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Cet article concerne le pays européen. Pour les autres significations, voir France (homonymie). |
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| République française (fr) | |||||
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| Devise nationale : Liberté, Égalité, Fraternité | |||||
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| Langue officielle | français | ||||
| Capitale |
Paris |
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| Plus grandes villes, classées par aire urbaine | Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nice, Bordeaux, Nantes, Strasbourg ... | ||||
| Forme de l’État | République | ||||
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- Président de la République - Premier ministre |
Nicolas Sarkozy François Fillon |
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Superficie - Totale - Eau (%) |
Classé 41e[1] 675 417[note 1] km2 0,26 % |
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Population - Totale (Janvier 2010) - Densité |
Classé 21e 65 447 374[2] hab. 97[note 2] hab./km2
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| Gentilé | Français, Française | ||||
| PIB (PPA) (2008) | 2 130 milliards USD[note 3] (8e) | ||||
| PIB (nominal) (2008) | 2 865 milliards USD[note 4] (5e) | ||||
| IDH (2007) |
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| Monnaie |
Euro et Franc CFP[note 5],[note 6] (EUR) |
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| Fuseau horaire | UTC +1 (CET) ; | ||||
| Hymne national | La Marseillaise | ||||
| Domaine internet | .fr[note 7] | ||||
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Indicatif téléphonique |
+33
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La France, officiellement la République française, est un pays dont la majeure partie du territoire et de la population est située en Europe occidentale, mais qui comprend aussi de nombreux territoires répartis dans les Amériques, l'océan Indien et le Pacifique. Membre fondateur de l'Union européenne, la France a pour capitale Paris, pour langue officielle le français et pour monnaie l'euro.
État-nation ancien, où l'influence de l'Église catholique a longtemps été prééminente, la France a eu un rôle déterminant dans l'histoire mondiale par l'influence de sa culture et de ses valeurs démocratiques, par la colonisation qu'elle a mené en Amérique, en Asie, en Océanie et surtout en Afrique, et par son rôle pionnier dans la construction européenne. Peuplée par 65,4 millions d'habitants au 1er janvier 2010, la France est en 2008 la cinquième puissance économique mondiale aux taux de change du marché. Son économie, de type capitaliste mais avec une intervention étatique assez forte, fait d'elle un des leaders mondiaux dans les secteurs de l'agroalimentaire, de l'aéronautique, de l'automobile, du luxe ou encore du tourisme. Puissance nucléaire, la France est l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.
La France a une superficie de 670 922 km², ou 547 030 si l'on ne comptabilise pas l'outre-mer[3]. Elle est le 41e plus grand État du monde par sa surface terrestre[3] et le deuxième par sa zone économique exclusive[4]. Elle est en outre le troisième plus grand pays d'Europe, après la Russie et l'Ukraine (deuxième si on inclut les territoires hors d'Europe), et le plus grand de l'Union européenne[3]. Son territoire métropolitain continental s'étend sur environ 1000 km du nord au sud et d'est en ouest.
La France métropolitaine est située à une des extrémités occidentales de l'Europe. Elle est bordée par la mer du Nord au nord, la Manche au nord-ouest, l'océan Atlantique à l'ouest et la mer Méditerranée au sud-est. Elle est frontalière de la Belgique et du Luxembourg au nord-est, de l'Allemagne et de la Suisse à l'est, de l'Italie et de Monaco au sud-est, de l'Espagne et d'Andorre au sud-ouest. Si les frontières du sud du pays correspondent à des massifs montagneux, les frontières du nord-est ne correspondent à aucune limite géographique[note 8] ni linguistique[note 9]. La France métropolitaine comprend plusieurs îles, notamment la Corse.
La France possède également de nombreux territoires situés en-dehors du continent européen, couramment appelés France d'outre-mer ou DOM-TOM, qui lui permettent d'être présente dans tous les océans. Ces territoires au statut varié, sont[5] :
Le territoire métropolitain de la France offre une grande variété d'ensembles topographiques et de paysages naturels[g 1]. De larges parties du territoire actuel de la France ont été soulevées lors de plusieurs épisodes tectoniques, notamment la surrection hercynienne à l'ère paléozoïque qui est à l'origine des massifs armoricain, central, morvandau, vosgien, ardennais et corse[g 2]. Les massifs alpin, pyrénéen et jurassien sont eux beaucoup plus jeunes, et possèdent des formes moins érodées[g 2] - les Alpes culminent à 4 810 mètres d'altitude au Mont Blanc[6].
Ces massifs délimitent plusieurs bassins sédimentaires, notamment le bassin aquitain au sud-ouest et le bassin parisien au nord[g 2] - ce dernier comprend plusieurs régions au sol particulièrement fertile, notamment les plaines limoneuses de la Beauce et de la Brie[g 3]. En outre, diverses voies de passage naturelles, telles que la vallée du Rhône, permettent des communications aisées[g 4]. Les littoraux offrent des paysages assez contrastés ; il s'agit tantôt de retombées de massifs montagneux (la Côte d'Azur par exemple), de plateaux se terminant sur des falaises (la Côte d'Albâtre) ou de larges plaines sableuses (la plaine du Languedoc)[g 5].
Le réseau hydrographique de la France est principalement organisé autour de quatre grands fleuves, la Loire, la Seine, la Garonne et le Rhône[g 6], auxquels on peut ajouter la Meuse et le Rhin, moins importants en France mais majeurs à l'échelle européennne. Le bassin versant français des quatre premiers correspond à plus de 62 % du territoire métropolitain[note 11],[g 6].
Le climat de la France métropolitaine est tempéré[g 7], influencé par l'anticyclone des Açores comme le reste de l'Europe de l'Ouest[7], avec des variantes régionales ou locales assez marquées. La typologie actuelle retient six grands domaines climatiques[g 7] :
Une grande partie de la France d'outre-mer est en revanche soumise à des climats tropicaux (avec de fortes variantes)[g 8], auxquels il faut ajouter les exceptions guyanaise (climat équatorial)[8], de Saint-Pierre-et-Miquelon (climat océanique)[9] et des Terres australes et antarctiques françaises (climats polaire et océanique[10].
Le tableau ci-dessous permet de découvrir les données climatiques concernant quelques villes françaises, et de les comparer à celles de quelques villes du monde.
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Si le climat français métropolitain est tempéré, les catastrophes climatiques n'en sont pas moins relativement fréquentes. Les tempêtes (comme celles de décembre 1999, qui ont abattu 7 % des arbres des forêts françaises[g 9]), les canicules (15 000 morts à l'été 2003[g 9]), les incendies et surtout les inondations (par exemple celles liées au passage de la tempête Xynthia sur le littoral atlantique en février 2010[12]) marquent les esprits et semblent de plus en plus fréquents aux Français[g 9].
Le climat de la France s'est réchauffé de 0,1 °C en moyenne par décennie au cours du XXe siècle[g 10]. Au cours du XXIe siècle, le changement climatique pourrait entraîner une hausse de la température moyenne de 2 à 3,5 °C[g 10].
La France métropolitaine possède une grande variété de paysages, entre des plaines agricoles ou boisées, des chaînes de montagnes plus ou moins érodées, des littoraux diversifiés et des vallées mêlant villes et espaces néo-naturels. La France d'outre-mer possède quant à elle une biodiversité exceptionnelle, par exemple dans la forêt équatoriale guyanaise ou dans les lagons de Nouvelle-Calédonie[13]. La France est un des pays les plus boisés d'Europe occidentale, les forêts occupant 28 % de la surface nationale[g 11].
Cette diversité des paysages et des écosystèmes est menacée par la fragmentation écologique des milieux par un dense réseau routier[14], par l'artificialisation des côtes et par la pollution de son eau et de ses sols. Un tiers des eaux de surface sont de mauvaise voire de très mauvaise qualité, principalement à cause des pollutions industrielles[g 12] ; les pollutions agricoles liées à l'usage d'engrais et de pesticides ont quant à elles fortement détérioré la qualité des nappes phréatiques dans plusieurs régions, en particulier la Bretagne[g 13]. La littoralisation du peuplement et des activités[g 14] entraîne une extension et une densification du bâti sur les côtes[g 15], malgré l'intervention du Conservatoire du Littoral[g 16] et le caractère inondable de certains secteurs. Quant aux infrastructures de transport, notamment routières, elles exposent leur riverains à une pollution atmosphérique, sonore et visuelle importante[14].
Néanmoins, les pouvoirs publics tentent depuis plusieurs décennies de répondre à ces défis environnementaux par une politique volontariste. Aux réserves naturelles et aux parcs nationaux se sont ajoutés depuis 1968 les parcs naturels régionaux[15], qui mêlent conservation et mise en valeur du patrimoine naturel et culturel[b 1] et couvrent en 2007 13 % du territoire français[16]. Six agences de l'eau ont été mises en place pour gérer et protéger les ressources en eau du pays[g 12]. Grâce à une politique de limitation de l'usage des produits pétroliers et à l'importance de l'énergie nucléaire, les émissions françaises de CO2 par tête sont inférieures à celles de la plupart de ses voisins européens, et a fortiori de celles des États-Unis[17].
La France métropolitaine est marquée par des déséquilibres spatiaux multiples. D'une part, la France possède l'originalité d'avoir une capitale sept fois plus peuplée que la deuxième ville du pays[note 12], et qui regroupe un quart des étudiants[i 1] et la quasi-totalité des sièges de grandes entreprises du pays[18]. D'autre part, la ligne Le Havre-Marseille est souvent considérée comme la limite entre un est à l'industrie et à l'urbanisation anciennes, et un ouest longtemps resté agricole et qui bénéficie aujourd'hui d'un important essor démographique et économique[l 1]. Enfin, des Ardennes au nord-est aux Landes au sud-ouest se dessine une « Diagonale des faibles densités », caractérisée par un peuplement faible comparé au reste du pays et une économie souvent en difficulté[19].
Après un long exode rural au XIXe et jusque dans la deuxième moitié du XXe siècle[l 2], le solde migratoire des campagnes françaises est redevenu positif dans les années 1990[l 1]. L'essentiel de la croissance urbaine se fait dans les zones périurbaines, de plus en plus éloignées de l'agglomération-centre[l 2]. Le tableau ci-dessous fait la liste des principales villes du pays en 1999, non pas en fonction de leur population intra-muros mais de celle de leur aire urbaine.
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Ville![]() |
Aire urbaine[i 2]![]() |
Commune[i 3]![]() |
|---|---|---|---|
| 1 | Paris | 11 174 743 | 2 193 030 |
| 2 | Lyon | 1 648 216 | 472 330 |
| 3 | Marseille-Aix-en-Provence | 1 516 340 | 852 395 |
| 4 | Lille | 1 143 125 | 225 789 |
| 5 | Toulouse | 964 797 | 439 453 |
| 6 | Nice | 933 080 | 348 721 |
| 7 | Bordeaux | 925 253 | 235 178 |
| 8 | Nantes | 711 120 | 283 025 |
| 9 | Strasbourg | 612 104 | 272 123 |
| 10 | Toulon | 564 823 | 166 537 |
En raison de sa situation de carrefour, la France est un pays de passage[g 17]. Elle est en effet le passage obligé pour les hommes et les marchandises circulant par voie terrestre entre la péninsule Ibérique et le reste de l'Europe, et, depuis l'ouverture en 1993 du tunnel sous la Manche, entre le Royaume-Uni et le reste de l'Europe[g 17]. Héritage de l'histoire, les réseaux de transports français sont très centralisés autour de Paris[g 18] ; cette centralisation est particulièrement forte dans les transports ferroviaires et aériens, même si elle commence à diminuer[20].
Le principal moyen de transport utilisé en France est la route, qui représente 86 5 % et 79 9 % des trafics voyageur et marchandises respectivement[note 13],[21]. La France compte plus d'un million de kilomètres de routes en 2005[22], dont la quasi-totalité sont revêtues. Depuis la Libération, la France s'est doté d'un réseau autoroutier étendu, qui totalise 10 991 km en 2007[22]. La France compte plus de 31 millions de voitures particulières[23] ; 40 millions de Français sont titulaires du permis de conduire[24], qui peut être passé à partir de l'âge de 18 ans. Depuis quelques décennies, les politiques publiques s'attachent à réduire la mortalité sur la route, principalement liée à la vitesse et à l'alcool[note 14],[f 1] ; elles tâchent également de réduire la dépendance des Français vis-à-vis de la voiture, au profit d'autres moyens de transport moins polluants[d 1].
Le réseau ferroviaire français, de son côté, date pour l'essentiel du milieu et de la fin du XIXe siècle ; il compte en 2009 29 473 km de lignes[25], dont plus de la moitié sont électrifiées[25]. L'essentiel du trafic est assuré par l'entreprise publique SNCF, sur les lignes appartenant au gestionnaire d'infrastructure RFF. Après un apogée atteint au début du XXe siècle, le trafic ferroviaire a décliné régulièrement en France jusqu'aux années 1970[26] ; si la part du train continue de décliner dans le transport de marchandises[27], elle augmente dans le transport de voyageurs. Cette augmentation est liée d'une part à la prise en charge par les régions du trafic régional et local, et surtout à la naissance et à l'extension continue du réseau TGV[28] : ce train, mis au point par Alstom, est l'un des plus rapides au monde[note 15] et relie entre elles plus de 200 gares. D'autre part, les principales villes du pays sont dotées d'un réseau ferroviaire urbain, de type métro, tramway ou RER ; le métro de Paris, né en 1900[29], forme l'un des réseaux les plus denses au monde[30].
Quant au transport aérien, il est particulièrement centralisé : les deux aéroports parisiens de Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly ont accueilli en 2008 plus de 87 000 000 passagers, quand le premier aéroport de province, celui de Nice, en accueillait à peine plus de 10 000 000[31]. Les aéroports de province sont en effet concurrencés par le TGV pour le trafic domestique, tandis que les aéroports parisiens accueillent la quasi-totalité du trafic long-courrier[g 19]. La compagnie aérienne Air France, partiellement privatisée en 1999[32] et membre de l'alliance SkyTeam, assure la majorité du trafic, même si elle est de plus en plus concurrencée par des compagnies à bas coût comme easyJet ou Ryanair[g 20] ; depuis sa fusion en 2004 avec le néerlandais KLM[33], le groupe Air France-KLM forme la première compagnie aérienne européenne[34].
D'autres modes de transport sont utilisés en France, mais ils sont plus marginaux. Le trafic fluvial assure une part négligeable du trafic voyageurs, et très secondaire du trafic marchandises, en raison principalement de l'inadaptation du réseau au trafic moderne[22]. Le trafic maritime est plus important, mais les ports de Dunkerque, Le Havre, Nantes - Saint-Nazaire et Bordeaux font pâle figure face à leurs rivaux de la Mer du Nord comme Rotterdam ou Anvers[35] ; seul le port de Marseille tire son épingle du jeu — Marseille est le premier port de la Méditerranée en tonnage expédié[35]. La marche à pied sur de longues distances répond à une demande de loisirs plus qu'à un besoin de transport ; des chemins de randonnées sont entretenus à cet effet par la Fédération française de randonnée pédestre[36]. Quant au vélo, il connaît aujourd'hui une nouvelle jeunesse, notamment grâce à la préoccupation environnementale des Français et à la mise en place de systèmes de location de bicyclettes dans plusieurs villes du pays[note 16],[d 2].
