-Angleterre, à Philadelphie et en Virginie. En 1770, les soldats britanniques tirent sur les manifestants (massacre de Boston). En décembre 1773, les colons détruisent une cargaison de thé (Boston Tea Party) : la guerre éclate l’année suivante.

Les Insurgents envoient des représentants au Congrès continental qui approuvent la déclaration d'indépendance des États-Unis le 4 juillet 1776. Ce texte, essentiellement rédigé par Thomas Jefferson, proclame les principes de liberté, d’égalité et de droit au bonheur. Pendant la guerre, plusieurs milliers de loyalistes fuient le pays. L’armée américaine, commandée par George Washington, finit par vaincre les Anglais avec le renfort de la France : le traité de Paris est signé en 1783 et consacre la souveraineté et la naissance des États-Unis.

Le second Congrès continental qui a ratifié les Articles de la Confédération en 1781, rédige la Constitution américaine à la Convention de Philadelphie en 1787. Ce texte, auquel sont ajoutés dix amendements (Déclaration des Droits) en 1791, demeure aujourd’hui encore le fondement de la démocratie américaine. George Washington est choisi comme premier Président américain en 1789. Les institutions s’installent définitivement à Washington D.C. en 1800.

Conquêtes de l'Ouest, industrialisation et fin de l'esclavage (1800-1917) [modifier]

Processus d'entrée dans l'Union des différents États
Bataille de Fredericksburg (1862)

L'histoire américaine au XIXe siècle est marquée par quatre problématiques majeures : la conquête de l'Ouest, l'esclavage dans le Sud, l'industrialisation et l'immigration.

Le territoire américain s'agrandit progressivement vers l'ouest par des achats (Louisiane en 1803, Alaska en 1867) et des conflits. Poussés par la doctrine de la « Destinée manifeste » et par le « Mythe de la Frontière », les Américains font la guerre aux Amérindiens et spolient leurs terres. La guerre contre le Mexique (1846-1848) et le traité de Guadeloupe Hidalgo entraînent l'annexion du Texas puis de la Californie. Le traité de l'Oregon (1846) définit le tracé de la frontière entre les États-Unis et le Canada à l'ouest des montagnes Rocheuses. La ruée vers l'or à partir du milieu du XIXe siècle accélère la colonisation blanche de l'Ouest. Enfin, la construction du premier chemin de fer transcontinental (1869) facilite l'intégration des nouveaux territoires. La conquête de l'Ouest s'achève avec le Massacre de Wounded Knee (1890), l'annexion d'Hawaï (1898) et l'entrée de l'Arizona dans l'Union (1912).

Alors que la traite des Noirs est supprimée au niveau fédéral en 1808 et que les États du Nord ont aboli l'esclavage entre 1777[9] et 1804, les planteurs du Sud continuaient de défendre cette institution. En 1860, Abraham Lincoln, candidat du parti antiesclavagiste, remporte l'élection présidentielle : sept États esclavagistes font alors sécession et forment les États confédérés d'Amérique. La bataille de fort Sumter (avril 1861) marque le début de la guerre civile qui fit 970 000 victimes (3 % de la population américaine), dont 620 000 soldats[10]. Après la victoire de l'Union en 1865, trois nouveaux amendements à la constitution sont votés pour abolir l'esclavage, libérer les quatre millions d'esclaves[11], leur donner la citoyenneté et le droit de vote. Mais les lois Jim Crow introduisent la ségrégation raciale dans le Sud, jusque dans les années 1950-1960. La guerre de Sécession a également pour conséquence de renforcer le pouvoir fédéral[12].

L'industrialisation débute à partir des années 1850. Elle entraîne des bouleversements démographiques, économiques et sociaux considérables. Elle modifie la géographie du pays. Les villes américaines se multiplient et grandissent rapidement. L'immigration s'accélère et se diversifie. La Révolution industrielle donne naissance à un prolétariat urbain et accompagne la naissance d'un capitalisme sauvage. À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la deuxième révolution industrielle voit l'apparition de la société de consommation et de l'automobile. Les premiers gratte-ciel sont construits dans les centres-villes de New York et Chicago.

Les États-Unis doivent tout au long du XIXe siècle s'affirmer sur la scène internationale. Ainsi, le Royaume-Uni tente vainement de reprendre sa souveraineté sur le territoire américain lors de la guerre de 1812. Le pays remporte la guerre hispano-américaine en 1898 : Porto Rico et les Philippines passent sous contrôle de Washington.

L'élévation du pays au rang d'hyperpuissance à travers les guerres (1917-1991) [modifier]

Buzz Aldrin sur la Lune (1969)

C'est surtout la Première Guerre mondiale qui va consacrer la puissance américaine. Au XXe siècle, les États-Unis deviennent la première puissance économique, culturelle, politique et militaire du monde. D'abord neutre au début de la Première Guerre mondiale, le pays s'engage aux côtés des Alliés le 2 avril 1917 et renverse le rapport de force. Le Congrès des États-Unis refusera de ratifier le traité de Versailles (1919) et d'intégrer la Société des Nations, fidèle au principe de l'isolationnisme. L'entre-deux-guerres est d'abord une période de prospérité matérielle et d'effervescence culturelle appelée les « années folles ». Les femmes puis les Amérindiens obtiennent le droit de vote. C'est également le temps de la Prohibition.

Puis la Grande Dépression de 1929 qui suit le krach de Wall Street provoque une montée du chômage. Le Dust Bowl affecte le sud du pays et accroît la misère des paysans. Franklin Delano Roosevelt est élu en 1932 et propose un New Deal (« nouvelle donne ») pour combattre la crise, en posant les bases de l'État-providence. Le chômage ne se résorbe totalement que pendant la Seconde Guerre mondiale. L'attaque japonaise sur Pearl Harbor le 7 décembre 1941 provoque l'entrée en guerre des États-Unis dans le camp des Alliés contre l'Axe. L'armée américaine joue un grand rôle dans la libération de l'Europe occidentale et durant les campagnes du Pacifique. En août 1945, le président Harry Truman décide d'envoyer deux bombes atomiques pour faire capituler l'Empire du Japon. Les États-Unis deviennent une superpuissance aux côtés de l'URSS. La charte des Nations unies signée en juin 1945 à San Francisco, pose les bases de l'ONU, dont l'assemblée générale siège à New York.

Dans les années qui suivent le conflit, les États-Unis se posent en leader du camp capitaliste face à l'Union soviétique : la Guerre froide oppose alors deux modèles politiques et économiques. Afin d'endiguer le communisme, Washington intervient en Europe (plan Marshall, Berlin, création de l'OTAN) et en Asie (guerre de Corée, guerre du Viêt Nam, première guerre d'Afghanistan). Le pays se lance également dans la course à l'armement et à l'espace (création de la NASA en 1958, premiers pas sur la lune en 1969). En 1962, la crise des missiles de Cuba a failli être l'élément déclencheur de la troisième Guerre mondiale, provoquera un « embargo », toujours actif, même si assoupli sous les présidences de Clinton et Obama.

L'histoire intérieure du pays est marquée par le Mouvement afro-américain des droits civiques dans les années 1950-1960 menées par Martin Luther King, par l'assassinat du président Kennedy en 1963 et le scandale du Watergate en 1974. L’année 1968 est, pour les États-Unis le sommet d’une décennie troublée (Viêt Nam, Berkeley, assassinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy, etc.), le début d’une période d’incertitudes[13]. La nouvelle politique de Reagan (1981-1989) est un succès autant dans le pays, avec les Reaganomics, qu'à l'étranger, où il favorise les relations, notamment avec l'URSS, et diminue les armements. Il est généralement perçu comme le vainqueur de la Guerre froide.

Le « nouvel ordre mondial » (1991-2010) [modifier]

En 2001, les États-Unis sont, pour la première fois depuis 1941, attaqués sur leur territoire.

Depuis la fin de la Guerre froide et le démantèlement de l'Union soviétique en 1989-1991, les États-Unis sont aujourd'hui la seule hyperpuissance dans le monde. Le pays s'engage dans les relations diplomatiques au Proche-Orient, et participe à la Guerre du Golfe (1990-1991). La présidence de Bill Clinton (1993-2001) fut marquée par les guerres en Yougoslavie, par l'affaire Monica Lewinsky, l'explosion de la bulle Internet et par une croissance économique continue. George W. Bush (2001-2009) arrive au pouvoir après une des élections les plus controversées de l'histoire du pays. Le 11 septembre 2001, les États-Unis sont victimes d'une vague d'attentats terroristes qui font près de trois mille morts.

En réponse, Washington se lance dans une « Guerre contre le terrorisme » en Afghanistan puis en Irak (guerre d'Afghanistan et guerre en Irak). Le sud du pays est frappé de plein fouet en 2005 par Katrina, un des ouragans les plus ravageurs de toute l'histoire des États-Unis. Dès 2007, le pays est touché par une crise économique et financière, provoquée par la crise des subprimes et qui deviendra mondiale. De grandes compagnies comme Lehman Brothers ou General Motors sont en faillite. En 2008, Barack Obama est élu en tant que premier président afro-américain du pays, succédant au président sortant George W. Bush devenu impopulaire[14]. Sa politique tranche avec son prédécesseur, notamment sur le plan intérieur, ou il tente de faire passer diverses réformes sociales, comme une assurance santé universelle. Dans le même temps, l'émergence de la Chine comme superpuissance potentielle apparait déjà comme susceptible de défier à terme le monopole des États-Unis.[15]

Politique [modifier]

Article détaillé : Politique des États-Unis.
La première page de la Constitution des États-Unis (1787)
La Maison-Blanche, le pouvoir exécutif.
Le Capitole, le pouvoir législatif.
La Cour suprême, le pouvoir judiciaire.

Les États-Unis sont une république fédérale présidentielle bicamériste. La forme du gouvernement est celle de la démocratie représentative : le droit de vote est accordé aux citoyens américains de plus de 18 ans ; il n'est pas obligatoire.

Les citoyens américains sont gouvernés à trois échelons : le niveau fédéral depuis la capitale Washington, D.C., le niveau des États fédérés et le niveau local (comtés, municipalités). La monnaie, la politique étrangère, l'armée et le commerce extérieur relèvent de l'État fédéral. Le pays est constitué de cinquante États fédérés qui disposent d'une pleine souveraineté dans de nombreux domaines : justice, éducation, transport, etc. Chacun des 50 États a son drapeau, son gouverneur, son congrès et son gouvernement. La législation diffère d'une circonscription à l'autre.

La constitution américaine est la plus ancienne constitution moderne encore en vigueur (1787). Complétée par la Déclaration des Droits et de nombreux amendements, elle garantit des droits individuels aux citoyens américains. Pour être adopté, un amendement doit recueillir l'approbation des 3/4 des États fédérés.

Les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) sont séparés :

  • Le pouvoir exécutif est assuré par le président et le vice-président. Ils sont élus ensemble pour quatre ans, au suffrage universel indirect. Chaque État est représenté par son collège de grands électeurs dont le nombre est approximativement proportionnel au nombre d'habitants de l'État en question. Depuis 1951, le président ne peut exercer que deux mandats. Le Président est le commandant en chef, mais ne peut déclarer la guerre. Il réside à la Maison Blanche et possède un droit de veto sur les projets de loi. Il nomme les membres de son cabinet et dirige l'Administration américaine. Barack H. Obama a été élu président des États-Unis en novembre 2008 (son mandat a commencé le 20 janvier 2009).
  • Le pouvoir législatif revient à un Congrès composé de deux chambres, le Sénat et la Chambre des Représentants, qui siègent au Capitole. La chambre des représentants compte 435 membres, élus dans le cadre de districts (congressional district) pour un mandat de deux ans. Le nombre de députés dépend du poids démographique des États : les moins peuplés envoient un représentant au Congrès, alors que la Californie en dispose de 53. Chaque État élit deux sénateurs pour six ans, quelle que soit sa population. Le Sénat est renouvelé par tiers tous les deux ans.
  • La Cour suprême est la plus haute instance du système judiciaire fédéral. Composée de neuf juges à vie choisis par le président avec l'accord du Sénat, elle interprète les lois et vérifie leur constitutionnalité.

La vie politique est dominée par deux partis : le Parti républicain et le Parti démocrate. Le Parti républicain, fondé en 1854, est considéré comme conservateur ou de droite, son symbole est l'éléphant et sa couleur le rouge. Le Parti démocrate est qualifié de liberal en anglais et classé au centre ou centre-gauche, son animal est l'âne et sa couleur le bleu. Parmi les partis de moindre importance figurent le Parti vert et le Parti communiste. Les États du Nord-Est, des Grands Lacs et de la côte ouest sont réputés plus progressistes que ceux du Sud et des Montagnes Rocheuses.

États [modifier]

Les États-Unis d'Amérique sont composés de 50 États et un district fédéral, le District de Columbia. Les quarante-huit États attenants — tous les États sauf l'Alaska et Hawaï — sont appelés États-Unis contigus ou « lower 48 » et occupent la majeure partie du centre de l'Amérique du Nord. L'Alaska est séparé des États-Unis contigus par le Canada; ensemble, ils forment les États-Unis continentaux. Hawaï, le cinquantième État, est situé dans le Pacifique.

La carte ci-contre montre les 50 États, les territoires et met en valeur les régions de recensement des États-Unis. Le District de Columbia n'apparaît pas.

En plus des territoires mentionnés sur la carte, les États-Unis comprennent aussi plusieurs autres territoires. L'atoll de Palmyra est un territoire non incorporé ; mais il est inhabité. Les îles mineures éloignées des États-Unis sont des îles inhabitées et des atolls du Pacifique et de la mer des Caraïbes. De plus, depuis 1898, l'US Navy a établi une importante base navale dans la baie de Guantánamo à Cuba.

Géographie [modifier]

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Caractéristiques générales [modifier]

Le mont McKinley, point culminant des États-Unis (Alaska)
La Vallée de la Mort contient le point le plus bas des États-Unis (Californie)

Les États-Unis sont le quatrième pays le plus vaste (9 631 417 km²) derrière la Russie, le Canada et la Chine[16]. Avec 7 % des terres émergées de la planète, la taille du territoire américain est comparable à celle du continent européen et représente 17 fois celle de la France métropolitaine. Les États de l'Alaska et du Texas sont plus grands que la France. Situés en Amérique du Nord, les 48 États d'un seul tenant (appelés parfois « Mainland » ou « États-Unis continentaux »), dont la forme évoque un pentagone s'étirent sur quatre fuseaux horaires. 4 500 km séparent la côte atlantique à l'est et la côte pacifique à l'ouest[17]. Il faut parcourir 2 500 km pour relier le Canada au Mexique. Les États-Unis possèdent 12 034 km de frontières terrestres[18], 8 893 km avec le Canada (dont 2 477 km avec l'Alaska), 3 141 km avec le Mexique et 28 km avec Cuba (base navale de Guantanamo). La longueur totale des côtes américaines est de 19 924 km.

L'ensemble Missouri-Mississippi parcourt plus de 6 000 km dans le Mainland, l'équivalent du cours de l'Amazone en Amérique du Sud. Les deux derniers États fédérés sont Hawaï, un archipel volcanique de l'océan Pacifique Nord, et l'Alaska, à l'ouest du Canada. Au nord-est des Caraïbes, l'île de Porto Rico est un État libre associé : il s'agit également du plus grand et du plus peuplé des territoires américains.

Le point culminant du pays, le mont McKinley (6 194 mètres), se trouve en Alaska. Hors Alaska, le principal sommet est le mont Whitney en Californie. L'altitude la plus basse est celle de Badwater dans le Parc national de la Vallée de la mort en Californie (- 86 mètres).

Principaux sommets des États-Unis[19] :

Sommet↓ État↓ Chaîne
ou massif↓
Altitude
en mètres↓
McKinley (mont) Alaska Chaîne d'Alaska 6 194
Whitney (mont) Californie Sierra Nevada 4 421
Elbert (mont) Colorado Montagnes Rocheuses 4 401
Rainier (mont) Washington Chaîne des Cascades 4 392
Saint Elias (mont) Alaska Montagnes Saint Elias 5 489

Grands ensembles naturels [modifier]

Climat océanique (Oregon)
Climat méditerranéen (Californie)
Climat désertique (Utah)
Climat tropical (Hawaï)
Climat polaire (Alaska)