La France actuelle occupe la plus grande partie des anciennes Gaules celtiques, conquises par Jules César au Ier siècle av. J.-C., mais elle tire son nom des Francs, un peuple germanique dont le nom signifie « hommes libres »[37]. La France est un État-nation ancien, dont les frontières ont de nombreuses fois changées entre le Moyen Âge et le XXe siècle.
La présence humaine sur le territoire de la France actuelle remonte au Paléolithique inférieur ; les traces les plus anciennes de vie humaine datent d'il y a environ 1 800 000 ans[h 1]. L'homme est alors confronté à un climat rude et variable, marqué par plusieurs ères glaciaires qui modifient son cadre de vie[h 1]. Plusieurs sites français ont donné leur nom à des faciès culturels, tels que l'Acheuléen, le Moustérien, le Solutréen ou le Magdalénien. La France compte un nombre important de grottes ornées du Paléolithique supérieur, dont l'une des plus célèbres est celle de Lascaux[h 1] (Dordogne, -18 000 environ[38]).
Vers -10000, à la fin de la dernière ère glaciaire, le climat s'adoucit[h 1]. À partir de -7000 environ, cette partie de l'Europe occidentale entre dans le Néolithique et ses habitants se sédentarisent, même si l'évolution est différente selon les régions[h 2]. La civilisation rubanée, dans l'est de la France actuelle, pratique l'agriculture et s'organise en villages[h 3]. Les Cardiaux, au sud, mêlent quelques héritages du passé, comme la cueillette et l'abri sous roche, aux apports du Néolithique que sont l'agriculture et l'habitat en village[h 3]. Quant aux régions atlantiques, elles voient l'apparition de mégalithes à partir du Ve millénaire, dont certains sont encore visibles à Carnac[h 3]. Après un fort développement démographique et agricole aux IVe et IIIe millénaires[h 4], le métal fait son apparition à la fin du IIIe millénaire, d'abord sous les formes de l'or, du cuivre et du bronze[h 4], puis sous la forme du fer au VIIIe siècle[h 5]. L'apparition de la métallurgie, le développement de l'agriculture et de l'artisanat creusent les écarts de richesse et de pouvoir entre les différents acteurs de la vie économique, et entraînent une hiérarchisation progressive de la société[h 6].
En 600 av. J.-C., des Grecs originaires de la ville de Phocée fondent la ville de Marseille, au bord de la Méditerranée[h 7] ; cette fondation, qui est l'événement le plus ancien de l'histoire de France à être connu par des sources écrites[39], permet la création d'une place commerciale majeure, qui fondera elle-même d'autres comptoirs coloniaux sur le littoral, comme Antibes, Nice et Agde[h 8]. À la même époque, quelques peuples celtes pénètrent dans le territoire de la France actuelle[h 9], mais cette occupation ne se généralise à la France entière qu'entre les Ve et IIIe siècles avant notre ère[h 9]. La notion de Gaule apparaît alors[h 10] ; elle correspond aux territoires de peuplement celte compris entre le Rhin, l'Atlantique et la Méditerranée[h 10]. Les peuples gaulois sont organisés en cités[h 11], dirigées par un chef-roi[h 11] puis par un vergobret élu[h 12], tandis que le pouvoir religieux échoit aux druides[h 12]. À partir du IIe siècle, des places fortes appelées oppida sont créées[h 12] et deviennent les sièges du pouvoir[h 13]. La Gaule est alors un pays prospère[h 14], dont la partie méridionale est de plus en plus soumise aux influences grecques[h 15] et romaines[h 16].
L'attention portée par Rome sur la Gaule se fait de plus en plus forte après la traversée des Alpes par Hannibal en -218[h 17] et la création de deux provinces romaines dans la péninsule ibérique en -202[h 17]. La première intervention de l'armée romaine a lieu en -154, à l'appel de son partenaire commercial marseillais[h 17] ; à partir de -125, le sud de la Gaule est peu à peu conquis par Rome[h 18], qui y fonde les villes d'Aix-en-Provence, Toulouse et Narbonne[h 18], et contrôle progressivement la Gaule transalpine, malgré les révoltes qui y éclatent à la fin du IIe siècle[h 19]. En -58, Jules César, gouverneur de la Gaule transalpine[h 19], se lance à la conquête du reste de la Gaule[h 20]. Après s'être établi dans l'est puis dans l'ouest du pays, César encercle les derniers territoires non romains[h 20], mais il doit faire face en -52 à une révolte mené par le chef gaulois Vercingétorix[h 21] — dont le XIXe siècle fera un héros national[h 21]. Après quelques mois de combats, où ce dernier s'illustre à Gergovie[h 21], il est finalement défait à Alésia par les armées romaines[h 22]. Mais la conquête de la Gaule reste imparfaite[h 22] : les Alpes ne sont entièrement conquises qu'en -14[h 23], les armées romaines ne parviennent pas à dépasser le Rhin[h 23] et plusieurs révoltes importantes surviennent en -28, 21 et 68-70[h 24]. C'est seulement à la fin du Ier siècle que la Gaule s'engage dans une intégration profonde au monde romain[h 25].
Les territoires nouvellement conquis sont répartis par Auguste en neuf provinces romaines, dont les principales sont la Narbonnaise au sud, l'Aquitaine au sud-ouest, la Lyonnaise au centre et la Belgique au nord[h 26]. Mais le cœur de l'organisation politique de la Gaule romaine est la cité[h 27] : si les habitants des cités pérégrines ne possèdent que peu de droits civils et politiques, la plupart des cités obtiennent au Ier siècle le droit latin, voire le droit romain pour Lyon et Vienne[h 27], signe de la place que Rome veut accorder à la noblesse gauloise. Celle-ci est en effet peu à peu associée à la gestion du pouvoir[h 28] ; cette évolution est consacrée par un édit de 212 qui fait de tous les hommes libres de l'Empire des citoyens romains[h 29]. De nombreuses villes sont fondées durant la période gallo-romaine, dont Lyon[h 30], appelée à être une capitale des Gaules[h 31] ; celles-ci sont conçues à l'image des villes romaines, avec un forum, un théâtre, un cirque, un amphithéâtre et des thermes[h 32]. L'agriculture poursuit de son côté son développement, à la suite d'une réorganisation du cadastre et de la création de villas[h 33]. La religion romaine quant à elle se superpose aux cultes gaulois sans les faire disparaître, les divinités se confondant peu à peu dans un même syncrétisme[h 34] ; la Gaule connaît également l'apparition de cultes orientaux, à la fois polythéistes[h 35] et monothéistes — une première exécution de chrétiens a lieu en 177 à Lyon[note 17],[h 36].
Au IIIe siècle, la Gaule romaine connaît une crise grave[h 37]. Le limes, frontière fortifiée protégeant l'Empire des incursions germaniques, est franchi à plusieurs reprises par les Barbares en 253-254, en 256, en 262 et en 275-277, cette dernière invasion permettant aux Francs et aux Alamans de piller la Gaule entière[h 38]. Le pouvoir romain, pendant ce temps, semble chancelant : un Empire des Gaules est proclamé en 260 et échappe à la tutelle romaine jusqu'en 274[h 39]. Après cette première vague d'invasions, une partie de la Gaule est en ruines[h 40] ; de plus, les bagaudes — bandes armées de brigands, d'esclaves, de soldats déserteurs et de paysans ruinés — représentent un défi à l'autorité romaine[h 41]. Néanmoins, la situation s'améliore peu à peu, et la première moitié du IVe siècle est une période de renouveau pour la Gaule[h 42]. Les provinces sont redécoupées et réorganisées[h 41], l'armée est modernisée[h 41] et une certaine prospérité revient[h 43]. En 312, l'empereur Constantin se convertit au christianisme[h 44] ; les chrétiens, persécutés jusque là, se multiplient[h 44], et le premier monastère d'Occident est fondé en 360 à Ligugé près de Poitiers[h 44]. L'Église naissante doit faire face à l'hérésie arienne, qui, bien que condamnée par le Concile de Nicée en 325, se développe rapidement en Gaule[h 45]. Mais cette période de prospérité se termine dans la seconde moitié du IVe siècle, avec la reprise des invasions barbares[h 46]. Après plusieurs incursions repoussées tant bien que mal par l'armée romaine, les Vandales, Suèves et Alains franchissent le Rhin le 31 décembre 406[h 46] et traversent la Gaule jusqu'en Espagne[h 47], suivis entre 410 et 420 par les Burgondes et les Wisigoths qui s'installent respectivement au centre-est et au sud-ouest du pays[h 47]. Après l'échec des Huns en 451[h 47], les Alamans et les Francs s'installent au nord-est de la France actuelle[h 47], tandis que la péninsule armoricaine accueille les Bretons chassés de leur île par d'autres peuples germaniques[h 47]. Si les Wisigoths et les Burgondes sont ariens et revendiquent l'héritage romain[h 48], les Alamans et les Francs — ces derniers sont divisés en deux groupes distincts, les Francs saliens et les Francs rhénans[h 47] — sont païens et exercent une forte pression sur les généraux romains qui subsistent dans le nord-est de la Gaule[h 48].
Si la Gaule est divisée à la chute de l'Empire romain d'Occident en de multiples royaumes, divers tant par la taille que par la religion ou l'ethnie majoritaire[h 48], les Francs saliens parviennent en quelques décennies à réunir sous le commandement de leur chef Clovis l'essentiel des territoires situés entre le Rhône et l'Atlantique[h 49]. L'événement décisif dans cette conquête est la conversion de Clovis au christianisme, symbolisée par son baptême à Reims en 496[note 18],[h 50], qui fait de celui-ci l'allié de l'Église contre les autres peuples barbares[h 50]. Clovis fixe à Paris sa capitale[h 50], et ses fils achèvent l'unification de la Gaule en conquérant la Bourgogne et la Provence[h 50]. La fusion des héritages gallo-romains, des apports germaniques et du christianisme est longue et difficile, les Francs constituant originellement une société guerrière aux lois très éloignées du droit romain et des principes chrétiens[h 51]. Tandis que la faiblesse démographique que connaît le Royaume des Francs entraîne un déclin des villes[h 52], le christianisme s'installe par la fondation d'églises rurales et surtout de très nombreux monastères[h 53]. Si le pouvoir de Clovis semblait originellement solide[h 50], la dynastie mérovingienne doit bientôt faire face à de graves difficultés : les successions à la tête du royaume engendrent des rivalités qui mènent parfois à la guerre civile[h 54], les entités régionales gagnent une autonomie de plus en plus grande[h 54] — l'Austrasie en particulier, qui est la partie la plus développée économiquement du royaume[h 55] — et le pouvoir des aristocraties régionales augmente[h 54]. En 687, l'aristocratie dissidente d'Austrasie, conduite par Pépin de Herstal, bat les troupes fidèles au roi à Tertry[h 54] ; si le pouvoir mérovingien bénéficie d'un sursis[h 54], le petit-fils de Pépin d'Herstal, Pépin le Bref, est sacré roi des Francs en 751, fondant ainsi la dynastie carolingienne[h 55].
Pépin le Bref et son fils Charlemagne agrandissent considérablement le royaume des Francs[h 56], qui s'étend à la fin du VIIIe siècle sur plus d'un million de kilomètres carrés[h 57], de Barcelone et de Rome à la Mer Baltique et de l'Elbe à l'Atlantique[h 56]. Allié au pape[h 58], Charlemagne peut alors être couronné en 800 empereur d'Occident par ce dernier[h 57]. L'immense empire carolingien est contrôlé par une administration centralisée basée à Aix-la-Chapelle, des comtes représentant Charlemagne dans tout l'empire et étant surveillés par les missi dominici[h 59]. L'empereur est un précieux allié de l'Église[h 60], dont il réforme les clergés régulier et séculier[h 60] et pour laquelle il institue l'impôt de la dîme[h 60]. Il relance les arts libéraux dans l'éducation, et met en place une école dans chaque évêché pour apprendre aux enfants à lire, écrire, compter et chanter[h 61] ; la Renaissance carolingienne est également marquée par l'activité intellectuelle et artistique de haut niveau du Palais d'Aix-la-Chapelle[h 62]. Mais l'œuvre de Charlemagne survit difficilement à son auteur ; après la mort de l'empereur, les comtes et les vassaux de celui-ci parviennent peu à peu à rendre leur fonction héréditaire[h 63], et les petits-fils de Charlemagne se disputent l'Empire par les armes à partir de 840[h 63]. Charles et Louis s'allient contre leur frère aîné Lothaire[h 63] ; les Serments de Strasbourg en 842 sont le premier texte en langue romane — l'ancêtre du français — dont on ait conservé la trace[note 19],[h 63]. Le traité de Verdun signé l'année suivante divise l'empire en trois entités[h 64] ; Charles obtient la Francie occidentale, qui correspond approximativement aux deux tiers occidentaux de la France actuelle et dont les frontières varieront peu jusqu'à la fin du Moyen Âge, faisant de ce partage de Verdun un premier acte de naissance de la France[h 64].
Le nouveau royaume doit toutefois affronter trois vagues d'invasions différentes aux IXe et Xe siècles[h 65]. Si les musulmans ont été repoussés en 732 par Charles Martel[h 55], leurs attaques se portent désormais sur les côtes méditerranéennes[h 65] ; les Vikings venus de Scandinavie remontent les fleuves du nord du pays et pillent cités et monastères[h 65] ; quant aux Hongrois, ils mènent plusieurs raids dans l'est du pays jusqu'à ce que le roi de Germanie Otton Ier les repousse au Lechfeld en 955[h 65]. À la même époque, les pouvoirs des anciens comtes continuent d'augmenter tandis que le pouvoir royal diminue[h 66] ; dès la fin du IXe siècle, les rois sont élus par les grands du royaume et ne sont plus systématiquement carolingiens[h 67]. La puissance des princes face à la monarchie est une des caractéristiques de la société féodale, qui se maintient en France jusqu'à la fin du Moyen Âge[h 68]. Cette société est caractérisée par sa division en trois ordres[h 69]. La seigneurie, unie par des liens de vassalité et de suzeraineté[h 70], est constituée de chevaliers[h 71] qui formeront peu à peu une noblesse[h 72]. Les paysans — dont une part croissante est assujettie à un seigneur par l'intermédiaire du servage[h 72] — bénéficient de l'essor économique des XIe, XIIe et XIIIe siècles[h 73], qui est rendu possible par une forte croissance démographique[h 74], le défrichement de nombreuses forêts[h 75] et la fixation définitive des villages[h 73]. Quant aux membres du clergé, si leur désignation par les pouvoirs temporels explique un niveau moral et intellectuel inégal[h 76], ils agissent pour limiter la violence de la société et en particulier celle des chevaliers[h 77].