L'immensité du territoire, la grande variété des reliefs et des climats produisent des paysages très divers selon les régions. Les grands ensembles naturels du pays suivent grossièrement une organisation méridienne : à l'est, une plaine de plus en plus large en allant vers la Floride, borde l'océan Atlantique. La partie nord (Nouvelle-Angleterre) est soumise aux masses d'air polaires en hiver. Le sud subit les influences tropicales. Vers l'intérieur se succèdent les collines du piémont puis les montagnes Appalaches, qui culminent à 2 300 mètres d'altitude et sont couvertes de forêts. Les plaines et plateaux du Centre sont drainés par l'ensemble fluvial du Mississippi et du Missouri. Au nord, les Grands Lacs (Amérique du Nord) représentent une importante voie de navigation reliée au fleuve Saint-Laurent. Les régions du sud (du Texas, à la Floride, en passant par la Louisiane) subissent le passage des cyclones à la fin de l'été, leur climat est subtropical humide sauf le sud de la Floride (région de Miami) déjà tropical. À l'est des montagnes Rocheuses s'étirent les Grandes Plaines fertiles puis les Hautes Plaines semi-arides, du Mexique au Canada. C'est là que se trouve la Tornado Alley, une région couvrant plusieurs États ou parties d'États et où se produisent fréquemment des tornades. L'Ouest américain est dominé par les montagnes Rocheuses, les Cascades et la Sierra Nevada qui encadrent des vallées (Vallée centrale de Californie), plateaux (plateau du Colorado, plateau de la Columbia) et des bassins d'altitude (Grand Bassin). Les montagnes Rocheuses culminent à environ 4 300 mètres dans le Colorado : le climat est montagnard et la végétation est étagée. Au nord se trouve le supervolcan du Yellowstone. Les bassins intérieurs sont marqués par l'aridité (Désert des Mojaves, Vallée de la mort). La côte Pacifique est dominée par des chaînes de montagnes couvertes de forêts. L'influence maritime du Pacifique est immédiatemment bloquée par les montagnes et est limitée à une étroite bande cotière. La région est soumise au risque volcanique (mont Saint Helens, mont Rainier) et sismique (faille de San Andreas). Le littoral des États de Washington et de l'Oregon sont en climat océanique très humide, celui de la Californie connaît un climat de type méditerranéen.

L'Alaska est un État où dominent les montagnes et les volcans actifs (archipel Alexandre, îles Aléoutiennes) : le littoral subit les influences océaniques alors que l'extrême nord est en climat polaire. Enfin, l'archipel d'Hawaï est constitué d'une série de points chauds et connaît un climat tropical.

La plupart des volcans en activité se situent à l'ouest, en Alaska et sur l'archipel d'Hawaï :

Hydrographie [modifier]

Principaux cours d'eau des États-Unis :

Nom↓ Longueur en km↓ Bassin hydrographique en km²↓
Missouri 4 370 1 376 180
Mississippi 3 778 2 981 076
Yukon 3 185 847 600
Río Grande 3 060 607 965
Arkansas 2 348 505 000
Colorado 2 317 629 100
Ohio 2 102 490 601
Columbia 2 044 668 217
Snake River 1 670 279 719
Kuskokwim 1 165 120 000
Tennessee 1 049 105 870

Les Grands Lacs représentent ensemble une superficie d'environ 250 000 km², soit la moitié de la superficie de la France métropolitaine.

Liste des Grands Lacs, classés du plus grand au plus petit :

Les autres lacs importants sont :

Géographie humaine [modifier]

Répartition de la population [modifier]

Les 300 millions d’Américains sont répartis très inégalement sur le territoire (moyenne des densités : 31 habitants par km²). La moitié de la population est concentrée à l’Est du 100e méridien avec la Mégalopolis du BosWash, les rives des Grands Lacs (Chicago / Détroit / Milwaukee / Cleveland), les Appalaches et le littoral atlantique. Au-delà du 100e méridien, les densités faiblissent pour des raisons historiques (le peuplement s’est fait d’Est en Ouest) et naturelles (aridité). La façade pacifique est plus dense avec l’axe californien (San Francisco / Los Angeles) et le Puget Sound (Seattle / Portland).

Les Américains se concentrent sur les littoraux, y compris ceux des Grands Lacs. À l'ouest du 100e méridien jusqu'au littoral du Pacifique et en Alaska, les densités sont globalement faibles, sauf en quelques villes isolées et en Californie. Cette dernière est l'État le plus peuplé des États-Unis et continue d'attirer les flux migratoires internes et externes.

Villes et population urbaine [modifier]

Plus des trois quarts de la population est urbaine. Les États-Unis sont à la troisième place mondiale pour la population urbaine, en valeur absolue[20]. Plus de 30 % des Américains vivent dans une métropole de plus de cinq millions d'habitants[21]. Ces agglomérations sont récentes et structurées en réseaux. Leur poids économique est considérable pour le pays. Elles connaissent des difficultés liées à l'immigration, aux mutations sociales et à la mondialisation.

La mégalopole du BosWash, un groupe d’aires urbaines du nord-est du pays, s’étend sur 800 km entre Boston et Washington, D.C. en passant par New York.

Liste des villes principales :

Rang Ville Population dans
les limites
de la commune
Densité
par km²
Aire
métropolitaine
Région
millions rang
1 New York City, New York 8 214 426 10 194,2 25,0 1 Nord-Est
2 Los Angeles, Californie 3 849 378 3 041,2 18,5 2 Ouest
3 Chicago, Illinois 2 853 114 4 922,9 11,4 3 Middle West
4 Houston, Texas 2 144 491 1 301,8 5,6 12 Sud
5 Phoenix, Arizona 1 512 986 1 074,1 4,0 14 Ouest
6 Philadelphie, Pennsylvanie 1 448 394 4 337,3 6,3 7 Nord-Est
7 San Antonio, Texas 1 296 682 1 084,4 1,9 33 Sud
8 San Diego, Californie 1 256 951 1 456,3 2,9 17 Ouest
9 Dallas, Texas 1 232 940 1 339,7 6,3 8 Sud
10 San José, Californie 953 679 2 003,1 1,7[22] 30[22] Ouest

Répartition des activités [modifier]

Les régions les plus dynamiques et les plus attractives sont situées dans la Sun Belt. La reconversion du Nord-Est du pays lui permet de tenir un rôle important.

Voir aussi : Liste des villes aux États-Unis ~ Liste des jardins botaniques des États-Unis ~ Politique environnementale des États-Unis ~ Transport aux États-Unis

Relations étrangères et militaires [modifier]

Les États-Unis exercent une influence économique, politique et militaire sur le monde entier. Ils sont un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et la ville de New York accueille le siège des Nations unies. Quasiment tous les pays ont une ambassade à Washington, D.C. et plusieurs consuls à travers le pays. De même, presque tous les pays accueillent une mission diplomatique américaine. En revanche, Cuba, l'Iran, la Corée du Nord, le Bhoutan, le Soudan, et la République de Chine (Taïwan) n'ont pas de relations diplomatiques formelles avec les États-Unis.

Les États-Unis bénéficient d'une relation spéciale avec le Royaume-Uni et des liens étroits avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande (dans le cadre de l'ANZUS), la Corée du Sud, le Japon, Israël, et les membres de l'OTAN. Ils travaillent également en étroite collaboration avec leurs voisins par l'intermédiaire de l'organisation des États américains et d'accords de libre-échange, telles que la coopération trilatérale accord de libre-échange nord-américain avec le Canada et le Mexique. En 2005, les États-Unis ont dépensé 27 milliards de dollars en aide publique au développement, la plupart à travers le monde. Toutefois, comme part du revenu national brut (RNB), la contribution américaine représente 0,22 % et au vingtième rang de vingt-deux pays donateurs. Les sources non gouvernementales telles que des fondations privées, des sociétés, et de l'éducation et les institutions religieuses donnent pour un total de 96 milliards de dollars. Le total combiné est de 123 milliards de dollars, soit le plus important dans le monde et le septième en pourcentage du RNB[23].

Le président détient le titre de commandant en chef de la nation, des forces armées et nomme ses dirigeants, le secrétaire à la Défense et ceux du comité des chefs d’États-majors interarmes. Le département de la Défense des États-Unis administre les forces armées, y compris l'armée, la marine, le Marine Corps, et la force aérienne . La Garde côtière est dirigée par le département de la Sécurité intérieure en temps de paix et par le Département de la Marine en temps de guerre. En 2005, les forces armées avaient 1,38 million de personnels en service actif[24], en plus d'une plusieurs centaines de milliers dans la réserve et la Garde nationale, pour un total de 2,3 millions de soldats. Le ministère de la Défense emploie également environ 700 000 civils, sans compter ceux des entrepreneurs. Le service militaire est volontaire, bien que la conscription peut se produire en temps de guerre par le biais du système de service sélectif. Les forces américaines peuvent être déployées rapidement par l'armée de l'air grâce à sa grande flotte d'avions de transport et de ravitaillement aériens, l'United States Navy composée de onze porte-avions, et les Marine Expeditionary Unit en mer sur tous les océans du globe. Hors des États-Unis, les forces armées sont déployées sur 770 bases et installations, sur tous les continents à l'exception de l'Antarctique[25],[26].