En 987, Hugues Capet est élu roi[h 67] ; il associe dès le début de son règne son fils à l'exercice du pouvoir, ce qui permettra à ce dernier de lui succéder sans difficulté en 996[h 67]. La monarchie redevient ainsi héréditaire, et les Capétiens règneront sur la France pendant plus de 800 ans[note 20]. Néanmoins, les premiers rois capétiens ne contrôlent directement qu'une portion très faible du territoire français, appelée le domaine royal[h 78], et certains de leurs vassaux sont beaucoup plus puissants qu'eux, tels le Duc de Normandie Guillaume le Conquérant qui s'empare en 1066 de l'Angleterre[h 78]. Seul le sacre du roi à Reims, qui le rend thaumaturge[40], l'élève au-dessus des autres seigneurs[h 78]. Au XIIe siècle, le pouvoir royal commence à s'affirmer contre les princes du royaume[h 79], d'abord en affirmant la suzeraineté du roi — il ne peut être le vassal de personne[h 79] —, ensuite en soutenant les contre-pouvoirs que sont l'Église[h 79] et les communes qui se multiplient à cette époque[h 80]. Il doit néanmoins faire face à partir des années 1150 à la naissance d'un « empire Plantagenêt », né de l'héritage, du mariage et des conquêtes de Henri Plantagenêt et regroupant dans un même ensemble l'Angleterre et le tiers ouest de la France[h 81].
Le royaume capétien atteint un apogée au XIIIe siècle[h 82]. La monarchie reprend le pouvoir qu'elle avait perdu trois siècles plus tôt face aux princes[h 83], une administration centrale puissante se met en place[h 84], les arts et la culture sont florissants[h 85] — l'Université de Paris s'affirme comme la capitale intellectuelle de l'Occident[h 86] — et l'essor urbain est tel[h 87] que Paris est à la fin du siècle la plus grande ville d'Europe[note 21],[41]. Philippe Auguste (1180-1223) parvient à conquérir l'essentiel des possessions françaises des Plantagenêt[h 88], mettant temporairement fin à la menace anglaise et agrandissant considérablement le domaine royal par la même occasion[h 88]. Louis IX (1226-1270) se comporte en arbitre de la chrétienté et participe aux septième et huitième croisades[h 89], ce qui l'amènera à être très vite canonisé par l'Église catholique[h 89]. Philippe le Hardi (1270-1285) et Philippe le Bel (1285-1314) affirment plus que jamais la prééminence royale face au seigneur et au pape[note 22],[h 90].
Le XIVe et la première moitié du XVe siècle voient la France plonger dans une crise grave, dont les expressions sont multiples[h 91]. Tout d'abord, la Guerre de Cent Ans menée contre l'Angleterre ravage le pays[h 92]. Un problème de succession à la tête du Royaume de France[note 23] explique la première phase de la guerre[h 93], qui, après l'annexion par les Anglais de tout le sud-ouest de la France jusqu'en 1360, tourne à l'avantage des Français dans les années 1370[h 94]. Mais le roi d'Angleterre Henri V profite de la guerre civile qui éclate au début du XVe siècle entre Bourguignons et Armagnacs[h 95] pour lancer une vaste offensive[h 96], écraser la noblesse française à Azincourt en 1415[h 96] et se faire l'héritier de la couronne de France[h 96]. Alors que la France est au plus bas, Jeanne d'Arc — un personnage qui a depuis été l'objet de nombreux mythes[42] — retourne miraculeusement la situation en délivrant Orléans[h 96] puis en faisant couronner Charles VII en 1429[h 96]. La France est alors progressivement reconquise sur les Anglais jusqu'en 1453[h 96], puis sur l'État bourguignon jusqu'en 1477[h 97] ; Louis XI ne peut cependant empêcher la duchesse Marie, héritière de l'État bourguignon, d'épouser l'empereur Maximilien Ier de Habsbourg, créant ainsi un immense empire à la frontière orientale du royaume[h 97]. Mais la crise des XIVe et XVe siècles n'est pas seulement politique ou militaire : elle est aussi démographique — la peste noire tue à partir de 1347 au moins un tiers de la population du royaume[note 24],[h 98] —, sociale — les insurrections paysannes et urbaines se multiplient[h 99] —, économique[h 100] et religieuse[h 101]. Mais la monarchie, si elle est également touchée par cette crise, n'en sort que renforcée[h 102] : le pouvoir central, qui s'est déplacé dans la vallée de la Loire, se dote de nouvelles institutions[h 102], tandis que la France continue de s'étendre vers le sud[note 25],[h 102]. Surtout, la guerre de Cent Ans a poussé les souverains à mettre en place une armée et un impôt permanents[h 103], et a ainsi fait entrer la France dans l'ère moderne au cours de la seconde moitié du XVe siècle[h 104].
À partir de 1494, les souverains français mènent de multiples guerres en Italie, destinées à s'emparer de ce qui était le foyer économique et culturel de l'Europe à cette époque, mais qui ne permettent aucune conquête durable[h 105]. De plus, le roi François Ier (1515-1547) doit affronter à partir de 1519 le fils de Maximilien, Charles Quint[h 106], qu'il ne peut empêcher de devenir empereur[note 26],[h 107] et qui est à la tête du plus vaste ensemble territorial d'Europe occidentale depuis Charlemagne[43]. Après 40 ans de guerres à répétition[h 107], la France et l'Espagne, épuisés financièrement, signent en 1559 la paix du Cateau-Cambrésis[h 108], par laquelle la France se voit reconnaître ses récentes conquêtes de Calais et des Trois-Évêchés lorrains[h 108]. Mais les règnes de François Ier et de son fils Henri II (1547-1559) sont surtout marqués par un renforcement du pouvoir royal, qui tend à devenir absolu[h 109], et par une Renaissance littéraire et artistique fortement influencée par l'Italie[h 110]. Si ces années sont celles d'une redécouverte des textes antiques grecs et latins[h 111], l'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) fait du français la langue administrative et judiciaire du Royaume[h 112].
Mais l'unité de la France autour de la personne du roi est bousculée dans la deuxième moitié du XVIe siècle par le problème religieux[h 113]. Après s'être montrée dans un premier temps conciliante, voire intéressée par les idées réformées[h 114], la monarchie réprime le protestantisme à partir de 1534[note 27] et surtout après 1540[h 115]. En 1562, ce conflit tourne à la guerre civile entre catholiques et calvinistes[h 116]. Huit guerres de religion se succèdent jusqu'en 1598, entrecoupées de courtes trêves[h 116] ; les meurtres et les massacres se multiplient[h 116], comme le massacre de la Saint-Barthélémy le 24 août 1572 — qui fait 3 000 victimes à Paris[h 117] — ou l'assassinat du chef du parti catholique, Henri de Guise, par les hommes du roi le 23 décembre 1588[h 118]. Cette crise religieuse se double d'une crise économique[h 119], et surtout politique[h 120] : le pouvoir royal est nettement affaibli[h 121], et le calviniste Henri de Bourbon devient héritier de la couronne royale en 1584, une situation inacceptable pour de nombreux Français[h 122]. Ce n'est qu'après avoir abjuré le protestantisme en 1593[h 123] et obtenu ainsi le ralliement progressif des princes catholiques[h 123] qu'Henri IV parvient à établir son autorité sur un royaume à peu près pacifié[h 124]. Le 13 avril 1598, l'édit de Nantes donne aux protestants une liberté partielle de culte et leur permet de conserver 151 places fortes[h 124].
L'assassinat d'Henri IV en 1610[h 125] est suivi d'une période de troubles politiques liée à la minorité et à la faiblesse du jeune Louis XIII[h 126]. Mais le roi est secondé à partir de 1624 par son ministre le cardinal de Richelieu[h 127], qui, malgré l'opposition des nobles, d'une partie de la famille royale et du peuple sur lequel la pression fiscale s'accroit, parvient à rétablir l'autorité royale[h 128]. Son successeur Mazarin devra, durant la régence d'Anne d'Autriche, faire face à la Fronde du Parlement de Paris puis des princes soucieux de récupérer leurs anciens pouvoirs (1648-1653)[h 129]. Pendant ce temps, la réforme catholique et le jansénisme se répandent dans le Royaume[h 130]. La France entre en guerre en 1635 contre l'Espagne, puis en 1636 contre l'Empereur, dans le cadre de la guerre de Trente Ans[h 131] ; les victoires françaises lui permettent d'obtenir l'essentiel de l'Alsace en 1648 aux traités de Westphalie[h 132], puis le Roussillon et l'Artois en 1659 au traité des Pyrénées[h 132]. C'est également à cette époque que la France commence à former un premier empire colonial, principalement en Amérique du Nord (la Nouvelle-France), aux Antilles et sur la route des Indes[h 133]. La France est alors la principale puissance et l'arbitre de l'Europe[h 132].
À la mort de Mazarin en 1661, Louis XIV décide d'assumer seul le pouvoir[h 134]. Soucieux de restaurer l'autorité royale après l'épisode de la Fronde, qui a marqué sa jeunesse, il affirme plus que jamais le caractère absolu de son pouvoir[note 28],[h 135] : le « Roi-soleil » se considère comme le « lieutenant de Dieu sur terre »[h 134] et fait de la Cour le lieu de la célébration permanente de sa personne[h 134]. Louis XIV fait construire le majestueux Château de Versailles, dans lequel chaque élément est un symbole de son pouvoir et de sa gloire[h 136]. Il s'entoure d'artistes et de savants : le Grand Siècle sera surtout marqué par une pléiade d'écrivains renommés, parmi lesquels Racine, Molière, Bossuet et La Fontaine[h 137]. S'il affirme l'indépendance de la monarchie vis-à-vis de Rome[h 138], Louis XIV n'en travaille pas moins à l'unité religieuse de son royaume, en combattant le jansénisme[h 139] et en révoquant l'édit de Nantes en 1685[h 140]. Malgré la situation financière critique de la monarchie, que son contrôleur général des Finances Colbert tâche d'améliorer[h 141], Louis XIV mène plusieurs guerres face à une Europe coalisée contre lui[h 142]. Si ces guerres aboutissent dans un premier temps sur des victoires françaises[h 143] — Louis XIV obtient notamment aux traités de Nimègne (1678-1679) la Franche-Comté et plusieurs villes de Flandre[h 143] —, les années 1690 marquent un coup d'arrêt dans la politique expansionniste du souverain[h 142]. Le marquis de Vauban fait construire dans le même temps un réseau de villes fortifiées aux frontières du Royaume[h 144]. Après avoir placé son petit-fils Philippe d'Anjou sur le trône d'Espagne en 1700[h 145], Louis XIV doit faire face à plusieurs défaites militaires qui ternissent la fin de son règne[h 145]. Lorsque Louis XIV s'éteint en 1715, à la fin du règne le plus long de l'histoire de France[note 29], la France est au bord de la faillite financière[h 146], et sa popularité est au plus bas en raison des guerres perpétuelles et des hausses d'impôts qu'elles ont rendues nécessaires[h 147].
Après une période de régence de huit ans[h 148], son arrière-petit-fils Louis XV entame son règne personnel en 1723[h 149]. Son Premier ministre le cardinal Fleury (1726-1743) va se trouver entraîné dans un double conflit, colonial avec l'Angleterre, successoral avec l'Autriche[h 150], ces guerres donnant lieu à des résultats contrastés[h 151]. En 1763, la France abandonne au traité de Paris ses possessions en Amérique du Nord, tout en conservant ses îles à sucre[h 152]. Trois ans plus tard, la Lorraine est définitivement rattachée à la France[h 152] et en 1768, Louis XVI achète la Corse à la République de Gênes[h 152]. Pendant ce temps, la France connaît une forte vitalité démographique[h 153], économique — la croissance de la production agricole s'accompagne d'une proto-industrialisation, notamment dans le secteur textile[h 154] — et surtout culturelle[h 155]. Le siècle des Lumières voit naître de nombreux philosophes, parmi lesquels Montesquieu, Voltaire, Rousseau et Diderot[h 156] — ce dernier dirige avec son ami D'Alembert la publication de l'Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers[h 157] — dont la diffusion des œuvres est facilitée par l'importance de la langue française en Europe[h 157]. Si ces auteurs diffèrent à de nombreux points de vue, ils ont en commun une critique de la société de leur temps, le principe de séparation des pouvoirs et de respect par le souverain des libertés fondamentales de ses sujets[h 158]. Les dernières années du règne de Louis XV sont marquées par une opposition de plus en plus forte des Parlements face à l'autorité royale[h 159] ; ce problème reste primordial durant les premières années du règne de son petit-fils Louis XVI, qui accède au trône en 1774[h 160]. Mais le principal enjeu de son règne est d'ordre financier : les contrôleurs généraux des Finances se succèdent, incapables de trouver une solution au surendettement de l'État[h 161], tandis que la croissance économique du début du siècle s'essouffle[h 162]. En 1788, pour régler le problème financier, le roi convoque les états généraux[h 163] ; ce qu'on appellera bientôt l'Ancien Régime vit ses derniers mois[h 164].
Le 5 mai 1789, les États généraux s'ouvrent à Versailles[h 165]. Mais les délégués des trois ordres outrepassent rapidement les pouvoirs qui leur sont attribués : à la suite du Serment du Jeu de paume, ils s'érigent en une Assemblée nationale constituante les 17 et 20 juin[h 166], mettant ainsi fin à l'Ancien Régime. Le 14 juillet, la prison de la Bastille, symbole de l'arbitraire royal, est prise par les insurgés parisiens[h 166] ; la révolte se propage ensuite dans le pays[h 166]. Le Roi ne peut alors empêcher l'assemblée constituante de décider l'abolition des privilèges dans la nuit du 4 août[h 166], puis d'adopter le 26 août une Déclaration des droits de l'homme et du citoyen[h 167]. Après un essai de monarchie constitutionnelle[h 167], la République naît en septembre 1792[h 168], et Louis XVI, accusé de trahison, est guillotiné le 21 janvier 1793[h 168]. La France révolutionnaire se lance alors dans plusieurs années de guerres contre les monarchies voisines[h 169], et se radicalise lors de l'épisode de la Terreur[h 169]. Elle ne retrouvera une stabilité partielle qu'en 1795 avec l'instauration du Directoire, une République bourgeoise soucieuse de conserver l'acquis sans verser le sang de ses citoyens[h 168].
Le 9 novembre 1799, le général Napoléon Bonaparte renverse le Directoire par un coup d'État et lui substitue le Consulat[h 170] ; cinq ans plus tard, il est couronné Empereur des Français[h 171]. Napoléon Ier crée ou réforme de nombreuses institutions, dont beaucoup existent toujours en 2010[note 30],[h 172]. Surtout, le Premier Empire sera marqué par de nombreuses victoires face aux puissances voisines, donnant à Napoléon une image de génie militaire[h 173] : au début des années 1810, la moitié de la population européenne est sous son contrôle[note 31],[h 171]. Le déclin sera néanmoins rapide : après une éphémère abdication puis un bref retour au pouvoir[h 174], l'Empereur est définitivement vaincu à Waterloo le 18 juin 1815[h 174].
La France entame alors une seconde expérience de monarchie constitutionnelle[h 175], tandis que le Congrès de Vienne lui retire toutes ses conquêtes postérieures à 1789. Les rois Louis XVIII (1814-1824) et surtout Charles X (1824-1830) remettent en question une partie des acquis de la Révolution, comme la liberté de religion ou la liberté de presse[h 176]. Face à la contestation qui monte, Charles X tente de restaurer son prestige en prenant Alger le 5 juillet 1830[h 176] ; il ne peut cependant empêcher les Trois Glorieuses, un mouvement révolutionnaire qui amène sur le trône Louis-Philippe, un roi alors considéré comme réformateur[h 177]. Néanmoins, si la Monarchie de Juillet est une période d'essor économique important — elle correspond au début de la Révolution industrielle en France[h 178] et à l'ouverture des premières grandes lignes ferroviaires[h 178] —, Louis-Philippe est davantage acquis au libéralisme économique que politique[h 179] et voit bientôt son pouvoir contesté par des opposants de plus en plus nombreux[h 180].