Le total des dépenses militaires des États-Unis en 2006, plus de 528 milliards de dollars, comptait pour 46 % des dépenses militaires officielles mondiales et était supérieur à la somme des quatorze autres budgets militaires les plus importants combinées. (En termes de parité de pouvoir d'achat, cela correspond aux six prochains) Les dépenses par habitant étaient de 1 756 $, soit environ dix fois plus que la moyenne mondiale[27]. À 4,06 % du PIB, les dépenses militaires des États-Unis sont classées 27e sur 172 nations[28]. La proposition de base pour le budget militaire pour l'année 2009 est de 515,4 milliards de $ soit une augmentation de 7 % sur 2008 et de près de 74 % de plus qu'en 2001[29]. Le coût estimé de la guerre en Irak pour les États-Unis jusqu'en 2016 est de 2,267 billions de dollars.[30] En date du 17 octobre 2008, engagés dans deux opérations militaires majeures, les États-Unis ont subi pendant la guerre d'Irak des pertes de 4 185 militaires tués et plus de 30 000 blessés[31] et 615 tués durant la guerre d'Afghanistan depuis 2001[32].

Économie [modifier]

Situation générale [modifier]

Économie des États-Unis
Indicateurs économiques
PIB $14 545 milliards[33] 2008
PIB/hab. (PPA) $45 850 2007
Chômage 7,2 %[34] décembre 2008
Croissance du PIB 3,3 % [33] 2005-2006
Inflation (IPC) 2,8 %[35] septembre 2006
septembre 2007
Dette publique $10 524 millards[36] 27 octobre 2008
Pauvreté 12,4 %[37] 2007
Valeur de la monnaie
Taux de change
(pour 1 )
1,2565[38] 9 mars 2008
Taux de change
(pour 1 £)
0,9114[38] 9 mars 2008
Taux de change
(pour 1 ¥)
124,4000[38] 9 mars 2008

Les États-Unis possèdent une économie mixte dans laquelle le secteur public en 2007 représente 12,4 % du PIB[39]. Ils sont depuis la moitié du XXe siècle la première puissance économique mondiale. Selon le Fonds monétaire international, les États-Unis produisent plus de 14 500 milliards de dollars, soit plus de 19 % de toutes les richesses de la planète[33]. En 2006, le PIB américain était légèrement inférieur à celui de l’Union européenne à parité de pouvoir d'achat[40]. Le pays se place à la huitième place mondiale pour le PIB par habitant et à la quatrième place à parité de pouvoir d’achat[33]. Le taux de chômage est relativement faible, entre habituellement 3 et 5 % de la population active. Cependant la crise économique de 2008 a entraîné une remontée du chômage si bien que ce taux atteint 6,5 % en novembre 2008 (d'après l'OIT)[41]. Le PIB américain a augmenté de 32 % entre 2000 et 2008 tandis le budget de l'États fédéral est passé durant la même période de 1 798 milliards à 2 931 milliards de dollars soit une augmentation de presque 40 % [42]

Les secteurs les plus dynamiques sont la chimie, l'informatique, l'aérospatiale, la santé, les biotechnologies et les industries de l'armement, même si l'avance s'est réduite depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le principal point fort de cette économie post-industrielle reste le secteur tertiaire (grande distribution, services financiers et bancaires, assurances, production cinématographique, tourisme …), qui contribue pour 75 % du PIB.

Les États-Unis sont les plus grands importateurs de biens et les deuxièmes exportateurs derrière l’Allemagne. Le Canada, la Chine, le Mexique, le Japon et l’Allemagne sont les principaux partenaires commerciaux[43]. La balance commerciale américaine est déficitaire, en particulier avec la Chine. Le matériel électrique constitue la principale exportation ; le pays importe de nombreux véhicules automobiles[44]. Les bourses de New York (New York Stock Exchange) sont les premières du monde.

Wall Street à New York, lieu symbolique de l'économie américaine

La dette publique américaine est la plus élevée du monde : en 2005, elle représentait 23 % du volume mondial[45]. Les États-Unis se classent 35e sur 120 pays pour la dette rapportée au PIB[46].

Plusieurs atouts expliquent la puissance de l'économie américaine : le territoire américain est immense, bien doté en ressources minières (deuxième producteur mondial de charbon, pétrole, gaz naturel, or, cuivre…) et agricoles. Il est situé entre les deux grands océans de la planète, l'océan Atlantique et l'océan Pacifique. Il est également bien maîtrisé par un réseau de transport varié (Grands Lacs, voies ferrées, ports, aéroports) et dense. La population est cosmopolite et mobile. Le niveau moyen de vie est fort, même si les inégalités sociales sont importantes. Le dollar et la langue anglaise ont un rayonnement international. L'État fédéral investit une part relativement importante du PIB dans la recherche et n'hésite pas à se montrer protectionniste. Les multinationales américaines sont présentes sur tous les continents et participent à la puissance économique du pays. Les États-Unis sont au cœur de l'ALENA, une organisation régionale qui favorise la libre circulation des marchandises et des capitaux.

En 2005, la population active est de 155 millions de salariés, dont 80 % travaillent à plein temps[47]. 79 % de la population active américaine travaille dans les services[48]. Avec environ 15,5 millions de personnes, la santé et la protection sociale sont les secteurs qui occupent le plus d'emplois[49]. Le taux de syndicalisation est de 12 %, contre 30 % en Europe occidentale[50]. La mobilité du travail est importante et les congés payés sont plus courts que dans les autres pays industrialisés. Les États-Unis maintiennent l'une des productivités du travail les plus élevées du monde.

Politique économique du gouvernement fédéral [modifier]

Au début des années 1990, le président Bill Clinton a lancé une politique très active d'intelligence économique, appelée politique d'advocacy (advocacy policy[51]). L'efficacité de cette politique relève de la capacité d'obtention, d'échange et d'exploitation de l'information entre une multitude d'acteurs et de décideurs, fédérés par des réseaux d'intérêt et de connivences. La perception du monde qu'ont ces acteurs est résolument électronique et leur champ de vision est une planète sous emprise américaine. Le moyen pour cela est le contrôle le plus étroit possible du complexe informations-médias parce qu'il confère le pouvoir. L'efficacité de cette stratégie tient en grande partie à la relation forte entre le secteur public, le secteur privé, et la société civile[52].

Les systèmes d'information sur lesquels s'appuie le gouvernement fédéral sont constitués par les systèmes réseaux-centrés (Network-Centric), utilisés en Irak dès la première guerre du Golfe, et qui ont été transposés dans tous les grands secteurs stratégiques de l'économie américaine. Le gouvernement fédéral apporte ainsi un soutien en information stratégique pour que les grandes entreprises américaines remportent des marchés à l'exportation[53].

Le gouvernement fédéral exerce aussi une politique systématique d'influence, en s'appuyant sur la Common Law et la normalisation internationale. Le gouvernement américain cherche à influencer les organisations multilatérales mondiales (OCDE, ONU, OIT,...), les institutions européennes et en particulier la Commission européenne, les enceintes privées (Chambre de commerce internationale, Business Action for Sustainable Development, International Accounting Standards Board), et les organisations de protection de l'environnement. L'influence s'exerce aussi dans les pratiques commerciales et les doctrines de l'aide au développement. Elle s'exerce enfin dans la sphère socioculturelle, en utilisant la technique du social learning, par l'enseignement, la langue anglaise et le cinéma[54].

Le gouvernement américain a aussi mis en place depuis longtemps une politique très protectionniste par rapport aux achats publics de l'administration américaine (voir section marchés publics des États-Unis de l'article protectionnisme).

Chiffres-clés [modifier]

Quelques chiffres récents :

  • PIB par habitant en PPA en 2004 : 39 498 $[55]
  • Investissement (FBCF, 2004) : 19,6 % du PIB[55]
  • Recherche et développement (en % du PIB, en 2003) : 2,6 %[55]
  • Taux d'inflation (2005) : 3,4 %[55]
  • Répartition de la population active (en % en 2004)[55]
    • Secteur primaire : 1,7 %
    • Secteur secondaire : 20,8 %
    • Secteur tertiaire : 77,4 %
  • L'économie américaine a créé 2 millions d'emplois nouveaux en 2005
  • Déficit commercial cumulé en mai 2007 : 296 milliards de $[56]
  • Voir aussi : Accord de libre-échange nord-américain
  • Consultez les paragraphes sur l'économie des États et des grandes villes.

Société [modifier]

Caractéristiques générales [modifier]

Article détaillé : Société américaine.
Société américaine
Revenu moyen
(en $ constant et par foyer)
46 326[57] 2005
IDH 0,951[58] 2008
Coefficient de Gini 46,9 2005
Pauvreté 12,6 %
à 13,3 %[57]
2005

Les États-Unis sont un pays riche et développé, avec de fortes inégalités sociales. L'IDH est de 0,951 en 2005 et classe le pays au 12e rang des États les plus développés de la planète. Selon le bureau du recensement américain, le revenu brut moyen était de 46 326 $ en 2005[57]. Il est le plus élevé du pays dans le New Jersey (60 246 $) et le plus bas dans le Mississippi (34 396 $)[59]. À parité de pouvoir d'achat, ces niveaux de revenus sont comparables à ceux des autres pays développés. En 2006, 10 % des ménages les plus riches concentrait près de 50 % du revenu[60]. Le pourcent le plus riche en recevait 23 %[61]. Cette dernière catégorie a bénéficié entre 2002 et 2006 des trois quarts de la progression des revenus. La part des Américains vivant sous le seuil de pauvreté a légèrement augmenté pendant les deux mandats de George W. Bush.