En février 1848, une nouvelle révolution éclate, dont les objectifs ne sont plus seulement politiques mais aussi sociaux[h 181]. Néanmoins, si la Seconde République instaure le suffrage universel masculin, abolit l'esclavage dans les colonies et la peine de mort pour raison politique[h 182], elle ne tarde pas à perdre son assise ouvrière suite aux Journées de Juin[h 183], durant lesquelles plus de 5 000 insurgés sont tués au combat et 25 000 autres arrêtés[44],[45]. La République devient alors conservatrice et élit Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l'empereur, à sa tête[h 183]. Ce dernier organise un coup d'État le 2 décembre 1851[h 184] et est couronné empereur l'année suivante[h 185]. Si les premières années du Second Empire sont celles d'un régime autoritaire[h 185], Napoléon III entame un tournant libéral en 1860[h 186], qui n'empêche pas une montée des oppositions politiques[h 187]. Les réalisations du Second Empire sont néanmoins nombreuses : outre l'accélération du développement ferroviaire et industriel entamé sous Louis-Philippe[h 188], la France participe à l'unification italienne[h 188], le baron Haussmann redessine la capitale[h 188] et une politique sociale est amorcée[h 189]. La défaite de la France face à une Allemagne en cours d'unification, en 1870-1871, est un double tournant dans l'histoire du pays. D'une part, l'empereur capitule à Sedan le 2 septembre 1870 et la République est proclamée le 4[h 190] ; d'autre part, l'Allemagne annexe le Bas-Rhin, l'essentiel du Haut-Rhin et de la Moselle, et une petite partie de la Meurthe[h 191], des territoires dont la perte va longtemps hanter la mémoire collective française[h 192].
La Troisième République naît de manière chaotique[h 191]. Outre les conséquences de la guerre et la Commune de Paris — une insurrection de la capitale qui est écrasée par l'armée en 1871[h 192] —, la nature républicaine du régime n'est pas acquise avant la fin des années 1870[h 193]. Ce régime sera pourtant le plus long de ceux qu'a connus la France depuis 1789. Les républicains mettent peu à peu en place leur projet politique : l'école est rendue gratuite, laïque et obligatoire en 1881-1882[h 194], les libertés de presse et de réunion sont accordées en 1881[h 194], le divorce et les syndicats sont autorisés en 1884[h 194]. Le régime est fortement anticlérical, ce qui le mène jusqu'à la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905[h 195]. À la même époque, la France se dote d'un vaste empire colonial, qui sera le deuxième au monde après celui du Royaume-Uni en 1914[note 32],[h 196]. Si plusieurs crises politiques se succèdent — crise boulangiste, scandale des décorations, scandale de Panamá, affaire Dreyfus[h 197] —, la nature républicaine du régime apparaît de moins en moins contestée[h 198]. La menace principale vient désormais de l'extérieur, où la guerre apparaît de plus en plus imminente[h 199].
Par le jeu des alliances, la France entre en guerre au début du mois d'août 1914 contre l'Allemagne, aux côtés du Royaume-Uni et de la Russie[h 200]. Après qu'une partie du nord-est de la France a été envahie par l'armée allemande[h 201], le front se stabilise à la fin de l'année 1914 et ne se déplacera plus beaucoup jusqu'en 1918[h 201] : les batailles, si elles sont très meurtrières — telle la bataille de Verdun en 1916 —, ne se terminent généralement que par un statu quo[h 201]. Si la classe politique s'est dans un premier temps unie sous la bannière de l'Union sacrée, les tensions sociales se font de plus en plus fortes à partir de 1917[h 202], en raison du nombre extrêmement élevé de victimes — 1 400 000 morts au total[h 203] —, des difficultés économiques[h 202] et de la longueur d'une guerre qui semble ne jamais devoir finir[h 202]. Après que le front a été rompu par les armées alliées à partir de l'été 1918[h 202], l'Allemagne signe le 11 novembre l'armistice de Rethondes[h 203]. Outre le retour de l'Alsace-Lorraine à la France, les conditions de la paix que Paris souhaite imposer à Berlin lors du traité de Versailles sont particulièrement dures : la France compte en effet faire payer les dommages de la guerre à celle qu'elle accuse d'en être la seule responsable[h 203].
Après quelques années de reconstruction[h 204] — de nombreux villages du nord-est avaient été entièrement détruits —, la France, dont la politique est désormais tournée vers l'extérieur, peine à retrouver sa vigueur économique d'avant-guerre[h 205]. Elle sera néanmoins touchée bien après la plupart des autres puissances par la crise des années 30[h 206]. Mais si cette crise est tardive, elle est durable et profonde. Aux difficultés économiques s'ajoute une crise de régime, qui tourne à l'émeute le 6 février 1934[h 207]. L'arrivée au pouvoir en 1936 du Front populaire, une coalition de partis de gauche qui est à l'origine de plusieurs avancées sociales[note 33], est un signal d'espoir pour beaucoup de Français[h 208], mais ce gouvernement ne tarde pas à se déchirer[h 209]. Au final, lorsque la France déclare le 3 septembre 1939 la guerre à l'Allemagne nazie[h 210], elle sort tout juste de la plus grande crise qu'est connue la Troisième République.
Après près d'un an sans combats (la « Drôle de guerre »)[h 211], la Wehrmacht envahit le 10 mai 1940 le nord-est de la France[h 212]. Après seulement six semaines, une grande partie du territoire français est occupée par l'armée nazie[h 212], et le Maréchal Philippe Pétain, nommé président du Conseil le 16 juin[h 212], demande l'armistice le 22[h 212]. La France est alors divisée entre une « zone occupée » au nord et à l'ouest et une « zone libre » au sud-est[h 212]. Le Maréchal Pétain obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet[h 213], signant ainsi la fin de la Troisième République et la naissance du Régime de Vichy (du nom de la ville où le gouvernement s'était installé)[h 212], qui mène une politique conservatrice, traditionaliste et antisémite et collabore avec le Troisième Reich[h 214]. Dans le même temps, la Résistance s'organise, à la fois à l'intérieur du pays[h 215] (par le sabotage de voies ferrées ou le sauvetage de Juifs par exemple) et à l'extérieur, où le Général Charles de Gaulle, rendu célèbre par son appel du 18 juin 1940 sur la BBC[h 216], parvient peu à peu à prendre la tête d'une « France libre »[h 217]. Le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie sonnera le glas du Régime de Vichy[h 218], et le début de la Libération de l'Europe[h 219]. Au total, ce conflit aura tué moins de militaires que le précédent[note 34], mais les victimes civiles sont nombreuses – au moins 75 000 Juifs installés sur le territoire français ont été tués lors de la Shoah[46],[note 35] – et les blessures psychologiques et politiques longues à cicatriser[h 219].
Après l'exécution extra-judiciaire puis judiciaire de nombreuses personnalités politiques et intellectuelles, accusées de collaboration avec le Troisième Reich[h 219], commence une période de renouveau pour la France[h 220]. Si le Général de Gaulle ne peut empêcher l'adoption d'une constitution proche de celle de la Troisième République[h 221], dont le parlementarisme mènera plusieurs fois le régime au bord de la paralysie[h 222], l'après-guerre voit la création de la Sécurité sociale, le droit de vote accordé aux femmes ou encore la nationalisation de nombreuses entreprises[h 220]. La France entame dans le même temps une période de forte croissance économique[h 223], que l'économiste Jean Fourastié appellera « Trente Glorieuses »[47]. Mais l'essentiel du travail de la Quatrième République est encore une fois lié à la politique extérieure : malgré la puissance du Parti communiste, la France choisit le camp occidental dans la Guerre froide qui s'ouvre à cette époque et intègre l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN)[h 221]. La Quatrième République doit également faire face aux débuts de la décolonisation : l'Indochine obtient son indépendance en 1954 après huit ans de guerre[h 224], et l'Algérie s'enfonce à partir de 1954 dans un conflit[h 224] qui reste en 2010 une zone d'ombre de l'histoire de France[note 36],[h 225]. Enfin, la Quatrième République voit les débuts de la construction européenne : après la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) en 1951[h 226], la France est l'un des six membres fondateurs de la Communauté économique européenne en 1957[h 227].
Le 1er juin 1958, suite à l'insurrection de généraux favorables à l'Algérie française et qui avaient exigé le retour de De Gaulle au pouvoir[h 228], le général est investi Premier ministre par le Parlement avec pour mission de donner à la République une nouvelle constitution[h 229]. La Cinquième République donne au président des pouvoirs plus larges face au Parlement[h 230], créant un régime d'un type nouveau, parfois qualifié de « semi-présidentiel »[note 37]. De Gaulle donne leur indépendance aux pays d'Afrique noire en 1960[h 231], puis à l'Algérie en 1962 malgré l'opposition de l'armée qu'il avait semblé un temps soutenir[h 232]. Dans le domaine des relations internationales, De Gaulle affirme l'indépendance de la France face aux États-Unis, notamment en critiquant la guerre menée par Washington au Vietnam et en se retirant du commandement intégré de l'OTAN[h 233]. Mais la crise étudiante et sociale de mai 1968 met en avant l'archaïsme d'un régime qui semble déconnecté des aspirations de son temps, et d'un président qui démissionne un an plus tard[h 234]. Le gaullisme se maintient néanmoins au pouvoir cinq ans de plus, sous la figure du président de la République Georges Pompidou[h 235].
En 1974 s'ouvre l'ère post-gaulliste, avec l'arrivée d'une personnalité issue du centre, Valéry Giscard d'Estaing, au poste de président[h 236]. Alors que la France entre peu à peu dans la crise des années 70, les premières années de son mandat sont marquées par plusieurs lois tentant d'adapter la loi aux mutations de la société française, comme la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG)[h 237] ou l'abaissement de 21 à 18 ans de l'âge de la majorité[h 238]. Mais le véritable tournant a lieu en 1981, lorsqu'un président socialiste, François Mitterrand, est élu[h 239]. Face à la situation économique qui s'aggrave – malgré les périodes de faible croissance qui alternent avec les crises –, celui-ci tente dans un premier temps une politique de relance[h 240], tout en adoptant des mesures symboliquement fortes comme l'abolition de la peine de mort[48]. Dans le même temps, la France poursuit la construction européenne, en signant l'Acte unique en 1986[49] puis en ratifiant par référendum en 1992 le Traité de Maastricht, qui crée l'Union européenne[h 241]. Si François Mitterrand est réélu en 1988, la France connaît entre 1986 et 1988 puis entre 1993 et 1995 deux périodes de « cohabitation »[h 242], situation jusque là inédite où le Président n'appartient pas au même parti que son gouvernement et qui offre une lecture nouvelle des institutions. Cette situation se reproduit entre 1997 et 2002, mais de façon inversée, après qu'un président de droite, Jacques Chirac, a été élu en 1995[h 243] ; le gouvernement de « gauche plurielle » dirigé par le socialiste Lionel Jospin adopte plusieurs réformes emblématiques mais contestées, comme la loi sur les 35 heures[50] ou la création du Pacte civil de solidarité (PACS), destiné à donner un cadre légal aux couples hétérosexuels comme homosexuels[51]. La France adopte dans le même temps la monnaie unique européenne[52].
L'élection présidentielle de 2002 est marquée par une surprise électorale, avec l'élimination de Lionel Jospin dès le premier tour au profit de Jean-Marie Le Pen, candidat de l'extrême droite[53]. Jacques Chirac est alors logiquement réélu[53], et les gouvernements Raffarin puis Villepin sont marqués par l'opposition de la France à la guerre en Irak[54], par le « non » au référendum sur la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe[55] puis par les émeutes urbaines de novembre 2005[56]. Si Nicolas Sarkozy, président à partir de 2007, appartient au même parti que son prédécesseur, la politique qu'il mène se veut de « rupture »[57]. Le gouvernement « d'ouverture » que François Fillon forme avec des personnalités issues non seulement de la droite, mais aussi du centre et de la gauche[57], doit cependant faire face à la crise économique venue en 2008-2009 des États-Unis[58].
La France est une démocratie libérale, dont le gouvernement a la forme d'une république. Les fondements de l'organisation politique et administrative actuelle de la France ont été fixés en 1958 par la Constitution de la Cinquième République. Selon l'article premier de cette constitution, « la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Depuis 2003, ce même article affirme en outre que « son organisation est décentralisée ».
L'organisation des pouvoirs en France est définie par la constitution de 1958, qui a été amendée à plusieurs reprises[p 1] ; le rôle de chaque institution est cependant défini tant par la pratique observée depuis 1958 que par le texte de la Constitution[p 1]. La France possède un régime politique original par le large pouvoir dont disposent à la fois le Parlement et le Président de la République, ce qui a amené les constitutionnalistes à parler de « régime parlementaire présidentialisé », de « régime semi-présidentiel » ou encore de « régime parlementaire bireprésentatif »[note 38].
Le pouvoir législatif appartient au Parlement, formé de deux chambres, l'Assemblée nationale et le Sénat[p 2]. L'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement, est formée de 577 députés en 2010[59], élus pour cinq ans au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans des circonscriptions découpées au sein des départements[p 3]. L'Assemblée nationale a le dernier mot en cas de désaccord prolongé avec le Sénat sur l'adoption d'une loi[p 4]. Ce dernier est formé en 2010 de 343 sénateurs élus pour six ans par 150 000 grands électeurs (principalement des élus locaux)[60] et est de ce fait considéré comme moins représentatif que l'Assemblée nationale[p 5].
Le pouvoir exécutif appartient en premier lieu au Président de la République[p 6], élu pour cinq ans[note 39],[61] au suffrage universel direct au scrutin uninominal majoritaire à deux tours[p 7]. Le Président de la République est le chef de l'État et le chef des armées, il promulgue les lois et peut dissoudre l'Assemblée nationale[p 8]. Il nomme le Premier ministre, et, sur proposition de celui-ci, les membres du gouvernement[p 9]. Le gouvernement peut être renversé par une motion de censure adoptée par l'Assemblée nationale[p 4]. Lorsque la majorité parlementaire et le Président n'appartiennent pas au même parti politique, une lecture nouvelle des institutions voit le jour — on parle alors de cohabitation[p 2].
Le pouvoir judiciaire, quant à lui, est séparé des deux autres, bien que le Président de la République dispose d'un droit de grâce[62]. Il est lui même subdivisé entre un ordre administratif, dont la plus haute juridiction est le Conseil d'État, et un ordre judiciaire, dont la plus haute juridiction est la Cour de Cassation[p 10]. La loi française stipule que tout accusé, avant d'être condamné, est présumé innocent[note 40], et qu'une affaire peut être rejugée en appel sur demande d'une des parties[note 41],[63]. La France a cependant été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l'homme pour violation de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui stipule que tout homme a droit à un procès équitable[note 42],[64].
La conformité des lois à la Constitution, la régularité des scrutins et, plus largement, le respect des institutions est contrôlée par le Conseil constitutionnel[p 11].