Protection sociale [modifier]

La protection sociale aux États-Unis couvre 90 % de la population américaine[62]. Depuis le New Deal et la création de l'État-providence (Welfare State), le gouvernement met en œuvre plusieurs programmes afin d’aider les personnes en difficulté : Medicare, Medicaid, Aid to Families with Dependent Children (AFDC) puis Temporary Assistance for Needy Families (TANF) pour les mères au foyer, Early Childhood Intervention et SCHIP pour les enfants en difficulté, SSI pour les personnes âgées, les aveugles et les handicapés[63], Low Income Home Energy Assistance Program (LIHEAP) pour les plus pauvres[64], Old-Age, Survivors, Disability and Health Insurance (OASDHI) pour les chômeurs et les veuves, etc.

En 2000, 180 millions d’Américains[65] bénéficiaient de la sécurité sociale. Le système de répartition des aides sociales est pluraliste et décentralisé : l’État fédéral donne une enveloppe fixe aux 50 États fédérés. La protection sociale dépend de la situation de l'individu : l'assurance maladie n'est pas obligatoire. L’organisation fédérale des États-Unis entraîne des inégalités géographiques quant aux dépenses et aux redistributions sociales. La philosophie dominante est que la meilleure assurance sociale reste le plein emploi : les divers gouvernements qui se succèdent cherchent avant tout à maintenir la croissance économique et à faire baisser le chômage. Contrairement aux idées reçues, le sort des pauvres ne laisse pas indifférent aux États-Unis[66]. La pauvreté est largement prise en charge par les Américains dans le cadre des associations caritatives (plus de 650 000 dans tout le pays), des organisations religieuses et des institutions philanthropiques ; les États-Unis sont le premier pays du monde pour le bénévolat[67] : 93 millions d'Américains[67] le pratiquent à différents degrés. Il implique surtout les retraités et les femmes. Le bénévolat américain est particulièrement développé dans le domaine des arts et contribue au fonctionnement de nombreuses institutions culturelles.

En 2005, le système des retraites procurait plus de la moitié de leurs revenus aux deux tiers des retraités des États-Unis[68]. Le système des retraites américain est complexe : la Social security est une retraite fédérale calculée en fonction du nombre d’années travaillées, des cotisations versées et de l’inflation. À la fin des années 1990, le gouvernement fédéral dépensait 289 milliards de dollars pour le système des retraites obligatoires[69]. Les Pensions sont payées par les grandes entreprises et les administrations publiques. Enfin, la retraite par capitalisation consiste en des plans d’épargne-retraite et des fonds de pension. Les retraités les plus pauvres reçoivent des aides fédérales complémentaires (OASDHI) et pour les soins (Medicare).

Démographie [modifier]

Démographie américaine
Population
(millions d'hab.)
303,8 2008
Densité
(hab./km²)
33,2 2008
Croissance
démographique (%)
6,4[70] 2000-2006
Espérance de vie
(années)
Hommes : 75,6
Femmes : 80,8
Population : 78,1
2007
Population de
65 ans et +
12,4 %[70] 2005
Indice de fécondité 2,04[55] 2004
Taux de natalité
(pour 1 000)
14,2 2008
Taux de mortalité
(pour 1 000)
8,34 2008
Taux de mortalité
infantile(pour 1 000)
6,63 2004
Taux de migration
(pour 1 000)
3,41 2004
Âge médian
(années)
36.7 2008
Blancs (%) 79,8[70] 2008
Noirs (%) 12,8[70] 2008
Asiatiques (%) 4,5[70] 2008
Hispaniques (%) 15,4[70] 2008

Avec plus de 300 millions d'habitants depuis 2006, la population des États-Unis représente environ 4,5 % de la population mondiale. Selon le bureau du recensement, la croissance démographique annuelle est de 0,89 %[48]. Son indice de fécondité est de 2,05 enfants par femme[48]. Le nombre d'immigrés clandestins est estimé à 12 millions de personnes, soit 4 % de la population totale[71]. En 2006, 1,27 million d'immigrés ont reçu une carte de résidence légale. Le Mexique est leur premier pays d'origine depuis deux décennies suivent, depuis 1998, la Chine, l'Inde et les Philippines[72].

En 2007, les cinq États les plus peuplés étaient la Californie (36 553 215 millions d'habitants), le Texas (23 904 380 millions), l’État de New York (19 297 729 millions), la Floride (18 251 243 millions) et l’Illinois (12 852 548 millions). Sept États avaient une population inférieure à 1 million d’habitants : par ordre décroissant, le Montana, le Delaware, le Dakota du Sud, l’Alaska, le Dakota du Nord, le Vermont, et le Wyoming, qui constitue l’État le moins peuplé avec 522 830 habitants. Au final, le recensement de 2000 montre que les dix États les plus peuplés abritent 54 % de la population, tandis que 3 % de la population réside dans les dix États les moins peuplés. En 2000, le Sud (100,2 millions d’habitants, soit 36 % de la population) et l’Ouest (63,2 millions d’habitants, soit 22 % de la population) rassemblaient plus de la moitié de la population totale. Ils sont aujourd’hui plus peuplés que le Nord-Est (53,6 millions d’habitants, soit 19 % de la population), centre historique du peuplement et de la révolution industrielle. Depuis les années 1950, on observe un déplacement du centre de gravité du pays depuis le Nord-Est (qui abritait 26 % de la population en 1950) vers le Sud-Ouest. Ce sont en effet les États de l’Ouest et du Sud qui enregistrent la plus forte progression démographique. Ainsi, entre 1980 et 1990, 54,3 % de la croissance démographique nationale s’est faite au bénéfice des trois États de Californie, de Floride et du Texas. Cette tendance a perduré entre 1990 et 2000, le taux de croissance de l’Ouest ayant été de 19,7 % et celui du Sud de 17,3 % tandis qu’il s’établissait à 5,5 % dans le Nord-Est ; le Texas est désormais plus peuplé que l’État de New York. Entre 1990 et 2000, pour la première fois, tous les États américains ont vu leur population augmenter, au premier rang desquels le Nevada. Comme au cours de la décade précédente (+ 42 %), il a de nouveau enregistré le taux de croissance le plus important (+66 %). L’Arizona, le Colorado et l’Utah affichent des croissances atteignant plus de 30 %.

Structure par âge :

    • 0-14 ans : 20,1 % en 2008 (hommes : 31 122 974 ; femmes : 29 713 748) ;
    • 15-64 ans : 67,2 % en 2008 (hommes : 97 756 380 ; femmes : 98 183 309) ;
    • + 65 ans : 12,7 % en 2008 (hommes : 15 078 204 ; femmes : 21 172 956)

La démographie des États-Unis d'Amérique diffère, sur certains points, de celle des autres pays industrialisés et développés :

  • Ils sont le premier pays d'immigration du monde : en 1991, ils ont accueilli plus de 1,8 million d'immigrants et, en 2005, ils comptent officiellement 36 millions d'habitants nés à l'étranger, soit 12,4 % de la population.
  • La natalité y est plus forte et dynamique que dans les autres pays riches.
  • Ils sont au troisième rang des pays les plus peuplés, derrière la Chine et l'Inde.
  • Un tiers environ des habitants se réclament aujourd'hui d'ancêtres appartenant à une minorité.
  • Il existe une cinquantaine d'agglomérations de plus d'un million d'habitants.
  • Onze ou douze millions de clandestins travailleraient aux États-Unis, provenant essentiellement d'Amérique latine.

Sciences et culture [modifier]

Article détaillé : Culture américaine.
La Crosse à Hudson, dans l'Ohio

On distingue deux types de culture aux États-Unis : la culture élitiste et la culture populaire. La première est peu connue, la seconde rayonne dans le monde entier grâce au cinéma, à la musique, à Internet.

La culture américaine a une base anglo-saxonne, qui s'explique par les origines historiques du pays. L'anglais est la langue la plus parlée après le chinois. Cependant, les apports d'autres cultures contribuent à faire des États-Unis un creuset culturel :

  • l'héritage indien se lit dans certains mots et toponymes.
  • l'influence hispanique est forte en Californie, au Nouveau-Mexique et au Texas ainsi que dans plusieurs grandes villes ailleurs (New York, Miami en Floride, Hartford dans le Connecticut).
  • l'influence française, mais surtout acadienne, est forte en Louisiane.
  • les immigrants européens et juifs ont également marqué la culture du pays.