La France métropolitaine est divisée en de multiples collectivités territoriales, de trois niveaux, la commune, le département et la région. Ces collectivités territoriales sont en même temps des circonscriptions administratives dans lesquelles l'État intervient au travers de ses services déconcentrés. Les communes, au nombre de 36 570 en métropole au 1er janvier 2009[i 4], correspondent généralement au territoire d'une ville ou d'un village ; elles sont dirigées par un conseil municipal[p 12], qui élit un maire, à la fois agent de la collectivité territoriale et représentant de l'État dans la commune[p 13]. Depuis les années 1990, la coopération entre les communes a été renforcée par l'émergence d'établissements publics de coopération intercommunale, dont le rôle s'accroit[p 14]. Les 96 départements de métropole, créés pendant la Révolution française[p 15], sont dirigés par un conseil général, dont les membres sont élus au sein des cantons[p 16] ; l'État y est représenté par un préfet[p 17]. Quant aux 22 régions de métropole, dont l'existence est plus récente[note 43],[p 17], elles sont dirigées par un conseil régional[p 18], et l'État y est représenté par un préfet de région[p 19]. À ces collectivités territoriales s'ajoutent d'autres divisions territoriales de la France, tels que le canton, l'arrondissement ou plus récemment le pays, mais elles ne possèdent pas de dirigeants élus[note 44].
Comparée à ses voisins européens, la France a longtemps été marquée par une forte centralisation politique, les collectivités territoriales disposant de pouvoirs relativement faibles[p 15]. Néanmoins, cette situation a beaucoup évolué depuis le début des années 1980, en deux temps principalement. Les lois Deferre ont supprimé la tutelle administrative a priori du préfet sur les décisions des collectivités territoriales et transféré l'exécutif départemental du préfet au président de conseil général[65] ; l'« acte II » de la décentralisation, mis en place entre 2002 et 2004 par le gouvernement Raffarin, a notamment élargi la démocratie locale et renforcé le principe de l'autonomie financière des collectivités territoriales[65]. En 2010, les compétences des collectivités territoriales sont nombreuses, et concernent notamment l'enseignement, les transports, le développement économique et l'action sociale[66]. Néanmoins, la superposition de multiples échelons et la limite souvent floue entre les compétences des différentes collectivités territoriales est la source de débats sur l'avenir de la décentralisation, sur lequel le gouvernement Fillon s'est penché entre 2008 et 2010[67].
Les territoires français situés hors d'Europe, qui correspondent à d'anciennes colonies restées françaises, sont quant à eux soumis à des régimes administratifs et juridiques très différents les uns des autres[68]. Ces territoires, dont la situation économique est globalement moins bonne que celle de la métropole, bénéficient de nombreuses aides de l'État[69].
La Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, la Réunion et à partir de 2011 Mayotte[note 45] sont à la fois des départements et des régions d'outre-mer, dont le statut est similaire à celui des départements et régions métropolitaines, bien que les lois françaises puissent prévoir des dispositions spécifiques les concernant[70]. Ces départements font partie des régions ultrapériphériques de l'Union européenne, et sont soumis à la législation européenne[71].
En revanche, les autres territoires français d'outre-mer ne font pas partie de l'Union européenne, bien que leurs habitants disposent de la citoyenneté européenne[72]. Il s'agit tout d'abord des six collectivités d'outre-mer, au statut très divers, la Polynésie française, Saint-Barthélémy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et jusqu'en 2011 Mayotte[note 45],[73]. Bien que l'État y conserve certaines prérogatives exclusives, elles sont soumises en grande partie à une législation spécifique et bénéficient de la spécialité législative[68]. La Nouvelle-Calédonie, de son côté, est une collectivité territoriale sui generis, à l'autonomie très poussée, et où un référendum sur l'indépendance doit être organisé entre 2014 et 2019[74]. Enfin, les Terres australes et antarctiques françaises et l'île de Clipperton, qui n'accueillent aucun habitant permanent, sont gérées directement par l'État ou son représentant[74],[75].
Sans être comparable au système américain, le système politique français, et notamment le suffrage uninominal majoritaire qui prévaut lors des élections présidentielles et législatives, tend à une bipolarisation de la vie politique[p 20]. Dès lors, on observe depuis les débuts de la Cinquième République une tendance au regroupement des partis ; mais les retours en arrière sont fréquents[p 20], et l'audience des principaux partis tend à diminuer au profit des petites formations[note 47]. Le paysage politique français a connu trois évolutions majeures depuis les années 1980 : la chute de l'audience du Parti communiste français, la baisse progressive de l'électorat centriste et la hausse du vote pour des partis non-parlementaires, notamment à l'extrême droite. Ces deux dernières évolutions ont cependant été en partie contredites lors de récents scrutins. Par ailleurs, l'abstention concerne un nombre de plus en plus élevé d'électeurs[77].
Depuis les années 1990, les deux principaux partis français sont l'Union pour un mouvement populaire (UMP) — Rassemblement pour la République (RPR) avant 2002 — et le Parti socialiste (PS)[78]. L'Union pour un mouvement populaire est un parti de droite et de centre-droit[79], membre du Parti populaire européen. Il est en 2010 le parti le plus représenté dans les institutions politiques nationales, puisque le Président de la République, le Premier ministre, 56 % des députés[80] et 40 % des sénateurs[81] en sont membres. Le Parti socialiste est un parti de gauche et de centre-gauche[79], membre du Parti socialiste européen. De nombreux autres partis participent à la vie politique de la France : les plus importants sont le Front national (FN, extrême droite) et le Mouvement démocrate (MoDem, centre)[note 48].
Depuis l'élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy, ancien président de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), est Président de la République. À la suite de la victoire de l'UMP aux élections législatives de 2007, Nicolas Sarkozy a nommé François Fillon Premier ministre. Ce dernier est à la tête d'un gouvernement qui se veut « d'ouverture », rassemblant des personnalités venues principalement de l'UMP, mais aussi du centre et de la gauche[57]. Ce gouvernement, remanié à plusieurs reprises, compte au 1er mars 2010 40 membres, dont 13 femmes et deux ministres d'État, Jean-Louis Borloo et Michèle Alliot-Marie[82].
En France, les prélèvements obligatoires représentaient 44,4 % du PIB en 2006[e 1], le sixième taux le plus élevé parmi les pays membres de l'OCDE[e 1], et ce taux a tendance à augmenter[e 2]. Les cotisations sociales représentent près de 38 % du total, dix points de plus que la moyenne des pays de l'OCDE[e 3] ; à l'inverse, la France est le pays développé où les impôts sur le revenu et sur les sociétés représente la part la plus faible du total des prélèvements obligatoires[e 4]. Dès lors, la fiscalité indirecte prime en France sur la fiscalité directe, à l'instar des pays de l'Europe du Sud[e 5]. Si la fiscalité directe n'a donc qu'un poids relativement faible dans les finances publiques françaises, elle est très inégalement répartie entre les contribuables — en 2005, 5 % des foyers fiscaux ont payé plus de la moitié de l'impôt sur le revenu[e 6] —, malgré les abaissements successifs des taux d'imposition des tranches supérieures[e 7].
Malgré le taux élevé des prélèvements obligatoires, les dépenses publiques les dépassent nettement, totalisant 53,9 % du PIB en 2006[e 8]. Dès lors, le déficit public est élevé, atteignant 2,7 % du PIB en 2007[i 5] et même 7,9 % en 2009 du fait de la conjoncture économique[83]. La dette publique de la France, quant à elle, atteignait 1 457,4 milliards d'euros fin 2009, soit 75,8 % du PIB[i 6], contre 20,7 % en 1980[e 9]. La France est néanmoins tenue de respecter les critères du Pacte de stabilité et de croissance de la zone euro, qui limite le déficit budgétaire à 3 % du PIB et la dette publique à 60 % du PIB[e 10].
Depuis la création de la Sécurité sociale en 1945[e 11], elle est au coeur du système de protection sociale français, bien que l'État, les collectivités territoriales et les mutuelles aient aussi un rôle important[e 12]. Le maintien des régimes de protection sociale dont disposaient certaines professions avant 1945 explique la grande complexité du système[e 13], qui compte pas moins de 120 régimes de base et 1 200 régimes complémentaires[e 14]. Le régime général de la Sécurité sociale, qui compte de loin le plus grand nombre d'adhérents[e 13], est divisé en quatre branches correspondant aux quatre risques majeurs, la maladie, les accidents du travail et maladies professionnelles, la vieillesse, et la famille[e 13]. Si cette protection sociale ne concernait dans un premier temps que les personnes actives, elle s'est peu à peu étendue à toute la population active comme inactive dans beaucoup de domaines, par exemple lors de la création de la couverture maladie universelle (CMU) en 1999[e 11]. En outre, à la fin des années 1990, six millions de personnes dépendaient des minima sociaux[c 1].
Les prestations sociales sont principalement financées par les cotisations sociales versées par les actifs (65,5 % du total en 2005[e 15]), mais aussi — et de plus en plus — par l'État et les collectivités territoriales[e 15]. En 2005, les dépenses de protection sociale — au sens le plus large du terme[note 50] — représentaient près de 30 % du PIB et plus de 45 % du revenu disponible ajusté des ménages[e 16]. Malgré les efforts menés par les gouvernements successifs pour maitriser les dépenses sociales[note 51],[e 17], celles-ci augmentent rapidement[e 18], du fait notamment de l'augmentation des dépenses de santé des ménages[e 19] et du vieillissement de la population[e 20] — le rapport actifs sur inactifs de plus de 60 ans, qui était de 3 en 1970, est de 2,07 en 2010 et devrait atteindre 1,36 en 2050[e 21]. Les dépenses sociales expliquent à elles seules la quasi-totalité de la progression des dépenses publiques (en pourcentage du PIB) depuis 1960[e 22], et la Sécurité sociale affiche en 2009 un déficit de 23,5 milliards d'euros[85].
La France fait partie des cinq pays qui sont juridiquement reconnus comme « États dotés de l’arme nucléaire » par le traité de non-prolifération nucléaire[86]. L’Armée française est, avec celle du Royaume-Uni, l’une des plus dotées financièrement en Europe[87]. La France lui consacre 2,5 % de son PIB (soit un budget de 39 milliards d’euros en 2010[88]), là où ses homologues européens (hors Royaume-Uni et Grèce) y consacrent 1,5 % de leur PIB en moyenne[87].
Les forces militaires sont divisées en quatre armées principales, soit l’Armée de terre, la Marine nationale, l’Armée de l’air et la Gendarmerie nationale[89].
Depuis 1996, l’Armée est devenue de métier et le service militaire réduit à une Journée d'appel de préparation à la défense mixte[90]. D’une capacité d'environ 350 000 hommes[89], elle est déployée à travers le monde, dans des théâtres d'intervention comme l'Afghanistan, le Liban, le Tchad, la Côte d’Ivoire et le Kosovo[91], mais aussi en vertu de traités internationaux à Djibouti, au Sénégal et au Gabon[92], sans oublier les troupes positionnées dans la France d'outre-mer[93]. Elle mobilise en outre plus de 1 000 hommes dans le cadre du plan Vigipirate[94].
La France est un des membres fondateurs de l'Union européenne, de l'espace Schengen et de la zone euro. Elle est également un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle est enfin membre de multiples organisations internationales, comme l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le G8, le G20 ou la Francophonie.
Depuis 1945, quelle que soit la majorité au pouvoir, l’Europe est un axe majeur de la politique étrangère française. Deux des sept Pères de l'Europe, Jean Monnet et Robert Schuman, sont français[95],[96] ; l'un des objectifs était alors d'éviter une nouvelle guerre mondiale en facilitant la réconciliation franco-allemande[97]. Néanmoins, le positionnement de la France et des Français vis-à-vis de l'Europe a souvent été ambigu : du rejet par l'Assemblée nationale du Traité créant la Communauté européenne de défense en 1954[98] à celui par référendum du Traité établissant une Constitution pour l'Europe en 2005[55], les coups d'arrêt français à la construction européenne ont été nombreux.
En raison de l'application quasi-systématique de la règle de l'unanimité, la France a longtemps pu mener ses politiques de manière relativement autonome, sans abandon de souveraineté à l'Union européenne[p 21]. En revanche, depuis le traité de Maastricht en 1992, les domaines dans lesquels l'Union européenne a compétence exclusive se multiplient[p 22]. Une grande partie du droit applicable en France est aujourd'hui d'origine européenne[p 23], d'autant plus que le droit européen prime sur le droit national[p 24],[c 2]. La France, puissance moyenne, ne peut peser sur la scène mondiale dans beaucoup de domaines que grâce à l'Union européenne[c 3]. L'unification du marché européen et l'instauration d'une monnaie unique en 1999 a entraîné de profondes mutations de l'économie française[c 4], bien que le caractère bénéfique ou non de ces mutations fasse débat[c 5],[99]. La France est le premier bénéficiaire de la Politique agricole commune[100], qui représente la moitié du budget de l'Union européenne[c 6].
Depuis la présidence du général de Gaulle (1958-1969), la politique étrangère de la France est caractérisée par une volonté d'indépendance, notamment vis-à-vis des États-Unis[101], ce qui s'est traduit par la mise au point par la France d'armes nucléaires et par le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN de 1966 à 2009[101]. La France a longtemps été vue comme un allié du monde arabo-musulman, critique vis-à-vis de la politique de l'État d'Israël[102].
Le réseau des représentations diplomatiques de la France est le deuxième du monde[103], avec actuellement 156 ambassades et 97 postes consulaires répartis sur les cinq continents[103].
La France mène une politique active d'aide aux pays en voie de développement, notamment d'Afrique[note 52],[104]. L'aide publique au développement représente 0,39 % du revenu national brut français en 2007, un des taux les plus élevés d'Europe occidentale[105].
Selon la constitution de la Cinquième République, la France possède plusieurs emblèmes, datant pour l'essentiel de la Révolution française. Le drapeau de la France est constitué de trois bandes verticales d'égale largeur, de couleurs bleu, blanc et rouge[106]. La France a pour hymne national la Marseillaise[106], un chant composé par Rouget de Lisle et parfois critiqué pour la violence de son texte[107]. Enfin, la République française a pour devise les trois mots « Liberté, Égalité, Fraternité »[106].
En outre, plusieurs symboles officieux existent pour représenter la France. En particulier, le buste de Marianne, une femme portant le bonnet phrygien, orne les mairies, et son visage est représenté sur les timbres-poste et les faces françaises des centimes d'euro[note 53],[108].
Depuis 1999, le gouvernement français s'est doté d'un logotype rappelant le drapeau et la devise du pays, ainsi que la figure de Marianne.
La République française comptait 65 447 374 habitants au 1er janvier 2010[i 7], dont 62 793 732 en métropole[i 8], soit près de 1 % de la population mondiale[note 54],[110]. Un recensement national général était organisé à intervalles réguliers depuis 1801, mais depuis janvier 2004, le recensement est permanent[i 9].
Après avoir été relativement faible au XIXe et au début du XXe siècle — la France a connu une transition démographique rapide et peu marquée[d 3] —, la croissance démographique française est aujourd'hui l’une des plus dynamiques d’Europe, combinant un taux de natalité supérieur à la moyenne européenne (821 000 naissances en 2009 contre 536 000 décès) et un solde migratoire positif (environ 71 000 individus en 2009) : la population de la France s'est donc accrue de 0,54 % en 2009[note 55],[i 10]. La population de la France métropolitaine pourrait s'établir, selon la projection dit « centrale » de l'INSEE, à 70 000 000 habitants en 2050[d 4].