Science et technologie [modifier]

Le MIT est l'un des lieux de la recherche américaine

Depuis la fin du XIXe siècle, les États-Unis occupent les premiers rangs mondiaux pour la recherche scientifique et les innovations technologiques. En 1876, Alexander Graham Bell dépose un brevet pour l'invention du téléphone. Le laboratoire de Thomas Edison met au point le phonographe, la lampe à incandescence et l'une des premières caméras. Au début du XXe siècle, les entreprises de Ransom E. Olds et d'Henry Ford expérimentent de nouvelles façons de produire les véhicules automobiles. En 1903, les frères Wright procèdent à l'un des premiers vols en avion. L'arrivée au pouvoir des nazis au début des années 1930 contraint de nombreux scientifiques européens à émigrer aux États-Unis, tels qu'Albert Einstein et Enrico Fermi. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le projet Manhattan fait entrer le monde dans l'âge atomique. La course à l'espace pendant la Guerre froide a produit d'importantes avancées dans l'armement, de l'informatique et de l'aérospatiale. C'est aux États-Unis que sont nés l'ARPANET et l'internet. Aujourd'hui, la recherche scientifique et technologique reste en pointe notamment dans le domaine des OGM, grâce à d'importants investissements et des universités renommées. Une majorité des Américains aujourd'hui a un accès à internet, et 99% sont possesseurs d'un poste de télévision, qui est un loisir majeur chez les américains.

Littérature et philosophie [modifier]

L'écrivain américain Edgar Allan Poe (1809-1849)

Au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, la littérature américaine reste influencée par les œuvres et les auteurs européens[réf. nécessaire]. Vers le milieu du XIXe siècle apparaît une littérature proprement américaine avec des auteurs tels que Nathaniel Hawthorne, Edgar Allan Poe ou Henry David Thoreau. Le romancier Mark Twain et le poète Walt Whitman sont les principales figures littéraires des États-Unis dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Emily Dickinson, qui n'était pas célèbre de son vivant, fut par la suite reconnue comme l'une des poètesses essentielles de l'Amérique.

Onze Américains ont reçu le prix Nobel de littérature au XXe siècle, Toni Morrison étant la dernière en 1993. Ernest Hemingway, lauréat de l'année 1954, et John Steinbeck, lauréat de l'année 1962, sont des écrivains majeurs du XXe siècle. Parmi les romans les plus importants, on peut citer  : Les Aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain (1885), Gatsby le Magnifique de Francis Scott Fitzgerald (1925), Les Raisins de la colère de John Steinbeck (1939).

Le roman noir est un des genres littéraires les plus populaires.

Les transcendantalistes menés par Ralph Waldo Emerson et Henry David Thoreau sont à l'origine du premier mouvement philosophique américain au XIXe siècle. Après la guerre de Sécession, Charles Sanders Peirce puis William James et John Dewey développent le mouvement du pragmatisme. Au XXe siècle, Willard van Orman Quine et Richard Rorty sont les représentants de la philosophie analytique.

Arts plastiques et visuels [modifier]

Article détaillé : Culture aux États-Unis.

Au milieu du XIXe siècle, l'Hudson River School est un mouvement artistique, fondé par un groupe de peintres influencés par le romantisme. Leurs tableaux représentent les paysages américains. L'exposition de l'Armory Show en 1913 à New York est considérée comme le point de départ de l'art moderne aux États-Unis. Georgia O'Keefe, Marsden Hartley et d'autres artistes expérimentent de nouveaux styles et mettent en œuvre une sensibilité unique. Après 1945, Jackson Pollock et Willem de Kooning font naître l'expressionnisme abstrait ; Andy Warhol et Roy Lichtenstein inventent le pop art. L'art de la photographie se développe de manière précoce aux États-Unis, dès le XIXe siècle, avec des photographes comme Alfred Stieglitz, Edward Steichen, Ansel Adams, et bien d'autres. Dans le domaine de la bande dessinée, le comic et le comic strip sont deux genres nés dans la presse américaine. Les super-héros comme Superman (1938), Batman (1939) ou Spider-Man (1962), sont devenus des icônes et des symboles de l'Amérique.

Architecture [modifier]

Article détaillé : Architecture aux États-Unis.
Empire State Building et Chrysler Building, New York

L’architecture aux États-Unis est diverse selon les régions et s'est construite grâce aux apports extérieurs, qui n'ont pas été uniquement anglais. L'architecture amérindienne et coloniale a laissé peu de vestiges. Avec la naissance des États-Unis, les bâtiments publics sont influencés par l'antiquité gréco-latine et reflètent l'idéal républicain. Au XIXe siècle se succèdent de nombreux styles tels que le Greek Revival, néogothique, City Beautiful, éclectisme, style Beaux-Arts, style victorien qui se rattachent aux traditions européennes. L'architecture américaine s'émancipe vraiment à la fin du XIXe siècle avec la création d'un nouveau type de bâtiment : le gratte-ciel. Dans l'entre-deux-guerres, l'Empire State Building et le Chrysler Building sont des exemples fameux de style Art déco. La Prairie School inaugure la période de l'architecture organique aux États-Unis. Louis Sullivan et Frank Lloyd Wright sont considérés comme ses principaux représentants. Le siège de l'ONU à New York est l'illustration la plus remarquable du style international après 1945. Dans les années 1960, les œuvres majeures du postmodernisme sont le Lincoln Center et le Metropolitan Opera. Les années 1970-1980 sont marquées par l'édification de musées aux formes audacieuses (Musée Guggenheim, Walker Art Center, Getty Center) et les architectes Pei et Richard Meier.

Musique et arts du spectacle [modifier]

Article détaillé : Musique des États-Unis.
Broadway à New York est l'un des hauts-lieux du spectacle aux États-Unis

Phineas Taylor Barnum est l'un des premiers promoteurs du théâtre américain, qui commença dans le quartier des spectacles à Manhattan en 1841. Edward Harrigan et Tony Hart s'associent dans les années 1870 pour produire une série de comédies musicales à New York. Au début du XXe siècle, Broadway devient le centre de ce genre aux États-Unis. Les chansons et les mélodies d'Irving Berlin, Cole Porter et Stephen Sondheim deviennent des classiques. En 1936, le dramaturge Eugene O'Neill remporte le prix Nobel de littérature; le prix Pulitzer de théâtre récompense Tennessee Williams, Edward Albee et August Wilson.

En musique, Charles Ives (1874-1954) est considéré comme l'un des premiers grands compositeurs américains, dans les années 1910. Henry Cowell et John Cage ont essayé après lui de donner une approche américaine de la composition classique. Aaron Copland et George Gershwin développent une synthèse spécifiquement américaine de la musique populaire et classique.

En ce qui concerne la musique populaire du XXe siècle, les États-Unis sont le berceau du gospel, du jazz, du blues, du rythm and blues, du rock'n'roll, de la soul, de la house, du disco, de la funk, du jazz-rock et du rap.

Isadora Duncan et Martha Graham furent les figures centrales de la création en danse moderne ; George Balanchine et Jerome Robbins sont les grands noms du ballet.

Cuisine [modifier]

Article détaillé : Cuisine des États-Unis.
Un dessert américain : l'apple pie

La cuisine américaine est à l'image du peuplement du pays, c'est-à-dire diverse et métissée. Toutefois, les principaux apports sont allemand, hollandais et irlandais et ces influences perdurent jusqu'à nos jours. La cuisine amérindienne compte également beaucoup : les recettes traditionnelles des Indiens d'Alabama sont préservées et protégées comme un patrimoine culturel[73].

Il existe également de nombreux plats et cuisines régionaux : cuisine amish en Pennsylvanie, cuisine cadienne de la Louisiane, cuisine paysanne du Vieux Sud (dont la cuisine virginienne), californienne ou de la Nouvelle-Angleterre. C'est aux États-Unis que sont nés la cuisine rapide (fast-food) et les produits de consommation de masse, qui se sont diffusés dans le monde entier (Coca-Cola, etc.).

Religion [modifier]

Article détaillé : Religion aux États-Unis.

Depuis la fin du XVIIIe siècle, la religion est officiellement séparée de l'État et ce principe est assuré par la constitution (article VI et premier amendement). Dans la constitution et dans la Déclaration des Droits, il n'est jamais fait référence à Dieu ou à la Providence[74]. La véritable devise des États-Unis est E pluribus unum bien que tout le monde, Américains comme étrangers se refèrent à God Bless America (Que Dieu bénisse l'Amérique). Dieu se retrouve aussi sur la monnaie américaine : In God We Trust (« En Dieu nous croyons »). L'État fédéral ne subventionne aucune école religieuse au nom de la liberté religieuse[75]. Depuis 1962, la prière à l'école est prohibée par l'arrêt Engel contre Vitale[74]. Enfin, il ne faut pas oublier que le premier amendement garantit la non-ingérence de l'État dans les religions et la liberté de culte.

La société américaine accorde une place importante à la religion et à la spiritualité : par exemple, on peut trouver dans chaque chambre d'hôtel une Bible, dans les rues des drapeaux et autres vignettes clamant la souveraineté et la miséricorde de Jésus, et le président américain n'hésite pas à évoquer Dieu dans ses discours. On parle ainsi souvent de « religion civile ». La grande diversité des Églises et le dynamisme dont elles font preuve sont en grande partie expliqués par l'histoire du pays. Aujourd'hui encore, les différentes Églises sont impliquées dans la vie sociale et politique de la nation. L'athéisme a tendance à progresser aux États-Unis[76] : d'après un sondage Pew Forum d'août 2007, les Américains agnostiques constituent 21% de la population, soit 63 millions de personnes[77]. Selon une enquête d'avril 2009, le nombre d'Américains sans religion s'établirait à 15 %[76]. Les athées américains s'organisent en associations parmi lesquelles la Coalition laïque pour l'Amérique est la plus puissante. Dans les universités, l’Alliance des étudiants laïques possède quelque 146 bureaux sur les campus du pays[76]. Cependant, les athées constituent le groupe dont les citoyens américains se méfient le plus, avant même les musulmans et les homosexuels, réaction sociale d'une nation encore très ancrée dans son histoire et identité religieuse où l'écrasante majorité des Américains sont de confessions protestantes, héritage des premiers colons britanniques. La composante chrétienne se voit d'autant plus renforcée aux États-Unis de part l'immigration soutenue prévenant des pays hispaniques dont les populations sont profondément catholiques redonnant ainsi vigueur au catholicisme américain notamment dans les États de Californie, Arizona, Texas et Floride.

Sport [modifier]

Article détaillé : Sport aux États-Unis.
Le Cowboys Stadium au Texas contient le plus grand écran géant du monde

Depuis la fin du XIXe siècle, le baseball est considéré comme le sport national des États-Unis. Le basket-ball, le hockey sur glace et le football américain sont les trois autres disciplines majeures dans le pays, dont les matches sont regardés par des milliers de spectateurs. Le football américain et le basket ball universitaires sont également très populaires. La boxe et les courses de chevaux sont les sports individuels les plus suivis, même s'ils sont concurrencés par le golf et la compétition automobile (Nascar). Le football, appelé soccer aux États-Unis est largement pratiqué par les jeunes et les équipes d'amateurs. Le tennis et d'autres sports de plein air sont également appréciés.

Si de nombreux sports ont été importés d'Europe, c'est en Amérique qu'est né le basket-ball : il fut inventé par le canadien James Naismith à Springfield en 1891. Quant à la Crosse, elle dérive de pratiques amérindiennes précoloniales. Le surf existait dans les îles Hawaï dès le XVe siècle et fut remis au goût du jour par Duke Kahanamoku (1890-1968). Le skateboard et le snowboard ont été inventés aux États-Unis au XXe siècle.

Huit jeux olympiques eurent lieu sur le territoire américain, quatre d'été (St Louis, 1904 ; Los Angeles, 1932 ; Los Angeles, 1984 ; Atlanta, 1996), quatre d'hiver (Lake Placid, 1932 ; Squaw Valley, 1960 ; Lake Placid, 1980 ; Salt Lake City, 2002). Les athlètes américains ont remporté un total de 2 191 médailles depuis les débuts des jeux olympiques d'été, soit plus qu'aucun autre pays[78]. Le pays occupe la seconde place derrière la Norvège pour les jeux olympiques d'hiver, avec 216 médailles[79]. Plusieurs sportifs américains sont devenus célèbres dans le monde : on peut citer, parmi tant d'autres le joueur de base-ball Babe Ruth, le boxeur Mohamed Ali, le joueur de tennis John McEnroe, l'athlète Carl Lewis, le joueur de basketball Michael Jordan, le golfeur Tiger Woods ou le nageur Michael Phelps.

Les plus importantes manifestations sportives sont le marathon de New York, le Super Bowl (football américain), l'US Open de tennis, les World Series (baseball), l'Indianapolis 500 (course automobile) et la WWE (catch américain).

Fêtes et jours fériés [modifier]

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom américain Sens
1er janvier Jour de l'an New Year's Day Nouvel an
Troisième lundi de janvier Jour de Martin Luther King Martin Luther King Day Naissance de Martin Luther King, pasteur afro-américain militant pour les droits civiques des Noirs.
Troisième lundi de février Jour de George Washington. Washington's Birthday (communément, President's Day). Naissance de George Washington, premier président des États-Unis (22 février), et d'Abraham Lincoln (12 février)
Dernier lundi de mai Jour du Souvenir. Memorial Day Souvenir des anciens combattants
4 juillet Jour de l'indépendance. Independence Day Commémoration de la déclaration d'indépendance de 1776.
Premier lundi de septembre Fête du Travail. Labor Day Célébration de la contribution des travailleurs au pays, le premier défilé a lieu en 1882
Deuxième lundi d'octobre Jour de Christophe Colomb. Columbus Day Fête célébrée en l'honneur de Christophe Colomb
11 novembre Jour des anciens combattants. Veterans' Day Commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale.
Quatrième jeudi de novembre Action de grâce. Thanksgiving Remerciements à Dieu pour l'arrivée saine et sauve en Amérique du bateau le Mayflower
25 décembre Noël Christmas Day. Nativité

Certains jours sont fériés dans un État, mais pas dans l'autre : en Californie par exemple, le Cesar Chavez Day (31 mars) ou le Native American Day (le 4e lundi de septembre), les écoles publiques peuvent être fermées.

Langues [modifier]

Article détaillé : Langues aux États-Unis d'Amérique.
Langues (2005)[80]
Anglais 216,2 millions
Espagnol, incl. créole 32,2 millions
Chinois 2,3 millions
Français, incl. cré­ole 1,9 million
Tagalog 1,4 million
Vietnamien 1,1 million
Allemand 1,1 million

Statut des langues [modifier]

En 2008, aucune loi n'avait été votée pour préciser la ou les langues officielles à l'échelle fédérale. Toutefois, selon l'organisme US English, 30 États fédérés[81] avaient voté de telles lois au profit de l'anglais comme langue officielle unique. En outre, l'État de Hawaï est officiellement bilingue anglais-hawaiien. Le territoire de Porto Rico a aussi deux langues officielles, l'espagnol et l'anglais. Au XXIe siècle, les deux principaux partis politiques fédéraux ne semblent pas enclins à voter une loi au niveau fédéral, car elle pose le problème de la part de plus en plus importante des hispanophones dans certains États. Débattre de l'anglais comme langue officielle était considéré par ces partis comme une mise en conflit entre les électeurs anglophones et les électeurs issus d'une immigration récente.

Le 18 mai 2006, le Sénat a adopté une proposition de loi proposée par le républicain James Inhofe décrivant l'anglais comme « langue commune et unificatrice » des États-Unis[81]. L'acquisition de la nationalité américaine ou d'une carte de séjour permanente seraient, selon cette proposition de loi, soumises à la bonne connaissance de l'anglais. Pour entrer en vigueur, elle doit être aussi adoptée à la chambre des représentants, mais pourrait subir le veto du Président.

La Louisiane [modifier]

1968 : Le Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL), organisme d'État chargé de promouvoir le français en Louisiane est créé, à l'initiative de James Domengeaux, représentant (député) et avocat francophone. Par la suite, le français gagne un statut spécial dans cet État (toutefois, la Louisiane n'est pas déclarée officiellement bilingue). Les lois de 1968 en faveur de la renaissance francophone sont votées à l'unanimité par la Chambre des représentants et le Sénat de la Louisiane.

1971 : Edwin Edwards est le premier gouverneur francophone de la Louisiane au XXe siècle.