En outre, la pyramide des âges voit depuis le début du XXIe siècle sa structure évoluer. La part de la population la plus âgée augmente, en raison à la fois de la progression de l’espérance de vie (la France jouit d'une des plus longues espérances de vie au monde[note 56]) et de l’arrivée au troisième âge de la génération du baby boom — ce phénomène est appelé communément le papy boom. La proportion de plus de 60 ans dans la population française est ainsi passée de 17 à 22 % entre 1980 et 2009, et devrait dépasser le tiers en 2050[d 5].
La France accueillait en 2006 4,9 millions d'immigrés (nés étrangers hors du territoire) et 3,5 millions d'étrangers (personnes de nationalité étrangère)[d 6], des chiffres proches de la moyenne des autres États d'Europe occidentale[112]. Malgré la politique officielle d' « immigration choisie », 560 000 nouveaux immigrés se seraient établis sur le sol français entre 2002 et 2007[d 7]. La plupart des immigrés viennent d'Europe (44 %), du Maghreb (30%), de Turquie et d'Afrique noire, notamment des anciennes colonies françaises[d 8] ; 40 % d'entre eux vivent dans la seule région Île-de-France[d 7]. En vertu du droit du sol, une grande partie des enfants nés en France de parents immigrés obtiennent la nationalité française[d 9]. La France accueille également de nombreux étudiants étrangers[d 10], en particulier dans le cadre du programme européen Erasmus. Il faut ajouter à ces chiffres ceux de l'immigration clandestine : 200 000 à 300 000 étrangers seraient en situation irrégulière sur le territoire français[d 9], et 28 000 ont été régularisés en 2006[d 11]. Au total, on estimait en 1999 que 14 millions de personnes (soit un quart de la population française) avaient au moins un parent ou un grand-parent immigré[d 12]. Le calcul de ces chiffres est rendu difficile par l'absence de statistiques ethniques dans les recensements français[d 13].
Les immigrés perçoivent des revenus inférieurs d'un tiers en moyenne à ceux des non-immigrés[d 10] ; ils sont deux fois plus nombreux à ne pas être diplômés[d 10] et trois fois plus nombreux à vivre sous le seuil de pauvreté[d 10]. Ils sont très présents dans les secteurs du bâtiment, de l'automobile et du nettoyage[d 14]. Néanmoins, ces différences sont avant tout liées à la situation sociale des immigrés : à situation sociale égale, leur formation scolaire et leurs revenus sont proches de ceux des Français nés en France[d 15].
Les populations d'origine immigrée, et notamment celles qui appartiennent à des « minorités visibles », sont souvent victimes de discriminations en France[d 17]. Selon une étude menée en 2005-2006, dans 70 % des cas, le candidat à l'embauche d'« origine hexagonale ancienne » est préféré au candidat d'« origine noire africaine ou maghrébine »[d 18]. Les mêmes discriminations sont visibles dans le logement et le salaire[d 17]. En 2007, à la question « Diriez-vous vous-mêmes que vous êtes raciste ? », 27 % des Français interrogés ont répondu « oui »[d 19].
Face aux difficultés d'intégration que connaissent les populations immigrées, une partie minoritaire de cette population se tourne vers le communautarisme et le fondamentalisme religieux[d 20]. Pourtant, on assiste à une certaine convergence des modes de vie des populations immigrées et des Français de longue date[d 21]. Les quatre personnalités préférées des Français en 2009 selon Le Journal du dimanche (Yannick Noah, Dany Boon, Zinedine Zidane et Gad Elmaleh) étaient toutes immigrées ou d'origine immigrée[note 57],[d 16].
La France est, parmi les pays développés, l'un de ceux où le taux de fécondité est le plus élevé. La descendance finale des femmes nées en 1959 est de 2,12 enfants par femme, tandis que l'indicateur conjoncturel de fécondité était de 1,99 enfant par femme en 2009 (1,98 en France métropolitaine)[i 11]. À titre de comparaison, la fécondité moyenne dans l'Union européenne s'élevait à 1,53 enfant par femme en 2006 : la France est le pays le plus fécond d'Europe après l'Islande et l'Irlande[113]. Pour 10 femmes nées en France au début des années 1960, une n'a pas eu d'enfant, deux en ont eu un, quatre en ont eu deux, deux en eu trois et une en a eu quatre ou plus[d 22].
Néanmoins, cette fécondité féminine a connu des évolutions multiples depuis la Libération. Les femmes sont de plus en plus âgées lors de leur première maternité — 30 ans en 2009[note 58],[d 23] — et de moins en moins souvent mariées — 53% des enfants naissent hors mariage[note 59],[i 11]. De plus, les naissances sont dans la majeure partie des cas voulues, en raison du développement de la contraception et de l'avortement — plus de 200 000 IVG sont pratiquées chaque année en France[i 12].
Ces évolutions ne sont qu'un des aspects des mutations profondes que connaît la famille depuis les années 1960[d 24]. Si 70% de la population française vit avec un partenaire[d 25], le taux de nuptialité a baissé d'un tiers depuis les années 1970[d 26]. Une partie grandissante des couples préfère l'union libre, ou le Pacte civil de solidarité (PACS), un contrat d'union plus souple que le mariage[d 27]. De plus, la durée du mariage est plus courte : le nombre de divorces a été multiplié par 3,2 entre le début des années 1970 et la fin des années 2000[d 28]. Les enfants éventuels du couple sont alors généralement confiés à la mère par la justice[note 60],[d 29] ; ces familles monoparentales sont de plus en plus nombreuses[note 61], malgré la situation de précarité à laquelle elles sont souvent confrontées[note 62],[d 30]. De plus en plus souvent, les parents séparés se remarient ensuite, d'où la création de familles recomposées : en 1999, 1,1 million d'enfants vivaient avec un parent qui n'est pas leur père ou leur mère biologique[d 31].
Quant aux différentes formes d'altersexualité, elles sont dans l'ensemble acceptées en France, même si la loi précède souvent les mentalités dans la tolérance vis-à-vis des minorités sexuelles[note 63],[d 32]. Le nombre de couples homosexuels est estimé à 120 000[d 33] ; une part importante de ces couples ont été officialisés par un PACS[d 33], même si la majeure partie des PACS concernent des couples hétérosexuels[d 27]. Les questions de l'adoption et du mariage des couples homosexuels sont régulièrement l'objet de débats en France[d 33].
Si la place des femmes dans la société française a beaucoup évolué au cours du XXe siècle, favorisées à la fin du siècle par de nombreuses lois contre les discriminations qu'elles subissent, la France reste loin de l'égalité hommes-femmes[d 34]. Le nombre de bachelières a dépassé le nombre de bacheliers depuis le début des années 1970[d 35], mais les jeunes femmes s'orientent — ou sont orientées — vers des filières offrant des emplois moins rémunérés et moins stables que les jeunes hommes[note 64],[d 36]. Cette différenciation dès l'école explique en partie — mais pas entièrement — les inégalités de revenu entre les sexes : pour un emploi à temps plein, les femmes touchent en moyenne un salaire 19% inférieur à celui des hommes, et la discrimination salariale pure serait de 6 à 7%[note 65],[d 37]. De plus, les femmes travaillent plus souvent à temps partiel[d 38], les trois quarts des tâches domestiques leur étant confiées dans les ménages[note 66],[d 39], et leur taux d'activité reste inférieur à celui des hommes[note 67],[d 40]. Quant aux fonctions de décision, les femmes y accèdent encore peu : elles ne dirigent que 8% des entreprises de plus de 200 salariés[d 41], et ne représentent en 2007 que 60 des 504 postes les plus prestigieux de la fonction publique[d 41]. Si la loi du 6 juin 2000 a obligé les partis politiques à présenter autant de femmes que d'hommes à certaines élections[d 41], les femmes ne représentent que 18,5% des députés élus en 2007 et 13,1% des conseillers généraux élus en 2008[d 41]. Néanmoins, il ne s'agirait pas de caricaturer la place des femmes dans la société française : leurs droits et leur reconnaissance restent bien meilleures que dans beaucoup de pays et sociétés traditionnelles.
Le français est la langue très majoritairement parlée en France, et est officiellement « la langue de la République » depuis la loi constitutionnelle de 1992[114].
Afin de défendre le patrimoine linguistique du français, jugé menacé par la diffusion des anglicismes, le Parlement français a voté la loi Toubon en 1994, dont le décret d'application rend obligatoire l'usage des termes en français, publiés au Journal officiel par la Commission générale de terminologie et de néologie, dans les documents qui émanent des services et des établissements publics de l'État[115].
Selon un rapport au Ministre de l'Éducation Nationale, de la Recherche et de la Technologie et à la Ministre de la Culture et de la Communication d'avril 1999[116], il y aurait soixante-quinze autres langues parlées en France en comptant les langues régionales et les langues issues de l'immigration en France métropolitaine, ainsi que les dialectes parlés dans les DOM-TOM. Les plus répandues sont l'alsacien, le basque, le breton, le catalan, le corse, l'occitan, l'arabe[note 68], et, outre-mer, les langues créoles.
Depuis la loi du 9 décembre 1905, les Églises sont strictement séparées de l'État en France. « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte [...][117] ». La religion doit être cantonnée à la sphère privée ; les limites de cette laïcité sont l'objet de débats, par exemple au sujet du port de signes religieux « ostensibles » à l'école en 2003-2004[118]. De plus, la maintenance de nombreux édifices religieux est assurée par l'État au titre de la protection des monuments historiques : les édifices religieux représentent près de 30 % des monuments historiques français[119].
La France, « fille aînée de l'Église »[120], est un pays de tradition catholique ancienne, mais où le poids de l'Église a considérablement diminué. Entre 51 et 64 % de la population serait baptisée[121], mais une large part de la population se dit agnostique ou athée, cependant le catholicisme reste et demeure la principale religion en France . De plus, d'autres religions sont présentes dans des proportions moins importantes, notamment le judaïsme dès l'Antiquité, le protestantisme depuis la Réforme et l'islam depuis l'arrivée en France d'immigrés du Maghreb et du Moyen-Orient au XXe siècle. Par principe, l’État français s’interdit les recensements à caractère religieux ; seules des estimations, imprécises et difficiles à réaliser, permettent de se représenter le poids de chaque confession en France, ainsi que le développement de l'athéisme et de l'agnosticisme :
Total croyants : 35 % |
Sondage CSA en 2003[124]
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Sondage par l'IFOP en 2007 pour La Vie[125]
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Au-delà de ces chiffres, la perte d'influence des religions est un aspect majeur de l'évolution de la société française aux XIXe et XXe siècles. Près de 80 % des hommes et 70 % des femmes qui se disent d'origine catholique n'assistent jamais à un service religieux[d 42]. Même chez les catholiques les plus fervents, l'obéissance aux préceptes de l'Église diminue : 31 % des pratiquants assidus ayant eu des enfants entre 1995 et 2004 les ont eu hors mariage[d 43].
La mise en place d'un système éducatif dans ce qui deviendra la France remonte à l'époque de Charlemagne[h 61]. Les débuts de l'enseignement supérieur remontent aux XIIe et XIIIe siècles avec la création des premières universités[h 86]. À la fin du XIXe siècle, les lois Ferry ont rendu l'école laïque, obligatoire et gratuite[126]. Depuis la réforme Berthouin en 1959, l’instruction est obligatoire de six à seize ans[d 44]. Si la formation et la rémunération des enseignants, ainsi que le choix des programmes, sont du ressort de l'État, la gestion des établissements scolaires primaires et secondaires est du ressort des collectivités territoriales[note 69],[127].
L'enseignement primaire se déroule en deux phases. L'école maternelle, qui accueille les très jeunes enfants, se donne pour but leur éveil, leur socialisation et la mise en place des outils fondamentaux que sont le langage et le nombre[128]. Puis, vers l'âge de six ans, les enfants sont accueillis par l'école élémentaire, dont les premiers objectifs sont l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul, et l'éducation civique[129].
L'enseignement secondaire se déroule lui aussi en deux cycles. Le premier est dispensé au collège et aboutit au diplôme national du brevet[130]. Le deuxième est dispensé au lycée et aboutit à des examens finaux et nationaux : le baccalauréat (professionnel, technologique ou général) et le certificat d'aptitude professionnelle (CAPA dans l'enseignement agricole)[131].
L'enseignement supérieur français présente la particularité de faire cohabiter les universités et le système des Grandes écoles, où l'on entre généralement par concours à l'issue des classes préparatoires[note 70][132]. Les enseignements supérieurs pour le brevet de technicien supérieur et les classes préparatoires aux grandes écoles sont dispensés dans des lycées[132]. Les Grandes écoles sont souvent considérées comme à la fois plus performantes et plus élitistes que les universités.
Par ailleurs, près de 17% des élèves de l'enseignement primaire et secondaire sont scolarisés dans des établissements privés[133], la plupart sous contrat d'association avec l'État et souvent confessionnels.
La France a connu depuis la Libération un élargissement considérable de la scolarisation. En 1936, moins de 3 % d'une classe d'âge obtenait le baccalauréat ; ce chiffre est passé à 30 % en 1985 et 60 % en 1995[d 44]. Néanmoins, cette démocratisation de l'enseignement ne supprime pas les inégalités sociales : 25 % des enfants d'ouvriers nés entre 1974 et 1978 sont diplômés de l'enseignement supérieur, contre 77 % des enfants de cadres[d 45]. Ces inégalités sont encore plus fortes dans les grandes écoles : seuls 2,9 % des étudiants admis à l'École nationale d'administration en 2008 avaient un parent ouvrier[d 46].
Selon le programme PISA de comparaison des systèmes éducatifs nationaux, les résultats du système éducatif français sont en recul par rapport aux autres États membres de l'OCDE[134], mais ce pessimisme n'est pas universel[d 47]. Malgré les plans de prévention, l'illettrisme touche 3,1 millions de personnes, soit 9% de la population âgée de 18 à 65 ans ayant été scolarisée en France[135].
En France, comme dans le reste du monde, les soins de santé sont délivrés par des professionnels de la santé qui peuvent être libéraux (médecins généralistes, dentistes,...) ou travailler dans des hôpitaux. Ces derniers peuvent être publics ou privés. Le système de santé français est en grande partie financé par la branche maladie de la Sécurité sociale.
Le nombre de médecins pour 1 000 habitants était de 3,22 en 2008, un des taux les plus élevés au monde[136]. Les Françaises et les Français bénéficient également d'une des espérances de vie les plus longues du monde[d 48], même si le taux de mortalité prématurée (avant 65 ans) est élevé[d 49]. Les dépenses de santé par habitant étaient de 4 719 $ par an en 2008[137], ce qui place la France au-dessus de ses grands voisins européens, mais en dessous de la Suisse, de la Norvège, du Danemark, du Luxembourg, et des États-Unis. De 1950 à 2006, la consommation de soins et de biens médicaux est passée de 2,5 à 8,8 % du PIB[d 50]. Cet effort de la collectivité semble montrer ses fruits : selon le Ministère de la Santé, « comparativement aux pays de même niveau de vie, l'état de santé en France apparaît globalement bon et a tendance à s'améliorer »[d 51].
Néanmoins, la santé des habitants de la France n'est pas optimale dans tous les domaines. Malgré la chute de la consommation de vin depuis les années 1960[note 71],[d 50], les Français demeurent les premiers consommateurs d'alcool d'Europe occidentale après les Irlandais[d 49]. 29 % des 18-75 ans fumaient quotidiennement en 2005, malgré les intenses campagnes de lutte contre le tabagisme[d 52]. Quant aux drogues illicites, la plus consommée est le cannabis : 39 % des hommes de 18 à 25 en auraient consommé en 2005[d 52].
De plus, la France est un des pays d'Europe qui connaît le plus de troubles dépressifs[d 53]. La France est le plus gros consommateur d'antidépresseurs en Europe[d 53], et l'un des pays européens où le taux de suicide est le plus élevé[d 49].
En France, c'est la loi du 29 juillet 1881 qui a institué et en même temps limité la liberté de la presse[p 25].
Si les presses régionale, hebdomadaire et thématique se vendent bien en France[note 72],[138], la presse quotidienne nationale d'information généraliste est peu diffusée hors de la capitale. Dès lors, les cinq principaux titres de cette catégorie (Le Figaro, Le Monde, Aujourd'hui en France, Libération et La Croix) ne vendent réunis que moins d'un million d'exemplaires chaque jour[139], quand le quotidien japonais Yomiuri Shimbun en vend à lui seul plus de 14 millions[140].
Depuis 1981 et la légalisation des « radios libres »[141], les stations de radio publiques gérées par Radio France sont concurrencées par des stations privées, souvent propriétés de grands groupes de médias[142]. Dès lors, parmi les quatre premières stations de radio en audience cumulée en novembre-décembre 2009 (RTL, NRJ, France Inter et Europe 1[143]), seule la troisième est publique. De même, depuis l'apparition de la première chaîne de télévision privée (Canal +) en 1984, plusieurs centaines de chaînes de télévision privées ont vu le jour, diffusées par le canal hertzien, par câble, par satellite ou plus récemment par la télévision numérique terrestre (TNT). Les trois principales chaînes sont TF1, France 2 et France 3[144], les deux dernières appartenant au groupe public France Télévisions.
Quant à l'accès au réseau internet, il ne s'est vraiment démocratisé qu'au début des années 2000[note 73],[145]. En décembre 2009, 65 % des Français de 11 ans et plus étaient internautes[146].
Entre 2001 et 2008, la France est passée de la 10e à la 35e place du classement Reporters sans frontières de la liberté de la presse dans la monde[147],[148].
Le sport en France est caractérisé par une tradition sportive ancienne, un rôle prépondérant dans l'organisation du sport moderne[note 74] et une grande variété de disciplines pratiquées à haut niveau. Depuis la fin du XXe siècle, le palmarès de la France en fait l'une des meilleures nations au monde dans de nombreux sports. La France est à ce jour la cinquième nation sportive au monde[149].
Le football est le sport le plus populaire, avec plus de 2,3 millions de licenciés (dont 97 % d'hommes)[150], une popularité accrue par la double victoire de la France lors de la coupe du monde en 1998 puis du championnat d'Europe en 2000. Le tennis, l'équitation, les arts martiaux, le basket-ball, le handball et le golf sont également très pratiqués, sans oublier le rugby et la pétanque, essentiellement dans le sud du pays[151]. De plus, près de sept millions de Français pratiquent le ski chaque hiver, le plus souvent en dehors de toute organisation sportive[152]. Quant à l'escrime et au cyclisme, il s'agit des disciplines dans lesquelles la France est la plus titrée (respectivement 41 et 37 titres olympiques après les Jeux d'Athènes en 2004)[153].
Si les taux de participation aux élections diminuent, la participation protestataire, en revanche, se développe[d 54]. En 2008, 42 % des Français ont participé à une manifestation, contre 25 % en 1981[d 54]. En comparaison des autres pays développés, la France est souvent vue comme un pays où les manifestations et les grèves sont fréquentes[154],[155].
Mais cette participation ponctuelle à des événements contestataires ne se traduit pas, loin s'en faut, par un engagement important dans les partis politiques et les organisations syndicales[p 26]. Le premier parti politique français, l'UMP, comptait un peu moins de 230 000 adhérents en octobre 2009[156], soit moins de la moitié des adhérents de la CDU, le principal parti allemand de centre-droit (540 000 en novembre 2007[157]). Quant au taux de syndicalisation (8 %), il est le plus faible des pays riches[d 55], même s'il est plus important dans le secteur public[d 55].
En revanche, les Français sont très impliqués dans le milieu associatif : 14 millions de bénévoles sont membres de plus d'un million d'associations[d 55]. Ces associations bénéficient du statut accordé par la loi du 1er juillet 1901[158],[p 27], et sont particulièrement nombreuses à avoir pour objet le sport, la culture et les loisirs[d 55].
Malgré son caractère laïc, la France fait coexister dans son calendrier des jours fériés correspondant à des fêtes civiles avec des jours fériés correspondant à des fêtes chrétiennes. Le tableau ci-dessous fait la liste de ces jours fériés :
| Date | Nom | Signification |
|---|---|---|
| 1er janvier | Jour de l'an | Premier jour de l’année |
| 1er mai | Fête du Travail | Fête internationale annuelle célébrant les travailleurs |
| 8 mai | Victoire 1945 | Victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie le 8 mai 1945 |
| 14 juillet | Fête nationale française | En souvenir de la Fête de la fédération, le 14 juillet 1790 |
| 11 novembre | Armistice 1918 | Armistice de la Première Guerre mondiale le 11 novembre 1918 |
| Date | Nom | Remarques |
|---|---|---|
| Date variable | Lundi de Pâques | Lendemain de la résurrection de Jésus-Christ |
| Date variable (39 jours après Pâques) | Jeudi de l'Ascension | Montée aux cieux de Jésus-Christ |
| Date variable (50 jours après Pâques) | Lundi de Pentecôte | Lendemain de la descente de l'Esprit Saint sur les apôtres |
| 15 août | Assomption | Montée aux cieux de la Vierge Marie |
| 1er novembre | Toussaint | Fête des saints |
| 25 décembre | Noël | Naissance de Jésus-Christ |
Note : Les fêtes régionales, ainsi que les fêtes ne correspondant pas à un jour férié, ne sont pas présentes dans ce tableau.
L'organisation économique de la France est de type capitaliste avec une intervention étatique relativement forte depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale[b 2]. L’économie française est principalement une économie de services[159],[f 2].
En 2008, la France est la cinquième puissance économique mondiale par le PIB nominal ou la huitième à parité de pouvoir d'achat[160].
Après avoir vu sa valeur varier à plusieurs reprises, en particulier en 1960 où elle a été multipliée par 100, le franc a été remplacé progressivement entre 1999 et 2002 par l'euro, monnaie unique européenne[note 75]. Un euro vaut 6,55967 francs[161]. L'impact de ce changement de monnaie sur les prix à la consommation et le commerce extérieur a été l'objet de nombreux débats[note 76].
Les revenus des Français et leur pouvoir d'achat augmentent régulièrement[note 77],[f 3], mais de façon inégale, ce qui accroit les inégalités économiques entre ménages[c 7]. En moyenne, les salariés à temps plein du secteur privé ont touché en 2007 29 279 euros bruts, soit 1 997 euros nets par mois[f 4]. De leur côté, les agents de la fonction publique à temps plein ont reçu 31 266 euros bruts, soit 2 182 euros nets par mois[f 4], une différence qui s'explique principalement par une qualification moyenne plus élevée dans le public[f 5]. L'éventail des rémunérations est plus resserré dans le secteur public[f 5]. Par ailleurs, 14,5 millions de personnes percevaient une pension de retraite en 2007[f 6]. Les revenus du patrimoine ne représentent que 9 % du revenu primaire brut des ménages, mais cette part est très variable selon les ménages[f 7]. Les 15 % des ménages les plus riches possèdent 55,8 % de l’ensemble du patrimoine[162].
7,2 % des Français vivaient sous le seuil de pauvreté à 50 % en 2007, et 13,2 % sous celui à 60 %[f 8]. La moitié d'entre eux ont un emploi[f 8], souvent à temps partiel et sur la base du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC, qui concerne 3,4 millions de personnes[f 9] et équivaut à 8,86 euros bruts par heure en 2010[i 13]). De 200 à 300 000 personnes sont sans domicile fixe, principalement à Paris et dans les grandes villes[f 10].
En 2007, l'indice de développement humain de la France était de 0,961, ce qui place la France au huitième rang mondial[163]. Néanmoins, la même année, la France n'était qu'au douzième rang des pays de l'Union européenne pour le PIB par habitant en dollars américains aux taux de change courants, alors qu'elle occupait le septième rang en 1987, un recul qui s'explique principalement par une croissance faible du PIB français[f 11].
Si la France a connu durant les Trente Glorieuses une situation proche du plein emploi — au cours des seules années 1960, l'économie française a créé 1,6 millions d'emplois[d 56] —, elle fait face depuis la fin des années 1970 à une situation de chômage élevé, malgré des fluctuations qui ont fait espérer le retour du plein emploi[d 56]. Au troisième trimestre 2009, 9,5 % de la population active française est au chômage au sens du BIT[i 14]. Le chômage touche particulièrement les jeunes, les moins diplômés, les étrangers, et, dans une moindre mesure, les femmes[note 78],[d 57]. Si les chômeurs peuvent dans un premier temps bénéficier des allocations versées par le Pôle emploi[164], ils ne touchent plus ensuite que le revenu de solidarité active (RSA)[165]. Les chômeurs de longue durée représentent un tiers de l'ensemble des chômeurs et sont ceux pour qui la réinsertion est souvent la plus difficile[c 8].
La situation de l'emploi en France est également marquée par des mutations profondes et structurelles en termes de statut et de secteur d'activité. Le salariat est devenu la principale forme d'emploi en France, représentant 89,5 % des emplois en 2008[i 15]. Surtout, l'emploi se tertiarise : l'agriculture ne représente plus depuis la fin des années 1970 que moins de 2 % des emplois[d 56], et la part de l'industrie a été divisée par deux entre 1978 et 2007, de 28 à 14 % des emplois[d 56], faisant de la France une économie postindustrielle[166].
Malgré le maintien à un haut niveau de l'agriculture et de l'industrie, l'économie française est aujourd'hui principalement une économie de services[159]. Le secteur tertiaire s'autonomise peu à peu et devient le principal moteur de la croissance économique du pays[159].
L'agriculture est longtemps restée un secteur majeur de l'économie française : en 1945, elle employait encore un tiers des actifs[g 21] et restait relativement peu productive[g 22]. Si la France a connu, à l'instar des autres pays industrialisés, des phénomènes d'exode rural et de chute de l'emploi agricole[g 23], ce dernier reste plus important que dans les autres pays d'Europe occidentale : l'agriculture employait 3 % des actifs en 2006, contre 2,5 % en Allemagne et 1,3 % au Royaume-Uni[g 24]. L'agriculture française a été considérablement modernisée et mécanisée dans la seconde moitié du XXe siècle[g 21], notamment grâce à la politique agricole commune[g 23]. La France compte 520 000 exploitations[g 24] de 51 hectares en moyenne en 2006[g 23], faisant d'elle la première puissance agricole européenne[g 22]. La spécialisation régionale de la France par type de production s'accentue[g 23], et les produits agricoles français sont souvent protégées par des appellations d'origine contrôlée, délimitant un terroir agricole[g 25]. La France est le premier producteur de vin au monde, malgré la concurrence récente des vins des « nouveaux mondes »[note 79],[g 26] ; elle figure également parmi les premiers producteurs mondiaux de céréales, de sucre, de produits laitiers et de viande bovine[g 26]. Plus de 80 % des produits exportés ont été transformés par des industries agro-alimentaires puissantes[g 27]. Néanmoins, l'agriculture française fait aujourd'hui face à des difficultés liées à la surproduction, à la pollution qu'elle suscite et à des revenus très inégaux entre les exploitants[g 21]. De même, la pêche apparaît aujourd'hui comme un secteur en crise[g 28].
La France est une des principales puissances industrielles mondiales[g 29]. Malgré la tertiarisation de l'économie française, les entreprises industrielles représentaient 71,4 % du PIB et 79 % des exportations françaises en 2006[g 30]. Son industrie est caractérisée par des évolutions paradoxales : à côté d'industries modernes et dynamiques, qui font de la France un des leaders mondiaux dans de nombreux domaines (automobile, aéronautique, aérospatiale, agro-alimentaire, électronique, nucléaire civil, pharmacie, cosmétique, luxe …)[g 31], de nombreuses industries traditionnelles (mines, textile, bois, chaussure, construction navale, sidérurgie …) voient leurs effectifs et leurs chiffres d'affaires chuter[g 32], obligeant des régions entières (Nord-Pas-de-Calais et Lorraine notamment) à une douloureuse reconversion[g 33]. À la décentralisation industrielle des années 1960, qui a permis le développement de nombreuses villes de l'ouest et du sud du pays[g 34], a succédé une désindustrialisation progressive[g 35] qui s'explique parfois par des délocalisations vers des pays à la main d'œuvre peu onéreuse[g 35]. Mais si la production se fait de plus en plus souvent à l'étranger, les entreprises françaises restent prédominantes dans de nombreux domaines[g 36]. Certaines occupent la première place du marché mondial dans leur domaine (par exemple Areva dans la construction de centrales nucléaires[167], Danone dans les produits laitiers[g 27], L'Oréal dans les cosmétiques[168] ou Michelin dans les pneumatiques[169]). La coopération de la France avec ses voisins européens a permis la constitution d'entreprises de taille mondiale, comme EADS, maison mère d'Airbus et un des deux leaders mondiaux de la construction aéronautique[g 37],[170].
Après la disparition complète de la production française de charbon en 2005[g 32], le pétrole, le gaz et surtout l'électricité sont les principales énergies consommées en France[g 32]. Si la France ne produit plus de pétrole brut que de façon marginale[171], les treize raffineries implantées sur le territoire permettent de satisfaire plus de 90 % de la demande nationale[g 32]. Le groupe français Total, qui possède des concessions dans le monde entier, est la sixième entreprise mondiale et la cinquième du secteur[172]. La part du gaz dans la consommation énergétique française a fortement augmenté depuis les années 1970[g 32], mais il s'agit à 97 % de gaz importé, notamment de Russie, d'Algérie et de la mer du Nord[g 32]. En revanche, la France produit plus d'électricité qu'elle n'en consomme[i 16], notamment grâce à 59 réacteurs nucléaires[173] (le second parc mondial après le parc américain)[174] qui produisaient en 2008 plus de 76 % de l'électricité du pays[i 16], mais dont le bilan environnemental est l'objet de débats[175]. Quant aux énergies renouvelables, leur part dans la production électrique française augmente et s'établit en 2008 à plus de 13 %[i 16].
Depuis les années 1970, le secteur du commerce a été bouleversé par l'irruption de la grande distribution, qui représente les deux tiers des dépenses alimentaires des Français en 2008[f 12]. Dès lors, de nombreux petits commerces ont disparu — 54 % des magasins de bricolage et 41 % des épiceries ont fermé leurs portes au cours des années 1990[f 12] — même si l'on assiste aujourd'hui à une timide reprise, notamment dans les centres-villes[f 13]. La puissance de quelques grandes entreprises de la grande distribution — Carrefour par exemple est le deuxième groupe mondial du secteur[172] — leur permet d'imposer, dans une certaine mesure, des prix bas aux producteurs[f 12].