Américains illustres [modifier]

Voir Liste de personnalités américaines

Listes :

Symboles des États-Unis [modifier]

Statistiques [modifier]

  • Dépenses militaires : 688 milliards USD (budget prévisionnel pour 2010[82])
  • Lignes de téléphone : 150 millions (en 2008)[18]
  • Téléphones portables : 270 millions (en 2008)[18]
  • Postes de radio : 575 millions (en 1997)
  • Postes de télévision : 219 millions (en 1997)
  • Ordinateurs : 659 pour 1 000 habitants
  • Utilisateurs d'Internet : 231 millions (en 2008)[18]. 15e mondial dans la proportion de population ayant accès au haut débit avec 81,17 millions d'abonnés (juin 2009)[83].
  • Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 7 800 (en 2000)
  • Routes : 6 465 799 km (dont 4 209 835 goudronnés) (en 2007)[18]
  • Voies ferrées : 226 427 km (en 2007)[18]
  • Voies navigables : 41 009 km (en 2008)[18]
  • Nombre d'aéroports : 15 095 (dont 5 174 avec pistes goudronnées) (en 2009)[18]

Codes [modifier]

Les États-Unis ont pour codes :

Notes et références [modifier]

  1. (fr) Devise: In God We Trust [archive] - Traduction officielle sur le site de l'Ambassade des États-Unis à Paris
  2. PIB à parité de pouvoir d'achat, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
  3. PIB nominal, d'après le Fonds monétaire international (FMI).
  4. Comme la plupart des États, les États-Unis ont un nom court pour l'usage courant, pédagogique et cartographique, et un nom long pour l'usage officiel. Voir aussi liste des pays du monde#Nom de forme courte et longue
  5. La République populaire de Chine avec Taïwan est plus étendue que les États-Unis ; sans Taiwan, la Chine se place au quatrième rang mondial
  6. Pays et capitales du monde au 1er janvier 2006 [archive], Commission de toponymie de l’Institut géographique national (IGN) de France
  7. Sur les sites d'Old Crow et de Bluefish ; lire Philippe Jacquin, Daniel Royot, Go West ! Histoire de l’Ouest américain d’hier à aujourd’hui, Paris, Flammarion, 2002, p. 20
  8. (en) Peopling America [archive], juin 2004, Smihtsonian Institute, National Museum of Natural History. Consulté le 24-11-2007
  9. Le Vermont fut le premier à abolir l'esclavage : lire Jacques Binoche, Histoire des États-Unis, Paris, Ellipses, 2003, p. 103 ; Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005 (ISBN 2-0207-9950-2), p. 117
  10. (en) Al Nofi, « Statistics on the War's Costs [archive] », Louisiana State University. Consulté le 24 novembre 2007
  11. (en) 1860 Census [archive], Bureau du recensement américain. Consulté le 24 novembre 2007 [pdf]
  12. Marshall L. De Rosa, ,The Politics of Dissolution: The Quest for a National Identity and the American Civil War, Edison, NJ: Transaction, 1997, p. 266 (ISBN 1-5600-0349-9)
  13. André KASPI, États-Unis 1968, L’année des contestations [archive], Bruxelles, André Versaille éditeur, 2008
  14. Nouvel Observateur [archive]
  15. Colin S. Gray 1999, p. 126
  16. Avec Taïwan
  17. J.-Y. Cleach […], La puissance américaine, p. 104
  18. a, b, c, d, e, f, g et h source : CIA - The World Factbook [archive]
  19. Liste non exhaustive, en particulier pour l'Alaska qui compte de nombreux sommets supérieurs à 4 000 mètres d'altitude
  20. C. Ghorra-Gobin, « De la ville à l'urban sprawl, la question métropolitaine aux États-Unis », Cercles, 13, 2001
  21. C. Ghorra-Gobin, Villes et société urbaine aux États-Unis, 2003, p. 104
  22. a et b Les chiffres de la population se basent sur la définition de la MSA donnée par le bureau de recensement américain ; cependant, il est souvent d'usage de combiner l'aire métropolitaine de San José avec celles de San Francisco et d'Oakland, le tout formant l'agglomération san-franciscaine qui compte 7,1 millions d'habitants
  23. Americans Favor Private Giving, People-to-People Contacts [archive], 2007, U.S. Dept. of State, International Information Programs. Consulté le 17 juin 2007
  24. Department of Defense Active Duty Military Personnel Strengths by Regional Area and by Country (309A) [archive], 31 décembre 2005, Global Policy Forum. Consulté le 21 juin 2007 [pdf]
  25. Ikenberry, G. John, « Illusions of Empire: Defining the New American Order [archive] », March/April 2004, Foreign Affairs
  26. Kreisler, Harry, and Chalmers Johnson, « Conversations with History [archive] », 29 janvier 2004, University of California at Berkeley. Consulté le 21 juin 2007
  27. The Fifteen Major Spender Countries in 2006 [archive], Stockholm International Peace Research Institute. Consulté le 20 juin 2007
  28. CIA, « Rank Order—Military Expenditures—Percent of GDP [archive] », 31 mai 2007, U.S. Dept. of S20tate, International Information Programs. Consulté le 13 juin 2007
  29. Budget of the United States Government, FY 2009, « Department of Defense [archive] », Office of Management and Budget. Consulté le 2 mars 2008
  30. Global Military Spending Hits $1.2 Trillion: Study [archive], 11 juin 2007, Reuterst. Consulté le 21 juin 2007
  31. Iraq Coalition Casualties [archive], 17 octobre 2008, Iraq Coalition Casualty Count. Consulté le 17 octobre 2008
  32. (en) iCasualties.org: Operation Enduring Freedom [archive]
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  35. (en) Consumer Price Index Summary [archive], 17-10-2007, U.S. Dept. of Labor. Consulté le 13-11-2007
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  51. Portail de l'Advocacy Center [archive]
  52. Éric Denécé et Claude Revel, l'autre guerre des États-Unis, économie : les secrets d'une machine de conquête, pasges 71 à119
  53. Éric Denécé et Claude Revel, l'autre guerre des États-Unis, économie : les secrets d'une machnine de conquête, page 58
  54. Éric Denécé et Claude Revel, l'autre guerre des États-Unis, économie : les secrets d'une machine de conquête, pages 120 à 172
  55. a, b, c, d, e et f L’état du monde 2006, Paris, La Découverte, 2005, page 362
  56. Pierre-Yves Dugua, « Dollar faible : l'Amérique en solde pour les touristes »dans Le Figaro du 13/07/2007, [lire en ligne [archive]]
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  59. (en) Income 2005 [archive]. Consulté le 19-06-2007
  60. (en) Emmanuel Saez, Striking it Richer : The Evolution of Top Incomes in the United States (Update using 2006 preliminary estimates) [archive], 15 mars 2008, p. 6.
  61. Ibid., p. 7.
  62. André Kaspi, Les États-Unis d'aujourd’hui, Paris, Plon, 1999, p. 183
  63. A. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La civilisation américaine, Paris, PUF, 2004, p. 108
  64. National Energy Assistance Referral - LIHEAP Clearinghouse [archive]
  65. A. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La civilisation américaine, Paris, PUF, 2004, p. 112
  66. A. Kaspi, F. Durpaire, H. Harter, A. Lherm, La civilisation américaine, Paris, PUF, 2004, p. 106
  67. a et b Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319), p. 358
  68. Article du Monde, 21/01/2005, [lire en ligne [archive]]
  69. André Kaspi, Les États-Unis d’aujourd’hui, Paris, Plon, 1999, p. 183
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  73. Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2-0707-7931-9), p. 196
  74. a et b Hélène Harter, L'Amérique, Paris, Le Cavalier Bleu, collection idées reçues, 2001 (ISBN 2-8467-0025-7), p. 30
  75. Guy Haarscher, La laïcité, Paris, PUF, que sais-je ? 3e édition, 2004 (ISBN 2-1305-3915-7), p. 102
  76. a, b et c Laurie Goodstein, « Athées et fiers de l’être », dans Courrier international du 12-05-2009, [lire en ligne [archive]]
  77. Sondage Pew Forum réalisé sur 35 000 personnes entre mai et août 2007 : Philippe Gélie, correspondant à Washington, Le Figaro, « L'Amérique mystique, religieuse et tolérante [archive] » sur http://www.lefigaro.fr/ [archive], 24/06/2008. Consulté le 25 juin 2008
  78. (en) All-Time Medal Standings, 1896-2004 [archive], Information Please. Consulté le 25 novembre 2007
  79. (en) All-Time Medal Standings, 1924-2006 [archive], Information Please. Consulté le 25 novembre 2007
  80. Table 52—Languages Spoken at Home by Language: 2005 [archive], U.S. Census Bureau. Consulté le 18 octobre 2008
  81. a et b Le Sénat américain fait de l'anglais la « langue nationale » [archive], Le Monde, 19 mai 2006
  82. (en) Budget militaire des États-Unis ; estimation [archive] - Department of Defense [pdf]
  83. Statistiques de l'OCDE sur la pénétration de l'accès Internet haut débit pour juin 2009 [archive] [xls]

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

Articles connexes [modifier]

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Liens externes [modifier]

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Lundi 26 Avril 2010Poster un commentaire