Malgré la concurrence des entreprises industrielles, l'artisanat de son côté est parvenu à conserver une place importante dans l'économie française[f 12]. La majorité des 900 000 entreprises du secteur sont des entreprises individuelles[f 12], et 39 % appartiennent au secteur du bâtiment[f 12].
La France est le pays le plus visité au monde par les touristes étrangers[176], mais seulement le troisième pays au monde pour les recettes liées au tourisme international[note 80],[176] ; par ailleurs, le tourisme international ne représente qu'un tiers du total des nuitées touristiques[176],[g 14]. Le secteur du tourisme représentait en 2005 894 000 emplois directs, et au moins autant d'emplois indirects[g 14]. Plus de 1,3 milliards de nuitées ont été effectuées par des touristes en France en 2007[176], dont une partie dans les 3,178 millions de résidences secondaires du pays[i 17]. Les motifs de ce tourisme sont variés : il s'agit tout à la fois d'un tourisme culturel (notamment à Paris)[g 15], balnéaire (notamment sur la Côte d'Azur[g 15]), naturel[g 15], d'affaires (Paris est la première destination mondiale pour ce type de tourisme[g 15]), de loisirs (Disneyland Paris est de loin le parc d'attractions le plus fréquenté d'Europe[177]) et de sports d'hiver (dans les Alpes du Nord notamment[b 3]). Le tourisme bénéficie de l'aide des pouvoirs publics, notamment par l'aménagement des littoraux languedociens et aquitain, des stations alpines et de parcs naturels nationaux ou régionaux[b 4]. Néanmoins, les tourismes balnéaire et montagnard contribuent à dénaturer et dégrader l'environnement des régions concernées[b 3],[g 15]. Les sites touristiques payants les plus fréquentés sont dans leur majorité des sites parisiens ou franciliens (Disneyland Paris, Musée du Louvre, Tour Eiffel, Château de Versailles …)[178] ; quelques sites de province attirent néanmoins un tourisme nombreux, comme les châteaux de la Loire, le Mont-Saint-Michel ou le parc du Futoroscope[178].
La France compte aujourd'hui de nombreux centres de recherche parmi les plus avancés d'Europe, voire du monde. Pour ne citer que quelques exemples, le CNRS regroupe toutes les disciplines du savoir ; le CEA est spécialisé dans les applications de l'énergie atomique ; l'INRIA est un centre renommé en informatique et en automatique ; le BRGM effectue ses recherches dans le domaine de la géologie ; l'INRA est spécialisé dans la recherche agronomique ; l'IFREMER effectue des recherches sur les océans ; l'ONERA en aéronautique, et l'IFP dans les applications du pétrole.
La plupart de ces centres de recherche sont maintenant organisés en réseaux avec des universités et des entreprises, pour former les pôles de compétitivité créés en 2002, qui sont aujourd'hui au nombre de soixante-et-onze[179]. Ils participent souvent à des programmes de recherche de l'Union européenne. Le FUI (Fonds Unique Interministériel) est piloté par la DGCIS et géré par OSEO.
Dans le domaine des réacteurs nucléaires du futur, la France est l'un des onze pays membres du Forum International Génération IV ; le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) est implanté sur le territoire français à Cadarache.
L'Agence nationale de la recherche (ANR), créée en 2007 a pour objectif de financer les projets de recherche et d'accroître le nombre de projets de recherche, venant de toute la communauté scientifique, qu'elle finance après mise en concurrence et évaluation par les pairs.
L'informatique (on parle quelquefois de TIC, technologies de l'information et de la communication) est l'activité la plus stratégique, puisqu'on la retrouve dans tous les domaines : informatique de gestion, informatique scientifique, systèmes temps réel, statitisques.
Historiquement, la France s'était appropriée les techniques de la mécanographie (l'ancêtre de l'informatique) avec beaucoup de retard par rapport aux États-Unis, qui l'employaient déjà dès 1890 pour le recensement de la population[180]. La France avait acquis une certaine avance avec le Minitel dans les années 1980, mais l'extension considérable d'Internet a touché en premier lieu les pays anglosaxons, et surtout les États-Unis qui ont déployé des réseaux mondiaux tentaculaires dans le cadre d'une politique systématique d'intelligence économique[181].
Parmi les entreprises françaises de ce secteur, on trouve un constructeur informatique, Bull, quelques grandes SSII et intégrateurs (Capgemini, Atos), quelques jeunes pousses très bien placées dans leur spécialité (Exalead, Mondeca, Sinequa,...), mais très peu d'éditeurs de logiciels[182].
Les pouvoirs publics en France prennent conscience progressivement de l'importance cruciale des techniques de l'information et de la communication :
En 2008, la France est redevenue la cinquième puissance économique mondiale[185], derrière les États-Unis, le Japon, la Chine et l’Allemagne, ou la neuvième à parité de pouvoir d'achat[186].
L'économie française est fortement extravertie[e 23], notamment vis-à-vis de ses partenaires européens (65 % des exportations françaises[187]). Cette situation est en partie liée à l'épuisement ou à l'insuffisance des ressources minières et énergétiques du pays, qui l'obligent à importer[c 9]. Mais elle s'explique également par l'importance des exportations. Selon une étude du cabinet d'audit KPMG publiée en 2006, « la France offre globalement des coûts d'implantation plus faibles que ses grands voisins européens, non seulement sur l'énergie, les transports et l'immobilier, mais aussi sur la main d'oeuvre »[e 24]. Début 2003, 25 % de la main-d'oeuvre industrielle était employée par des groupes étrangers, principalement américains et européens[e 25]. Avec une part de marché mondiale d'environ 8 %, la France est le second exportateur de produits agroalimentaires produits sur place, notamment grâce aux exportations d'alcools[e 26].
Néanmoins, le commerce extérieur de la France connaît d'importantes difficultés. Depuis 2004, la France connaît un déficit de sa balance commerciale , de plus en plus creusé[e 27] (- 75,4 milliards de dollars en 2009[186]), une situation qui s'explique en partie par le niveau élevé de l'euro face au dollar[e 27]. Entre 1990 et 2006, la part de marché mondiale de la France dans les exportations de marchandises est passée de 6,3 à 4,1 %[e 28] ; la France n'est plus en 2009 que le cinquième importateur et le sixième exportateur mondial[186]. Selon Eurostat, cette dégradation du commerce extérieur français serait en partie dû à une augmentation des coûts salariaux horaires[e 29].
La culture française est riche, diversifiée et ancienne, et reflète ses cultures régionales et l’influence des vagues d’immigration de toutes époques. Sa capitale, Paris - la Ville lumière - est depuis longtemps un foyer culturel important (la Sorbonne...), accueillant les artistes de toutes origines, et abrite aujourd'hui le plus grand nombre de sites à caractère culturel au monde (musées, places, bâtiments et autres). Certains de ces sites sont consacrés à une grande variété de thèmes (notamment au sein du musée du Louvre) ainsi, cette richesse de la culture a fait de la France, ainsi que de Paris, les premiers sites touristiques mondiaux.
Patrie de nombreux philosophes (le XVIIe siècle ou Grand siècle, et le XVIIIe siècle ou Siècle des Lumières étant les siècles d'or de la France), la culture française a légué au monde la langue des diplomates, une certaine conception universelle de l’homme, de nombreuses réalisations techniques et médicales et un art de vivre ancestral.
La culture française continue de rayonner au sein de la Francophonie qui lui fournit également des contributeurs francophiles d’exception, tels que l'homme politique sénégalais et écrivain de langue française Léopold Sédar Senghor.
voir les architectes français,
Voir aussi les peintres français,
Il y a une longue tradition de la musique en France.
Au Moyen Âge, à partir du XIIe siècle, les troubadours (de langue d'oc) et les trouvères (de langue d'oïl) sont des chanteurs et poètes, qui ont en commun les thèmes de leurs chansons, l'amour courtois et leurs fréquentations des cours seigneuriales. Vers 1150 se développe à Paris, autour de la Cathédrale Notre-Dame, une école contrapuntique européenne, qui prend le nom d'école de Notre-Dame, avec comme compositeurs majeurs Léonin et Pérotin, et aboutira au mouvement polyphonique de l’ars antiqua. En 1320 apparaît à Paris l'ars nova avec le traité théorique sur la musique de Philippe de Vitry.
Au XVe siècle et à la Renaissance, se développe dans le nord de la France et les Flandres l'école franco-flamande, qui élabore une musique polyphonique, et dont les principaux représentants sont Guillaume Dufay et Josquin des Prés en France, et Roland de Lassus en Belgique. Philippe Verdelot a donné un nouveau genre, le madrigal, forme de cantate à plusieurs voix adoptée ensuite par Palestrina et Monteverdi.
La musique française a su se démarquer par de grands noms à toutes les époques (Rameau, Berlioz, Offenbach, Ravel, Debussy), et ce, à travers le monde.
Après avoir inventé le cinéma à Lyon et défendant avec ardeur l'exception culturelle, la France développe une industrie cinématographique qui reste en Europe l'une des rares à résister à la machine hollywoodienne[188].
La France est depuis le Moyen Âge un foyer de connaissance qui rayonne en Europe et dans le monde. L'université de Paris, créée à la fin du XIIe siècle (en 1200), a été dès son origine l'une des plus importantes d'occident. Elle l'est restée à la Renaissance[189].
Au XVIIe siècle, la France a fourni plusieurs scientifiques comme Blaise Pascal, resté célèbre pour ses travaux en mathématiques et en sciences physiques (travaux sur le vide et la pression atmosphérique, étude des fluides) ; René Descartes, qui a beaucoup apporté en géométrie analytique et en optique ; Pierre de Fermat, mathématicien auteur de plusieurs théorêmes, qui s'est aussi intéressé aux sciences physiques et à l'optique. C'est à cette époque, en 1666, que fut créée l'Académie des Sciences, cercle de savants qui se réunissaient autour de mécènes ou de personnalités érudites.
Au XVIIIe siècle, Antoine Lavoisier, chimiste, a fondé la chimie moderne ; Jean le Rond D'Alembert a rédigé la partie scientifique de l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers ; Gaspard Monge a inventé la géométrie descriptive.
Au XIXe siècle, Augustin Fresnel, physicien, fut le fondateur de l’optique moderne, avec la théorie ondulatoire de la lumière ; Sadi Carnot physicien et ingénieur polytechnicien, posa les bases de la thermodynamique ; Augustin Louis Cauchy, membre de l’Académie des sciences et professeur à l’École polytechnique, fut l'un des mathématiciens les plus prolifiques, avec près de 800 parutions et sept ouvrages ; Louis Pasteur, fut un pionnier de la microbiologie.
Au XXe siècle, la France a encore fourni des scientifiques de renom : Henri Poincaré, mathématicien et physicien, a réalisé des travaux d'importance majeure en optique, en calcul infinitésimal, il est aussi un précurseur majeur de la théorie de la relativité restreinte ; Henri Becquerel, Pierre et Marie Curie, prix Nobel de physique en 1903 sont restés célèbres pour leurs travaux sur la radioactivité ; Paul Langevin est connu pour sa théorie du magnétisme ; René Dubos, agronome, biologiste et écologue, a participé aux travaux préparatoires de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement Humain à Stockholm en 1972, et est l'auteur de la formule « agir local, penser global »[190] ; Pierre-Gilles de Gennes, a été prix Nobel de physique en 1991 pour ses travaux sur les cristaux liquides et les polymères[191] ; Luc Montagnier, virologue et directeur du laboratoire a découvert en 1983 le VIH (virus responsable du SIDA), prix Nobel de médecine 2008[192].
Les mathématiciens français sont également bien représentés parmi les lauréats de la Médaille Fields, la plus haute distinction existante dans ce domaine depuis 1936 (puisque le Nobel n'existe pas pour cette discipline qui néanmoins irrigue l'ensemble des autres disciplines scientifiques), attribuée tous les 4 ans : Laurent Schwartz (1950), Jean-Pierre Serre (1954), René Thom (1958), Alexandre Grothendieck (1966), Alain Connes (1982), Pierre-Louis Lions et Jean-Christophe Yoccoz 1994), Laurent Lafforgue (2002), Wendelin Werner (2006).
La France a aussi fourni des pionniers avec :
La France attache depuis longtemps une grande importance aux échanges culturels (cinéma, théâtre, arts, livres, idées, médias), à la promotion de la langue française et au plurilinguisme. Elle a obtenu en 2005 à l’UNESCO l’adoption d’une convention sur la diversité culturelle et linguistique. Elle entretient un important réseau d’instituts culturels, d’alliances françaises et de lycées français à travers le monde.
La France contribue au renforcement de la présence de ses médias : la radio RFI (créée en 1975), les chaînes de télévision TV5 (créée en 1984), et France 24 (créée en 2006). Les méthodes d’action culturelle à l’étranger se sont modernisées : la mise en place de l’opérateur CulturesFrance en 2006 est un exemple récent d’une politique culturelle depuis longtemps partie intégrante de la politique étrangère française.
La langue française est le véhicule de la pensée et de la culture française dans le monde. Le français demeure l’une des langues officielles de nombreuses organisations internationales. Le français est la deuxième langue officielle de l’OCDE, dont le siège est à Paris. Il figure parmi les six langues officielles de l’ONU et de l'UNESCO (avec l’anglais, l’espagnol, le russe, le chinois mandarin, et l’arabe). Le français est également langue officielle de nombreuses autres institutions ou organisations de toutes sortes.
La langue française est l'une des deux langues de travail de l’ONU, ainsi que de toutes ses agences. Elle est également une des trois principales langues de travail de la Commission européenne avec l’allemand et l’anglais[193]. Elle est une des trois langues de travail de l’Union africaine.
Héritière de la Renaissance et des Lumières, la langue française, si elle est aujourd'hui fortement concurrencée par l'anglais dans les domaines scientifique, informatique, et économique, reste néanmoins une langue internationale de référence dans la diplomatie et le droit.
La France s'appuie sur le réseau de l’Alliance française, composé de plus d’un millier d’associations de droit local implantées dans 136 pays. Ces associations promeuvent la langue française et les cultures française et francophones, tout en veillant à soutenir la diversité culturelle.
L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) a pour rôle de promouvoir la langue française, parlée par plus de 180 millions de personnes. Elle rassemble 63 États et gouvernements et entretient des programmes d’échanges culturels entre ses membres (Afrique francophone, Maghreb, Amérique du Nord, Proche-Orient, Caraïbe, océan Indien, Europe, ex-Indochine, Pacifique). Les chefs d’État et de gouvernement se réunissent en sommet tous les deux ans. L’OIF s’est aussi engagée à défendre les valeurs démocratiques et les droits de l’homme parmi ses membres.
L'OIF a plusieurs opérateurs dont l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), réseau mondial de plus de 700 établissements d'enseignement supérieur et de recherche francophones, dont les membres sont présents dans 83 pays. Les activités de l'AUF comprennent la création et l'animation de campus numériques francophones[194] et de centres d'accès à l'information sur de nombreux campus francophones, notamment en Afrique. L'AUF facilite aussi la mobilité des étudiants et des chercheurs au sein de l'espace universitaire francophone.
Enfin, la France veut renforcer sa position sur le marché international de l’économie du savoir en exportant l’enseignement supérieur en français ou « à la française ». Elle cherche aussi à attirer les meilleurs étudiants étrangers par des programmes d’échanges et de mobilité : environ 220 000 étudiants étrangers sont très bien accueillis et guidés pendant leur séjour en France.
La France a pour codes :